
L'électroculture, cette technique ancestrale et pourtant toujours d'actualité, suscite un vif intérêt dans le monde du jardinage et de l'agriculture. Elle propose d'exploiter les forces électriques et magnétiques naturelles pour stimuler la croissance des plantes, augmenter les rendements et améliorer la santé des cultures. Si les premiers balbutiements de cette discipline remontent au 18e siècle, c'est aujourd'hui, à l'ère de la permaculture et de la recherche de solutions plus écologiques, qu'elle connaît un renouveau. Cependant, l'électroculture est aussi un domaine où se côtoient observations empiriques, résultats prometteurs et controverses scientifiques, nécessitant une exploration approfondie et nuancée.
Des Origines Historiques aux Premières Expérimentations
Les débuts de l’électroculture remontent au milieu du 18e siècle, faisant suite à une observation intrigante : après les orages, les plantes semblent croître davantage. À cette époque, l’électricité n’est pas encore un phénomène bien compris, mais des expériences commencent à être effectuées par des pionniers. Pendant tout le 19e siècle et le début du 20e siècle, de nombreux scientifiques se penchent sur le sujet. Ils proposent de multiples expériences semblant mettre en évidence l’influence de l’électricité sur la croissance des plantes. On peut attribuer à ces périodes la naissance de l'électroculture, qui prendra réellement son élan à partir de la fin du 19ème siècle avant de sombrer en désuétude quelques dizaines d'années plus tard.
Cependant, les résultats de ces premières études sont inconstants et ne génèrent pas de réelle rentabilité économique. L'importance de l'appareillage électrique nécessaire à l'obtention de résultats satisfaisants faisait que la balance penchait très défavorablement en faveur de l'électroculture. Avec la naissance de l’agriculture biologique, l’idée de cultiver sans engrais ni pesticides artificiels refait surface. L’engouement autour de l’électricité n’est plus le même qu’au siècle précédent, mais les études actuelles, dotées de protocoles plus aboutis et soumis à moins de biais qu’auparavant, montrent des résultats intéressants, bien que nuancés.

Les Différents Systèmes d'Électroculture : Passifs et Actifs
L'électroculture se divise principalement en deux catégories de systèmes : les systèmes passifs et les systèmes actifs. Pour des raisons historiques, la majorité des jardiniers utilisent des systèmes d’électroculture dits « passifs ». Ce sont des systèmes cherchant à utiliser le champ électrique naturellement présent dans le sol, dans l’atmosphère et entre les deux milieux. D’un autre côté, il existe des systèmes « actifs » générant un champ électrique important, à l’image des câbles électriques haute tension par exemple. Ces derniers ont parfois des pointes de cuivre à 3m du sol dans lesquelles la charge peut atteindre 50000V, ce qui génère un champ électrique 3 fois supérieur à la limite légale dans les foyers français (5000V/m).
Un exemple de système passif est l'installation proposée par certains pratiquants, composée d’un tube de cuivre de 6 mètres de haut (diamètre à définir en fonction du diamètre du hérisson de ramonage), surmonté d’un ensemble de « capteurs » pointus (hérisson de ramonage). Pour plus de rigidité et pour résister aux intempéries, le tube est fixé sur un tasseau en bois. Le tasseau et le tube sont reliés directement à la terre et connectés à une section de treillis en acier (treillis pour réaliser les dalles en béton) orienté sur l’axe Nord/Sud, à une profondeur de 50 cm. D’un point de vue théorique, les énergies captées dans l’atmosphère devraient être redirigées vers le bas du tube et diffusées dans le sol par l’intermédiaire du treillis en acier. La différence de potentiel électrique des deux matériaux devrait faciliter la diffusion des énergies, de l’atmosphère vers le sol.
Un autre système passif est un pieu de cuivre planté dans la terre et lié à une grille verticale dans le sol. Il sert à créer un courant près des racines pour les stimuler et présente des améliorations significatives de rendement. Cependant, lorsqu’on cherche à tester ces systèmes à l’aide de protocoles éliminant au maximum les biais (qualité du sol, ensoleillement, arrosage…), les résultats ne sont pas aussi probants.
En revanche, l’électroculture active, utilisant des champs électriques intenses, semble démontrée. Un exemple récent est la stimulation électrique des racines en culture hors-sol. Des scientifiques de l'université de Linköping, en Suède, ont dévoilé les résultats prometteurs d'une technique de stimulation électrique réalisée "hors-sol" qui développe de manière substantielle les plantes. Ce système électrique, appelé eSoil, a été appliqué sur des plants d'orge. L'expérience a permis de mettre en exergue l'efficacité de la stimulation des racines. En effet, les plantes ont crû de + 50 % en deux semaines par rapport à une culture agricole classique. Pour ce faire, les scientifiques ont utilisé l'hydroponie, une méthode qui fait fi de sol où les plantes sont cultivées dans un environnement contrôlé grâce à l'apport direct en eau et en nutriments. Les chercheurs ont transposé l'association de cellulose à un polymère conducteur, qui alimente en électricité les racines, et ont découvert que les plants traitent l'azote plus efficacement.
Controverse et Positions Scientifiques
Malgré l’engouement et les nombreux témoignages, l’électroculture passive fait l’objet de controverses. Beaucoup de blogs et de vidéos présentent des systèmes passifs permettant d’avoir des productions incroyables grâce à l’électroculture, mais les études rigoureuses ne confirment pas toujours ces affirmations.
La Société Nationale d’Horticulture de France a pris position et estime que l’électroculture avec un système passif ne fonctionne pas. C’est également la position de l’AFIS (l’Agence Française pour l’Information Scientifique). Elle indique même que l’électroculture sans source électrique artificielle « ne s’inscrit dans aucun mécanisme scientifique plausible ». Certains dispositifs comme la « boucle de Lakhovsky » (une boucle de cuivre encerclant la plante) n’ont pas d’effets particuliers lorsqu’ils sont étudiés sérieusement. Et ils ne reposent sur rien. Malgré tout, nombreux sont ceux qui continuent de les promouvoir, ce qui nuit à la réputation de la technique de manière générale.
Tout sur l'Electroculture - Maxence Layet
Cependant, il est important de noter que même si l’électroculture passive ne fonctionne pas par un mécanisme électrique direct, les systèmes utilisés peuvent quand même augmenter les rendements ! Dans l'exemple précédent du pieu de cuivre et de la grille, le système attire des vers de terre. Ils améliorent le sol et donc les cultures ! Que ce soit dû ou non à un micro-courant dans le sol n’a pas vraiment d’importance pour un jardinier. L’important c’est que les plantes poussent mieux ! Cette observation témoigne que l’électroculture peut avoir un impact important sur l’activité biologique du sol. Dans cette hypothèse où le vivant serait le seul bénéficiaire, on peut sans s’aventurer émettre que le récepteur « électrique » soit l’eau : L’eau, la médiatrice, « l’intercesseur » entre l’inerte et le vivant. Alors, le bénéfice pour la plante ne serait qu’une conséquence, que la partie immergée de l’iceberg.
Christophe Gatineau, technicien en protection des cultures et désormais cultivateur et chercheur, met en lumière un point crucial : « l’agriculture conventionnelle nourrit provisoirement les populations tandis que l’agriculture biologique est dans l’incapacité de les nourrir durablement. » Il s’intéresse particulièrement à l’électroculture dans le cadre du jardinage naturel, où Internet foisonne de méthodes toutes plus exceptionnelles les unes que les autres pour améliorer la santé des plantes. Au royaume de l’agrobioécologie, toutes sont présentées comme des panacées. Pour l’électroculture, ses promoteurs s’appuient souvent sur des thèses pour en justifier tout le bien-fondé. Cependant, il remarque immédiatement en lisant ces thèses que le fossé est grand entre ce qui est écrit et ce que l’on fait dire aux écrits.
La Thèse de Martine Queyrel et ses Implications
Une thèse sur « électroculture et plantes médicinales » a été soutenue le 28 mai 1984 à l'Université de Limoges pour l’obtention du diplôme d’État de docteur en pharmacie par Martine QUEYREL. L’auteure précise d’emblée que l’électroculture est une méthode de culture dont les théories ne sont encore qu’une hypothèse, et que ces principes exploitent tant le champ magnétique terrestre que le rayonnement cosmique, les courants de conduction atmosphériques et les courants telluriques. Christophe Gatineau ajoute que ces derniers courants, type réseau Hartmann, sont aussi hypothétiques, rajoutant une hypothèse à l’hypothèse.
Même si ces expériences mettent en évidence un effet significatif de la cage de Faraday sur la croissance des plantes, il est nécessaire de ne pas s’emballer car toutes ces essais ont été réalisés sur un très petit nombre de plantes. Sur les semis, l’écart de graines germées est de 30 % supérieur par rapport aux témoins. La hauteur des jeunes plants 21 jours après le semis est en moyenne de 8 cm pour les semis issus des graines témoins et de 13 cm pour celles issues des graines électrocultivées, soit un gain d’un peu plus de 60 %. Le docteur écrit : « Il semblerait donc à travers nos différentes expériences que l’électroculture agirait au niveau de la plante entière ; action qui semblerait se traduire par une précocité, par une plus grande vigueur et par un allongement du cycle du végétal ».
De plus, « la composition chimique des différentes plantes, en ce qui concerne les principes actifs,… montre une différence très nette en faveur des plantes électrocultivées ». Si l’auteure rapporte cette précision qui est par ailleurs hors du sujet de sa thèse, c’est que ce fait a été suffisamment marquant pour l’interpeller.
Toutefois, on doit prendre en compte que la technique électricole qui consiste à enfouir un grillage dans le sol, formait aussi un enclos sécurisant pour les vers de terre, leur offrant une protection contre leurs prédateurs naturels. De ce fait, on peut considérer qu’ils aient pu y trouver refuge. Cette observation témoigne que l’électroculture a un impact important sur l’activité biologique du sol. L’étude de Madame QUEYREL a clairement démontré que l’électroculture est une voie qui devrait être explorée plus en avant, avant d’en énoncer une éventuelle théorie.
L'Électroculture et l'Énergie du Sol
L'électroculture, d'un point de vue global, consiste en l’utilisation, la canalisation et la propagation des flux électriques et magnétiques présents naturellement, partout, autour de nous. Les énergies électriques et magnétiques sont partie prenante des processus du vivant.
L'équipe de Marjolein Helder de l’université de Wageningen aux Pays-Bas a mis au point et va commercialiser une pile « rhizosphérique » (Plant Microbial Fuel Cell). Cette pile utilise l’activité biologique autour des racines des plantes pour produire de l’électricité. En effet, la consommation des exsudats racinaires (jusqu’à 30% de la photosynthèse) par les microorganismes du sol entraîne la libération d’électrons dans la rhizosphère, électrons qui sont récupérés par un circuit électrique branché dans le sol. Les chercheurs avancent une production de 0,4 W/m² sur un cycle de végétation et espèrent atteindre les 3,2 W/m².

Au-delà de l’anecdote, ce procédé illustre deux faits. C’est tout d’abord la confirmation que les plantes fournissent d’importantes quantités d’énergie sous forme de sucres et de protéines à l’activité biologique du sol pour assurer leur nutrition et leur défense. Cette énergie chimique est convertie en énergie électrique au niveau cellulaire pour recharger les batteries du vivant que sont les molécules d’ADP/ATP. Deuxièmement, on constate qu’il s’agit encore une fois d’un procédé (très compliqué et pour l’instant assez peu efficace) de piratage de l’énergie de l’écosystème. La comparaison peut être faite avec la production de couverts végétaux destinés au méthaniseur. Dans des systèmes agricoles qui manquent déjà d’énergie, ne vaut-il pas mieux laisser le maximum de ressources à l’activité biologique ?
Les appareils PLANTONIC, par exemple, augmentent la fertilité des sols par l’injection de charges électriques de faibles puissances par des électrodes. Le but est de réguler et augmenter légèrement les courants électriques naturels circulant dans la terre. Cette électricité injectée se présente sous forme de signaux électroniques particuliers, générés par un circuit mis au point dans leur bureau d’étude. En stimulant la terre de cette manière, on agit sur le substrat et non sur la plante. L'action sert à augmenter et réguler les réactions électro-bio-chimiques naturelles. Par un effet d’amplification, cela modifie positivement la structure de la terre, la faune et la flore qui y habitent. Il y a augmentation de la fabrication des nutriments biodisponibles dans la rhizosphère. Cette quantité plus importante de nutriment profite aux plantes et leur permet d’augmenter leur croissance.
Les observations rapportées par PLANTONIC montrent :
- Une plus grande croissance des plantes, une très bonne santé. Les stratégies de défense contre les prédateurs sont mises en place. La plante résiste beaucoup mieux à ces agressions.
- Les fruits sont de meilleure qualité, de plus grande vitalité, plus goûteux et plus gros. Les semis poussent plus rapidement, avec environ 8 à 15 jours d’avance.
- Les plantes sont plus grandes. La variation peut atteindre plus de 100% en serre.
- Les plantes sont en bonne santé. Il n’y a pas besoin de traitements phytosanitaires. En laissant faire la nature, l’utilisation d’amendements naturels organiques suffit à « recharger » la terre. Plus besoin d’apport d’engrais chimiques.
- Sur le plan bio, les fruits ou racines sont plus naturels. Ils sont garantis sans pesticides et avec beaucoup moins d’attaque de prédateurs. Sur le plan gustatif, les fruits sont plus goûteux. Le taux de biophotons est beaucoup plus important, représentatif de la vitalité.
- Sur le plan financier, l’économie de produits industriels compense largement l’investissement dans le matériel acheté pour de nombreuses années.
Le procédé PLANTONIC consiste à installer des électrodes de part et d’autre de la parcelle à stimuler. Les électrodes seront placées sur l’axe EST OUEST. Ces deux électrodes définissent un rectangle formé des électrodes à l’Est et l’Ouest. Les côtés ont une longueur pouvant aller jusqu’à 50m (Plantonic 1000). Celles-ci sont reliées à un module électronique générateur de signaux particuliers d’une puissance adaptée à la surface. Ce générateur est alimenté par un panneau photovoltaïque pour assurer l’autonomie électrique. L’appareil respecte le cycle jour et nuit des plantes. La gamme des appareils va de 1m², 50m², 300m² à 1000m² en une gamme de 4 appareils. Aujourd’hui, les recherches ne permettent pas de travailler sur de grandes surfaces supérieures à 1000m² avec ces technologies.
Les applications de ces matériels sont nombreuses :
- Développement des semis en jardinière : Les Plantonic permettent de stimuler fortement la croissance des graines. Ils permettent d’obtenir des plantules vigoureuses avec une levée plus rapide d’environ 8 à 15 jours.
- Stimulation en pleine terre : Les Plantonic 50m², 300m² et 1000m² permettent de stimuler un potager de ces dimensions. On constate une croissance plus importante, des plantes plus vigoureuses. Les récoltes sont abondantes et la qualité des fruits supérieure aux produits bio. Les plantes résistent beaucoup mieux aux maladies et prédateurs.
- Aide à la reprise des nouvelles plantations : Que ce soit arbres, arbustes ou plantes, le Plantonic stimule la reprise et l’enracinement des nouvelles plantations.
- Soin des plantes malades : Le Plantonic permet de soigner la plante ou l’arbre afin qu’il retrouve sa vigueur.
- Augmentation des principes actifs et HE dans les plantes aromatiques : Un gain de 20% à 30% est possible.
Électroculture, Permaculture et Biodynamie
L’électroculture dynamise la permaculture. Cette dernière est basée sur la plantation de graines ou semis sur des matières en décomposition se terminant en compost. Cette décomposition lente et permanente par un apport régulier permet la mise à disposition de nutriments de haute qualité. Les plantes poussent avec une croissance importante et une qualité de fruits excellente. Ces nutriments, en grande quantité, permettent de planter une autre plante dès qu’un emplacement se libère. Il n'y a pas de risque d’appauvrissement du substrat. La production est constante, abondante durant presque toute l’année. L’électroculture associée à la permaculture permet de dynamiser encore plus la décomposition et donc la création de nutriments. Cela permet de maximiser la croissance et la bonne santé des plantes.
L’électroculture va également dynamiser les principes actifs et les préparations utilisés en Biodynamie. L’électroculture a une action positive qui peut être augmentée fortement par certains dispositifs. La biodynamie utilise l’information des préparations pour dynamiser les plantes et le sol. Comme en homéopathie, l’information se diffuse alors que la matière se dilue. Par ce principe, les hautes dilutions sont toujours aussi actives. L’électroculture, telle qu'elle est développée par certains, met en place des techniques qui dépassent les phénomènes électromagnétiques.
Magnétoculture et Santé des Plantes
Les appareils Plantonic utilisent les forces magnétiques naturelles. En effet, les électrodes sont placées suivant l’axe EST OUEST. Le champ magnétique terrestre se situe sur l’axe NORD SUD. Sur le sol, le champ électrique est perpendiculaire au champ magnétique. La loi de Laplace montre qu’une force est induite sur l’axe vertical. Cette force s’exerce sur la plante et pousse la sève vers le haut ou vers le bas. Le sens du courant électrique définit le sens de la force. L’utilisation des aimants se fait en tenant compte du champ magnétique terrestre. Un champ artificiel s’ajoute ou s’oppose au champ magnétique naturel.
L’actualité de ces jours-ci nous informe d’une maladie virale dans les serres de quelques exploitations maraichères du Finistère. Tout le monde serait impacté, même les particuliers jardiniers amateurs qui pourraient se procurer des plants infestés dans les jardineries. Faire ses semis soi-même devrait être une garantie de passer au travers de plants malades. Les observations ont montré que l’électroculture stimule les plantes. Les maladies sont peu nombreuses en électroculture, sauf en cas de météo extrême. Les maladies courantes des légumes (rouille, mildiou ou attaque de pucerons et autres insectes) n’apparaissent pas ou très peu. Elles ne détruisent pas les plantes et les fruits. Les raisons sont liées à la bonne santé des plantes qui trouvent dans leur métabolisme les parades pour se soigner. La canicule a fait quelques dégâts au niveau des feuilles qui ont séché. C’est une manière pour la plante d’équilibrer ses besoins en irradiation solaire en supprimant des feuilles.
On peut remarquer, cependant, des difficultés de croissance au moment des semis ou des repiquages de plantules. Ce phénomène est bien détaillé dans les sites de jardinage. Cela provient d’une différence entre les conditions de pousse des plantes parents ayant donné des graines. Le démarrage des semis des plantes à repiquer est une deuxième cause importante. L’épigénétique apporte une réponse par des modes culturales différents qui ont imprégné les graines ou les semis. Il a été remarqué lors de tests que les plantes stimulées étaient identiques aux plantes témoins. Cela ne permet pas de conclure à l’efficacité de l’électroculture. Les raisons sont multiples : un appareil mal positionné en plein soleil et l'ombre occultant les cellules solaires une partie du temps, ou un terreau utilisé trop riche en éléments directement assimilables (le cas des terreaux de repiquage chargés en engrais). Ce dernier fausse totalement l’essai, car les plantes ont à leur disposition une grande quantité d’éléments incorporés facilement assimilables. Dans ce cas, la stimulation ne sert à rien. Pour faire un test, il faut prendre de la terre naturelle de potager.

Les Témoignages des Pratiquants et les Expérimentations Domestiques
Il est fascinant de constater à quel point les gens sont créatifs lorsqu'on explore un sujet qui intéresse beaucoup de monde. Aborder le sujet de l'agriculture maraîchère amène rapidement à explorer les concepts de permaculture. Et très vite ensuite, on ne peut que s'intéresser à tout un tas de techniques alternatives, plus ou moins contestées, censées faire pousser nos fruits et légumes plus rapidement, plus gros, en meilleure santé. Le Saint Graal donc. L'électroculture est l'une d'entre elles. Le principe est simple : "L'électroculture désigne diverses pratiques visant à stimuler la croissance des plantes en les soumettant à des champs électriques ou directement à des courants électriques".
Les personnes qui utilisent la solution rapportent des productions a minima doublées, avec parfois des légumes dont certains sont géants (pomme de terre de 500gr, brocolis de 2m de haut, des choux fleurs de 40cm de diam, des betteraves et radis de 5kg, des panais de 40cm de long…). Les cultures sont aussi plus saines, avec des densités de vers de terre doubles. La mise en œuvre est assez simple : Un tube en cuivre surmonté d'une tête en Zinc, le tout planté simplement dans le sol, et pour certains raccordé à un fil tout simple ou à un treillis en acier pour diffuser le courant sur plus de surface. La démarche semble durable et faiblement polluante.
Pour ceux qui souhaitent expérimenter, voici quelques détails techniques de mise en œuvre : l'objectif est de créer une antenne en fer galvanisé ou en zinc qui peut se poser sur une tige, perche ou tube en cuivre. On peut aussi utiliser une perche d'un autre matériau (bois,…) du moment que l'on connecte l'antenne avec un fil métallique conducteur à la terre (fil de fer galvanisé ou fil de cuivre). Pour créer la tête de l'antenne, il est possible d'utiliser une brosse (ou hérisson) de ramonage, si elle est faite de tiges fines en pointes, tout en acier galvanisé. L'antenne est posée en hauteur, à au moins deux mètres du sol, et connectée à la terre via un fil de fer galvanisé enterré nord-sud, sur une grande longueur, augmentant ainsi fortement la surface qui bénéficiera de cette électricité naturelle. L'antenne est toujours posée du côté sud du fil.
Il est recommandé de choisir un hérisson de ramonage carré, car les tiges sont plus pointues que sur les modèles ronds, en particulier dans les angles, ce qui augmente l'effet de pointe. Ce hérisson sera fixé en haut d'un poteau en bois, à environ 2,4 m du sol (il n'y a pas de préconisation de hauteur hormis un minimum de 2m). Il est important de noter que les sources ne sont pas toujours en phase sur la matière à utiliser (zinc ou acier galvanisé), ce qui peut rendre perplexe.
Un projet d'expérimentation à la Goursaline prévoit de créer deux surfaces rigoureusement identiques : une zone de témoin qui servira de référence et une zone électrocultivée avec une technique passive. Ces deux zones seront constituées de deux bandes de cultures de petites superficies de 4 m² (4m x 1m) afin de faciliter les observations et l’accès aux cultures. Ces deux bandes seront espacées d’une dizaine de mètres. De plus, l’idée d’appréhender les parcelles d’un point de vue énergétique a amené à faire appel à des géobiologues qui ont défini et localisé des zones dites « pathogènes », « neutres » et « bénéfiques ». Le choix s’est arrêté sur une parcelle située sur les hauts de la propriété, sur une roche mère de type granitoïde.
Les plantations prévues sont deux espèces en quinconce sur chacune des bandes : une espèce de pomme de terre, choisie pour sa rusticité et une espèce de tomate couramment cultivée. Dans chaque bande de culture, il y aura trois lignes de culture espacées chacune de 30 cm. La ligne 1 et 3 seront constituées de 10 plants chacune de pommes de terre. La ligne 2 (centrale) sera constituée de 7 plants de tomates espacés entre eux de 50 cm. Les observations et résultats seront, de manière logique, sujets à caution, en raison des nombreux paramètres liés à la nature des sols, à l’ensoleillement, aux précipitations, aux températures, etc. Malgré cela, ces expérimentations espèrent apporter des éclairages sur le phénomène « Électroculture ».
Le défi de l’électroculture est d’avoir une croissance et des récoltes plus importantes avec la stimulation. L'électroculture n’a pas fini de créer du débat dans le monde du jardinage et de l’agriculture. Sa version active utilisant des champs électriques intenses semble démontrée. Si le sujet intéresse, il mérite d'être davantage étudié au vu du potentiel bénéfice qu’elle peut apporter.
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