L'univers de la randonnée et de l'alpinisme, particulièrement autour des massifs alpins tels que la Chartreuse et Belledonne, offre une multitude de belvédères et de sommets. Mais "Elisabeth", dans ce contexte, évoque bien plus qu'une simple randonneuse ou alpiniste. Elle renvoie à Elisabeth Revol, dont les expériences en haute montagne, notamment sur des sommets réputés pour leur dangerosité comme le Nanga Parbat et l'Everest, ont marqué les esprits. Ses récits de survie, de résilience face aux gelures graves, et ses hommages poignants à ses compagnons d'ascension, tels que Tomek, transforment la simple "grimpette au belvédère" en une métaphore de la victoire sur l'adversité, même si le chemin peut être ardu. L'expression "Il ne faut pas regarder en haut, car ça grimpe beaucoup. Le belvédère est la victoire" prend alors une dimension profonde, illustrant le dépassement de soi et l'atteinte d'un objectif, malgré les défis.

Les Belvédères et Points de Vue Panoramiques : Une Quête de Hauteur et de Réflexion
La région Auvergne-Rhône-Alpes regorge de sites offrant des panoramas exceptionnels, où l'effort de la montée est récompensé par des vues imprenables. Que ce soit sur les eaux turquoise des lacs ou sur l'immensité des massifs montagneux, chaque belvédère est une invitation à la contemplation.
Autour de Voiron : Les Portes de la Chartreuse
Voiron, ville charnière entre la plaine et le massif de la Chartreuse, propose des randonnées variées. Le départ de la balade Rue des Orphelines, qualifiée de "modérée" avec une note de 4.8 sur 26 avis, est une option pour ceux qui cherchent une expérience équilibrée. Le "Panorama de Notre-Dame de Vouise et spécialités locales" est une randonnée plus "difficile" (4.7 sur 6 avis), mais promet des récompenses visuelles et gustatives. L'ascension jusqu'à la statue de Notre-Dame de Vouise ou l'exploration des balcons de Voiron offrent des vues imprenables sur la ville et ses environs. Le "Tour de Vouise" (4.5 sur 6 avis, modérée) et "Le tour de la Vouise avec vue panoramique sur Voiron" (4.3 sur 28 avis, modérée) sont également des itinéraires populaires pour apprécier les paysages. La "Vouise par le col de la Cou" est une option "facile" (4.6 sur 75 avis), rendant ces paysages accessibles à un plus grand nombre.
Le Massif de la Chartreuse : Un Écrin de Nature et de Défis
La randonnée en Chartreuse est un incontournable pour les amoureux des paysages montagnards. Ce massif montagneux, à cheval entre l'Isère et la Savoie, est un concentré de beauté et de diversité.
Le Charmant Som : Randonnée Quatre Saisons
Le Charmant Som, à l'entrée du massif de la Chartreuse, est une destination accessible en randonnée pédestre, en raquettes, et même en ski de rando en hiver. L'été, l'auberge et sa fromagerie permettent aux gourmands de reprendre des forces, transformant la randonnée en une expérience sensorielle complète. C'est une "rando 4 saisons à faire autour de Grenoble", offrant des itinéraires variés pour tous les niveaux.

Chamechaude : Le Point Culminant Accessible
Chamechaude, point culminant du massif de la Chartreuse, est un immanquable pour les visiteurs de Grenoble. Très accessible depuis la capitale des Alpes, de nombreux sentiers de randonnée pédestre mènent à son sommet, offrant un panorama exceptionnel sur les montagnes environnantes. Que ce soit depuis le col de Porte, le Sappey-en-Chartreuse, par le Habert de Chamechaude ou au cours d'une boucle plus longue, les options sont multiples.
Dent de Crolles : Un Sommet Emblématique
La Dent de Crolles, sommet emblématique de la Chartreuse culminant à 2 062 mètres d'altitude, offre un panorama exceptionnel surplombant la vallée de Grenoble. Accessible par le col du Coq ou le pas de l’Œille, c'est une destination privilégiée pour les amoureux de la nature et de la randonnée, nichée au cœur du parc naturel régional de Chartreuse.
Cirque de Saint-Même et Cascades d'Alloix : Des Joyaux Aquatiques
L'exploration du massif de la Chartreuse peut commencer par les cascades du Cirque de Saint-Même. Situé entre l'Isère et la Savoie, du côté de Saint-Pierre-d'Entremont, cet écrin creusé dans les roches des montagnes est prisé pour son atmosphère enchanteresse et ses superbes chutes d'eau. Les cascades d'Alloix, situées près de Grenoble à Saint-Vincent-de-Mercuze, offrent également une découverte de délicates chutes d'eau, peu importe la saison, avec des paysages changeants entre fraîcheur estivale et splendeur hivernale.

Les Massifs de Belledonne et de la Savoie : Entre Lacs et Hauts Sommets
Le massif de Belledonne, à deux pas de Grenoble, est une source d'air pur des Alpes. Avec ses paysages époustouflants, ses hauts sommets, et ses nombreux lacs d'altitude (Lac Blanc de Belledonne, Lac Achard, Lac du Crozet), c'est une destination facilement accessible, même sans voiture.
Les Lacs d'Altitude : Écrins Alpins
Les lacs Robert, encadrés par le Petit Van, le Grand Van et le Grand Sorbier, sont des incontournables du massif de Belledonne. Nichés à presque 2 000 mètres d’altitude au cœur du domaine de Chamrousse, ces écrins alpins se découvrent en randonnée, en hiver aussi bien qu’en été, avec des options pour tous les goûts, de la balade facile par téléphérique à la grande boucle des lacs Achard et Robert. Le Lac Blanc de Belledonne, niché au pied du Grand pic de Belledonne à 2 450 mètres d’altitude, est une randonnée belle mais pentue qui promet des vues spectaculaires. Le Lac Achard, en plein cœur du massif de Belledonne, se niche à 1 917 mètres d’altitude et offre un point de vue imprenable sur le Taillefer, avec de nombreux circuits de randonnée accessibles depuis Grenoble. Le Lac du Crozet, à 1 974 mètres d'altitude, sur la commune de Combe-de-Lancey, promet un panorama grandiose à l'arrivée. Enfin, le Lac de Crop, à Sainte-Agnès, est une des randonnées emblématiques du côté de Grenoble, où il n’est pas rare de voir des bouquetins.
RANDONNÉE MONTAGNE LACS DES 7 LAUX - BELLEDONNE - COL DES 7 LAUX - REFUGE DES 7 LAUX
Belvédère du Mont Grêle et Mont Granier : La Grandeur de la Savoie
En Savoie, le belvédère du Mont Grêle offre une vue stupéfiante sur les eaux du Lac d’Aiguebelette en contrebas, avec une grimpette en forêt et une cascade impressionnante en chemin. Le Mont Granier, un immanquable du coin à 1 933 mètres d'altitude, est grandiose par ses dimensions et son histoire tumultueuse, offrant des randonnées inoubliables.
Les Lacs de Savoie : Diversité des Plaisirs Aquatiques
Les beaux jours sont l'occasion de découvrir les plus beaux lacs de Savoie. Que ce soit une balade tranquille au bord de l'eau, à pied ou à vélo, une rando corsée vers un lac de montagne, ou une randonnée facile autour d'un petit écrin turquoise, il y en a pour tous les goûts. Le Lac d'Aiguebelette, le Lac du Bourget, le Lac de Roselend, le Lac des Vaches, le Lac de la Thuile, le Lac Guichard et le Lac de Saint-André sont autant d'options pour des expériences aquatiques variées. Le Lac du Bourget, plus grand lac naturel de France, offre un terrain de jeu exceptionnel entre eau et montagne, avec des incontournables comme l'ascension de la Dent du Chat ou le sentier longeant l'abbaye d'Hautecombe.
Randonnées en Raquettes : L'Hiver en Chartreuse et à Chamrousse
Partir en rando raquettes en Chartreuse, c'est traverser de longues étendues blanches sous l'œil de hauts sommets, profiter de panoramas grandioses sur les Alpes enneigées, opter pour des itinéraires forestiers, ou même s'offrir un moment de nature en famille, avec des parcours faciles et accessibles depuis Saint-Pierre-d'Entremont, Entremont-le-Vieux, Saint-Pierre-de-Chartreuse ou Le Sappey-en-Chartreuse. À Chamrousse, située à la pointe du massif de Belledonne, les raquettes permettent de (re)découvrir les Alpes enneigées et d'admirer un joli panorama sur Grenoble et sa vallée, entre sapins enneigés, lacs gelés et petits sentiers.
La Neige et le Froid : Une Source d'Inspiration Artistique et de Défis Humains
La neige, loin d'être une simple non-couleur, est une source d'inspiration inépuisable pour les artistes, reflétant la lumière de mille façons et évoquant une multitude d'émotions. Cependant, elle représente également un environnement exigeant, où la survie peut être un véritable combat, comme l'a vécu Elisabeth Revol.
La Neige en Peinture : Un Défi Chromatique
Peindre le blanc sur une toile blanche est un paradoxe. Pourtant, la neige n'est pas monochrome. Les milliers de petites facettes de cristaux glacés par leur transparence renvoient la lumière, la rendant jaune au soleil, mauve à l'ombre. Les peintres ont compris ce jeu de reflets et irisèrent leur palette de couleurs pour la sublimer. Dans le Grand Nord, les Inuits utilisent plus d’une vingtaine de mots pour qualifier le blanc, tant il peut être teinté de gris, d'ocre, de rose, de bleu. La neige se différencie aussi selon son état - poudreuse, fine, fondante, verglacée, épaisse - et le paysage où elle s'inscrit - montagne, bois, ville. Elle évoque à la fois la pureté, l'immaculée, la virginité, mais aussi le danger, l'angoisse, le deuil et la désolation.
Louise Joséphine : Pionnière des Pyrénées Enneigées
Au début du 19e siècle, rares sont les peintres à s'aventurer dans les Pyrénées enneigées, et encore plus rares sont les femmes à le faire. Louise Joséphine, peintre paysagiste et grande voyageuse, est l'unique à représenter ces sites. Elle s'est même installée seule dans une cabane de berger pour peindre au plus près de la nature. Ses tableaux, comme celui de l'église abbatiale de Saint-Savin dans la vallée d'Argelès, traquent la pureté de la lumière, la fraîcheur des couleurs et les détails délicats. Sa composition harmonieuse joue sur le parallèle entre les hauts murs de l'église et les abruptes montagnes enneigées, avec un premier plan où des hommes d'église conversent, se retirant du monde devant un paysage vierge et immaculé. Ses œuvres montrent également une autre position, avec la neige loin derrière et une végétation déjà presque printanière, évoquant des neiges éternelles qui dureraient tout l'été, une époque bien révolue face aux changements climatiques actuels.

Le "Roi des Neiges" : L'Influence Nordique en Italie
Un peintre italien du 18e siècle, surnommé le "roi des neiges", s'est spécialisé dans les paysages de neige. Bien qu'installé à Rome, il revenait régulièrement dans la campagne de son enfance pour peindre ces scènes hivernales. Il empruntait aux peintres nordiques et hollandais, maîtres de la peinture de neige et des lacs gelés, caractérisée par une minutie des détails. Ses tableaux panoramiques, avec des nuances de blanc et de gris rehaussées d'ocre, dépeignent des paysages endormis et sourds, où les sons sont étouffés par le manteau de neige. Ils évoquent une ambiance rurale difficile, loin des paysages idylliques associés aujourd'hui aux vacances et aux jeux dans la neige.
Alexandre Antigna : La Neige et la Condition Sociale
Alexandre Antigna, peintre préoccupé par la question sociale, a représenté dans ses œuvres la précarité de la condition des réfugiés, la difficulté du monde paysan, et la misère de l'industrialisation. Son tableau montrant une famille en plein hiver, la nuit tombant, un cheval couché et une carriole renversée, est un moment anxiogène. La neige, avec ses teintes bleutées au sol et saupoudrant les vêtements, évoque le froid et la difficulté de cette saison, brouillant tous les repères et faisant planer le spectre d'une catastrophe.
L'Hiver en Sculpture : La Personnification de la Rigueur
La sculpture offre une autre perspective sur l'hiver, le personnifiant sous diverses formes.
Jules-Jacques Labatut et "La Cigale et la Fourmi"
Jules-Jacques Labatut, l'un des plus grands sculpteurs toulousains de la fin du 19e siècle, a réalisé une œuvre en marbre blanc représentant l'hiver. Cette sculpture, d'une hauteur de près d'un mètre, insiste sur la pauvreté : une jeune fille vêtue de haillons, pieds nus, corps recroquevillé pour se protéger du froid. Elle personnifie la nature en sommeil et les rigueurs de l'hiver, évoquant la fable de La Fontaine "La cigale et la fourmi", avec sa mandoline remisée, incapable de chanter dans une saison qui n'est pas propice. L'œuvre, bien que représentant une saison de tristesse et de contrainte, dégage également la sensualité de l'âge de la jeune fille et le modelé délicat de son corps.
L'Art et la Lumière : Transformer le Regard
Au-delà des sommets et des défis hivernaux, l'art, et en particulier le travail d'artistes comme Olafur Eliasson, nous invite à transformer notre regard sur le monde.
Olafur Eliasson : Un Voyage dans la Lumière et les Ombres
Olafur Eliasson, artiste dano-islandais, utilise la lumière pour raconter des histoires et changer notre perception. Son exposition "Baroque Baroque" au Palais d'hiver du Prince Eugène à Vienne est une exploration de la lumière et des ombres, où les visiteurs sont invités à devenir protagonistes.
La Monochromie et les Ombres Projettées
En baignant les escaliers monumentaux d'une lumière jaune dans son œuvre "Yellow Corridor" (1997), Eliasson oblige le visiteur à redéfinir son regard. Plus loin, l'installation "Your Uncertain Shadow" invite à jouer avec son ombre, décomposant les silhouettes en cinq couleurs, incitant au mouvement et à l'implication. À la Fondation Louis Vuitton, une vaste installation circulaire utilisait la grille d'Ammann, liée au nombre d'or, pour projeter les ombres des visiteurs dans un enchevêtrement de lignes, témoignant de sa collaboration étroite avec l'architecte islandais Einar Thorsteinn.

Le Miroir comme Outil de Transformation
Le miroir est un élément essentiel dans l'art d'Eliasson, notamment au Palais d'Eugène. Il est utilisé pour transformer l'essentiel de la visite en une installation globale. Dans des salles en enfilade, une même paroi réfléchissante joue un rôle différent. Lorsque les visiteurs traversent une longue arche grillagée ("Fivefold Tunnel", 2000), ils se perçoivent dans une situation d'enfermement provisoire. Plus loin, un miroir double un demi-cercle de métal pour le transformer en un vaste anneau flottant, rappelant "The Weather Project" à la Tate Modern (2003). La mise en miroir des vastes scènes de bataille du Prince Eugène stimule l'attention, comme le souligne Eliasson, en révélant même des détails facétieux ajoutés par des restaurateurs.
L'Art comme Questionnement du Réel
L'exposition "Baroque Baroque", par son doublement langagier, est à l'image de l'art d'Eliasson. Les mobiles colorés, les kaléidoscopes et les jeux de lumières qu'il conçoit sont à la fois sources d'émerveillement et invitations à nous questionner sur notre capacité à façonner le réel. Son travail, lié au dialogue avec les sciences et la collaboration avec des architectes et designers expérimentaux, démontre que l'art peut être un moteur de changement, comme en témoignent ses projets comme "Little Sun", une lampe solaire vendue à prix variables pour apporter la lumière dans des régions privées d'électricité, ou "Green Light", fabriquée avec des matériaux recyclés par des réfugiés.
RANDONNÉE MONTAGNE LACS DES 7 LAUX - BELLEDONNE - COL DES 7 LAUX - REFUGE DES 7 LAUX
Élisabeth Revol et l'Everest : Le Retour du Camp de Base
L'histoire d'Elisabeth Revol, c'est aussi celle d'une résilience hors norme face aux défis extrêmes de la haute montagne. Après une expérience éprouvante sur le Nanga Parbat en janvier 2018, qui lui a valu de graves gelures et l'a fait échapper de peu à l'amputation, elle est de retour sur les sommets. L'AFP a rapporté qu'à la mi-journée un vendredi, la Française, originaire de la Drôme, redescendait du camp 3 de l'Everest et était attendue de retour au camp de base le samedi. Son sponsor et son ancien routeur, Ludovic Giambiasi, ont refusé de fournir plus de commentaires, attendant son retour.
Son témoignage sur Tomek, "l'un des hommes les plus libres et les plus indépendants" qu'elle ait connus, est poignant. "90 mètres au dessous du sommet, tu étais encore très bien", écrivait-elle un an auparavant, se souvenant d'une ascension concentrée où ils parlaient peu. Au sommet de cette montagne surnommée la "tueuse", Tomasz Mackiewicz souffrait de cécité des neiges et crachait du sang. Cette saison-là sur l'Everest a été particulièrement meurtrière, avec trois nouveaux alpinistes décédés, portant à sept le nombre de morts. Ces événements tragiques rappellent la dangerosité de ces ascensions et l'engagement extrême des alpinistes.
