
La fellation est une pratique sexuelle courante, mais l'étape suivante, celle d'avaler le sperme après l'éjaculation, est un sujet qui suscite souvent des interrogations, des fantasmes et parfois même des malentendus. Connue sous le terme de séminophagie, cette pratique, qui consiste en l'ingestion du sperme, peut être motivée par des fins érotiques, des croyances en sa valeur nutritive ou ses prétendues vertus pour la santé, ou encore des raisons spirituelles. Il est crucial de dissiper les idées reçues et d'aborder ce sujet avec clarté et respect, en explorant les différentes facettes de cette pratique.
Un choix personnel et non une obligation
Soyons clairs : aucune femme n’est “programmée” pour aimer avaler. Pour certaines, c’est une manière de prolonger le plaisir, de ressentir l'intensité du moment, de percevoir les contractions du sexe au moment de l'éjaculation, ou de recevoir la jouissance de l’autre, clôturant l’acte en beauté. Cependant, pour d’autres, c’est plutôt du domaine du « bof » ou du « non merci ». Beaucoup le confient : à leurs débuts, elles le faisaient parce qu’elles pensaient que c’était « ce qu’il fallait faire ». Parce que le porno l’a montré mille fois. Parce qu’elles voulaient faire plaisir.
JEÛNE : quels dangers quand il est mal préparé ?
Il est essentiel de comprendre qu'avaler n’a rien d’un passage obligé, encore moins d’un test de dévotion sexuelle. C’est une option, une parmi d’autres. Consentir à une fellation ne signifie pas automatiquement consentir à avaler du sperme. Si une femme choisit de recracher, de se rincer ou de s’essuyer, ce n’est pas une insulte à la virilité du partenaire. Ce n’est ni une preuve d’amour, ni un niveau expert en sexe oral. L'acte d'avaler le sperme est un choix personnel et intime. Il est donc important d'apprécier, de respecter et de remercier si elle le fait, reconnaissant la signification que cela peut revêtir pour elle.
La question du goût et de la texture du sperme
On en parle peu, mais le goût du sperme n’est jamais le même. Ce n’est pas une sauce standard. Le sperme est comme n’importe quel fluide corporel ; il peut prendre plein de formes et de goûts, et même si on ne l’aime pas, il n’a rien de « dégueulasse ». Certaines femmes décrivent une texture crémeuse, tandis que d’autres parlent carrément de « glaire ». Une femme l’a comparé à un médicament à avaler d’un coup, sans réfléchir. Un bon nombre de témoignages valident le côté légèrement salé. D'autres l'ont trouvé infâme, alors qu'un autre ex avait un goût plus neutre, un peu comme de la crème.
Le sperme est un liquide blanc lactescent translucide et normalement plutôt lisse. Il arrive cependant que l’on observe des petits grumeaux dans le sperme, ce qui est physiologique et ne doit pas forcément inquiéter, comme le souligne un urologue. De la même façon, la couleur du sperme peut virer au jaune ocre, en cas d’oxydation de la spermidine.
Selon sa composition nutritionnelle, le sperme devrait avoir un goût légèrement sucré, mais certains le perçoivent plutôt salé et amer, voire âcre, avec des notes métalliques. Quoi qu’il en soit, le goût du sperme n’est pas universel, puisqu’il varierait beaucoup en fonction de l’alimentation de chacun. C'est une information précieuse pour tous ceux qui souhaitent rendre plus agréable le goût de leur semence.

Les motivations derrière l'ingestion : plaisir, don et surprise
Au-delà de la texture ou du goût, ce qui revient le plus souvent dans les témoignages, c’est l’envie de faire plaisir. Offrir un « cadeau », une surprise, un climax symbolique. Et ce n’est pas anodin : quand une femme choisit d’avaler, c’est rarement pour faire joli. Des lectrices expliquent ce que ça fait d’avaler après une fellation. Le principal argument avancé par toutes celles qui ont témoigné est celui de prendre du plaisir à donner du plaisir. Une femme confie : « En général je ne dis pas à mon copain que je vais le faire, je sens qu’il se retient jusqu’au moment où je lui dis qu’il peut se lâcher. C’est un peu ma surprise pour lui, un cadeau qui nous fait plaisir à tous les deux. Même si ça reste occasionnel, je vois vraiment cet acte comme quelque chose de positif, ce qui n’a pas toujours été le cas. » Avant, avec ses précédents partenaires, Margaux le faisait sans envie. Mais une fois, après une expérience particulièrement agréable, elle a dit : « Déso, c’était juste trop bon. »
Il est clair que la décision d'avaler le sperme est complexe et varie d'une personne à l'autre, influencée par des facteurs personnels, relationnels et culturels.
Composition du sperme et risques sanitaires
Le sperme est un liquide qui n’existe pas à l’état de stockage dans l’organisme. Le volume d’une éjaculation est très faible, puisqu’il représente 1,5 à 5 ml maximum, soit l’équivalent d’un quart à une cuillerée à café de liquide seulement ! Le liquide séminal représente 65 à 70 % du sperme, le liquide prostatique 15 à 20 % et le liquide préséminal 4 à 5 %.

Petit rappel utile (et pas très sexy mais nécessaire) : avaler n’est pas sans risque. Le sperme est comme n’importe quel fluide corporel, et il peut être un vecteur de maladies sexuellement transmissibles (MST). Le sexe oral (fellation et cunnilingus) peut être vecteur de maladies sexuellement transmissibles, tels que l’herpès génital, le gonocoque ou encore les chlamydiae. Moralité : si pas de test récent, on évite de jouer au sommelier de sperme. Le seul vrai moyen de se protéger, c’est le préservatif. Vous pouvez vous faire dépister dans des centres anonymes et gratuits partout en France.
Les prétendues vertus du sperme : démêler le vrai du faux
Les prétendues vertus santé du sperme font couler beaucoup d’encre et alimentent bien des fantasmes. Elles font toutefois l’objet de quelques études scientifiques sérieuses, mais aussi de beaucoup de désinformation.
La spermidine et ses effets potentiels
Une étude menée en 2009 s’est attachée à démontrer que la spermidine, présente dans le sperme, aurait des vertus antioxydantes et donc un effet positif dans la lutte contre le vieillissement des cellules. D’après une étude menée en 2017, des compléments alimentaires à base de spermidine favoriseraient la croissance des cheveux humains. Deux récentes études ont suggéré que la spermidine contenue dans le sperme serait capable d’interférer spécifiquement avec le cycle des cellules tumorales, freinant leur prolifération et stoppant leur croissance.
Cependant, bien que le sperme soit riche en spermidine antioxydante et anticancer, il semble délicat de recommander aux femmes de s’en délecter pour bénéficier de ses bienfaits santé ! D’une part parce que cette fameuse spermidine n’est pas l’apanage du sperme et qu’on la retrouve également dans des aliments que l’on peut facilement mettre au menu.
Le mythe du sperme antidépresseur
Une fausse étude publiée en 2003 a été largement relayée et a fait beaucoup parler d’elle ces dernières années. D’après ses conclusions : « les femmes qui avalent du sperme deux fois par semaine ont 40 % moins de risques d’être exposées au cancer du sein ». Il s’est rapidement avéré que cette étude avait été inventée de toutes pièces par un étudiant de l’université de Caroline du Nord nommé Brandon Williamson.
Plus sérieusement, une étude menée en 2002 à New-York sur près de 300 femmes, a révélé que les participantes qui avaient des relations sexuelles sans préservatif étaient moins déprimées (moins de symptômes dépressifs et de tentatives de suicide) que les autres. Les composants qui seraient responsables de cet effet bien-être sont : la sérotonine, l’ocytocine, la mélatonine, la thyrotropine et enfin le cortisol. Attention toutefois, on parle ici de rapports sexuels par pénétration, et donc de la capacité de la paroi vaginale à absorber les composants du sperme.
Ces recherches, menées par Gordon Gallup, un universitaire de l'Université d'Albany aux États-Unis, prétendaient que le sperme avait un rôle antidépresseur, vraisemblablement dû à sa teneur en hormones telles que la testostérone et la prolactine, qui régissent, entre autres, le fonctionnement du cerveau. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont posé des questions au sujet de leurs mœurs sexuelles à 293 femmes qui suivaient des cours dans l'établissement et leur ont fait passer un test définissant leur état d'esprit. Et ils ont ainsi remarqué que les 88 femmes qui n'avaient jamais utilisé de préservatifs avaient moins de propension à la dépression. Les auteurs de l'étude en ont donc conclu que les hormones contenues dans le sperme jouaient un rôle sur l'humeur des femmes en passant dans leur sang à travers les parois vaginales.
Pavol Prokop, un anthropologue slovaque, a peu de temps après émis de sérieux doutes au sujet de cette étude, arguant, comme il l'a répété à Buzzfeed, que si le sperme était vraiment un antidépresseur, les femmes chercheraient à coucher avec un maximum d'hommes dans le but de consommer autant de sperme que possible, ce qui n'est pas le cas. Ce n'est pas la seule limite de cette étude, dont les résultats peuvent être interprétés de plusieurs manières et qui pèche par un manque de précision. Ainsi, de nombreux facteurs, tels que l'état des relations amoureuses des participantes ou leur degré de satisfaction sexuelle n'ont pas été pris en compte dans l'étude de Gordon Gallup.
Enfin, prétendre que les femmes qui n'utilisent pas de préservatifs sont moins déprimées est dangereux d'un point de vue sanitaire. En effet, cela revient à encourager indirectement les femmes à renoncer à se protéger pendant l'acte sexuel. Il est donc crucial de rester vigilant face aux affirmations non étayées scientifiquement, surtout lorsqu'elles peuvent avoir des implications sur la santé.
Valeur calorique négligeable
Le sperme contenant en majorité de l’eau, et une faible proportion de fructose, sa valeur calorique est donc tout à fait négligeable. Inutile de compter sur le sperme pour un apport nutritionnel significatif.
La signification du sperme dans le tantrisme et d'autres croyances
Dans les religions extrêmes-orientales, et principalement le tantrisme, le sperme est ce que l'homme a de plus précieux en lui : son énergie vitale. On l'appelle le bindu, un terme qui désigne également le zéro et le point. Un texte majeur du yoga tantrique, le "Hatha yoga pradipika", précise que "la chute du bindu, c'est la mort ; la vie, c'est la conservation du bindu". C'est dire toute l'importance de cette laitance pour les adeptes du tantrisme.
Le problème, en fait, c'est que l'activité sexuelle débouche la plupart du temps sur l'émission du bindu. "Cette dépense de l'énergie sexuelle apparaît comme une déperdition ruineuse qui amoindrit l'intellect, explique Jean Nadou, professeur de civilisation indienne. Elle épuise le potentiel ascétique que l'on appelle tapas, et qui s'acquiert si durement dans le refus de tout mode de plaisir et dans le réfrènement des instincts vitaux." C'est pourquoi le tantrisme indien propose à ses adeptes une ascèse de type yoguique (le kundalini yoga) dont l'objectif est d'utiliser les feux ou énergies issus des expériences sexuelles, érotiques et sensuelles pour atteindre l'éveil et parvenir ainsi à la prise de conscience de l'énergie salvatrice au centre de sa corporéité.
Faire circuler l'énergie vitale
Ainsi le tantrisme propose une série d'exercices apprenant à l'homme l'art du coïtus reservatus (étreinte réservée). L'adepte de base se contente de conserver son "essence spermatique", qui est une forme de Souffle à l'origine du monde ; il peut alors éloigner les maladies, prolonger sa vie et rendre son corps léger. Les maîtres, eux, passent à un stade supérieur qui consiste non seulement à retenir cette essence, mais aussi à l'agiter pour la faire circuler et remonter jusqu'au cerveau, à travers le canal médullaire. Cet acte, très ritualisé, ne peut s'accomplir qu'à des moments et en des lieux précis, déterminés par le contexte cosmique. L'assistance d'un maître spirituel expérimenté est également indispensable. En effet, le kundalini yoga consiste à manipuler des forces explosives qui peuvent conduire à la libération définitive de l'être humain, mais aussi à la destruction de l'adepte mal avisé ou par trop impréparé.
Ces explications ne devraient toutefois pas faire oublier le rôle important joué par les femmes dans le tantrisme. Celles-ci disposent effectivement d'une énergie qui leur est propre, la shakti, et qui peut être acquise par le mâle grâce à des rapports sexuels. "Le raisonnement est le suivant : si le sperme est la substance vitale de l'homme, celle de la femme doit se trouver dans un liquide émis par son propre sexe. Et si dans les rapports sexuels normaux (profanes), l'homme s'active et donne un peu de sa substance vitale à la femme en déposant du sperme dans son vagin, l'étreinte tantrique (sacrée) doit être inversée et la femme doit trouver le moyen de donner à l'homme quelque chose de sa propre substance", explique Jean Varenne, spécialiste de la culture indienne et auteur d'un ouvrage intitulé "Le Tantrisme" (Albin Michel, Paris, 1997).
Vivement critiqués par la culture indienne, les rituels tantriques se pratiquent généralement dans le plus grand secret. Raison pour laquelle, sans doute, circulent à leur sujet tant d'inepties et de fantasmes. Malheureusement, les aspects sexuels du tantrisme sont trop souvent évoqués, voire enseignés, dans nos pays, par des pseudo-gourous à des élèves avides de pouvoirs et de sensations. Les pratiques en question, quand elles ne valident pas une nouvelle forme d'échangisme, n'aboutissent généralement qu'à des désillusions. Au mieux, les pratiquants se contentent de manifestations inhabituelles des énergies (couleurs, chaleur, visions, tremblements, etc.), ce qui peut parfois renforcer leur ego et aller ainsi à l'encontre de l'idéal yogique. Car professer une théologie du sperme ne signifie pas forcément prôner une sexualité débridée.
Des pouvoirs magico-ésotériques
Les adeptes du tantrisme ne sont pas seuls à accorder une telle importance à l'essence spermatique. De nombreux gourous de sectes estiment, en effet, que leur sperme est doté de pouvoirs magico-ésotériques. "Ils en usent et en abusent pour mettre leurs fidèles sur le "droit chemin", explique Djénance Kareh Tager, journaliste à l'"Actualité des Religions". Il fut un temps où Moon poussait l'esprit de sacrifice jusqu'à purifier ses adeptes préférées du péché originel par relation sexuelle.
Le sperme en Islam : pureté et ablutions
Les oulémas ont expliqué les caractéristiques du sperme et celles d’autres sécrétions comme le Madhi (liquide pré-éjaculatoire), le Wadyy (liquide blanc opaque et épais) et autres. L’imam An-Nawawy a mentionné dans l’explication de « Sahih Mouslim » les caractéristiques du sperme chez la femme : quant au sperme de la femme, c’est un liquide jaune et fin ; il se peut qu’il soit blanc quand il est en grande quantité et il a deux caractéristiques : la première est que son odeur est comparable à celle qu’il a chez l’homme ; la deuxième est que la femme ressent une certaine jouissance sexuelle et dès que ce liquide sort, elle ressent un apaisement de son désir charnel.
Il a expliqué aussi les caractéristiques du liquide pré-éjaculatoire en disant : « Le Madhi est un liquide blanc, fin et visqueux qui est secrété lorsqu’on ressent un désir sexuel mineur, ne sort pas comme une éjaculation, et n'est pas suivi d'un apaisement du désir charnel. Il se peut qu’on ne ressente pas sa sortie, et ce liquide se manifeste aussi bien chez l’homme que chez la femme et il est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. » Al-Bagirmy, le Chaafi’ite a défini al-Wadyy en disant : c’est un liquide blanc opaque et épais, qui sort après l’urine ou lorsqu’on porte un objet lourd.
Si ces sécrétions ont les mêmes caractéristiques que le sperme, vous devez donc faire le Ghosl de la Djanâba et votre prière ne sera valide qu’après vous être lavée. Si ces caractéristiques ne sont pas présentes, vous avez uniquement à faire vos ablutions. Il est impératif de ne pas être négligente envers la Salat et de l’accomplir en respectant ses conditions, ses piliers et ses obligations, dans le temps qui lui est imparti, du fait de sa grande importance en Islam. Elle est le deuxième pilier de l’Islam après les deux attestations de foi. C’est le premier des actes pour lequel l’homme sera jugé au jour de la Résurrection. Un grand châtiment attend celui qui néglige la Salat ou qui la délaisse. Comme il est dit : « Puis leur succédèrent des générations qui délaissèrent la prière et suivirent leurs passions. Ils se trouveront en perdition. »
Il n’est pas permis d’occuper un emploi où les femmes se mêlent aux hommes sauf en cas de nécessité absolue, en l’absence d’un autre emploi sans mixité et à condition d’avoir besoin de ce travail pour subvenir à vos besoins quotidiens et en étant continuellement à la recherche d’un autre emploi. Comme il est écrit : « Et quiconque craint Allah, Il Lui donnera une issue favorable, et lui accordera Ses dons par [des moyens] sur lesquels il ne comptait pas. » Il est recommandé de s’éloigner de ces suspicions et de cette confusion, sinon elles finiront par se transformer en obsession.