Ingestion de plantes toxiques chez le cheval : causes, effets et risques

cheval dans un champ avec des plantes toxiques

L'alimentation équilibrée des chevaux est essentielle pour leur santé et leurs performances optimales. Cependant, la présence de plantes toxiques dans les pâturages ou le foin peut poser de graves risques. Contrairement aux humains, aux chiens et aux chats, le cheval est incapable de vomir, ce qui accentue les effets néfastes des toxines ingérées. La prévention et la connaissance de ces plantes sont les meilleurs alliés des propriétaires d’équidés.

Intoxications vegetales du printemps chez les equides - Gilbert Gault CNITV

Les alcaloïdes pyrrolizidiniques (AP) et leurs dangers

Les alcaloïdes pyrrolizidiniques (AP) sont un groupe de composés organiques naturels qui sont toxiques pour les chevaux. Les plantes produisent ces composés comme mécanisme de défense contre les herbivores et les agents pathogènes microbiens. Plus de 6 000 espèces de plantes sont connues pour produire des alcaloïdes pyrrolizidiniques toxiques pour les chevaux, incluant notamment des espèces de séneçon (Senecio spp.), la langue-de-chien (Cynoglossum officinale) et l'amsinckie intermédiaire (Amsinckia intermedia).

Ces espèces sont généralement peu appétissantes pour les animaux de pâturage et ne sont habituellement pas consommées en grande quantité si d’autres aliments sont disponibles. Cependant, lorsque le fourrage est insuffisant, les chevaux peuvent être tentés d'ingérer ces plantes nocives. La concentration d’alcaloïdes toxiques varie selon les espèces végétales et entre les individus de la même espèce, ainsi qu'entre les différentes structures de l’anatomie de la plante. Les plantes matures présentent une plus grande menace que les jeunes plantes.

Mécanisme de la toxicité des AP

Après avoir ingéré des plantes contenant des alcaloïdes pyrrolizidiniques, les composés toxiques sont rapidement absorbés par le tractus gastro-intestinal du cheval. Une fois absorbés, les alcaloïdes pyrrolizidiniques sont transportés au foie par la veine porte, le vaisseau sanguin qui transporte le sang du tractus gastro-intestinal au foie, à la rate et au pancréas.

Dans le foie, les alcaloïdes sont décomposés en composés pyrroliques réactifs, qui endommagent les cellules hépatiques et peuvent finalement causer des tumeurs et des cancers du foie. La toxicité des alcaloïdes pyrrolizidiniques est cumulative, ce qui signifie que ses effets s’accumulent dans le foie au fil du temps. Cela rend le diagnostic, le traitement rapide et la prévention difficiles, car la plante toxique responsable de l’apparition des symptômes d’intoxication peut ne pas être présente dans le pâturage au moment où une intervention médicale est nécessaire. Il est possible que les signes d’exposition chronique n’apparaissent pas avant plusieurs semaines ou mois après l’ingestion initiale.

Symptômes de l'intoxication aux AP

Les symptômes de la toxicose chronique aux alcaloïdes pyrrolizidiniques apparaissent souvent des mois après que le cheval a ingéré des plantes toxiques. Ils peuvent inclure la perte de poids, le manque d’appétit, des changements de comportement, la jaunisse, des coliques et une photosensibilité. Lorsque la fonction hépatique d’un cheval est compromise à 80 % ou plus, l’organe est incapable d’éliminer la phylloérythrine, qui s’accumule dans le sang. Lorsqu’elle est exposée à la lumière du soleil, l’excès de phylloérythrine provoque des lésions cutanées qui, à leur tour, entraînent une photosensibilisation secondaire et une dermatose.

La photosensibilisation, également appelée dermatose induite par la lumière, est une affection cutanée douloureuse qui provoque une sensibilité extrême à la lumière du soleil. Cette hypersensibilité est une complication secondaire des dommages au foie et au système biliaire. Les chevaux atteints de photosensibilisation peuvent manifester une aversion pour la lumière vive ou le soleil (photophobie), en plissant souvent les yeux ou en évitant l’exposition directe au soleil. La réaction photosensible peut également affecter les lèvres, les gencives et la langue du cheval, causant des lésions buccales, des plaies et des ulcères qui rendent l’alimentation inconfortable.

Bien que rare en raison de la nature peu appétissante des alcaloïdes pyrrolizidiniques, l’ingestion d’une grande dose de ces plantes toxiques peut entraîner une nécrose hémorragique aiguë du foie du cheval. Dans cette pathologie, le tissu hépatique meurt rapidement, provoquant des saignements sévères dans l’abdomen. L’intoxication aiguë au séneçon est rapidement mortelle.

Diagnostic et pronostic

Le diagnostic de la toxicose chronique aux alcaloïdes pyrrolizidiniques est difficile, car l’ingestion de quantités toxiques de plantes contenant des AP se produit généralement des mois avant l’apparition des symptômes. Il repose habituellement sur un historique d’exposition potentiel et la présence de signes cliniques. Les outils diagnostiques peuvent inclure des analyses sanguines, des biopsies hépatiques et de l’imagerie par échographie.

Malheureusement, le pronostic pour les chevaux atteints de toxicose aux alcaloïdes pyrrolizidiniques est mauvais, car la majorité des chevaux sont diagnostiqués qu’une fois que les lésions hépatiques ont atteint un stade irréversible. À ce jour, aucun antidote n’est disponible. Le traitement se concentre sur des soins de soutien et la gestion alimentaire, visant à maintenir le cheval en vie jusqu’à ce que le foie puisse se régénérer. La plupart des animaux affectés sont euthanasiés en raison de la faible probabilité de guérison. Avec des soins appropriés, un petit pourcentage de chevaux peut se rétablir, mais ces animaux nécessitent un repos à long terme, des soins de soutien et sont peu susceptibles de retrouver leur pleine capacité de performance.

Prévention de l'intoxication aux AP

La prévention consiste à fournir un fourrage adéquat, à inspecter régulièrement les pâturages et le foin pour y repérer des plantes toxiques, et à enlever rapidement toute espèce de séneçon afin de réduire le risque d’ingestion.

Illustration d'un champ avec des plantes de séneçon

Les principales plantes productrices d'AP

Le Séneçon (Senecio spp.)

Il existe plus de 1 200 espèces de séneçon dans le monde. L’Amérique du Nord compte 70 espèces, dont environ 25 contiennent des quantités toxiques d’alcaloïdes pyrrolizidiniques. Le séneçon peut être trouvé dans un certain nombre d’environnements différents. La concentration d’alcaloïdes pyrrolizidiniques (AP), les composés toxiques du Senecio, varie considérablement. Les plantes matures présentent une plus grande menace que les jeunes plantes. Le séneçon de Ridell (S. ridellii) mature contient la plus haute concentration d’AP des espèces de cette famille (18 % de sa matière sèche).

Le séneçon de Jacob est généralement celui que l’on retrouve le plus dans les prés. Cette plante contient des substances toxiques, les alcaloïdes pyrrolizidiniques, qui provoquent des lésions graves du foie pouvant entraîner la mort du cheval. La plante est toxique, qu’elle soit au champ ou dans le foin. Toutes les parties de la plante sont toxiques. En prairie, les chevaux s’y intéressent normalement assez peu, mais certains chevaux la consomment même s’il y a suffisamment d’herbe. En cas de présence de séneçon dans les pâturages, il faudra donc être particulièrement vigilant. L’arrachage est conseillé. Si les parcelles sont fauchées, il est absolument nécessaire d’arracher le séneçon avant la fauche, car une fois coupée et séchée, cette plante est facilement consommée par les chevaux qui peuvent alors s’intoxiquer. L’intoxication peut être aiguë ou chronique, cette dernière étant la plus observée. La dose mortelle de séneçon de Jacob, pour un cheval, est atteinte après l’ingestion de 3-5 % du poids du cheval, ce qui représente environ 300 g par jour pendant 50 jours, ou une ingestion de 50 à 100 g de séneçon par jour pendant six à huit semaines.

La Langue-de-chien (Cynoglossum officinale)

La langue de chien est une mauvaise herbe répandue que l’on trouve couramment dans les zones cultivées et les terres stériles. Elle peut atteindre jusqu’à 3 pieds (1 mètre) de hauteur. Ses feuilles basales sont grandes et en forme de langue, atteignant jusqu’à 20 pouces (0,5 mètre) de longueur.

L'Amsinckie intermédiaire (Amsinckia intermedia)

L’amsinckie intermédiaire est une mauvaise herbe annuelle que l’on trouve dans les champs et les terres stériles. Elle atteint 3 pieds (1 mètre) de hauteur. L’amsinckie est peu ramifiée et recouverte de petits poils de couleur claire. À mesure que la plante mûrit et que ses fleurs commencent à s’épanouir, la tige enroulée se déroule, donnant à la plante son apparence caractéristique appelée « cou de violon » (fiddleneck) en anglais.

Intoxication aux glands du chêne

Le chêne est un arbre majestueux et élégant, très apprécié dans les climats océaniques et continentaux humides d’Europe, et très représenté en France. Il offre une ombre bienvenue aux chevaux durant les heures les plus chaudes de l’été. Cependant, le chêne représente un potentiel danger pour les chevaux en raison de sa très forte toxicité.

Toxicité des glands et mécanismes

L’intoxication survient de la fin d’été à l’automne lorsque les pâturages sont insuffisants ou pauvres et que les vents violents font tomber les glands au sol. Les chevaux sont tentés alors de manger les glands et en les ingérant ils s’intoxiquent. Les glands contiennent des tanins et de l’acide gallique. C’est ce cocktail qui est responsable de l’intoxication chez les chevaux. Ces tanins ont la particularité de se lier à certaines protéines, passer la muqueuse intestinale et entraîner des effets graves sur le foie et les reins.

La toxicité des glands dépend de leur degré de maturité. Plus le gland est vert, plus il est concentré en tanins et donc particulièrement toxique. Les glands des jeunes chênes seraient plus dangereux que ceux des arbres adultes. Les glands verts sont particulièrement toxiques pour les chevaux. C’est justement l’ingestion en grande quantité qui déclenche l’intoxication. L’intoxication peut aussi être déclenchée par une consommation plus modérée mais régulière sur plusieurs semaines.

Il est important de savoir qu’il y a aussi des cas d’intoxications au printemps, dues à l’ingestion en grande quantité de jeunes et petites pousses de chênes que l’on retrouve dans les prés. Tous les équidés peuvent être touchés, peu importe l’âge, leur sexe, leur race, leur poids ou encore leur activité. Il est important de noter que les chiens peuvent aussi être affectés par cette intoxication.

Les substances toxiques contenues dans les glands des chênes sont les tanins hydrolysables. On retrouve ces tanins hydrolysables dans les racines, les écorces, les bourgeons ou les fruits des noyers, des chênes, des vignes et des châtaigniers. En effet, selon les espèces d’arbres, leur état de santé et selon les années, la quantité de tanins hydrolysables renfermée dans les glands peut varier. Ainsi, les équidés commencent parfois à manger des glands lorsque ces derniers sont doux car ils ne contiennent que très peu voire pas du tout de tanins hydrolysables. Les chevaux gardent alors en mémoire que ces fruits sont consommables, y prennent goût, et de cette façon, s’habituent à en manger sans plus être repoussés par l’amertume. Les tanins hydrolysables vont, après leur ingestion par les équidés, être transformés au cours de la digestion. Ces molécules vont être néfastes pour l’intestin et passer dans la circulation sanguine.

Symptômes de l'intoxication aux glands

Les symptômes dépendent de la gravité de l’intoxication. Les équidés qui ingèrent de très grosses quantités sur un laps de temps court manifesteront des signes aigus. La forme aiguë de l’intoxication a un pronostic généralement assez sombre puisque peu de chevaux y survivent. Ceux dont l’intoxication s’est faite sur des quantités moindres mais sur un temps plus long, développeront des signes moins marqués. Cette forme, que l’on nomme « subaiguë », est en règle générale de meilleur pronostic pour le cheval.

Les signes et symptômes à prendre très rapidement au sérieux incluent : abattement marqué, cheval qui reste couché, fièvre ou hypothermie, sudation et forte déshydratation, constipation, diarrhée, colique, anorexie, hypersalivation, augmentation du rythme cardiaque et de la fréquence respiratoire, tremblements musculaires, convulsion, baisse de la quantité d’urine émise et urines rouges (présence de sang dans les urines en raison d’une atteinte rénale), et anomalie de coloration et/ou d’humidité des muqueuses. Le vétérinaire doit intervenir le plus rapidement possible dès constatation de ces signes ou symptômes, car il s’agit d’une urgence vitale pour le cheval, poney ou âne touché par l’intoxication aux glands.

Traitement et prévention de l'intoxication aux glands

Malheureusement, il n’existe aucun antidote ou traitement spécifique permettant de sauver le cheval d’une intoxication par les glands. La survie du cheval dépend de la quantité de glands qu’il a ingéré. La récupération peut prendre plusieurs semaines. Le vétérinaire équin traite les symptômes et utilise des produits pour soutenir l’état général de l’équidé. Le cheval est réhydraté par perfusion, il peut aussi bénéficier d’un lavage gastrique. La constipation est traitée à l’aide de laxatif. Les coliques sont traitées à l’aide d’antispasmodiques habituellement utilisés pour ce genre de problème. Si le cheval rencontre des difficultés pour uriner, on lui administre des produits pour l’aider à émettre de nouveau des urines. Un traitement par antibiotique est généralement donné pour éviter les infections secondaires à l’intoxication.

Si vos pâtures comportent des chênes, il faut être particulièrement vigilant. Lors des périodes à risques, en automne et au printemps, limitez l’accès aux chênes à vos chevaux. Il suffit d’installer une clôture électrique suffisamment grande autour de la zone du ou des chênes. Les chevaux qui commencent à manger des glands le font parce qu’ils manquent de nourriture. Il est important de rappeler que l’aliment numéro un des chevaux est l’herbe et le foin. Si votre pâture est pauvre en herbe, il faut mettre à disposition des chevaux du foin de façon permanente.

Autres plantes toxiques pour les chevaux

Il est essentiel de distinguer les plantes faiblement toxiques, qui vont occasionner des troubles passagers généralement bénins, d’autres très nocives voire même mortelles pour les chevaux.

Plantes faiblement toxiques

Parmi les plantes faiblement toxiques pour les chevaux, il y a d’abord celles qui peuvent provoquer des coliques ou des diarrhées passagères lorsqu’elles sont ingurgitées en trop grandes quantités. C’est notamment le cas de la nielle des blés (c’est sa faible présence qui minore le danger, sinon elle est toxique). D’autres variétés, telle l’écorce de robinier, peuvent entraîner des effets secondaires sur le système cardiaque et nerveux. Dans cette catégorie, citons également le cytise, un arbuste susceptible de causer des troubles de la motricité chez votre cheval.

La gesse et le trèfle des foins font quant à elles partie des plantes qui peuvent favoriser l’apparition de maladies contraignantes et invalidantes chez le cheval. La première peut ainsi être à l’origine du lathyrisme, une intoxication alimentaire responsable d’une dégénérescence nerveuse de l’animal, se manifestant par une faiblesse des membres inférieurs et une titubation marquée. Sous son apparence inoffensive, le trèfle des foins pourra lui engendrer une trifoliose, couramment désignée sous le nom de maladie du gros foie, avec des manifestations telles que colique et fourbure.

Plantes toxiques diverses

Plantes très toxiques ou mortelles

Contrairement aux espèces citées plus haut, l’absinthe est une plante toxique à prendre très au sérieux. Quelques grammes de cette plante suffisent à causer un avortement du poulain chez une jument pleine. D’autres variétés de plantes agissent déjà durablement avec une prise inférieure à 500 grammes. Dans un premier temps, le cheval subira des diarrhées et ne pourra plus uriner (anurie). Puis, son larynx se paralysera et la syncope surviendra. 300 grammes, c’est également le seuil critique du semen-contra, responsable de convulsions. L'armoise, dans la même famille des Artemisia, devient nocive à partir d’une ingestion de 700 grammes.

Les hellébores entraîneront un décès après l’apparition de crampes et de paralysies inévitables. Dans le cas des variétés de digitales, une distinction notable est à faire entre les feuilles fraîches et celles séchées. Si la mort a peu de chance de survenir avant une ingestion de 200 grammes de feuilles fraîches, 25 grammes de séchées suffisent à provoquer le décès. Des diarrhées sanglantes et des vertiges surviennent alors dans un premier temps. Dans les situations les plus extrêmes, un arrêt cardiaque fatal peut se manifester. L’ingestion est mortelle dès 200 grammes de feuilles fraîches et 25 grammes de feuilles séchées.

La belladone est encore plus active dans sa toxicité. À partir de 10 grammes ingurgités, le cheval endurera une paralysie progressive de ses muscles, puis les troubles s’étendront à d’autres régions de l’organisme : motricité, humeur, système cardiaque et respiratoire, vue. 120 grammes à peine suffisent à causer la mort. La jusquiame est à proscrire pour les mêmes raisons.

La morelle noire contient des alcaloïdes dans ses feuilles. Elle cause une irritation des muqueuses et des diarrhées abondantes.

Le coquelicot, aussi beau soit-il, ne devrait pas composer plus d’un dixième du fourrage. On y trouve une substance apparentée à la morphine dont les propriétés sédatives perturbent le système digestif de l’animal.

Proche de l’arsenic, le colchique s’accompagne lui aussi d’effets désastreux si le cheval en mange ne serait-ce que 75 grammes au sein d’un fourrage de 5 kg. Une jument pleine pourra avorter. Un poulain intoxiqué ne survit généralement pas plus de deux jours. Pour un cheval adulte et bien portant, les symptômes persisteront quelques jours (paralysie respiratoire) avant la mort.

Le laurier-rose, malgré des qualités décoratives évidentes, fait chuter la température du cheval. Ses pupilles se dilateront tandis que des diarrhées et d’autres perturbations du système gastro-intestinal seront manifestes. Finalement, une paralysie du cœur causera la mort. Cette plante méditerranéenne est toxique dès 40 grammes.

L'if est une autre espèce à bannir. Ses feuilles et graines sont toxiques, même si l’ingestion n’a eu lieu qu’à toute petite dose, causant une mort foudroyante. L’ensemble de la plante est toxique, et plus particulièrement ses feuilles. En revanche, ses fruits sont dépourvus de toxine. Très attractif pour les animaux, ils le consomment facilement lorsqu’ils y ont accès.

Le buis est très nocif pour les chevaux. La dose mortelle se situe autour de 700 grammes de feuillages frais. Il entraîne une chute de tension, des signes de vertiges, des crampes. Le cheval peut également avoir des coliques ou des diarrhées.

La cigüe est relativement peu sensible pour le cheval, mais elle peut engendrer des spasmes de la mâchoire et des convulsions dès 100 grammes. En grosse quantité, elle peut provoquer le décès de l’équidé suite à une paralysie respiratoire. La dose mortelle se situe à 1 kilogramme de plante fraîche ou à 5 kilogrammes de foin contenant 1,5 % de cette plante.

L’ergot du seigle est un champignon toxique pour les chevaux. Il va provoquer, dès 150 grammes, une forme d’ivresse, la paralysie des membres et des difficultés respiratoires. Absorbé en plus petite quantité, il engendre une intoxication chronique avec tremblements, convulsions et diarrhées.

L’if à baies peut engendrer une mort foudroyante chez le cheval.

L’herbe de Saint-Jacques est un poison pour les chevaux tant sur pied que séché. L’intoxication aiguë est très rare, l’intoxication chronique moins.

Le rhododendron entraîne une salivation excessive et une inflammation des parois intestinales.

Toxines spécifiques et leurs effets

Le robinier faux acacia est originaire d’Amérique du Nord et présent sur le territoire français. L’ensemble de la plante est toxique, spécifiquement les graines et l’écorce. L’écorce du robinier que le cheval peut être tenté de grignoter contient de la ribine, pouvant se compliquer par des troubles nerveux.

Les chevaux qui mangent trop de gesses peuvent être atteints de lathyrisme. Cette plante est très toxique pour les chevaux et mortelle dès 300 grammes.

L’arnica, également appelé Tabac des Vosges ou Souci des Alpes, est mortelle pour le cheval dès 500 grammes.

La digitale est très nocive pour le cheval. Il y est sensible dès 10 grammes et elle est mortelle dès 120 grammes. L’intoxication provoque une paralysie des muscles et les glandes gastro-intestinales ne fonctionnent plus.

Le colchique, dont la colchicine est une substance que l’on peut comparer à l’arsenic, entraîne des troubles digestifs importants et touche les vaisseaux sanguins avant d’atteindre le cerveau. Les juments pleines vont généralement avorter. Les poulains empoisonnés décèdent souvent dans les 48 heures.

Le coquelicot est toxique s’il représente plus de 10 % du fourrage. Il contient un alcaloïde proche de l’opium qui agit comme un excitant et sur le système gastro-intestinal.

La datura Stramoine est une herbacée nocive souvent ingurgitée lors d’une randonnée. Les symptômes peuvent mettre plusieurs jours à apparaître : coliques, muqueuses asséchées, tachycardie. L’ensemble de ses parties sont toxiques, et en particulier ses graines et ses racines dont la toxicité est accentuée au printemps.

Le vérâtre commun (ou hellébore blanc), également présent en montagne sur les sentiers de ballades, entraîne des perturbations du rythme cardiaque dès 12 grammes ingérés.

Le genévrier sabine entraîne diarrhées, tremblements, douleurs au ventre, fébrilité et paralysie. Les poulinières pourront faire l’objet d’un avortement.

Les graines et les cotylédons de l’érable sycomore sont les deux entités toxiques.

Carte des zones à risques pour certaines plantes toxiques

Que faire en cas d'ingestion de plante toxique ?

Malgré tous ces bons conseils, votre cheval peut être exposé à la consommation ou au contact d’une plante toxique. Vous pouvez malencontreusement donner une plante toxique à votre cheval ou celui-ci peut en avaler une sauvage par inadvertance.

Si votre cheval mange une plante nocive, retirez-le immédiatement du pré concerné et contactez sans attendre votre vétérinaire. Récupérez un échantillon de celle-ci ou du fourrage si possible. Tâchez de garder votre calme même si les symptômes sont impressionnants et contrôlez les fonctions vitales du cheval (pouls, respiration et température).

Prévention et surveillance

La prévention et la connaissance de ces plantes toxiques pour les chevaux sont vos meilleurs alliés. Le Haras National suisse d’Agroscope propose une application, disponible sur Apple Store et Android, qui recense 70 plantes dangereuses pour les chevaux. On y trouve leur nom, une description détaillée, des photos, les symptômes et les mesures à prendre en cas d’intoxication.

De manière générale, choisissez toujours avec soin et non au hasard les plantes qui composeront le fourrage. L’ivraie enivrante est toxique même en faible quantité. Sur un fourrage de 5 kg, évitez un poids de plus de 200 grammes pour cette plante. Idem pour la prêle des marais. Les fougères mâles sont des plantes à manipuler avec une subtilité encore plus grande. Les feuilles et les bourgeons sont généralement sans conséquence pour l’animal, mais il n’en va pas de même des rhizomes. L’intoxication survient dès 50 grammes. À l’inverse, la vesce ne présente aucun danger si elle est consommée sous forme de fourrage. Sa toxicité est cependant reconnue lorsqu’elle est verte.

tags: #elle #avale #de #la #semence #de