Parcours et engagement : Béatrice Hakni-Robin et la gouvernance rennaise

Aux racines d'un engagement : de Nanterre à la métropole rennaise

C’est en région parisienne que naît Béatrice Hakni-Robin au début des années 70. À l’origine pourtant, ses parents viennent du centre Bretagne (Loudéac, Noyal-Pontivy) mais ils font partie de ces nombreux Bretons qui ont quitté la campagne pour trouver un emploi en ville. À Nanterre où ils s’installent, son père devient cheminot tandis que sa mère est employée des PTT. Sa première nuit dans la ville, elle s’en souvient comme si c’était hier : la famille séjourne alors à l’Hôtel de la marine, place de Bretagne. Ces premières années, marquées par le déracinement et la découverte du milieu urbain, forgent une identité qui sera plus tard ancrée dans le service public et le développement territorial.

Une vue symbolique de la place de Bretagne à Rennes, témoin du retour aux sources de la famille Hakni-Robin

Les années filent ensuite jusqu’au bac, obtenu au lycée Jean-Macé, qui lui ouvre les portes du monde de l’enseignement supérieur : à Rennes 2, elle obtient un DEUG de psychologie, puis passe une maîtrise en administration économique et sociale, spécialisée en développement local, à Rennes-1. Cette formation académique, à la croisée des sciences humaines et de la gestion publique, constitue le socle théorique de son futur engagement professionnel.

L'éveil politique et le service aux territoires

La vie étudiante rime aussi avec premiers engagements politiques. Elle se souvient des premières manifs, en 1994, contre le contrat d’insertion professionnelle et la précarité des jeunes. Cette expérience du terrain et de la contestation sociale marque le début d'une conscience politique active. Après ses études, elle devient une fonctionnaire territoriale engagée sur le développement solidaire, économique et durable des territoires ruraux, périurbains et urbains.

Son parcours professionnel est riche et diversifié : elle intègre d’abord la communauté de communes du Grand-Fougeray, puis la commune de Charenton-Le-Pont et le département des Yvelines, avant de revenir dans la métropole rennaise pour prendre successivement la direction générale des communes d’Orgères et de Vern-sur-Seiche. Cette expertise technique, acquise à travers diverses échelles de gouvernance, lui permet de comprendre les rouages complexes de l'administration locale.

L'ascension au sein du conseil municipal de Rennes

Elle s’engage au Parti Socialiste à la fin des années 2000 et est élue pour la première fois en 2015, au conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, sur le canton de Rennes 3. En 2019, elle soutient la candidature de Nathalie Appéré et devient, en juin, son adjointe déléguée au quartier du Blosne. Une nouvelle élue très fière de porter une politique historiquement « très inclusive vis-à-vis de ses quartiers politique de la ville », comme le Blosne ou Villejean.

Le quartier du Blosne, cœur du projet de transformation urbaine et sociale porté par Béatrice Hakni-Robin

Le fonctionnement démocratique de la ville repose sur des mécanismes précis. Les Rennais n’ont pas élu leur maire le week-end dernier. Ils ont élu une liste. À 17h ce vendredi 27 mars, les nouveaux élus rennais ont officiellement désigné Nathalie Appéré maire de Rennes. Le nouveau conseil municipal a donc été installé, et les adjoints nommés. Pour rappel, cette réunion doit être convoquée au plus tôt le vendredi et au plus tard le dimanche qui suit l’élection. Une seule liste, proposée par Marc Hervé, était soumise au vote. Le nouveau conseil municipal compte 44 sièges pour la majorité. LFI en occupera 6 et L’union de la Droite et du Centre 11. Pas de coup de Trafalgar. Nathalie Appéré a bien été élue par son nouveau conseil municipal comme maire de Rennes.

Un espace personnel au service de l'action publique

Parce qu’on sait depuis Virginia Woolf, l’importance de disposer d’un lieu à soi lorsqu’on est une femme, et a fortiori une femme de combat, celui de Béatrice Hakni-Robin est rempli de grands classiques du cinéma, comme « Metropolis » de Fritz Lang, revu récemment. Ces moments de culture et de réflexion personnelle nourrissent sa vision de la cité. Et quand il faut prendre l’air, c’est vélo et course à pied le long de la Vilaine vers Baud-Chardonnet ou encore aux parcs du Landry et des Hautes-Ourmes.

Les quartiers perdus de Rennes

Accompagner les initiatives associatives, sociales, économiques, urbaines, sportives ou encore culturelles et faire en sorte que les habitants participent à l’évolution du quartier est au cœur de son mandat. Le projet urbain du Blosne, par exemple, c’est 120 millions d’euros pour transformer le territoire en 10 ans : « un vivier pour de multiples engagements et initiatives populaires, les possibilités sont infinies. »

Perspectives d'avenir : l'hôpital Sud et le renouveau urbain

Dans les années à venir, il faudra également réfléchir avec les habitants à l’avenir du site où se trouve l’hôpital Sud, lorsque les services de pédiatrie et de maternité seront transférés à Pontchaillou, laissant 70 000 m² de surface libre. Ce défi représente une opportunité majeure pour le réaménagement du quartier, nécessitant une concertation étroite entre les élus, les techniciens et les citoyens. La gestion de tels espaces, hérités d'une infrastructure hospitalière, demande une vision prospective qui concilie besoins en logements, services publics de proximité et espaces verts, tout en respectant l'identité historique et sociale du territoire.

La complexité des transitions urbaines, illustrée par le futur du site hospitalier, souligne l'importance de la continuité politique et de la rigueur administrative. Si des cas de figure plus imprévisibles ont pu survenir dans d'autres municipalités - comme Gérald Darmanin, en 2014 et 2020, qui avait démissionné une fois l’élection passée pour entrer au gouvernement, ou encore le cas plus cocasse de la tête de liste Sébastien Crétin dans le Maine-et-Loire, finalement « doublée » par sa colistière lors du premier conseil - la stabilité de l'exécutif rennais permet une planification à long terme des projets structurants pour la ville.

La démarche de Béatrice Hakni-Robin, en tant qu'élue de quartier, s'inscrit pleinement dans cette volonté de construire une ville plus solidaire. En s'appuyant sur son expérience de fonctionnaire territoriale, elle cherche à créer des ponts entre les décisions institutionnelles et les réalités vécues par les habitants. La transformation du Blosne n'est pas seulement un projet de rénovation architecturale, mais un levier de cohésion sociale, visant à redéfinir la place de chaque citoyen dans la fabrique de la ville. Cette approche, qui privilégie le temps long et la participation active, semble être le pilier sur lequel repose la politique municipale actuelle, cherchant à répondre aux défis de demain tout en tenant compte de l'héritage social des quartiers dits « politiques de la ville ».

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