La santé des équidés au pâturage constitue une préoccupation majeure pour tout propriétaire responsable. Les vétérinaires et les éleveurs se demandent souvent si ce sont des mauvaises herbes toxiques dans les pâturages ou les pacages qui sont à l'origine de syndromes comme la colique, l'alopécie, le prurit et la fourbure, quand ces symptômes surviennent pendant que les animaux sont au pâturage. L'investigation des intoxications dues aux plantes requiert l'examen des comportements alimentaires des chevaux, ainsi que des pratiques agricoles qui sont exercées, le tout en essayant de garder l'esprit ouvert.

Comportement alimentaire et risques au pâturage
L'investigation des possibilités d'intoxication par les plantes peut s'apparenter à la recherche d'une aiguille dans une botte de foin. On peut acquérir une connaissance considérable en déambulant dans un pâturage et en identifiant les principales plantes présentes, en prélevant des échantillons des végétaux qui sont broutés par les chevaux et en vérifiant les charges exercées par le bétail. Les clôtures de nombreux pâturages sont souvent envahies de plantes potentiellement toxiques. Ces dernières ne posent pas problème à moins que les chevaux n'aient rien d'autre à se mettre sous la dent.
Les chevaux se nourrissent de façon sélective et normalement ils broutent certaines zones comme un vert de terrain de golf et en laissent d'autres en herbes longues, et y font leurs besoins. Toutefois, ils ont aussi tendance à fureter à la recherche de quelque chose d'appétissant. Ils semblent aussi modifier leur comportement alimentaire l'été et l'automne puis l'hiver, pour commencer à brouter dans certains arbres en automne. Contrairement aux idées reçues, un cheval n'est pas capable de "trier" sa nourriture et d'éviter de lui-même les plantes toxiques dans sa pâture. Si il peut naturellement en éviter certaines, une quantité d'herbe insuffisante ou encore un stress émotionnel (suite à un changement d'environnement par exemple), peut faire qu'il ingère des plantes dangereuses pour sa santé.
Dynamique des végétaux et mauvaises herbes
Les mauvaises herbes dans les pâturages sont divisées en plantes annuelles, bisannuelles ou vivaces. Les mauvaises herbes annuelles ne sont habituellement présentes que la première année. Parmi les mauvaises herbes annuelles, la sétaire verticillée et la moutarde des champs peuvent potentiellement causer le plus de dégâts. La sétaire verticillée possède des épis avec des soies pointues munies de barbes pointant vers l'arrière ; elles peuvent facilement s'accrocher à la langue et aux gencives où, comme corps étranger, elles stimulent une salivation excessive ou provoquent une ulcération profonde.
Dans les pâturages plus anciens, les mauvaises herbes sont en général des vivaces. Par exemple, la prèle des champs contient de la thiaminase, une enzyme qui entraîne une carence en thiamine (B1) chez les chevaux. La fougère d'aigle provoque aussi une carence en thiamine. Parmi les mauvaises herbes vivaces, l'asclépiade, le laiteron des champs, la renoncule âcre et la bardane sont les plus indésirables. La bardane est une bisannuelle nuisible parce que ses capitules sont couverts de piquants qui s'accrochent dans les crinières et les queues. Une irritation de la bouche, de la langue et des dents peut provoquer une salivation excessive ou entraîner des ulcérations buccales.
Toxicité des herbicides et produits chimiques
Le glyphosate est un herbicide systémique non sélectif employé pour la destruction des mauvaises herbes vivaces. C'est l'herbicide le plus utilisé dans le monde par les agriculteurs, les collectivités et les particuliers. Bien que son usage soit courant, son impact sur les équidés soulève des débats. Le glyphosate inhibe diverses voies de biosynthèse. Il est absorbé par les stomates des feuilles et est transporté par le phloème jusqu'aux extrémités des racines et des rhizomes ; c'est là qu'il bloque la synthèse des acides aminés aromatiques.
Certains propriétaires s'interrogent sur le lien entre le traitement des pâturages au glyphosate et des pathologies comme la fourbure. Bien que les intoxications directes aux herbicides soient rares, la prudence est de mise. Le produit est classé comme irritant et toxique pour les organismes aquatiques. En cas d'ingestion de plantes fraîchement traitées, les signes cliniques chez les animaux sont surtout digestifs : salivation, irritation de la bouche, difficultés à déglutir, vomissements et diarrhée. Il est fortement recommandé de respecter un délai de carence d'au moins 15 à 30 jours avant de remettre les chevaux dans une zone traitée.
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Plantes à toxicité spécifique : fraîche ou séchée
Certaines plantes sont toxiques sous forme fraîche ou séchée, alors que d'autres perdent de leur toxicité une fois que le plant a été gelé ou séché. La renoncule âcre en est un bon exemple. À l'état frais, elle contient un fluide amer qui provoque une douleur et une inflammation grave, mais ce produit volatil se dissipe quelques jours après que la plante a été coupée ou gelée.
À l'inverse, l'érable rouge est extrêmement dangereux. L'anémie hémolytique survient dans les 1 à 5 jours de l'ingestion de feuilles fanées. Fraîches, les feuilles ne provoquent aucun symptôme, mais une fois séchées ou flétries, elles restent toxiques pendant 30 jours. La toxicité de l'if est telle que l'ingestion de feuilles fraîches de même que de retailles de branches mène à une mort certaine. La taxine est rapidement extraite du tube digestif et interfère avec l'action du cœur.
Les dangers des mycotoxines
Les herbes des pâturages, le foin, les céréales et la paille peuvent tous favoriser la croissance de champignons divers. Fusarium est un champignon qui pousse principalement sur les grains de céréales et il produit des mycotoxines pouvant nuire à divers animaux si elles sont ingérées ou inhalées. Neotyphodium coenophialum est le champignon endophyte qui produit les mycotoxines à l'origine de la « toxicité de la fétuque ». On sait qu'ils ont provoqué la dystocie chez les juments et la mort périnatale des foals.
Mesures de prévention et conduite à tenir
La meilleure façon de protéger votre cheval contre l'empoisonnement est de prendre des mesures préventives, telles que l'élimination des plantes toxiques et la surveillance régulière de la pâture. En cas d'empoisonnement chez un cheval, il est important de savoir quoi faire pour minimiser les risques pour la santé de l'animal. Appelez immédiatement votre vétérinaire. En attendant l'arrivée du vétérinaire, éloignez votre cheval de toute source de danger supplémentaire.
Les causes d'intoxications alimentaires sont multiples chez le cheval. Il est crucial d'inspecter les haies, bordures de champs et paddocks. Assurez-vous que votre cheval dispose d'eau propre et fraîche en tout temps, car les puits et mares peuvent être contaminés. Évitez de distribuer des déchets de jardinage, souvent constitués d'espèces toxiques comme le thuya ou le laurier rose. Une gestion rigoureuse des pâtures, incluant la rotation des parcelles et l'entretien régulier, reste le rempart le plus efficace contre les risques d'intoxication.
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