
La permaculture, un concept qui a gagné en popularité ces dernières années, est souvent présentée comme une solution holistique aux défis environnementaux et sociétaux. Cependant, son interprétation et son application sont sujettes à diverses approches et parfois à des controverses. Olivier Barbié, à travers ses écrits et ses prises de position, offre une perspective critique et nuancée sur la permaculture, la distinguant notamment de l'agriculture naturelle et de ses implications philosophiques. Il est essentiel de décortiquer ces points de vue pour mieux comprendre les fondements et les divergences au sein des "nouvelles agricultures".
Les Multiples Facettes des "Nouvelles Agricultures"
Les "nouvelles agricultures" regroupent un éventail de pratiques et de philosophies qui, bien que parfois similaires dans leurs objectifs, diffèrent fondamentalement dans leurs approches. Olivier Barbié souligne que ces méthodes ne sont pas toutes nouvelles ; certaines sont même assez anciennes. Un des problèmes pour les classer est que, depuis quelques années, chacun prend des idées chez les autres. Par exemple, l'agriculture scientifique cherche des idées dans l'agriculture traditionnelle, ce qui produit l'agroforesterie ou l'agroécologie.
Classification des Approches Agricoles
Olivier Barbié propose une classification éclairante des différentes formes d'agriculture :
- L'agriculture traditionnelle : Fondée sur l'observation empirique du paysan et sa confiance indéfectible en la tradition.
- L'agriculture scientifique : Elle prend actuellement deux formes qui s'opposent : l'agriculture conventionnelle et l'agriculture biologique. La première se caractérise essentiellement par l'usage de produits chimiques. L'agriculture scientifique cherche parfois des idées dans l'agriculture traditionnelle, ce qui produit l'agroforesterie ou l'agroécologie.
- L'agriculture ésotérique : Fondée sur un savoir ni traditionnel ni scientifique mais, dans la plupart des cas, révélée par un intermédiaire entre les hommes et les forces occultes. Les plus en vogue sont certainement l'agriculture anthroposophique (encore appelée biodynamie) de Rudolf Steiner et la pratique New-Age de la communauté de Findhorn, en Écosse, inspirée par Eileen Caddy.
- Les Techniques Culturales Simplifiées (TCS) : Ces méthodes de travail limitent le travail du sol. Les sols travaillés mécaniquement deviennent rapidement très pauvres en matière organique et la couche arable se réduit. Les TCS sont souvent une étape avant la conversion à l'agriculture de conservation.

Cette classification permet de situer la permaculture et l'agriculture naturelle dans un contexte plus large, tout en soulignant leurs spécificités et leurs origines.
La Permaculture vue par Olivier Barbié : Une Réflexion Critique
La permaculture, bien qu'étant beaucoup discutée, n'est pas en soi une nouvelle réflexion agronomique selon Olivier Barbié. On n'y trouve aucune innovation agricole. Elle prend des idées partout - dans l'agriculture naturelle, dans l'agriculture biologique anglaise, etc. - et propose un projet de société globale.
Origines et Intentions de la Permaculture
Bill Mollison, co-fondateur de la permaculture, n'est pas agronome. C'est un professeur australien de sciences liées à l'environnement, qui a « inventé » un modèle de société à l'époque de la guerre au Vietnam pour sortir de ce qu'il considère comme une impasse : pollution, guerres, destruction des relations humaines traditionnelles et ainsi de suite. En fait, il ne savait pas vraiment comment faire et il est tombé sur les travaux de Fukuoka.
La permaculture, telle que conçue par Mollison, correspond à une mentalité urbaine. Elle satisfait un besoin d'identité et se limite souvent à un mode de vie communautaire basée sur l'auto-suffisance. Olivier Barbié met en lumière la question de la rentabilité, affirmant que sans les subventions et le travail de formation à côté, de nombreux projets ne pourraient pas survivre économiquement.
La Permaculture et le Travail du Sol : Le Débat des Buttes
L'un des aspects pratiques souvent associés à la permaculture est la mise en place de buttes permanentes pour jardiner. Il est souvent question de buttes sur ce blog ; Olivier Barbié en a parlé dans l'article évoquant les travaux de Jacques Hébert et Jean Marie Lespinasse et tous les jardiniers de reporter qui ont à ce jour contribué (Jacques, Loïc, Claire et Gilles) cultivent sur buttes. Certes ces buttes sont de nature très diverse: ados, carrés, ou buttes « Jacques Hébert » et leur fonctionnement sont très différent (on met ici volontairement de côté les buttes lasagnes qui sont plus une culture « hors sol » dans la matière organique et qui ne nécessitent pas de bouleverser le sol).
À côté de cela, certains jardiniers sol vivant (dont Olivier Barbié lui-même) restent attachés aux cultures à plat. Faire ou ne pas faire des buttes n'est pas une règle du jardinage sol vivant. Toutefois, il semble qu'une réflexion préalable à ce travail de terrassement est nécessaire : en effet, réaliser des buttes demande un travail assez lourd qui perturbe fortement les équilibres biologiques du sol et les reins du jardinier ! Pour Olivier Barbié, les nombreux avantages des buttes mis en avant dans la littérature et sur le net ne l'ont pas convaincu pour passer à l'action.

Une observation du sol avant mise en culture est indispensable : si celui-ci est déjà bien actif sur le plan biologique, type sol de prairie ou sol de sous bois, ou même de certaines pelouses gérées correctement (tonte en position haute, mulching depuis plusieurs années) mieux vaut partir sur l'existant et commencer directement par un jardin à plat, ce d'autant plus qu'avec la minéralisation d'automne, même si vous jardinez bio, vous risquez de libérer énormément de nitrates dont une partie sera lixiviée vers les nappes phréatiques. Ce point soulève une question fondamentale sur l'efficacité et l'impact environnemental des différentes pratiques.
L'Agriculture Naturelle de Masanobu Fukuoka : Une Philosophie Distincte
Olivier Barbié insiste sur le fait que l'agriculture naturelle de Fukuoka est radicalement différente dans ses méthodes comme dans sa philosophie, malgré les emprunts de Mollison. Il n'y a pas de système, on ne cherche pas à adapter la nature à son « design ». Au contraire, on s'adapte aux lois de la nature, qui ne nous sont pas compréhensibles sur un plan rationnel. Pour Fukuoka, qui est un oriental, on progresse en imitant la nature. C'est comme cela qu'on s'approche des forces naturelles, qu'on peut appeler Dieu ou autre chose, selon ses croyances. On harmonise l'activité humaine avec le divin.
Différences Clés entre Permaculture et Agriculture Naturelle
La permaculture nécessite un travail manuel extrêmement important et un entretien incessant. De ce fait, elle n'est pas envisageable à grande échelle. L'agriculture naturelle, sans buttes ou autres constructions de ce type, sans labour, sans ajout d'engrais, ne demande pas autant de travail.
Quant aux rendements, Fukuoka dit que l'agriculture peut donner de gros rendements, mais Olivier Barbié en doute. Il travaille dans une région à mousson, avec deux récoltes par an. On ne peut pas vraiment comparer. D'un autre côté, ça dépend comment on calcule le « rendement ». Sur le plan purement quantitatif, l'agriculture industrielle produit certainement plus de boisseaux et d'hectolitres, mais elle rend les terres stériles et nécessitent un investissement très important en machines, engrais, pesticides, etc.
L'agriculture naturelle vise à retrouver un mode de vie traditionnel, villageois, mais avec les apports de l'agronomie moderne. Cette vision s'éloigne de l'aspect "projet de société globale" de la permaculture.
L'Héritage de Fukuoka en France : Marc Bonfils et l'Adaptation au Climat Français
Marc Bonfils est passé à la permaculture puis il a rompu tout lien avec l'agriculture. Il reste de lui quelques textes précieux. Sa méthode Fukuoka-Bonfils est fort intéressante sur les arbres fruitiers. Pour ceux qui aimeraient cultiver quelques céréales, il est nécessaire de se repencher sur la technique de Marc Bonfils qui paraît excellente. Une adaptation de Fukuoka au climat français en quelque sorte.
Emilia Hazelip et l'Agriculture Synergique
Emilia Hazelip est surtout connue pour avoir développé l'agriculture synergique après avoir étudié différentes méthodes d'agriculture naturelle dans une démarche holistique. Inspirée par le travail de Fukuoka, elle réussit à adapter ses enseignements à la culture occidentale et aux conditions climatiques locales.
La Connaissance en Permaculture : Entre Partage et Appropriation
La question de la connaissance et de son appropriation est centrale dans le débat autour de la permaculture. Il y a deux tendances humaines qui s'affrontent à propos de la permaculture : la connaissance, le savoir, sont-ils des communs universels inappropriables ou sont-ils la propriété d'un ou quelques individus pouvant en tirer un profit lucratif et dicter la conduite à tenir à tous les autres ?
La connaissance, c'est-à-dire la somme des savoirs acquis par l'Humanité, est un commun car personne ne repart jamais de zéro. Aucune découverte n'est le fait d'une personne, car aucun humain n'existe par lui-même. On prend ce que les autres ont fait et on l'améliore, chaque humain bénéficie des savoirs et du travail des autres. Sans tous les humains du passé et du présent, il est impossible pour une personne même géniale d'inventer quoi que ce soit. La plupart du temps le processus créatif est un processus social même lorsqu'il paraît individuel, il se nourrit du vécu. Chacun n'est qu'une somme d'interactions interdépendantes de facteurs non maîtrisés.
La Controverse autour du Droit d'Auteur et des Marques Déposées
L'appropriation des idées, la « propriété intellectuelle » est un processus d'accaparement par une minorité, souvent au bénéfice d'une famille. Le libre accès à la connaissance est une denrée menacée. Il existe de forts groupes d'influence qui n'ont aucun intérêt à ce que la connaissance soit libre et accessible à tous. Notamment parce qu'ils veulent la monétiser - ce qui peut se défendre sur le plan individualiste mais n'est pas souhaitable pour l'humanité.
Pendant longtemps, Bill Mollison a prétendu avoir les droits d'auteur sur le mot permaculture et ses livres affirmaient « Le contenu de ce livre et le mot permaculture sont protégés par copyright ». Ces déclarations ont été acceptées au pied de la lettre au sein de la communauté permaculturelle.
- 2000 : L'institut de permaculture de Mollison des États-Unis a cherché à déposer une marque pour le mot permaculture, lorsqu'il est utilisé dans les services éducatifs tels que des cours, séminaires ou ateliers. La marque déposée aurait permis à Mollison et à ses deux instituts de permaculture (un aux États-Unis et un en Australie) de définir des lignes directrices exécutoires sur la façon dont la permaculture pourrait être enseignée, et qui pourrait l'enseigner, en particulier pour son cours certifié de permaculture. Ce dépôt a échoué et a été abandonné en 2001.
- 2001 : Mollison a tenté de déposer une marque en Australie pour les termes « cours certifié de permaculture » et « conception permaculturelle ». Ces demandes ont été toutes les deux retirées en 2003.
- 2009 : Il a fait la même tentative pour ses deux livres Permaculture - A Designer’s Manual et Introduction to Permaculture. Ces demandes ont été retirées en 2011.
- 2013 : En France, Olivier Barbié a demandé à déposer la marque permaculture à l'INPI et cette marque a été publiée.
Cette série d'événements met en lumière les tensions entre la volonté de diffuser largement les principes de la permaculture et les tentatives d'en restreindre l'usage à des fins lucratives ou de contrôle.
La Formation en Permaculture : Attentes et Réalités
La permaculture est souvent enseignée via des Cours Certifiés de Permaculture (CCP). Le contenu d'un CCP se concentre sur les capacités à faire une conception de lieu ou de vie pour soi-même ou pour quelqu'un d'autre. Pour mettre en pratique la méthodologie de conception, les stagiaires sont invités à travailler en groupe sur des cas concrets.
Cependant, Olivier Barbié met en garde contre les formations en permaculture, qui sont souvent des arnaques. Il est crucial de discerner les formations sérieuses des offres moins fiables.
Les Profils des Formateurs et Enseignants
Plusieurs personnalités contribuent à la transmission de la permaculture et des approches agricoles alternatives :
- Monika (Permacultrice référente 1ère session) : Diplômée en Permaculture Appliquée de l'Académie Permaculture Allemande, elle enseigne la permaculture en anglais, allemand et français depuis 2009. Architecte paysagiste de formation, également guide de voyage, elle s'investit dans le réseau européen de permaculture (EPN), et participe à des rencontres, partenariats et formations. Paysagiste et jardinière de passion, elle a mis en place des conceptions en climats tempéré et méditerranéen. Monika accompagne plusieurs étudiants vers le Diplôme de Permaculture Appliquée comme tutrice. Pour un CCP, elle fait le long voyage depuis ses Pyrénées bien-aimées jusqu'aux côtes normandes, pour faire connaissance avec cette région et le lieu de vie de son étudiant Yves.
- Un formateur expérimenté (Permacultrice référente 2ème session) : Ses qualifications incluent un CDP en 2003 avec Steve Read et Phil Corbett, et une Formation de Formateur en 2009 avec Looby Macnamara, Chris Evans et Aranya. Il a aidé au développement de l'éco-hameau Sant Algon dans le Finistère depuis 2010, participant à de nombreux partenariats européens autour de la Permaculture et, plus particulièrement, de sa transmission. Il intervient dans de nombreuses formations en France et à l'étranger (Intros, CDP, formation de formateur…). Il est aussi maman de trois enfants.
- Un étudiant et formateur en permaculture : Intéressé depuis 4 ans à cette science, art, philosophie, démarche. Il a étudié et expérimenté via le wwoofing, divers événements, des chantiers participatifs ainsi que dans une école d'horticulture/permaculture en Irlande. En 2013, il a rejoint l'équipe pédagogique de Steve Read et sur une quinzaine de CCP, il a accompagné les stagiaires et animé plusieurs modules. Il aime intégrer le jeu dans les cours, il accorde beaucoup d'importance au partage horizontal d'informations et d'expériences, et il est constamment attentif aux modes de gouvernance employés dans les groupes.
- Stephane Molino : Lorsqu'il découvre la permaculture en décembre 2011, il comprend instantanément que cet état d'esprit peut donner un nouveau sens à sa vie sociale, en conformité avec ses aspirations profondes et en harmonie avec les lois qui gouvernent l'univers. Il s'y engage alors corps et âme, enchaînant les rencontres, les chantiers participatifs et les stages. Ce qui l'amène notamment à réaliser des vidéos avec Olivier Barbié, pour l'EAD (École d'Agriculture Durable), ou avec l'association Terre Paille & Compagnie, pour la promotion de la permaculture. Une récente collaboration au sein de l'association Et si on se Marais, lui donne aujourd'hui l'opportunité de partager et de transmettre les savoirs et les connaissances qu'il a engrangées dans les domaines de l'agriculture naturelle, du bioclimatisme, et de la permaculture dans son ensemble.
- Un passionné du vivant : Ayant suivi un Cours Certifié de Permaculture (CCP) avec Steve Read à Kerzello en octobre 2010. Steve lui a présenté l'UPP et le réseau décentralisé de centres de formations et le compagnonnage comme parcours d'apprentissage, il a trouvé que ce concept d'organisation est résilient, favorise l'autonomie et peut être très efficace. Passionné par le vivant depuis l'enfance, formé dans les domaines naturalistes et agronomiques, un temps agriculteur maraîcher bio et jardinier. Il enseigne l'agro-écologie dans le champ holistique de la permaculture, c'est-à-dire en reliant les différents aspects du vivant. Il œuvre pour davantage de compréhension des modèles naturels, car ayant reconnu leurs efficiences, il est nécessaire de nous en inspirer dans le design de nos modes de production.
Ces parcours variés témoignent de la diversité des approches et des compétences au sein du mouvement permacole.
L'Importance de l'Autonomie et de l'Économie Parallèle
De par l'éducation que lui ont donnée ses parents, un des contributeurs a très tôt appris à évoluer au sein d'une forme d'économie parallèle, en mettant à profit les éléments qui constituaient son environnement. La terre, le bois, le métal, les animaux, les végétaux, tout cela lui est familier, et instinctivement il les combine, les détourne et les interconnecte, pour créer ce dont il a besoin à partir de ce qui se trouve à sa portée.
Entretenir, réparer et adapter à nos besoins les produits obsolètes en marge de la société de consommation, est pour lui une attitude épanouissante et créative, capable de nous redonner de l'autonomie et de poser les bases des structures socio-environnementales de demain. La découverte de la permaculture fut pour lui un révélateur, un outil capable de rassembler cet ensemble de pratiques diverses et variées sous un seul vocable. Il a aujourd'hui grand plaisir à diffuser cet état d'esprit au travers d'expériences humaines concrètes. Ainsi, il a participé puis organisé différents stages, chantiers participatifs et autres rendez-vous dans de nombreux domaines, tels que l'instruction en famille, l'artisanat, mais aussi la culture de champignon sur bûche, des animations pédagogiques pour les enfants, des ateliers autour de la pomme et du cidre, etc. Depuis quelques années, l'écolieu familial « l'Escargotier » qu'il développe avec sa compagne dans le Marais Vernier, leur permet de rayonner et d'organiser de multiples activités sur le territoire normand.
Les Défis de la Pratique Agroécologique
L'agroécologie, bien que prometteuse, présente des défis importants, notamment en termes de connaissances et de temps. On peut vouloir faire un jardin agroécologique en suivant son intuition, son sentiment de "proximité avec et de respect de la Nature". Cependant, cela va inévitablement se rapprocher des pratiques du jardinage traditionnel, et l'on aura tout faux. Pourquoi ? Parce que c'est ce genre de jardins qu'on peut voir du Nord au Sud de la France et qui, inévitablement, nous influence.
Il ne faut pas rechigner à lire quelques livres sur l'agroécologie : ainsi on s'évitera au moins de grosses erreurs (du genre peler le sol à la houe). Cela prend du temps de connaître les tenants et les aboutissants de l'agroécologie d'une part, de les maîtriser d'autre part. Sans y consacrer une partie importante de sa vie professionnelle (par exemple l'équivalent de deux mois de congés payés), on va progresser très lentement. Le manque de ressources (par exemple faire son propre terreau ou ses propres semences va manquer inexorablement) est un autre obstacle. L'idéal est presque… Certes, l'agroécologie est récente, et les personnes qui la créent, et donc qui peuvent la transmettre, sont peu nombreuses. L'avantage est la formation en ligne, idéale pour ceux qui ont un emploi à temps plein.

Il est compliqué de devenir un bon jardinier sans maîtriser un nombre toujours plus grand de techniques. Comme toute chose, il faut du temps et de l'expérience, comme l'atteste un jardinier qui cultive son jardin depuis 11 ans.
L'Inefficacité d'une Agriculture Axée sur le Chiffre d'Affaires
Une agriculture qui raisonne en termes de chiffre d'affaires n'est pas durable et en plus elle est inefficace. Voyez toutes les énormes machines agricoles. Malgré la puissance mécanique, rares sont les agriculteurs qui ont le temps de prendre soin de leurs haies, de leurs fossés, de leurs prairies. Ils nous disent que ça coûte trop cher et que ce n'est pas rentable. Sans cet entretien, on ne fera rien de beau. L'accent mis sur le profit plutôt que sur la santé du sol et la biodiversité mène à des impasses.
L'Engagement d'Olivier Barbié et l'École d'Agriculture Durable (EAD)
Olivier Barbié, à travers ses travaux et son engagement, contribue à la diffusion d'une agriculture respectueuse de la nature. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de référence, notamment :
- Abrégé d'agriculture naturelle, ITAN, 2006 (ISBN 978-2748310917)
- Forest gardening de Robert Hart et agriculture naturelle étagée d'Olivier Barbié, Patrick Blestas et Olivier Barbié, ITAN, 2008.
Ces livres sont téléchargeables sur le site de l'EAD (École d'Agriculture Durable), une initiative qui vise à promouvoir des pratiques agricoles durables et à offrir des ressources éducatives pour ceux qui souhaitent s'engager dans cette voie. Les vidéos réalisées avec Stephane Molino pour l'EAD témoignent de cette volonté de partage des connaissances et des expériences.
L'approche d'Olivier Barbié se caractérise par un appel à la prudence face aux dogmes, une mise en garde contre les "vérités agricoles" promises par certains, et une insistance sur l'observation, l'expérimentation et l'adaptation aux spécificités locales. En valorisant l'agriculture naturelle et ses principes, il invite à une réflexion profonde sur notre rapport à la terre et aux pratiques agricoles, au-delà des modes et des raccourcis.
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