
L'épandage du fumier est une opération de fertilisation des champs qui consiste à disperser des excréments de bétail (fumier, lisier) ou des boues issues des stations d'épuration. C'est donc l'action de répandre dans les champs des matières présentant un intérêt agronomique. Cette ressource précieuse pour les agriculteurs joue un rôle crucial dans la fertilisation des sols et la croissance des cultures. Comprendre sa composition et savoir l’utiliser efficacement peut faire toute la différence entre une récolte moyenne et une production exceptionnelle. Ce matériau organique complexe, issu des déjections animales mélangées à la litière, renferme une mine d’informations pour qui sait les décoder.
L'utilisation du fumier comme fertilisant est encadrée par une réglementation stricte visant à protéger l’environnement et la santé publique. La Directive Nitrates, mise en place par l’Union Européenne, est l’un des piliers de la réglementation sur l’utilisation des effluents d’élevage. Elle vise à réduire la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole. Ces mesures visent à optimiser l’utilisation de l’azote et à minimiser les risques de lessivage vers les nappes phréatiques.
La composition du fumier et sa valeur agronomique
La valeur agronomique du fumier repose en grande partie sur sa composition chimique, notamment sa teneur en azote (N), phosphore (P) et potassium (K), communément appelés NPK. Ces macroéléments essentiels constituent le socle de la nutrition des plantes. L’azote, moteur de la croissance végétative, se trouve sous diverses formes dans le fumier, allant de l’ammonium rapidement assimilable aux composés organiques à minéralisation lente. Au-delà du trio NPK, le fumier recèle une panoplie d’oligoéléments tout aussi importants pour l’équilibre nutritionnel des cultures.
La composition exacte du fumier peut varier considérablement selon son origine. Par exemple, le fumier de volaille est généralement plus concentré en azote et en phosphore que celui des bovins. La qualité du fumier n’est pas une donnée fixe ; elle est le résultat de multiples facteurs qui interagissent tout au long de sa production et de son stockage.
Facteurs influençant la composition du fumier
Plusieurs éléments déterminent la richesse et les caractéristiques du fumier :
- L'origine du fumier : Chaque espèce animale produit des déjections aux caractéristiques spécifiques. Les ruminants, par exemple, génèrent un fumier riche en fibres et relativement équilibré en nutriments. Les volailles, quant à elles, produisent des fientes très concentrées en azote et en phosphore. Le fumier, quelle que soit son origine, est une ressource précieuse.
- L'alimentation des animaux : Une ration riche en protéines augmentera la teneur en azote des déjections, tandis qu’une alimentation à base de fourrages grossiers favorisera un fumier plus fibreux. Les compléments minéraux donnés aux animaux se retrouvent également dans le fumier, influençant sa teneur en oligoéléments.
- Le stockage et la maturation : Une fois produit, le fumier n’est pas figé dans sa composition. La durée et les conditions de stockage jouent un rôle crucial dans son évolution. Un stockage prolongé en conditions aérobies favorise la décomposition de la matière organique et la minéralisation des nutriments. Cette maturation peut être bénéfique, rendant les éléments plus facilement assimilables par les plantes. La température, l’humidité et l’aération du tas de fumier sont autant de paramètres qui influencent sa transformation. Un fumier trop sec se décomposera lentement, tandis qu’un excès d’humidité peut conduire à des conditions anaérobies néfastes.
- La litière : La nature et la quantité de litière incorporée au fumier influencent grandement ses propriétés. Les litières, généralement riches en carbone (paille, copeaux de bois), modifient le rapport carbone/azote (C/N) du fumier. Un apport important de litière augmente ce ratio, ce qui peut ralentir la minéralisation de l’azote une fois le fumier épandu. L’ajout de matières carbonées peut être une stratégie délibérée pour équilibrer le fumier. Par exemple, l’incorporation de déchets verts ou de résidus de culture peut améliorer la structure du fumier et favoriser un compostage équilibré.
L'analyse du fumier : une étape indispensable
L’analyse du fumier est une étape cruciale pour optimiser son utilisation agronomique. Elle permet de quantifier précisément sa valeur fertilisante et d’ajuster les apports aux besoins des cultures. La fiabilité de l’analyse repose avant tout sur la qualité de l’échantillonnage. La norme NF U44-051, référence en matière d’amendements organiques, définit les protocoles à suivre pour obtenir un échantillon représentatif.
La fréquence d’échantillonnage dépend de la variabilité du fumier et du volume produit. Pour un élevage stable, une analyse annuelle peut suffire, mais des changements dans l’alimentation ou la gestion de la litière peuvent justifier des analyses plus fréquentes. L’interprétation de ces résultats demande une certaine expertise. Par exemple, un C/N élevé (> 25) indique un fumier qui se décomposera lentement et pourra même immobiliser temporairement l’azote du sol.
Les méthodes d’analyse classiques en laboratoire sont précises mais peuvent prendre du temps. Des outils d’analyse rapide se développent pour permettre une caractérisation plus réactive du fumier. La spectroscopie proche infrarouge (NIRS) est particulièrement prometteuse. Le conductimètre est un autre outil simple d’utilisation pour une première estimation de la richesse du fumier en éléments minéraux solubles. L’interprétation des résultats d’analyse doit toujours tenir compte du contexte agronomique global : type de sol, système de culture, climat.
Les différents types de fumier et leurs usages

Le fumier, un fertilisant naturel précieux, joue un rôle crucial dans l’agriculture durable. Il améliore la structure du sol, apporte des nutriments essentiels aux plantes et favorise la croissance d’une microflore bénéfique. Un épandage judicieux est essentiel pour maximiser l’efficacité du fumier et limiter les risques potentiels. Le fumier, issu des déjections animales, se présente sous différentes formes, chacune ayant ses propres caractéristiques et avantages spécifiques. La composition du fumier varie en fonction de l’espèce animale, de son alimentation et de son âge. Voici une analyse des principaux types de fumier utilisés en agriculture.
- Fumier de vache : C'est un fertilisant riche en nutriments, notamment en azote, phosphore et potassium. Il est particulièrement adapté aux sols argileux et aux cultures exigeantes en nutriments, comme les céréales, les légumes et les cultures fourragères. Cependant, il présente un risque de dégradation rapide des nutriments et peut contenir des parasites. Il est important de le gérer de manière appropriée pour éviter la contamination et maximiser son efficacité. Un compostage avant l’épandage est souvent recommandé pour les fumiers de vache.
- Fumier de cheval : Riche en matière organique et en azote, il est plus sec que le fumier de vache et donc plus facile à manipuler. Son apport en nutriments est plus lent, ce qui le rend adapté aux sols légers et aux cultures à cycle long. Le fumier de cheval est un excellent amendement pour les sols sablonneux, car il contribue à améliorer leur structure et à retenir l’eau. Il est également utilisé en paillage pour les cultures maraîchères.
- Fumier de poulet : Il s'agit d'un fertilisant très concentré en nutriments, notamment en azote et en phosphore. Il est idéal pour les cultures intensives, comme les cultures maraîchères et les cultures en serre. En raison de sa concentration élevée en nutriments, il présente un risque de brûlure des racines s’il n’est pas utilisé avec précaution. Il est important de le mélanger à d’autres matières organiques, de le composter ou de l’épandre en quantité modérée et de l’incorporer correctement dans le sol. L’épandage par injection est une technique recommandée pour le fumier de poulet.
- Fumier de mouton : Ce type de fumier offre une composition équilibrée en nutriments, ce qui le rend adapté à tous types de sols. Son apport en nutriments est progressif, ce qui le rend idéal pour les cultures à cycle long, comme les arbres fruitiers et les vignes. Le fumier de mouton est également apprécié pour ses propriétés de drainage. Il est utilisé pour améliorer la structure des sols argileux et pour favoriser l’infiltration de l’eau.
Techniques d'épandage du fumier et leur optimisation
Le choix de la technique d’épandage dépend du type de fumier, du type de culture et des conditions du sol. Il est important de choisir une technique qui maximise l’efficacité du fumier tout en minimisant les risques de pollution et de perte de nutriments. L’épandage du fumier est une opération cruciale qui conditionne l’efficacité de la fertilisation et son impact environnemental. L’efficacité de l’épandage repose en grande partie sur le choix du matériel adapté.
Les différentes méthodes d'épandage
- L'épandage direct : C'est la méthode la plus simple et la plus économique. Il consiste à épandre le fumier directement sur le sol à l’aide d’un épandeur à fumier ou d’un tracteur avec remorque. Cependant, cette technique présente des risques de dispersion du fumier au vent et de répartition hétérogène, ce qui peut entraîner une fertilisation inégale des cultures. Elle est moins recommandée pour les fumiers riches en azote, car les pertes par volatilisation peuvent être importantes.
- L'épandage par injection : Cette technique consiste à injecter le fumier directement dans le sol à l’aide d’un injecteur. Cette technique réduit les pertes d’azote par volatilisation et améliore l’incorporation du fumier dans le sol. Elle est particulièrement efficace pour les fumiers riches en azote. L’épandage par injection est une technique recommandée pour les fumiers frais, car elle permet de minimiser les risques de pollution des eaux de surface et de favoriser la dégradation du fumier en matière organique.
- Le compostage avant épandage : Le compostage du fumier est un procédé de transformation qui permet d’éliminer les agents pathogènes, les mauvaises herbes et de réduire l’odeur et la pollution. Le fumier composté est un excellent amendement pour les sols, car il apporte une libération progressive des nutriments aux plantes. Le compostage est particulièrement recommandé pour les fumiers de vache et de poulet, car il permet de les rendre plus stables et plus faciles à manipuler. Il est également idéal pour les cultures sensibles aux maladies et aux parasites. Les retournements périodiques ont plusieurs avantages : ils réactivent la fermentation en apportant de l’oxygène, homogénéisent le mélange et contrôlent la température. Un compostage bien mené peut transformer le fumier brut en un amendement stable, inodore et riche en humus en quelques mois.
2021 - SEMAINE 9 - ÉPANDAGE DE FUMIER BIO COMPOSTÉ
Bonnes pratiques pour un épandage optimal
Un épandage optimal du fumier permet de maximiser son efficacité et de minimiser les risques potentiels. Il est important de suivre les conseils pratiques suivants pour garantir un épandage réussi.
- Choisir le bon moment : Les périodes d’épandage sont strictement encadrées pour éviter les apports en dehors des périodes de croissance active des cultures. Ces calendriers varient selon le type de fumier (fumier compact pailleux, fumier de volailles…), le type de culture et la localisation géographique. Il est important de tenir compte des conditions météo, notamment de la pluie et du vent. Un épandage effectué en période de pluie peut entraîner un ruissellement des nutriments vers les cours d’eau. Il est déconseillé d’épandre le fumier pendant les périodes de gel ou de sécheresse. L’épandage est généralement effectué avant la période de croissance des plantes pour permettre une meilleure incorporation du fumier dans le sol. Il est également important de tenir compte du type de culture et de son cycle de croissance. L’épandage en automne ou en hiver est souvent recommandé pour les cultures à cycle long, tandis que l’épandage au printemps est plus adapté pour les cultures à cycle court. L’épandage est souvent réalisé avant le semis ou en fin d’hiver pour les céréales d’automne. Pour les prairies, un épandage au printemps ou après chaque coupe peut être bénéfique. L'enfouissement homogène est crucial pour une bonne assimilation par les cultures.
- Déterminer la bonne quantité : La quantité de fumier à épandre dépend de la culture, du type de sol et de la teneur en nutriments du fumier. Il est important d’adapter le dosage à chaque situation. Un excès de fumier peut brûler les racines des plantes et entraîner une accumulation de nutriments dans le sol. Un manque de fumier peut conduire à une croissance insuffisante des plantes. Au-delà des limitations spécifiques aux zones vulnérables, des plafonds d’apport en azote et en phosphore s’appliquent sur l’ensemble du territoire. Ces limites visent à éviter la surfertilisation et les risques associés de pollution des eaux et de l’air. Le respect de ces plafonds nécessite une gestion fine des apports, en combinant fumier et autres sources de fertilisation (engrais minéraux, autres effluents organiques). Pour les effluents bovins, on peut prendre comme repère environ 20 m3 de lisier ou 20 t de fumier sur les prairies et autour de 40 m3/30 à 40 t de fumier sur les terres de cultures (à moduler selon les besoins, la teneur des effluents et les règles locales). Attention, ce ne sont pas les mêmes repères pour les déjections d'autres espèces comme les volailles.
- Assurer une répartition homogène : Le fumier doit être réparti de manière homogène sur la surface à fertiliser. Il est crucial d’éviter les accumulations de fumier pour prévenir les brûlures des racines et garantir une fertilisation uniforme des cultures. L’utilisation d’un épandeur à fumier avec un système de dosage automatique permet de garantir une répartition homogène du fumier. Les épandeurs à hérissons verticaux se sont imposés comme une référence pour l’épandage du fumier. Ces épandeurs sont équipés de rotors verticaux munis de dents ou de pales qui désagrègent le fumier et le projettent de manière uniforme.
- Incorporation rapide après épandage : Enfouir le fumier dans le sol est essentiel pour maximiser son efficacité. L’incorporation rapide du fumier après l’épandage est une pratique essentielle pour maximiser ses bénéfices agronomiques et minimiser les pertes. L’incorporation du fumier permet de réduire les pertes d’azote par volatilisation, de favoriser la dégradation du fumier en matière organique et d’améliorer la structure du sol. Il est également important pour prévenir les risques de pollution des eaux de surface. On peut utiliser une charrue, un cultivateur ou un disque pour incorporer le fumier dans le sol. Le choix de l’outil dépend de la profondeur d’incorporation souhaitée et du type de sol. Un labour léger ou un passage de déchaumeur sont souvent suffisants. Une incorporation superficielle est souvent suffisante pour les fumiers compostés, tandis qu’une incorporation plus profonde est recommandée pour les fumiers frais.
- Respecter la réglementation locale : Il est important de se renseigner sur les règles de l’épandage du fumier dans sa région. La réglementation peut varier en fonction du type de fumier, de la période d’épandage, des distances d’épandage par rapport aux points d’eau et des normes environnementales en vigueur. Le respect de la réglementation permet de limiter les risques de pollution des eaux souterraines et de surface et de protéger l’environnement. Des distances minimales d’épandage doivent être respectées par rapport aux cours d’eau, aux habitations et aux zones de captage d’eau potable. Ces distances peuvent aller de 10 à 500 mètres selon la sensibilité du milieu et le type d’effluent. Il est également important de consulter les directives locales concernant la gestion des déjections animales et l’utilisation du fumier en agriculture.
Les impacts de l'épandage du fumier : bénéfices et risques

L’utilisation du fumier comme fertilisant a des impacts multiples, tant sur le plan agronomique qu’environnemental.
Bénéfices agronomiques
- Amélioration de la structure du sol : L’apport régulier de fumier a un effet bénéfique marqué sur la structure du sol. Ces améliorations physiques s’accompagnent d’un boost pour la vie microbienne du sol. Le fumier, qu’il soit incorporé ou non, a un effet indéniable sur la structure du sol, qui devient plus stable et supporte beaucoup mieux la circulation des outils.
- Apport de nutriments essentiels : Le fumier apporte non seulement des nutriments mais aussi une diversité de micro-organismes bénéfiques. La minéralisation de l’azote organique contenu dans le fumier est un processus complexe qui s’étale dans le temps. La vitesse de minéralisation dépend de nombreux facteurs comme la température, l’humidité du sol, et le rapport C/N du fumier.
- Contribution au bilan humique : L’utilisation régulière de fumier contribue positivement au bilan humique du sol. Le potentiel de stockage varie selon le type de fumier et les pratiques culturales. Il s'agit d'abord de concevoir les installations de stockage des fumiers ayant une capacité suffisante en attendant qu'un épandage puisse être réalisé. Le fumier produit et stocké doit être épandu de façon optimale pour répondre aux besoins de la culture en place ou à venir en fournissant les éléments nutritifs aux moments opportuns et en quantités adéquates. Le fumier contribue donc ainsi à la préservation de la ressource « sol ».
- Valorisation des effluents : Si le stockage coûte cher, l'épandage des effluents d'élevage peut en revanche rapporter gros. Pour les valoriser au maximum, il faut compter en épandre sur la plus grande surface possible. Et si cela ne suffit pas, il est tout à fait possible d'en vendre une partie ou de l'échanger. Les effluents retrouvent petit à petit leurs titres de noblesse, après avoir été considérés comme une contrainte avec des coûts importants durant les années de mises aux normes. Les exploitations céréalières sont acheteuses et les éleveurs reprennent conscience de l'importance de l'apport des effluents et de leur valeur monétaire comparés aux engrais achetés.
Risques environnementaux
Malgré ses nombreux avantages, l’utilisation du fumier n’est pas exempte de risques environnementaux. L’épandage du fumier peut présenter certains risques si les bonnes pratiques ne sont pas respectées. Il est important d’être conscient de ces risques et de prendre les mesures nécessaires pour les minimiser.
- Pollution des eaux : Les nutriments du fumier peuvent se dissoudre dans l’eau et se ruisseler vers les cours d’eau. Il est donc important de respecter les distances d’épandage par rapport aux points d’eau et de choisir des techniques d’épandage qui limitent le ruissellement, comme l’épandage par injection. L’épandage en compost permet également de réduire le risque de pollution des eaux, car le compost est plus stable et moins susceptible de se dissoudre dans l’eau. Il est important de tenir compte des conditions du terrain et des conditions météorologiques pour minimiser le risque de pollution des eaux. Un épandage effectué sur un terrain en pente ou en période de pluie est plus susceptible d’entraîner un ruissellement des nutriments vers les cours d’eau. Il est donc important d’adapter les techniques d’épandage en fonction du contexte local et de respecter les réglementations environnementales en vigueur.
- Émissions de gaz à effet de serre : Le fumier libère du méthane, un gaz à effet de serre puissant. Il est important de gérer le fumier de manière efficace pour réduire les émissions de méthane. Le compostage du fumier permet de réduire les émissions de méthane, car le compostage favorise la dégradation anaérobie de la matière organique. L’épandage par injection permet également de limiter les pertes d’azote par volatilisation, ce qui réduit les émissions d’ammoniac, un autre gaz à effet de serre. Il est important de choisir des techniques d’épandage qui limitent les pertes d’azote par volatilisation et de favoriser la dégradation anaérobie de la matière organique. La gestion du fumier en système fermé permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de minimiser les impacts sur l’environnement. Les nuisances olfactives et l’émission de certains gaz à effet de serre sont également des préoccupations.
- Propagation de parasites et maladies : Le fumier peut contenir des parasites et des maladies qui peuvent affecter les cultures et les animaux. Il est important de bien gérer le fumier pour éviter la propagation de ces agents. Le compostage du fumier permet d’éliminer les agents pathogènes et de produire un amendement exempt de parasites et de maladies. Il est également important de choisir des fumiers provenant d’animaux sains et de respecter les bonnes pratiques d’hygiène pour prévenir la contamination. Il est important de s’informer sur les risques liés à l’utilisation du fumier et de prendre les mesures nécessaires pour prévenir la contamination des cultures et des animaux. Un épandage judicieux et une gestion efficace du fumier permettent de minimiser les risques de propagation de parasites et de maladies.
L'enfouissement du fumier dans divers contextes agricoles
L’épandage du fumier est une pratique courante dans différents contextes agricoles. Son utilisation varie en fonction du système de production, du type de culture et des objectifs recherchés. Voici quelques exemples d’utilisation du fumier dans différents contextes agricoles.
Agriculture biologique
L’utilisation de fumier provenant d’animaux nourris de manière biologique est un élément essentiel de l’agriculture biologique. Ce fumier est exempt de produits chimiques et contribue à la fertilité du sol de manière naturelle. Il est important de choisir des techniques d’épandage respectueuses de l’environnement, comme l’épandage en compost ou l’épandage par injection. Ces techniques permettent de maximiser l’efficacité du fumier tout en minimisant les risques de pollution et de perte de nutriments. L’épandage en compost est particulièrement recommandé en agriculture biologique, car il permet d’éliminer les agents pathogènes et de produire un amendement riche en matière organique.
Agriculture conventionnelle
Le fumier peut être utilisé en complément d’autres fertilisants dans l’agriculture conventionnelle. Il est important d’adapter le dosage et les techniques d’épandage en fonction du système de production et des besoins spécifiques de la culture. L’épandage par injection est particulièrement recommandé dans les systèmes conventionnels, car il permet de limiter les pertes d’azote par volatilisation et d’améliorer l’efficacité du fumier. Il est également important de tenir compte des normes environnementales en vigueur et de respecter les directives locales concernant la gestion des déjections animales et l’utilisation du fumier en agriculture conventionnelle. Une gestion efficace du fumier permet de réduire les risques de pollution et de maximiser l’efficacité des intrants en agriculture conventionnelle.
Maraîchage
Le compostage du fumier est primordial en maraîchage pour éliminer les agents pathogènes et améliorer la structure du sol. Il permet de produire un amendement riche en matière organique qui favorise la croissance des plantes et améliore la rétention d’eau. Le compost de fumier est un excellent moyen d’enrichir le sol en nutriments et d’améliorer sa structure.
Le fumier peut être utilisé en paillage pour améliorer la rétention d’eau et la structure du sol. Il contribue également à la suppression des mauvaises herbes et à la conservation de l’humidité du sol. Le paillage avec du fumier de cheval ou de mouton est une pratique courante en maraîchage, car il permet de créer un environnement favorable à la croissance des plantes et de réduire le besoin en arrosage.
Arboriculture et viticulture
Il est important de choisir des techniques d’épandage adaptées aux arbres fruitiers. Il est conseillé d’éviter d’épandre le fumier trop près du tronc des arbres pour éviter les risques de brûlures des racines. L’épandage en bordure du cercle de plantation est une pratique recommandée en arboriculture. Elle permet de favoriser la croissance des racines et d’améliorer la structure du sol autour des arbres.
Le fumier est également utilisé en paillage pour les arbres fruitiers. Il permet de protéger le sol, de limiter l’évaporation de l’eau et de créer un environnement favorable à la croissance des arbres. Le paillage avec du fumier de mouton est une pratique courante en arboriculture, car il est riche en matière organique et il favorise la croissance des arbres.

Réglementation et gestion des effluents d'élevage
La réglementation autour de l'épandage est un maquis où réglementations départementales se superposent et où les mises aux normes et réglementations, encore globalement timides, sont exigées par l'UE en matière de qualité de l'eau. Pour éviter les conflits de voisinage, un dialogue et une compréhension de la situation des uns par rapport aux autres doivent permettre une cohabitation réussie.
Les normes à respecter
Les périodes d’épandage sont strictement encadrées pour éviter les apports en dehors des périodes de croissance active des cultures. Frédéric THOMAS, fort de ses séjours aux États-Unis et en Australie, a créé la revue TCS en 1999 et s'appuie sur sa ferme en Sologne pour mettre en œuvre des techniques d'agriculture de conservation. La réglementation indique dans le détail les obligations légales et restreint les possibilités. Les règles de bon sens permettent de réaliser les épandages de fumier, lisier et purin pour en tirer bénéfice.
- Distances minimales : Des distances minimales d’épandage doivent être respectées par rapport aux cours d’eau, aux habitations et aux zones de captage d’eau potable. Ces distances peuvent aller de 10 à 500 mètres selon la sensibilité du milieu et le type d’effluent.
- Plafonds d'apport : Au-delà des limitations spécifiques aux zones vulnérables, des plafonds d’apport en azote et en phosphore s’appliquent sur l’ensemble du territoire. Ces limites visent à éviter la surfertilisation et les risques associés de pollution des eaux et de l’air. Le respect de ces plafonds nécessite une gestion fine des apports, en combinant fumier et autres sources de fertilisation (engrais minéraux, autres effluents organiques).
- Capacité de stockage : Il s’agit d’abord de concevoir les installations de stockage des fumiers ayant une capacité suffisante en attendant qu’un épandage puisse être réalisé. Les conditions de stockage (fumière, cuve, fosse géomembrane,…) sont soumises à des normes spécifiques.
- Plans d'épandage : Afin de valoriser les effluents d’élevage et de gérer collectivement le territoire, il est nécessaire que l’agriculteur tienne à jour son plan d’épandage. Un bilan Corpen (bilan des entrées et sorties d’azote, de phosphore et de potasse sur l’exploitation tenant compte du cheptel, de l’assolement, des rendements et des achats d’engrais) est un bon outil pour savoir si les achats d’engrais minéraux sont trop élevés ou trop faibles.
- Seuil des 170 kg d'azote organique/ha de SAU : Si l'on jongle avec les effectifs pour respecter le seuil des 170 kg d'azote organique/ha de SAU, il est possible d'établir une convention d'épandage avec un tiers, de vendre ou d'échanger les effluents. À l'inverse, si la surface d'épandage est trop juste, plusieurs solutions s'imposent : établir une convention d'épandage avec un tiers qui mettra des surfaces à disposition, vendre, ou échanger.
Stratégies de gestion des surfaces d'épandage
Mieux vaut épandre sur le plus de terres possible, en établissant un roulement annuel, plutôt que de mettre tous les ans le maximum de déjections sur les parcelles de maïs ou uniquement sur celles proches de l'étable.
- Prairies et couverts végétaux : Les besoins des prairies sont de manière générale de type 3N, 1P, 3K et la teneur des effluents bovins est très proche de cet équilibre. Vaches et herbe font donc bon ménage, même pour la fertilisation ! En France, la réglementation interdit, en général, l’apport d’azote sur les légumineuses fourragères pures, comme les luzernes, ou en mélange, sauf cas particulier. Elle la limite ou l’interdit sur les légumineuses à graines (suivant leur nature - pois, soja, fève …). Il est logique de tenir compte de leur capacité à capter l’azote de l’air par les nodosités. De leur côté, les couverts végétaux mis en place avant les culture d'été peuvent recevoir des effluents en fin d'hiver. Cela permet de réduire la durée de stockage et par conséquent les besoins en m3 et m2 pour les fosses et fumières en zones vulnérables. Cela nécessite un calcul DeXeL (diagnostic environnemental de l’exploitation d’élevage) de la capacité agronomique.
- Rotation des cultures : L'apport de fumier en culture d'automne avant une période à risque de lessivage est une pratique à éviter.
La technique consiste à connaître et raisonner la dose à épandre en fonction de l’effluent, puis assurer une répartition et un enfouissement homogène sur la parcelle. Le fumier est un élément essentiel d'une agriculture durable, mais sa gestion doit être pensée et réalisée avec rigueur pour optimiser ses bénéfices tout en respectant l'environnement et la santé publique.