La gestion de la fertilité des sols et la nutrition des cultures constituent le socle de toute exploitation agricole performante et durable. Les cultures, de par leur nature, possèdent des besoins différents. Les engrais de ferme et les engrais organiques normés, selon leurs origines, peuvent apporter des réponses adaptées aux besoins des plantes. En Bretagne, les engrais de ferme représentent la plus grande masse des fertilisants de printemps tant en agriculture conventionnelle que biologique.

La dynamique de l'azote : clé de voûte de la fertilisation
La clé de la compréhension de la fertilisation, c’est l’azote. Les fertilisants organiques sont constitués d’azote minéral facilement absorbable par les plantes et d’azote organique. Cette fraction organique des matières végétales (résidus de cultures) ou animales (issus des déjections) est rendue assimilable grâce à l’action des bactéries du sol. Favoriser le fonctionnement de cette vie souterraine reste par conséquent primordial. Il convient donc de préserver une bonne structure du sol, de profiter des effets de la météo par son rôle sur la température, l’aération et l’humidité dans le sol.
Dans de bonnes conditions de minéralisation, l’azote des fertilisants organiques est rapidement disponible pour les cultures. Un apport est donc recommandé pour les cultures très exigeantes, ou pour répondre aux besoins des cultures à un moment clé de leur croissance. Les cultures légumières, les céréales, le maïs sont parmi les cultures les plus exigeantes en azote. Les fertilisants de type Orgaferti ou Orgasol par exemple, présentent une minéralisation rapide.
Stratégies d'application et outils de mesure
Lorsqu’on utilise un engrais organique, que ce soit en grandes cultures ou maraîchage, l’effet recherché sera une réponse rapide en maïs, différée en céréales ou prolongée en légumes. Le mode de fonctionnement des engrais de ferme se rapproche beaucoup de celui des engrais azotés minéraux. Il est donc conseillé d’apporter les engrais organiques juste avant la mise en place de la culture de printemps comme le maïs. Un apport tôt en saison permet de bénéficier du plein effet azote lors des besoins liés à la montaison du blé.
Il est difficile d’apprécier la quantité d’azote que le sol va minéraliser pour la culture en place. Plusieurs outils de mesures permettent d’évaluer ce potentiel de libération d’azote, tels que les analyses de sol, la pluviométrie hivernale, le calcul des arrière-effets des apports organiques, l’évaluation des quantités d’azote liées aux précédents culturaux et aux couverts végétaux… La quantité inscrite sur votre plan prévisionnel de fumure est un bon indicateur. La météo en période de pousse constitue le facteur essentiel qui accentuera ou réduira cette minéralisation.
Fertilisation azotée: les reliquats
Un apport moyen de 50 à 80 unités d’azote rapidement utilisables par la plante répond aux besoins de nombreuses parcelles de céréales. Cela correspond à un apport de 2 à 3 tonnes par ha de fertilisant type Orgaferti. Les fertilisants organiques normés s’utilisent principalement « bruts » car plus économiques. Plusieurs formules existent en bouchon big bag, ce qui facilite l’épandage.
La logistique et l'expertise de la SAS Lemée
Pour optimiser ces apports, la structure logistique est déterminante. Depuis le début de l’année 2017, l’activité produits organiques Triskalia a rejoint celle de la SAS Lemée, basée à Aucaleuc. L’activité de négoce de co-produits réalisée par Triskalia (25 000 tonnes) est à présent consolidée avec celle de la société Lemée (85 000 tonnes). Avec 110 000 tonnes de co-produits commercialisées, la SAS Lemée représente 30 % du marché breton. Sa nouvelle dimension lui permet de répondre aux besoins des éleveurs bretons et des industriels de nutrition animale.
L’atout majeur de SAS Lemée est de disposer d’un procédé breveté de remorque double-contenant appelé Certibag, certifié par Qualimat et approuvé par l’Anses. Celui-ci permet en effet d’optimiser la logistique, en transportant, avec un même camion, les engrais et amendements organiques normés, issus des élevages bretons vers les régions céréalières à l’aller et des céréales destinées à la nutrition animale en retour. Pour Triskalia, la nouvelle filiale SAS Lemée, opérateur majeur dans la commercialisation et le transport des co-produits, assure de multiples débouchés pour les déjections animales issues des élevages de ses adhérents.
Synergie avec les couverts végétaux et la gestion du sol
Les couverts végétaux, appelés aussi couverts végétaux interculture ou couverts fourrager, visent à couvrir le sol de manière temporaire ou permanente avec une ou plusieurs espèces végétales. Ils sont largement utilisés pour leurs nombreux avantages environnementaux, agronomiques et économiques. L'un des principaux rôles de cette culture est de fixer l'azote présent dans le sol en surface pour qu'il soit utilisable par la prochaine culture (reliquat azoté) et éviter que l’azote descende dans les nappes phréatiques. Cette fixation de l’azote se fait grâce aux CIPAN (culture intermédiaire piège à nitrate).

Leurs autres rôles consistent à protéger le sol contre l'érosion. En couvrant la surface du sol, les plantes du couvert évitent l'action directe des intempéries, telles que le vent et les pluies torrentielles, qui peuvent provoquer l'arrachement et le lessivage des particules du sol. Les racines contribuent également à maintenir la structure du sol en aérant, en améliorant sa perméabilité et en limitant le compactage.
En plus de prévenir l'érosion, ils jouent un rôle important dans l'enrichissement du sol en matière organique et en éléments nutritifs. Pendant leur croissance, les plantes du couvert absorbent les nutriments présents dans le sol, les stockent dans leurs tissus et les restituent lorsque les résidus de la plante se décomposent. Certains couverts végétaux, comme les légumineuses, ont la capacité de fixer l'azote atmosphérique grâce à une symbiose avec des bactéries spécifiques présentes dans leurs racines. Cela permet d'enrichir le sol en azote, un élément essentiel à la croissance des plantes.
Biodiversité et durabilité des systèmes culturaux
Les couverts végétaux sont des cultures sélectionnées et semées entre les cultures principales. Ils recouvrent le sol pendant une période donnée et offrent une protection efficace contre l'érosion, l'appauvrissement des nutriments et l'invasion des mauvaises herbes. En favorisant un environnement favorable à la biodiversité, les couverts contribuent à préserver les écosystèmes agricoles et à renforcer leur résilience face aux aléas climatiques.
L'un de leurs principaux bénéfices en termes de biodiversité réside dans leur capacité à fournir des habitats et des ressources alimentaires pour une variété d'organismes. Les couverts végétaux attirent les insectes pollinisateurs, tels que les abeilles et les papillons, qui sont essentiels à la reproduction des plantes. Ces plantes intermédiaires fournissent également des abris pour les prédateurs naturels des ravageurs, tels que les coccinelles, les chrysopes et les syrphes, contribuant ainsi à réguler les populations de nuisibles de manière biologique.
De plus, ils augmentent la diversité des micro-organismes bénéfiques présents dans les sols. Les racines des plantes de couverture sécrètent des substances organiques qui nourrissent les micro-organismes du sol, favorisant ainsi leur développement. Ces micro-organismes jouent un rôle crucial dans la décomposition de la matière organique, la fixation de l'azote atmosphérique et la libération de nutriments essentiels pour les cultures principales. En améliorant la santé des sols, les couverts végétaux offrent une meilleure productivité et une résistance accrue aux maladies.
Les produits couverts contribuent également à réduire l'utilisation d'engrais et de phytosanitaires. En couvrant le sol, ils limitent le lessivage des nutriments et la propagation des mauvaises herbes, ce qui permet de limiter les besoins en fertilisants chimiques et en herbicides. Cette approche agro-écologique favorise la préservation de la qualité de l'eau et limite les impacts sur les écosystèmes aquatiques.
Gestion pratique et approvisionnement
La gestion des couverts végétaux peut varier en fonction de ce que vous envisagez de cultiver :
- Cultures annuelles : avant les cultures annuelles, il est courant de détruire les végétaux couverts en les fauchant ou en les enfouissant dans le sol. Cela permet de réduire la concurrence avec les cultures principales.
- Cultures maraîchères : ils peuvent être utilisés pour améliorer la structure du sol et la fertilité. Les couverts végétaux à croissance rapide et à racines peu profondes, tels que les légumineuses, peuvent être utilisés pour fournir de l'azote au sol.
- Cultures fruitières : ils peuvent être semés entre les rangs d'arbres fruitiers pour réduire l'érosion et supprimer les mauvaises herbes.
- Cultures céréalières : ils peuvent être utilisés pour préparer le sol avant la plantation des céréales en améliorant sa structure et sa fertilité.
Le prix des couverts végétaux peut varier en fonction de plusieurs facteurs, tels que le type de couvert végétal, la quantité nécessaire, la région géographique, la disponibilité locale et le fournisseur. En général, les semences de légumineuses (trèfle, luzerne, pois fourrager) ont tendance à être plus chères que les semences de graminées (seigle, avoine, ray-grass).
Chez aladin.farm, une vaste gamme de couverts végétaux de haute qualité est proposée. Le catalogue comprend une variété de couverts adaptés à différents besoins et conditions climatiques. L'achat sur aladin.farm est simple et pratique. La plateforme en ligne permet de consulter le catalogue à tout moment, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Le processus de commande est simple, sûr et fiable, avec une livraison directe à la ferme ou en dépôt.