Guide complet : Grossesse, jardinage et environnement sain

Améliorer la qualité de l’environnement de la femme enceinte et des enfants est un enjeu majeur de prévention en santé publique. La période périnatale (de la femme enceinte, du fœtus et du nouveau-né) et la période de l’adolescence représentent une fenêtre de vulnérabilité particulière pendant laquelle ces expositions peuvent avoir des effets négatifs à plus ou moins long terme sur la santé. En modifiant quelques habitudes du quotidien, pour amorcer des changements progressifs, vous pouvez limiter les expositions aux polluants.

Les risques environnementaux au quotidien

Les produits de bricolage (colle, vernis, peinture…), de jardinage (insecticides, herbicides, engrais, pesticides), de décoration (bougie parfumée, encens, parfum d’intérieur…) et d’ameublement sont émetteurs de substances toxiques. Penser à utiliser des produits aux listes d’ingrédients courtes, éviter les plastiques, vous limiterez ainsi l’effet cocktail.

Schéma illustrant les sources de polluants domestiques (jardin, bricolage, entretien)

L’air des habitations est davantage pollué que l’air extérieur et, selon les teneurs et les gaz concernés, l’air intérieur peut avoir des conséquences néfastes sur la santé du bébé. Il est conseillé à la future maman d’aérer les pièces de son logement le plus souvent possible. Une aération de l’habitation de 10 minutes par jour est recommandée. Ne fumez pas à l’intérieur. En préférant les produits d’entretien naturels (bicarbonate de soude, vinaigre d’alcool, ou le savon noir) vous protégerez votre environnement et votre santé. Les femmes enceintes peuvent surveiller la qualité de l’air extérieur via l’outil Recosanté, mis à disposition gratuitement par le Ministère des Solidarités et de la Santé et le Ministère de la Transition Ecologique.

Jardinage et grossesse : précautions et bien-être

Quand on pense jardin, on pense grand air et nature et on est tenté de croire que c’est un environnement idéal et sain pour une femme enceinte ou de jeunes enfants. Pendant la grossesse, il y a des précautions à prendre si on veut faire du jardinage. En dehors d’une contre-indication médicale, par exemple une menace d’accouchement prématuré (MAP), les futures mamans qui aiment jardiner n’ont aucune raison de s’en priver. N’oublions pas que nos ancêtres travaillaient dans les champs jusqu’à la fin de la grossesse !

Postures et ergonomie au jardin

Enceinte ou pas, l’ergonomie de travail est primordiale. Donc on profite de la grossesse pour garder (ou reprendre) de bonnes postures : on s’accroupit pour se baisser, on se met à genoux à terre (sur un carton…) devant les plates-bandes. Pour protéger son dos, on peut opter pour des jardinières sur pieds. On tire (au lieu de porter) les charges lourdes, toujours en pliant les genoux. En fin de grossesse, tondre la pelouse peut être fatigant et inconfortable.

Illustration montrant les bonnes postures de jardinage pour une femme enceinte

Protection contre les agents pathogènes

Même si les cas de contamination sont aujourd’hui rares grâce à la vaccination, il est tout à fait possible d’attraper le tétanos en jardinant. Par exemple en se blessant avec un outil rouillé ou lorsqu’une plaie ouverte est au contact de la terre. Les femmes enceintes doivent donc toujours porter des gants pour jardiner, bien nettoyer leurs outils mais aussi de s’assurer qu’elles sont à jour dans leur vaccination.

Aujourd’hui, le risque de transmission de la toxoplasmose est minime. Pour l’attraper, il faut que les déjections d’un chat contaminé soient présentes dans la terre et qu’on l’ingère via des légumes mal lavés… Or les chats mangent plus de croquettes sèches que d’animaux vivants. En Grande-Bretagne, la toxoplasmose n’est plus un problème de santé publique et son suivi est allégé ! Les gants sont recommandés surtout si on n’est pas immunisée contre la toxoplasmose, même si le risque est quasi nul.

Gestion des produits chimiques au jardin

Les pesticides sont aussi toxiques pour les insectes, les mauvaises herbes et les champignons que pour les humains. Il est donc évidemment essentiel de tenir les pesticides dans des contenants bien rebouchés, hors de la portée des enfants, sur des étagères en hauteur ou des placards fermés à clé. Une femme enceinte ne doit pas manipuler de pesticides qui peuvent s’avérer dangereux pour le bébé qu’elle porte.

1ère vidéo pour les 10 ans du potager

Depuis 2008, le plan Ecophyto vise à réduire l’utilisation de produits phytosanitaires en France. C’est dans cette optique que depuis le 1er janvier 2019, les jardiniers amateurs ne peuvent plus utiliser de produits phytosanitaires de synthèse. Attention, certains de ces produits ne sont pourtant pas exempts de produits nocifs pour la femme enceinte et les enfants petits. On évite toute utilisation de produits phytosanitaires (pour enlever les mauvaises herbes, les insectes au jardin). Pour éviter d’utiliser des produits chimiques, on se plonge dans les nombreux ouvrages : jardinage bio, permaculture, utilisation des associations de plantes, prédateurs naturels… Si on a un doute, on utilise des gants et un masque ou on demande à quelqu’un d’autre de les manipuler. On préfère le désherbage manuel ou bio (de l’eau bouillante, par exemple !). Certains produits sont toxiques lorsqu’ils sont manipulés ou inhalés et une vigilance particulière est de mise pendant la grossesse. Attention notamment avec certains désherbants, engrais et pesticides.

Vigilance professionnelle et exposition aux substances

Les premières semaines de grossesse sont décisives. La période de vulnérabilité principale se situe au premier trimestre de la grossesse qui correspond à la période de développement des organes. Il est indispensable que la femme enceinte prenne contact avec son médecin du travail le plus tôt possible. Ce dernier, lors de son suivi, s’assurera de la compatibilité entre l’état de grossesse et les conditions de travail. Le médecin du travail est l’interlocuteur privilégié. Il exerce une médecine préventive et une activité de conseil en matière de santé et d’hygiène au travail.

L’exposition par inhalation ou par contact cutanéo-muqueux avec des agents chimiques toxiques peut engendrer des anomalies sur la totalité du cycle de reproduction. Tout d’abord, les capacités reproductrices peuvent être altérées. Ensuite, les premières semaines de la grossesse constituent une période particulièrement critique durant laquelle une exposition à des substances toxiques pour la reproduction peut avoir des effets délétères. Les mois suivants, les produits toxiques qui passent la barrière placentaire font également craindre des naissances prématurées, des défauts de croissance et des déficiences intellectuelles.

Reconnaître les dangers sur les étiquettes

Pour les reconnaître, il faut regarder l’étiquette du produit. Depuis 2015, les pictogrammes de sécurité ont changé et répondent à de nouvelles normes européennes. Dans la nouvelle nomenclature, le pictogramme est différent : on retrouve dans un losange rouge le dessin d’une personne de face avec une étoile. Le risque est aussi indiqué par les mentions H360FD, H361fd ou H362. Si vous rencontrez ces produits, il faut demander conseil pour les remplacer par d’autres n’ayant pas ce pictogramme. Parmi eux, on trouve le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude ou encore le savon noir.

Préparation à l’accouchement et hygiène de vie

L’accouchement, c’est le grand saut vers l’inconnu, surtout quand c’est le premier ! Préparer son accouchement de façon optimale va permettre d’augmenter les chances d’avoir un bel accouchement. Il faut bien comprendre que l’accouchement se prépare en fait tout au long de la grossesse.

Nutrition et micronutrition

Il y a un lien étroit entre l’accouchement et la micronutrition : d’ailleurs, une étude de l’université de Southampton publiée en 2023 a mis en évidence qu’une supplémentation optimale en vitamine D pendant la grossesse a une influence sur le déroulement de l’accouchement avec comme impact plus de naissances spontanées, par voie basse, et de naissances physiologiques dans le groupe de femmes supplémentées.

Chez la femme enceinte ou allaitante la consommation de poisson est recommandée 2 fois par semaine : 1 fois du poisson maigre (cabillaud, colin, merlan, sole, etc.), et 1 fois du poisson gras (saumon, maquereau, sardine, hareng). Il faut éviter certains poissons apportant potentiellement du PCB ou du méthyl-mercure : espadon, marlin, siki, requin et lamproie.

Infographie sur les recommandations alimentaires durant la grossesse

Préparation physique et mentale

Rester en forme pendant la grossesse passe par la mise en mouvement du corps. De plus, le mouvement de la maman va aider son bébé à bien se positionner en vue de la naissance. L’infusion de feuilles de framboisier est maintenant bien connue des sages-femmes pour ses vertus sur l’accouchement. Masser son périnée n’est pas des plus agréables mais c’est très efficace pour prévenir le risque de déchirures.

Le mental est mis à rude épreuve pendant un accouchement. L’une des choses essentielles à faire en préparation, c’est d’identifier et de travailler sur ses peurs. En effet, c’est la sécrétion de l’hormone ocytocine qui permet la mise en route des contractions. Et la sécrétion d’ocytocine nécessite un sentiment de sécurité, de confiance, d’amour. Du côté des plantes, j’aime beaucoup la camomille matricaire et la passiflore. Deux plantes compatibles avec la grossesse qui sont calmantes et apaisantes. En gemmothérapie, on peut se tourner vers le figuier et le tilleul, qui sont tous les deux très efficaces pour apaiser le système nerveux. Une des techniques les plus efficaces pour gérer le travail, la douleur, c’est la respiration.

Environnement intérieur et prévention ciblée

La chambre de bébé est à préparer ? Laissez votre entourage réaliser les travaux de décoration et ce le plus tôt possible avant la naissance de bébé, en commençant déjà à aérer au quotidien ! Pour la valise, il est indispensable de laver tous les vêtements ou doudous neufs avant de les mettre au contact de votre peau ou de celle de votre bébé.

Pour votre toilette et celle de bébé, limitez les produits et préférez ceux qui se rincent, avec une liste d’ingrédients la plus courte possible. Privilégiez les cosmétiques naturels, ou labélisés et évitez les colorations, vernis, crèmes solaires et huiles essentielles. Pour les produits alimentaires et les cosmétiques, le plus simple aujourd’hui est d’utiliser l’application “Yuka” qui vous permet de scanner le code barre d’un produit et de connaitre les informations essentielles sur la présence de substances indésirables.

Les solvants sont utilisés dans de nombreux secteurs d’activités professionnelles et dans le bricolage en particulier. Les solvants sont dangereux pour le bébé dans la mesure où ils passent la barrière placentaire en étant absorbés par la peau ou les voies respiratoires de la maman. Il ne faut pas négliger le risque d’exposition au plomb sur les lieux de travail non encadrés par la médecine du travail. De plus, même si les tuyaux en plomb et les peintures qui en contiennent ne sont plus utilisés, elles sont encore présentes dans certaines habitations. Il est donc important de repérer les canalisations d’eau du robinet en plomb et de ne pas préparer les futurs biberons avec de l’eau contaminée par du plomb. La future maman doit également être attentive aux fabrications de modèles réduits, aux jouets d’enfants. Il existe également un risque avec l’utilisation de plats traditionnels ou rapportés de voyages touristiques. Une intoxication au plomb pendant une grossesse fera l’objet d’un suivi particulier par le gynécologue-obstétricien.

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