Le BRF Bourguignon : Révolutionner la Fertilité des Sols pour une Agriculture Durable

Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) en paillage

L'enrichissement des sols est un pilier majeur des systèmes de production durables, et le Bois Raméal Fragmenté (BRF) se présente comme une méthode naturelle et efficace pour y parvenir. Issu du broyage de jeunes rameaux de bois, le BRF, une fois introduit dans la couche supérieure du sol ou utilisé comme paillis, vise à recréer un sol riche, aéré et foisonnant de micro-organismes, à l'image des sols forestiers. Cette approche, popularisée notamment par les travaux de Lydia et Claude Bourguignon, offre une alternative précieuse aux méthodes conventionnelles qui ont souvent mis à mal la santé de nos écosystèmes souterrains.

L'histoire du BRF remonte au Québec, où le professeur Lemieux a imaginé cette technique, observant que les caractéristiques des sols forestiers, comme leur stabilité de fertilité et leurs hauts niveaux de productivité végétale, pouvaient être transmises aux sols agricoles. En France, Lydia et Claude Bourguignon, pionniers de la microbiologie des sols, ont largement contribué à diffuser cette connaissance, soulignant l'importance de réinjecter l'arbre dans l'agriculture pour retrouver l'équilibre agro-sylvo-pastoral du XIXe siècle.

LE SOL : Fonctionnement et Fertilité

Les Principes Fondamentaux du BRF : Imitation de la Nature

Le fonctionnement d'un sol naturel, tel qu'une forêt, est un modèle de durabilité. Chaque année, l'arbre laisse tomber des feuilles mortes et des branches sur le sol. Cette matière organique est ensuite attaquée par une faune épigée, qui la fragmente en éléments très fins. Ces "crottes" sont alors prises en charge par les champignons et les basidiomycètes, qui les transforment en humus. Ce processus crucial de fabrication d'humus se déroule à la surface du sol, en contact avec l'air.

Parallèlement, les arbres développent un double enracinement. Un réseau horizontal de racines se déploie sous la matière organique, permettant aux arbres de capter les nutriments minéralisés au printemps par les bactéries. Un système pivotant, quant à lui, s'enfonce profondément jusqu'à la roche mère. Là, les racines sécrètent des acides pour décomposer la roche en argiles. Une faune endogée, composée de petits invertébrés, nettoie ces racines en profondeur.

La rencontre de l'argile, produite en profondeur, et de l'humus, formé en surface, est essentielle à la structuration du sol. Cette rencontre est assurée par les vers de terre, ou faune anécique. Ces lombrics créent des galeries, remontent l'argile des profondeurs et l'amènent à la surface, où elle se mélange à l'humus dans leur intestin. Grâce à une glande riche en calcium, ils fabriquent le complexe argilo-humique, une structure stable qui lie l'argile (chargée négativement) et l'humus (chargé négativement) via des ions calcium (doublement positifs). Ce complexe est fondamental pour la fertilité et la structure du sol. C'est ce mécanisme naturel que le BRF cherche à reproduire et à stimuler dans les sols cultivés.

Les Avantages du BRF pour la Santé des Sols

Le BRF, en tant que mélange non-composté de résidus de broyage de jeunes rameaux de bois, est une solution naturelle pour enrichir la terre des potagers, vergers ou jardins ornementaux. Il agit en profondeur sur la fertilité naturelle du sol, la formation d'un humus stable et la stimulation de la biodiversité du sol.

Schéma des différents horizons du sol et de l'activité biologique

Les jeunes branches feuillues, de diamètre inférieur à 7 cm, sont particulièrement riches en minéraux, protéines, acides aminés et catalyseurs naturels. Épandu sur le sol, le BRF stimule l'activité biologique, favorise la formation d'un humus stable et améliore la structure du sol. Ce dernier devient plus aéré, mieux drainé et capable de retenir l'eau et les nutriments.

Les avantages du Bois Raméal Fragmenté sont nombreux :

  • Amélioration de l'humus et fertilité naturelle : Le BRF accélère la constitution d'un humus de qualité. En dix ans, le taux d'humus peut augmenter de 1 %, là où il faudrait cinquante ans avec du compost classique ou quatre-vingts ans avec du fumier. Cet humus sert de réserve nutritive durable et réduit, voire supprime, le besoin de fertilisation supplémentaire.
  • Réduction de l'arrosage et meilleure santé des plantes : Le paillage BRF limite l'évaporation et retient l'humidité, ce qui entraîne moins de lessivage des éléments nutritifs. Les légumes ont plus de goût et sont moins sensibles aux maladies.
  • Augmentation des rendements et réduction du travail : Le BRF peut conduire à des rendements supérieurs (deux à sept fois plus dans certaines cultures). Il permet également de réduire le travail du sol, le désherbage et les traitements chimiques.
  • Multiplication de la faune du sol : Le BRF favorise le retour des champignons, qui sont les seuls à pouvoir attaquer la lignine, élément clé du bois. Ces champignons sont à la base de la chaîne trophique et des mycorhizes, précurseurs de la vie du sol. Lorsque l'équilibre est recréé, les sols retrouvent un fonctionnement normal et des taux de matière organique corrects, entre 1 et 3 %. Ils deviennent ainsi plus résilients, retiennent davantage l'eau et facilitent l'enracinement.

Le BRF permet de créer un nouveau milieu dans le sol, avec un nouvel équilibre. On observe une augmentation spectaculaire de l'activité biologique, notamment des champignons, qui sont essentiels à la formation de l'humus. L'agriculture, selon Claude Bourguignon, n'a pas besoin d'azote mais de carbone, élément que le BRF apporte en grande quantité sous forme de lignine.

Modalités d'Application du BRF : Quand et Comment ?

BRF fraîchement épandu en automne

L'application du BRF demande une certaine connaissance pour maximiser ses bénéfices et éviter des problèmes potentiels, comme la "faim d'azote".

Moment Idéal pour l'Application :

Une fois le broyage effectué, il est recommandé d'appliquer directement et sans tarder le BRF frais sur le terrain d'intérêt, qu'il soit à cultiver ou en culture. La période conseillée s'étend de septembre à février, le plus tôt possible dans l'automne étant préférable. C'est à cette époque que les champignons, acteurs clés de la décomposition de la lignine, sont les plus actifs. Sur des terres froides et argileuses, il est éventuellement possible d'attendre le printemps.

Épandre et incorporer le BRF directement dans le sol au printemps n'est pas conseillé, à moins qu'il soit pré-composté. Le pré-compost de BRF peut s'obtenir en stockant du BRF en tas en extérieur pendant minimum trois mois.

Incorporation du BRF au Sol :

Pour améliorer le processus de fertilisation, le BRF peut être incorporé dans le sol. Pour cela, il faut procéder par griffage au sol (en utilisant un croc par exemple), sur 5 à 10 cm seulement, selon la nature du sol. Il est crucial que le processus de fertilisation reste en aérobie, c'est-à-dire en contact avec l'air, pour que le BRF puisse se décomposer et s'intégrer au sol. Au-delà de 15 cm de profondeur, les bactéries et champignons ne seront pas dans les bonnes conditions et le processus de décomposition attendu ne fonctionnera pas. Une fois le BRF incorporé au sol, il est préférable de ne plus y toucher pour laisser les micro-organismes se développer tranquillement, permettant de planter au printemps.

Utilisation du BRF en Paillis :

Le BRF peut également être utilisé en tant que paillis, en complément de son incorporation dans le sol ou non. Dans ce cas, il peut être épandu à n'importe quel moment de l'année, sans qu'il soit nécessaire qu'il soit fraîchement broyé. Il est conseillé d'épandre le BRF en une couche plus épaisse que pour l'incorporation (5 à 10 cm), au pied de n'importe quelle plante (rosiers, vivaces, légumes, arbustes, arbres fruitiers…). Puis, il suffit de le laisser sur le sol sans l'incorporer. Cela permettra de mieux nourrir le sol et les plantes tout en protégeant le sol. Le paillage avec du BRF limite l'évaporation et retient l'humidité, tout en nourrissant le sol.

LE SOL : Fonctionnement et Fertilité

Dosage et Épaisseur :

La quantité de matière à apporter dépend du type de sol et de son état biologique, mais varie entre un et quatre centimètres d'épaisseur. Une couche de quinze centimètres est généralement jugée excessive. Pour un sol lourd (argileux), une épaisseur de 1 à 2 cm (soit 1 à 2 m³ pour 100 m²) est recommandée. Pour un sol moyen/limoneux, on peut aller de 2 à 4 cm (2 à 4 m³ pour 100 m²). Enfin, pour un sol léger/sableux, une épaisseur de 4 à 6 cm (4 à 6 m³ pour 100 m²) est idéale.

BRF pour les Plantes en Pots :

Le BRF peut également être utilisé pour les plantes en pots. Au moment du rempotage, il est suggéré de prévoir environ 20% de BRF (pré-composté de préférence) et 80% d'autres substrats de choix (terreau, pouzzolane…).

Le Risque de la "Faim d'Azote" et Comment l'Éviter

L'un des principaux problèmes rencontrés avec l'utilisation du BRF, surtout lorsqu'il est mal appliqué, est la "faim d'azote". Ce phénomène survient lorsque les micro-organismes du sol, chargés de décomposer les matières organiques ligneuses du BRF, consomment une grande partie de l'azote disponible dans le sol pour leurs propres besoins, laissant les plantes cultivées en carence. Ce prélèvement d'azote est calculable et peut compromettre les rendements.

Il est important de préciser que la littérature existante sur le sujet préconisait souvent d'incorporer le broyat dans le sol, même superficiellement (5 à 15 cm de profondeur) avec une griffe. Cependant, un matériau ligneux, en particulier dans une terre lourde et froide, peut avoir du mal à se décomposer correctement en raison du manque d'oxygène, ce qui entraîne une faim d'azote durable, pouvant persister plusieurs années.

Pour éviter une faim d'azote prononcée, il est crucial de suivre les bonnes pratiques. Claude et Lydia Bourguignon soulignent que l'apport de bois favorise le retour des champignons, qui sont les seuls à pouvoir attaquer la lignine. Or, tous les champignons sont aérobies ; ils ne peuvent se développer en l'absence d'oxygène. C'est pourquoi l'enfouissement profond du BRF est une erreur majeure.

Conseils pour éviter la faim d'azote :

  • Ne pas enfouir le BRF : L'étaler en surface permet une décomposition naturelle et évite une faim d'azote durable.
  • Apporter du compost : Surtout si le BRF est frais ou si le sol est pauvre en azote. Les plantes cultivées auront ainsi à disposition de l'azote rapidement assimilable.
  • Culture de légumineuses : Si la terre est particulièrement froide, il peut être judicieux de faire une culture de légumineuses (trèfle, pois, lupin, luzerne…) la saison précédant l'apport. Ces plantes fixent l'azote atmosphérique et l'enrichissent dans le sol.
  • Paillage des cultures déjà en place : Appliquer le BRF en paillage lorsque les cultures sont déjà en place et le sol réchauffé. Cela réduit les problèmes de limaces et de rongeurs, et le sol se réchauffe plus facilement.
  • Éviter le BRF frais avant les semis : Il est préférable de laisser le BRF se décomposer quelques semaines avant les semis. S'il est trop frais, il peut temporairement capter l'azote du sol et gêner la levée des graines.

Lorsque le BRF est utilisé en couverture, la faim d'azote, si elle se produit, ne dure que quelques jours à quelques semaines, contrairement à plusieurs années en cas d'enfouissement.

Choix des Branches et Broyage

Broyage de branches pour la production de BRF

Pour produire un BRF de qualité, le choix des branches et la méthode de broyage sont importants.

Choix des Essences :

Il est préférable d'utiliser les jeunes branches déjà ligneuses de feuillus, généralement de diamètre inférieur à 7 cm. Le terme "raméal" vient de "rameau", désignant de la lignine jeune. Si le bois provient de vieux troncs d'arbres, les organismes auront beaucoup plus de mal à l'attaquer. C'est dans ces cas que peuvent intervenir les faims d'azote. Les plaquettes de scieries et les écorces ne sont pas adaptées. L'idéal est d'employer du bois de feuillus de l'année, avec des fragments éclatés inférieurs à six centimètres mais pas trop fins (pas de sciure).

Bien que l'on puisse utiliser des branchages de conifères, il est recommandé de les mélanger avec des essences de feuillus, dans une proportion inférieure à 20% du total, car les résineux se décomposent lentement et peuvent acidifier le sol.

Le Broyage :

Le broyage des branches doit être effectué avec un broyeur adapté, de préférence en automne ou en hiver. Le broyat doit être de calibre plus important que de simples copeaux pour éviter une décomposition trop rapide et pour favoriser l'activité des champignons.

Si l'on ne peut pas produire son propre BRF, on peut utiliser les résidus de tailles ou d'élagage de forestiers, d'élagueurs ou des collectivités locales. Cependant, il faut s'assurer que ces matériaux proviennent bien de jeunes branches, car leur assimilation par le sol pourrait être plus difficile autrement. Un broyeur à plateaux convient très bien pour obtenir le bon type de fragments.

Limites et Précautions

Bien que le BRF soit une technique puissante pour restaurer la fertilité des sols, il ne s'agit pas d'un apport "normal" et son utilisation doit être réfléchie.

Fréquence d'Apport :

Le BRF est préconisé dans des cas très précis de sols qui en ont besoin. Si l'activité biologique est déjà satisfaisante, il n'est pas nécessaire d'en apporter. Au contraire, un apport de bois trop régulier ne laisse pas le temps aux champignons de dégrader tout le stock, ce qui peut "encrasser" le sol. Lydia et Claude Bourguignon insistent sur le fait qu'il ne faut remettre du BRF que tous les 5 à 7 ans selon les sols. Un apport annuel peut vite devenir néfaste. Le BRF n'est ni un compost, ni un paillage universel.

Aspect Sanitaire :

Il est important d'être vigilant sur l'aspect sanitaire du bois utilisé, surtout si l'on emploie des rameaux de vigne. Un bois de l'année est censé être sain, mais les vieux troncs peuvent être porteurs de maladies.

Compatibilité avec les Cultures :

Certaines cultures peuvent réagir différemment au BRF. Par exemple, des essais de cultures de pommes de terre avec une couverture de Bois Raméal Fragmenté se sont avérés désastreux, quelle que soit l'année après l'apport. Il est donc essentiel d'observer attentivement les réactions des plantes.

Éviter les Clichés et Idées Fausses :

Il est crucial de comprendre que l'agriculture durable ne consiste pas seulement à utiliser des produits "naturels" sans discernement. Comme le souligne Claude Bourguignon, la science doit être remise au cœur de l'agriculture, et la propagande des multinationales doit être dénoncée. Le labour, les engrais chimiques et l'enfouissement de matières organiques sont des pratiques qui ont gravement dégradé la vie du sol. Le BRF, correctement utilisé, est un outil pour réparer ces dommages, mais il ne remplace pas une compréhension profonde du fonctionnement du sol.

Le BRF dans une Stratégie Globale de Jardinage Biologique

Le BRF s'intègre parfaitement dans une approche plus large de jardinage biologique et de permaculture.

Relancer la Vie du Sol :

Pour les jardiniers amateurs ayant précédemment utilisé des engrais et pesticides, et souhaitant revenir à une culture plus naturelle, la première étape est de relancer la vie du sol par le BRF, puis par un semis très dense de légumineuses. Par exemple : luzerne avec sainfoin et vesce sur un sol calcaire ; mélilot avec lupin, serradelle et vesce sur un sol acide. Après ces plantes, semées en septembre ou mars, elles peuvent être broyées ou tondues à la fin de l'été. Avant la tonte, on peut semer à la volée du seigle avec du blé et du colza, puis broyer ce couvert au printemps. L'apport de cinquante tonnes par hectare de compost sur ce couvert broyé permet alors de partir sur un sol régénéré.

Ne Jamais Laisser le Sol Nu :

Comme le préconisent Lydia et Claude Bourguignon, il ne faut jamais laisser le sol nu et toujours le couvrir, soit de légumes, soit d'engrais vert. Le paillage avec le BRF est une excellente manière d'y parvenir.

Rotation des Cultures et Semis Denses :

Pour éviter les adventices, il faut semer très dense en "contreculture", c'est-à-dire en associant des légumes à cycles différents. Par exemple, sur une planche de 80 cm de large, on sème des radis avec des carottes, des salades et des choux sur 40 cm de large, puis encore des salades, des carottes et des radis sur les 40 autres centimètres. Les radis sont ramassés à 18 jours et ils laissent la place aux autres. Puis les salades sont ramassées et laissent la place aux carottes et aux choux. Et ces derniers sont ramassés lorsqu’ils ont tout couvert.

La Permaculture et le BRF :

L'automne est la saison idéale pour préparer son potager en permaculture. En adoptant des gestes simples comme nettoyer le sol, pailler avec le BRF et favoriser la vie souterraine, on crée un environnement fertile pour les futures récoltes. Le BRF s'intègre parfaitement à une butte vivante ou en couche chaude, surtout s'il est fraîchement broyé.

Autres Matériaux de Paillage :

En complément ou en alternative au BRF, d'autres matériaux peuvent être utilisés pour le paillage. Le paillis est un excellent moyen de protéger les sols, de maintenir l'humidité et de limiter la croissance des mauvaises herbes. Les feuilles mortes, par exemple, sont une alternative tout aussi efficace, se décomposant en matière organique qui enrichit le sol. Les tontes d'herbe, riches en azote, sont particulièrement adaptées pour nourrir des cultures comme les haricots, les laitues ou les pommes de terre, à condition de les laisser sécher deux à trois jours avant l'application pour éviter qu'elles ne pourrissent. Les engrais verts jouent également un rôle important pour rendre les sols plus perméables grâce à leurs racines qui décompactent la terre.

L'Importance de l'Observation et de la Patience

Le Bois Raméal Fragmenté n'est pas seulement un simple paillage, c'est une véritable révolution douce au jardin. En imitant les processus naturels des forêts, il permet de nourrir durablement le sol, de stimuler une biodiversité précieuse et de réduire les interventions (arrosage, fertilisation, désherbage). Cependant, comme toute technique vivante, le BRF demande un peu d'observation et de patience. Les bénéfices, visibles dès les premières saisons, sont considérables, mais une utilisation avisée et une adaptation aux spécificités de chaque sol sont essentielles. Sur des terres très dégradées, l'incorporation peut aller jusqu'à 20 cm ou plus pour réinstaller l'activité biologique.

Micro-organismes et vers de terre dans un sol enrichi par le BRF

En surveillant la décomposition, la présence de vers de terre et l'état des cultures, il est possible d'ajuster l'épaisseur et les apports de BRF. L'objectif est de recréer un sol noir, grumeleux et riche en humus, où les cultures potagères et fruitières se développeront plus sainement et avec des rendements accrus.

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