La qualité de la terre végétale dans laquelle le gazon sera implanté est l’élément le plus important pour conserver un gazon magnifique durant de longues années. La terre végétale, c’est le support où le gazon s’enracinera, et pourra trouver tous les éléments nécessaires à son développement, donc forcément plus la terre sera riche, plus le gazon pourra être résistant, beau, et bien dense. Si la terre est de trop mauvaise qualité, votre gazon, malgré des tontes régulières, risque de rapidement se clairsemer au fil des passages répétés et de moins bien tenir à la chaleur caniculaire de certains de nos étés.
La compréhension de la structure du sol
Il faut tout d’abord que votre terre soit “riche”. Les sols s’appauvrissent avec les années, il faut donc absolument ré-enrichir votre terre au moment de la préparation. Si vous n’avez jamais fait d’amendement ni d’ajout de terreau ou de nouvelle terre végétale depuis des années, vous devez déjà commencer par régler ce problème. Faites un apport de terreau, de tourbe, de fumier, de terre végétale de très bonne qualité, ainsi qu’un apport d’engrais.
Maintenant il faut vérifier si votre terre a une bonne structure. Une terre trop argileuse retiendra trop l’eau en hiver et ne permet pas une aération suffisante du sol, une terre trop sablonneuse ne retiendra pas suffisamment les engrais et les bons nutriments nécessaires à la culture du gazon. Il faut donc un juste milieu, mais dans la grande majorité des cas, les terres de jardins ne sont pas suffisamment sablonneuses et sont donc très mal aérées.

Pour analyser sa terre, observez ces trois types :
- Si votre terre est trop argileuse, elle s’émiette difficilement (vous pouvez même presque la “modeler”), est difficile à travailler et reste longtemps humide après une pluie.
- Si la terre est sablonneuse, elle doit s’émietter très facilement et se travailler sans difficulté, c’est une terre drainante, ce qui est très bien, mais n’est pas forcément toujours riche.
- Si votre terre est limoneuse, elle doit pouvoir s’émietter sans trop de difficultés.
La préparation minutieuse du terrain
Avant de planter la pelouse, il faut d’abord travailler le sol. Délimitez la surface à semer et labourez le terrain sur environ 20 cm de profondeur avec un motoculteur ou une bêche. Ôtez les pierres et les débris comme les feuilles mortes et les racines, puis ameublissez et affinez la terre. Pour une plantation de qualité, le mieux est de procéder par étapes.
Il est important de bien désherber votre terrain avant de le labourer. Si jamais les mauvaises herbes sont hautes, fauchez en premier lieu à la débroussailleuse. Dans le cas où votre terrain est petit et a peu de mauvaises herbes, vous pouvez effectuer le désherbage à la main. Si vous avez une grande surface et de nombreuses mauvaises herbes, utilisez un désherbant systémique. En vous y prenant longtemps à l’avance, vous pouvez également désherber en utilisant une toile de paillage qui ne laissera pas passer la lumière.
COMMENT BIEN PRÉPARER LE SOL POUR CRÉER UNE PELOUSE
L’étape de scarification et préparation avant engazonnement est capitale. Labourer permet de mélanger l’engrais et les amendements en profondeur, mais aussi d’ameublir la terre. Une fois la terre labourée, il va falloir l’aplanir avant de semer le gazon. Passez le râteau jusqu’à ce que la terre soit uniforme. Ensuite, vous pourrez attaquer avec un rouleau à gazon. C’est un outil qui vous sera utile pour la création de votre pelouse, mais aussi dans le cadre de son entretien.
L'apport de substrats et amendements
Une belle pelouse se définit par la qualité du terreau pour gazon utilisé lors de la plantation ou du regarnissage. Pour que votre herbe soit belle, elle a besoin d'un bon amendement lors de sa création puis d'un apport de matières organiques après quelques années afin de nourrir le sol en profondeur et stimuler la vie microbienne de la terre. Quel que soit le type de terre, les sols jouiront des bénéfices d'un substrat : les terres sableuses auront plus de corps, les terres lourdes seront davantage aérées et les sols légers retiendront mieux l’eau.
Pour choisir le bon substrat, le mieux est d'opter pour un terreau biologique de qualité, polyvalent ou élaboré spécifiquement pour le gazon, riche en nutriments et dans l'idéal, composé de moins de 20% de fibres de bois. Oubliez les substrats premiers prix qui sont la plupart du temps composés en grande majorité de tourbe et de déchets végétaux très pauvres en nutriments.
Le terreautage : une technique clé pour la longévité
Il est tout à fait normal qu'au fil du temps la pelouse devienne moins belle, plus fine et commence à jaunir. Pas de panique ! Cela est simplement dû à l'appauvrissement du sol et il est possible d'y remédier. Il suffit de retirer toutes les mauvaises herbes qui se sont installées et de faire un apport de terreau en fine couche à étaler sur le gazon pour que celui-ci retrouve toute sa splendeur.
Le terreautage consiste à épandre une fine couche de terre végétale enrichie ou de compost sur la pelouse. Il peut sembler paradoxal de recouvrir de terre votre gazon, puisque la place de la terre est habituellement sous la pelouse. Pourtant, la matière s'infiltre peu à peu sous la pelouse et dans le sol. Le terreautage apporte de la matière organique essentielle à l’amélioration de la qualité du sol.

Combien de terreau pour gazon faut-il prévoir ? Comptez entre 5 à 10 litres par m² et étalez-le sur une épaisseur de 0,5 à 1 cm en utilisant un râteau. Si votre gazon est vraiment abîmé, il vaut mieux pratiquer une scarification de la pelouse afin que le terreau atteigne plus rapidement et de façon homogène les racines. Vous pouvez également appliquer le terreautage sur un gazon dénudé avant un semis de regarnissage.
Le rôle central du compost dans la nutrition du sol
Le compost mûr est un engrais naturel qui joue un rôle global et sans risque pour le sol et pour les plantes. Contrairement aux engrais chimiques ou organiques solubles, la libération des minéraux contenus dans le compost se fait plus lentement et indirectement, car ils doivent d’abord être digérés par les microorganismes du sol, qui les rendent ensuite assimilables par les plantes.
L’apport de compost de manière régulière, au printemps et à l’automne, sur une pelouse va enrichir la qualité du sol sur le long terme. En agissant en surface et en profondeur sur la structure du sol, son taux d’humus et sa perméabilité à l’eau, il joue un rôle majeur dans la capacité du sol à stocker l’eau et à conserver une humidité naturellement disponible. Un sol riche en humus peut stocker jusqu’à 20 litres par m² en réserve utile !

Pour les pelouses, il existe deux types de compost :
- Le compost nutritif : Issu majoritairement de déchets de cuisine, il est riche en azote. À utiliser au printemps pour favoriser la croissance.
- Le compost structurant : Composé de déchets verts et fibreux (bois, feuilles), il améliore la structure du sol et favorise les champignons. Idéal avant la création d'un jardin.
Les pratiques alternatives : Mulching et paillage
La tonte mulching est une très bonne alternative à l’épandage de compost. La tondeuse mulching coupe l’herbe en petits fragments, la hache et la dépose sur le gazon tondu pour la laisser se décomposer sur le sol, comme un paillis d’herbe sèche broyée qui va servir à la fois de paillis et d’engrais naturel à la pelouse. La tonte mulching évite ainsi le ramassage et permet d’alimenter la pelouse en azote. L’herbe est protégée de la sécheresse et sa couleur verte est plus éclatante.
Par ailleurs, le paillage végétal comme la paillette de lin ou le chanvre est très utile pour nourrir la terre. Disposez en couches, les feuilles mortes de votre jardin. Elles vont former une barrière de protection pour le sol et ainsi l’isoler contre le froid, le vent et le gel. Vous pourrez aussi opter pour du foin, de la paille ou de la coupe d’herbe.
La gestion saisonnière et l'entretien courant
Pour avoir un beau jardin, de jolies plantes et de bons légumes, le secret c’est l’entretien de la terre. En nourrissant en profondeur le sol et toute sa microfaune, vous donnerez tous les nutriments nécessaires à vos végétaux. Les graminées, comme tous les végétaux, finissent par épuiser le sol en ressources nutritives, il est donc important d’enrichir ce sol régulièrement, au moins une fois par an, pour que votre gazon continue à trouver les éléments dont il a besoin.
N'oubliez pas que le printemps et l’automne sont des périodes idéales pour semer du gazon. L’automne est la saison la plus conseillée pour semer du gazon. La terre encore chaude et les pluies généralement abondantes forment des conditions idéales pour la germination et l’enracinement des graminées et il est souvent possible d’économiser des arrosages. Privilégiez les mois de septembre et octobre, le gazon aura le temps de pousser avant l’hiver.
Enfin, le décompactage consiste à trouer le sol, sur une dizaine de centimètres, à l’aide d’une fourche par exemple, ou bien d’un rouleau aérateur pour des grandes surfaces. Cela permet de lutter contre le tassement naturel du sol, qui finit par devenir imperméable et empêche l'oxygène et les nutriments d'atteindre les racines. Une pelouse bien entretenue, riche en matière organique et régulièrement aérée, restera dense et résistante face aux aléas climatiques.