L'Épamprage de la Vigne Grimpante : Un Art Essentiel pour une Récolte Abondante

Vigne grimpante et outils d'épamprage

Le début de l’été n’est pas une période de vacances pour le jardinier vigneron. Car la vigne nécessite dès la fin du printemps des soins importants pour éloigner le risque des maladies et améliorer la production. La vigne n’est pas le genre de plante qu’on peut laisser pousser dans une joyeuse cacophonie volubile. Bien au contraire, elle requiert des travaux de taille régulière afin d’éviter que son caractère, pour le moins expansif, n’entraîne une croissance exubérante propre à transformer votre belle treille en jungle impénétrable et touffue. Or, une vigne au feuillage trop dense est plus sensible aux maladies et nettement moins productive. Au programme donc de ce début d’été, la taille en vert de la vigne. Ou, si vous êtes d’humeur plus lexicologique : rognage et épamprage.

Qu’elle soit palissée en treille le long d’un mur, menée sur fils en plein champ ou utilisée en pergola, qu’elle produise du raisin de table ou qu’elle se destine à la vinification, la vigne est une plante à la croissance vigoureuse qu’il convient de contenir par ce que l’on nomme la « taille en vert ». Par opposition à la « taille sèche », qui se pratique en hiver sur des sarments sans feuille, cette taille de pleine saison vise à réguler l’expansion de la plante au fur et à mesure de son développement.

La taille à 2 feuilles de la vigne de table en 2023

Les Pampres : Ennemis de la Productivité

Laissée en libre croissance, la vigne émet une quantité trop importante de feuillage dont la conséquence est triplement néfaste : un confinement intérieur qui favorise l’apparition des maladies cryptogamiques, une trop grande captation de la sève au détriment des sarments fructifères et un ensoleillement limité des grappes qui freine leur maturation. D’où les deux mamelles estivales de la vigne que sont les opérations de rognage et l’épamprage.

Les pampres sont l’équivalent des gourmands sur les rosiers et les arbres fruitiers. Ils poussent à même le tronc et les gros sarments charpentiers. Ils ne sont pas fructifères (du moins la première année) et sur les vignes formées, ils sont indésirables. D’abord parce que la sève qu’ils captent n’ira pas alimenter les grappes, ce qui va ralentir leur croissance et leur mûrissement. Ensuite parce que ce feuillage en excès gêne la circulation de l’air. Ce confinement, surtout en période chaude et humide de fin de printemps, favorise l’apparition de champignons pathogènes tels que le mildiou, l’oïdium ou le black-rot.

Identification des pampres sur une vigne

Ces jeunes pousses de l’année sont généralement faciles à supprimer en les cassant simplement avec la main à leur base. Cependant, il est important de ne pas confondre les rameaux fertiles (issus de bourgeons fructifères) avec les pousses stériles à la base du pied. Supprimer un rameau utile par erreur peut impacter directement le rendement. Une bonne connaissance du végétal est donc indispensable, tout comme une observation attentive avant chaque geste.

Le rognage, quant à lui, consiste à raccourcir les sarments fructifères en les coupant à 3 ou 4 feuilles après la dernière grappe. En supprimant ces extrémités juvéniles très sensibles aux maladies, on limite le risque de contamination et l’on augmente la quantité de sève disponible pour la maturation des fruits. De plus, on empêche les longs sarments de ployer sous leur propre poids, ce qui provoque un ombrage excessif. On en profite également pour éliminer les départs de végétation à l’aisselle des feuilles situées avant les grappes. Toutes ces opérations entraînent logiquement une meilleure pénétration des rayons du soleil au cœur de la plante. Il en découle un assèchement plus rapide de l’humidité provoquée par la rosée matinale ou les pluies, gage de prévention contre l'apparition des maladies cryptogamiques. Même si le climat estival à St Maximin la Ste Baume est plutôt sec, des pluies de fin de printemps et des orages d'été peuvent provoquer l'apparition de l'oïdium ou du mildiou dans une atmosphère dangereusement chaude et humide. Une bonne aération du cœur de la plante est donc recommandée. Par contre, il n'est pas nécessaire de retirer les feuilles autour des grappes pour favoriser leur mûrissement, car le soleil implacable de l'été suffit à les mener à maturation.

L'Épamprage en Viticulture : Définition et Objectifs

Dans le monde de la viticulture, chaque geste compte. L'élaboration d'un bon vin commence dans nos vignobles français, où les viticulteurs usent de techniques diverses pour assurer la croissance de raisins de qualité. Parmi les interventions essentielles pour garantir une vigne saine et productive, l’épamprage occupe une place de choix. Trop souvent négligée ou mal comprise, cette opération consiste à supprimer les pampres de la vigne, ces pousses indésirables qui apparaissent sur le vieux bois et qui nuisent au bon développement des grappes.

Schéma de l'épamprage de la vigne

En viticulture, l’épamprage de la vigne fait partie des travaux dits d’effeuillage et consiste essentiellement à éliminer précocement les rameaux latéraux précoces des charpentières et rameaux fructifères de l’année. Ce travail, qui s’effectue par ailleurs rapidement, ne nécessite pas de grandes connaissances horticoles et contribue grandement de la mi-juin jusqu’à la maturité des raisins de table, à la bonne santé des précieuses vignes et aux meilleurs rendements de très haute qualité.

L’épamprage de la vigne est l’une des premières interventions culturales réalisées au printemps. Cette opération consiste à supprimer les pampres de la vigne, c’est-à-dire les jeunes pousses qui se développent sur le vieux bois (pied, souche ou charpente) et qui ne produisent pas de raisin. Ces pampres de la vigne sont souvent très vigoureux et peuvent concurrencer les rameaux fructifères, au détriment de la qualité de la vendange. Épamprer la vigne permet donc de canaliser l’énergie de la plante vers les sarments porteurs de grappes. En supprimant les pampres de la base, on favorise la répartition de la sève, on limite l’encombrement végétatif et on améliore la circulation de l’air dans le rang. Résultat : moins de risques de maladies cryptogamiques (comme le mildiou ou l’oïdium), une meilleure exposition des fruits au soleil et une maturité plus homogène à la récolte.

Mais épamprer la vigne, ce n’est pas seulement une question de rendement. C’est aussi un travail de structure : en maîtrisant la vigueur de la souche, on prépare la vigne à accueillir les prochaines opérations (relevage, palissage, rognage…) dans de meilleures conditions. C’est donc une étape-clé dans la gestion du vignoble.

La taille à 2 feuilles de la vigne de table en 2023

Controverses autour de l'Épamprage : Avantages et Inconvénients

Comme le révèle un bref coup d’œil à la littérature spécialisée, il y a un fossé net entre les diverses opinions en faveur ou non de l’épamprage, non seulement de la vigne, mais aussi des plants de tomates. « Les vieux manuels de viticulture recommandent encore l’épamprage. L’œnologie moderne a prouvé que les entre-cœurs contribuent de manière essentielle à la nutrition du raisin et donc à la formation de sucre. »

Les entre-cœurs sont, chez la vigne (comme chez la tomate par exemple), des rameaux latéraux prématurés qui se forment à partir des bourgeons axillaires des feuilles des charpentières et rameaux fructifères de l’année pendant la période de végétation (généralement de la mi-juin à la fin juin). Comme ils ne servent à rien - prétendument, ainsi que nous le montrons ci-après, qu’ils ne pensent qu’à eux-mêmes et comme ils commencent à fructifier également plus tard et donc concurrencent le rendement principal, on les supprime traditionnellement. Pour ce faire, il faut pincer entre l’ongle de l’index et le pouce l’entre-cœur encore très jeune qui ne mesure que quelques centimètres de long. Un entre-cœur un peu plus grand, de 10 à 20 cm, sera simplement arraché latéralement, mais avec le risque d’endommager également la charpentière.

Il y a de bonnes raisons pour lesquelles l’épamprage de la vigne est jusqu’à aujourd’hui encore sujet à controverse : pourquoi devrions-nous priver le raisin de quelque chose qu’il a lui-même développé pendant des millions d’années comme stratégie de survie ? Non seulement des études modernes montrent que les entre-cœurs présentent un solde énergétique nettement positif (c’est-à-dire que, contrairement à la croyance populaire, ils produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment), mais ils fournissent également des fleurs et des grappes (généralement petites) plus tard dans l’année, que l’on grignote encore volontiers sur le cep en fin d’automne.

C’est précisément pour cette raison que nous considérons que l’épamprage de la vigne est tout à fait approprié et judicieux pour des variétés de raisin de table très productives telles que notre Seyval blanc, le raisin noir Dirju Campbell Early ou la nouvelle variété White Dream sans pépins. Néanmoins, cette cure de jouvence de la vigne dépend étroitement des spécificités climatiques et de la situation météorologique concrète chez vous. C’est là que la gourmandise du viticulteur rejoint celle des vignes proprement dites : Les ceps de vigne ont eux aussi appris à développer des entre-cœurs fleurissant et fructifiant afin de pouvoir assurer, même lors des années de gel, leur survie et leur pérennité (par la formation de graines).

Il convient peut-être de faire ici une petite excursion dans la physiologie, dans le fonctionnement fondamental de la vigne. Sous l’effet de la lumière du soleil, la vigne transforme l’eau et le dioxyde de carbone en composés organiques, c’est-à-dire en saccharose et en amidon, à l’intérieur de la feuille de vigne déjà formée : c’est la photosynthèse. La plante achemine elle-même le saccharose, base de la croissance de la vigne, dans ses différents composants, c’est-à-dire dans les feuilles, les sarments et les grappes. L’amidon des feuilles sert de réserve provisoire et peut être dégradé pendant la nuit pour alimenter les parties végétales insuffisamment approvisionnées (principalement au profit de la taille des raisins et de leur arôme). Il importe donc pendant la taille de la vigne de conserver la fonctionnalité du réacteur biochimique « feuille de vigne ».

Mais qu’est-ce que nous, les jardiniers, avons à redire contre les entre-cœurs (hormis la concurrence) ? Ils surviennent surtout dans la partie supérieure de la plante, c’est-à-dire dans et au-dessus du feuillage. Ils se densifient pour former un bosquet quasiment impénétrable et il n’est pas rare qu’ils fassent de l’ombre, voire envahissent les parties inférieures des tiges fructifiant déjà. Ils densifient certes le feuillage, ce qui peut être esthétique sur une treille sur un mur exposé au nord ou comme brise-vue, mais ils accroissent aussi considérablement les besoins hydriques des plantes. Les avantages et les inconvénients de l’épamprage pour la plante elle-même, mais aussi pour le jardinier, sont donc évidents.

Quand et Comment Épamprer la Vigne ?

L'épamprage débute généralement à la mi-mai ou début juin, lorsque les tiges font 10 à 30 cm et sont donc encore faciles à couper. Certains professionnels décident d'attendre l'été pour épamprer leurs vignes, et d'autres effectuent un second épamprage en été. Si les vignerons travaillent pied par pied pour ôter les pampres, c'est qu'ils peuvent provoquer, à terme, des maladies.

Savoir quand épamprer la vigne est essentiel pour garantir l’efficacité de cette opération et préserver la santé du cep. En général, l’épamprage de la vigne s’effectue entre avril et juin, selon la région, les conditions climatiques, la vigueur de la souche et le cépage. Il est conseillé d’intervenir dès l’apparition des premières pampres de la vigne, lorsque ces pousses indésirables sont encore tendres et faciles à retirer. Une action trop précoce expose à une repousse rapide, tandis qu’un épamprage trop tardif rend les pampres de vigne plus ligneuses et difficiles à éliminer sans blesser le vieux bois.

Pour épamprer la vigne efficacement, plusieurs approches s’offrent au viticulteur.

La taille à 2 feuilles de la vigne de table en 2023

Les techniques d'épamprage

  1. L’épamprage des grappes : C’est surtout à l’intérieur des grappes qu’il faut épamprer, en laissant toujours les deux premières feuilles de l’entre-cœurs. Ce sont en effet automatiquement les feuilles les plus anciennes, qui ont aussi la plus grande performance énergétique.
  2. Supprimer les gourmands stériles du vieux bois : Si vous voyez des entre-cœurs (ou des gourmands) sur le vieux bois et qui ne présentent pas de mise à fleur reconnaissable, il est conseillé de les éliminer rigoureusement à intervalles aussi réguliers que possible.
  3. Dans la partie supérieure de la plante, seuls un pincement ou une taille sont requis : Il est avantageux de renouveler 2 à 3 fois l’épamprage des grappes proprement dites à partir de la mi ou de la fin juin. L’élagage des parties supérieures des tiges n’est pas aussi important. Un pincement fin juillet ou en août suffit généralement.
  4. En cas de gel, tout est différent ! Tout ce qui précède ne vaut bien sûr que pour les années de rendement normal sans gel. Après avoir subi une perte totale à cause du gel des fleurs, on ne peut bien évidemment que se réjouir de toutes les tiges saines et surtout des raisins tardifs, les grappes secondaires apparaissant sur les entre-cœurs. Ils permettent dans le meilleur des cas d’obtenir 10 à 30 % d’un rendement normal, en dépit du gel des fleurs. Cependant, il faut pour cela avoir impérativement une longue période de végétation avec un très bel automne.

Moments clés pour l'épamprage

L’épamprage, lorsqu’il est mis en place, peut être réalisé en même temps que le dédoublage. Il est réalisé entre le débourrement et la floraison en 1 ou 2 fois. S’il est réalisé trop précocément, il peut être nécessaire de repasser pour supprimer les pampres qui sortent tardivement. Il est conseillé de le faire après le débourrement et avant la floraison, entre les stades feuilles étalées (stade E sur l’échelle Baggiolini) et grappes visibles (stade F). Ce moment précis permet de retirer des pampres herbacés faciles à détacher avant le début du durcissement de la base. Si cette opération est réalisée trop tôt, elle risque d’être incomplète, ce qui obligera un second passage sur vigne vigoureuse.

Méthodes d'Épamprage : Manuel, Mécanique et Chimique

Lorsque vient le moment d’épamprer la vigne, un choix s’impose naturellement : faut-il privilégier la méthode manuelle, traditionnelle mais chronophage, ou opter pour une approche mécanisée, plus rapide mais parfois moins sélective ? Le bon compromis dépend à la fois de la taille de l’exploitation, du cépage, de la vigueur végétative et du niveau de précision attendu.

L'épamprage manuel

L’épamprage manuel fait uniquement appel à la main de l'homme. Muni d'une mini serpe ou d'un sécateur, le professionnel passe dans les rangs de la vigne, et coupe à la main les ceps morts et autres rameaux stériles. La vigneronne Audrey Arlon œuvre au domaine des Trois Filles, en appellation Bandol (Provence). L'opération se réalise sur le tronc (ou sur le "vieux bois") et sur la tête de la vigne, où poussent les pampres. Si Audrey Arlon réalise un épamprage 100% manuel sur ses vignes de mourvèdre, d'autres vignerons optent pour une épamprage mécanique ou chimique, de la jambe de vigne uniquement. La tête doit être épamprée manuellement.

« En Provence, on appelle l'opération d'épamprage "les sagattes". Il s'agit de retirer toutes les pampres (les branches nouvelles), qui poussent sur le vieux bois. Ces pampres ne produisent pas de raisin qualitatif, nous les retirons donc pour canaliser l'énergie de la vigne sur les branches qui donneront les plus beaux raisins. Cette technique permet également de se débarrasser de l'humidité créée par le foisonnement de cette végétation, » explique Audrey Arlon. « Je casse à la main le rameau, à la base du bois, pour éviter qu'il ne repousse. Sur la tête de la vigne, j'utilise un sécateur pour enlever le doublon, c'est-à-dire le plus petit rameau ou celui qui produit le moins de grappes de raisin. L'épamprage est une opération à réaliser soigneusement, puisqu'il ne faut surtout pas confondre les pampres avec les porteurs. »

L’épamprage manuel de la vigne est plébiscité pour sa précision. Il permet d’intervenir avec discernement, en retirant uniquement les pampres de vigne réellement gênants, tout en préservant les bourgeons utiles. Ce travail se fait à la main ou à l’aide de petits outils comme des gants d’épamprage, des peignes, ou des couteaux spécialisés. Ces accessoires font partie du matériel viticole de base dans les vignobles à taille humaine, où chaque souche est inspectée avec soin. Bien qu’efficace, cette méthode demande un investissement important en main-d’œuvre, notamment lors des années à forte pousse. Il faut compter environ 10h/ha pour 500 pieds/ha. Il intervient peu avant une période de pointe de travaux (rognage, protection, relevage). Il est préférable de réaliser l’épamprage manuel proprement à l’aide de sécateur afin d’éviter de créer des zones de nécrose.

L'épamprage mécanique

Pour faciliter l'épamprage qui a lieu entre le débourrement et la floraison, le viticulteur peut choisir d'utiliser l'épamprage mécanique. Cela consiste à recourir à des machines qui fonctionnent par arrachage ou par frottement des sarments.

Épamprage mécanique avec brosses rotatives

À l’inverse, les domaines plus étendus ou ceux engagés dans une démarche de modernisation préfèrent de plus en plus utiliser une épampreuse mécanique. Cette machine, conçue spécifiquement pour ce type de tâche, est dotée de brosses rotatives, de tiges ou de disques qui arrachent les pampres par contact. Son principal atout réside dans sa rapidité : une seule épampreuse peut traiter plusieurs hectares par jour, réduisant ainsi les coûts de main-d’œuvre. Elle s’intègre parfaitement dans une stratégie globale d’optimisation du matériel viticulture, notamment lorsque l’on souhaite mécaniser l’ensemble des travaux en vert.

L’épamprage mécanique s’est développé ces dernières années. Il s’effectue à l’aide de brosses rotatives à lanières ou à tiges flexibles. Un banc d’essai des principales machines présentes sur le marché a été organisé par l’IFV Sud-Ouest en mai 2011. Des fiches synthétiques, incluant une vidéo des machines en fonctionnement, ont été réalisées pour les modèles Boisselet, Ferrand, Terral, Egretier, AVA-Tordable et Grégoire. Le coût d’un épamprage mécanique dépend du prix d’achat de l’épampreuse qui peut varier de 4000 à 16 000 € TTC. Selon des calculs réalisés grâce à Viticoût, le coût de l’épamprage s’élève de 67 à 130 €/ha.

Cependant, il est important de noter que l’épamprage mécanique de la vigne reste moins précis que l’intervention manuelle. Une mauvaise utilisation de l’épampreuse ou un mauvais réglage peut entraîner l’arrachage de jeunes rameaux fructifères, ou à l’inverse, le maintien de pampres trop lignifiés.

La taille à 2 feuilles de la vigne de table en 2023

L'épamprage chimique

Le retrait des rameaux indésirables peut également se faire par épamprage chimique. Cela consiste à appliquer sur les vignes un défanant, un produit chimique utilisé habituellement comme herbicide. Plutôt efficace, cette technique rencontre de moins en moins de succès, car de plus en plus de vignerons limitent l'utilisation de produits chimiques.

L’épamprage chimique utilise l’effet défanant de certains produits utilisés habituellement comme herbicides. L’application doit être réalisée sur des pampres de 30 à 40 cm de long, entre la mi-mai et début juin dans le sud-ouest. L’épamprage chimique n’a plus le vent en poupe puisque la tendance actuelle va vers une limitation de l’utilisation des herbicides. Une épampreuse chimique « intelligente » qui pulvérise lorsqu’elle détecte une pampre a également été évaluée par l’IFV Sud-Ouest.

Matériel Viticole pour un Épamprage Efficace

Pour garantir un épamprage de la vigne précis, rapide et respectueux de la plante, le choix du matériel viticole est un facteur déterminant. Que l’on travaille en viticulture traditionnelle, en agriculture raisonnée ou en domaine mécanisé, disposer des bons outils permet non seulement de gagner du temps, mais aussi d’améliorer la qualité de la taille en vert. L’objectif est simple : supprimer les pampres de la vigne de manière efficace tout en préservant les rameaux porteurs de fruits.

Dans le cas d’un épamprage manuel, le viticulteur peut s’équiper de gants à picots, de peignes ergonomiques ou de couteaux courbes spécialement conçus pour détacher les pampres sans endommager le vieux bois. Ce type de matériel viticulture est idéal pour les exploitations de petite à moyenne taille, où l’observation et le geste précis priment sur la rapidité d’exécution. Les outils sont généralement légers, faciles à transporter dans la parcelle, et permettent d’intervenir dès les premières apparitions des pampres de la souche.

Pour les surfaces plus vastes ou les structures organisées autour de la mécanisation, l’utilisation d’une épampreuse s’impose comme une solution logique. Il existe plusieurs modèles d’épampreuses, montées sur tracteur ou portées à l’arrière, équipées de tiges rotatives, de brosses ou de rouleaux souples. Ce matériel viticole professionnel est conçu pour éliminer rapidement les pampres de vigne, sans trop solliciter l’opérateur. Les réglages sont essentiels pour s’adapter au palissage, à la largeur de l’inter-rang, ou à la vigueur des plants. L’épampreuse mécanique devient ainsi un allié indispensable pour les viticulteurs cherchant à rationaliser les travaux de printemps sans compromettre la qualité.

En complément, certains exploitants investissent dans des outils polyvalents permettant de combiner épamprage vigne, désherbage mécanique et entretien du cavaillon. Ces solutions intégrées permettent de regrouper plusieurs opérations en un seul passage, réduisant les coûts de carburant et d’usure du matériel.

Erreurs à Éviter lors de l'Épamprage

Même si l’épamprage vigne peut sembler simple à première vue, il s’agit d’une opération technique qui, mal réalisée, peut avoir des conséquences durables sur la vigueur, la productivité et la santé du cep. Pour épamprer la vigne de manière efficace et durable, il est essentiel de connaître les principales erreurs à éviter, qu’il s’agisse de mauvaises pratiques ou de choix inadaptés en matière de matériel viticole.

L’erreur la plus fréquente reste sans doute le mauvais timing. Un épamprage trop tardif permet aux pampres de la vigne de se lignifier, rendant leur retrait plus difficile et risqué pour le vieux bois. Ces pampres devenus coriaces peuvent exiger un arrachement brutal, qui fragilise la souche ou arrache accidentellement des bourgeons fructifères. À l’inverse, épamprer la vigne trop tôt favorise la repousse rapide, obligeant à un second passage, ce qui augmente inutilement le temps de travail et le coût d’intervention.

Autre erreur classique : mal identifier les pampres. Il ne faut pas confondre les rameaux fertiles (issus de bourgeons fructifères) avec les pousses stériles à la base du pied. Supprimer un rameau utile par erreur peut impacter directement le rendement. Une bonne connaissance du végétal est donc indispensable, tout comme une observation attentive avant chaque geste.

Représentation des erreurs d'épamprage

Sur le plan technique, l’utilisation d’un matériel de viticulture inadapté peut également nuire à la qualité de l’intervention. Une épampreuse mal réglée ou mal adaptée à la structure du vignoble peut arracher plus que nécessaire, voire endommager les sarments ou blesser le tronc. De même, l’emploi d’outils manuels mal affûtés ou trop agressifs peut abîmer les tissus vivants. C’est pourquoi il est essentiel de choisir un matériel viticole fiable, bien entretenu et adapté à la configuration de la parcelle.

Enfin, certaines erreurs sont liées à la régularité du travail. Négliger une partie des rangs, oublier les pampres à l’intérieur du cep ou sous les bras charpentiers peut créer des déséquilibres dans la végétation, favoriser l’encombrement du feuillage et limiter l’aération.

Certains cépages émettent plus facilement de pampres que d’autres, c’est le cas du Merlot ou de la Syrah. Des pratiques correctives tout au long du cycle végétatif peuvent causer, ici aussi, une poussée de croissance des pampres. À titre d’exemple, un éclaircissage excessif cause la disparition d’un puits important de sève.

Dans un vignoble, les travaux en vert sont très nombreux durant toute l'année, et l'épamprage n'en est qu'une étape. L'élaboration d'un bon vin commence dans nos vignobles français, où les viticulteurs usent de techniques diverses pour assurer la croissance de raisins de qualité. L'objectif du viticulteur est d'amener ses vignes à maturité, afin de produire un vin de qualité. Cela passe par la traditionnelle taille des vignes, réalisée en hiver, mais il y a aussi une taille au printemps. Il s'agit alors d'ôter tous les rameaux indésirables, qu'on appelle aussi pampres, qui ont poussé durant le printemps. Qu'ils soient mal positionnés ou en doublon, ils sont éliminés pour permettre au pied de vigne de concentrer toute son énergie sur les rameaux de bonne qualité.

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