
Les framboisiers, délices de nos jardins, sont parfois la cible d'une multitude de ravageurs, parmi lesquels les escargots blancs se distinguent par leur capacité à proliférer et à causer des dégâts importants. Qu'il s'agisse de minuscules spécimens à coquilles pointues ou de variantes plus grandes, ces mollusques peuvent devenir un véritable casse-tête pour les jardiniers, en particulier dans certaines régions et conditions climatiques. Cet article se propose d'explorer le phénomène des escargots blancs, d'identifier les dégâts qu'ils causent et de présenter des stratégies de lutte efficaces, qu'elles soient préventives, biologiques ou physiques, pour protéger vos framboisiers et l'ensemble de votre jardin.
L'invasion des escargots blancs : un phénomène localisé et des dégâts variés
Dans certaines régions, comme la région nîmoise à 40 km de la mer, des invasions massives de micros escargots à coquilles pointues, mesurant de 3 à 5 mm maximum, peuvent survenir par grappes entières. Ces mollusques sont parfois identifiés comme des cornets méditerranéens, bien que leur taille puisse susciter des doutes quant à cette appellation. Ces petites bêtes ne se limitent pas aux framboisiers, mais peuvent s'attaquer à une grande variété de plantes comme les rosiers, les lilas, les oliviers, et même envahir les fondations des maisons. En seulement trois jours, ils peuvent décimer des branches entières, voire un rosier complet. Ils se massent à la jonction des branches, dans les nœuds ou les coins, par centaines à chaque fois, et se nourrissent du bois, se glissant sous l'écorce et détruisant ainsi la plante. La présence de milliers de ces escargots, parfois beaucoup plus, indique une prolifération rapide, souvent liée à des conditions climatiques spécifiques, comme des périodes très pluvieuses suivies de sécheresse et de chaleur.
Après un été plus sec et chaud, ces escargots peuvent disparaître et laisser les plants tranquilles. Cependant, après de nouvelles pluies, ils peuvent revenir en masse, envahissant le sol, le bas des fondations et les coursives, et atteignant une taille plus importante, entre 5 mm et 1 cm, tout en restant aussi nombreux. Les planches de lambris jonchées au sol peuvent également être envahies, faisant craindre une attaque imminente sur les arbres et autres plantes, voire sur la charpente de la maison, car ils commencent à grimper aux murs. Ce problème peut être déroutant, d'autant plus que les autorités locales comme les mairies peuvent ne pas en avoir connaissance, et que le voisinage n'est pas toujours confronté aux mêmes soucis. La situation peut laisser les jardiniers et les propriétaires désemparés face à cette invasion.

Au-delà des escargots, les framboisiers sont la cible d'autres ravageurs qui peuvent compromettre leur santé et la production de fruits. Les feuilles trouées, le jaunissement et le brunissement des feuilles sur le pourtour, ainsi que le dessèchement des tiges principales, sont des symptômes qui peuvent indiquer la présence de limaces ou d'escargots dévorant le feuillage la nuit. Le dessèchement d'une des tiges principales ou une tige brune à la base d'un rejeton sont des signes alarmants. De minuscules boules blanches de 0,1 mm de diamètre peuvent également être observées. L'envahissement des plants par les fourmis, bien que n'étant pas directement le fait des escargots, peut compliquer la situation et indiquer d'autres problèmes au jardin, car les fourmis sont souvent attirées par le miellat produit par des pucerons.
Identifier les ravageurs courants du framboisier au-delà des escargots
Les framboisiers, en dépit de tous les soins que nous leur prodiguons, sont fréquemment confrontés à une kyrielle de différents ravageurs, surtout les variétés précoces. Il est important de noter que tout ce qui rampe avec plus ou moins d'ardeur dans vos framboisiers n'est pas nuisible et ne nécessite pas d'être combattu. Il existe aussi des auxiliaires qu'il ne faut même pas essayer de chasser, car ils ne propagent pas de maladies et encore moins s'attaquent à la récolte.
Identifier et lutter contre les maladies et ravageurs des pêchers
Les Cécidomyies de l'écorce du framboisier (Lasioptera rubi)
Parfois appelée mouche du framboisier, la Cécidomye est un ravageur redoutable et sérieux. Après avoir hiverné, les animaux adultes (mesurant de 0,13 à 0,17 mm de long) émergent de terre et pondent leurs œufs déjà fécondés dans l'écorce des cannes. Quelques semaines plus tard, un phénomène de décomposition se produit, qui peut même s'accélérer par forte humidité ambiante. L'écorce continue de se fendiller, la mouche y pond la génération suivante, et peu de temps après, de nouvelles larves se développent et tombent au sol pour la nymphose. C'est alors au plus tard que des taches sombres apparaissent sur les cannes au niveau du sol, qui finissent par condamner la plante. Les cécidomyies produisent chaque année plusieurs générations avec des dégâts à hauteur de cette population. Pour les cultures en plein champ, les fruiticulteurs utilisent des insecticides chimiques, mais cette approche est déconseillée dans un jardin. Les remèdes se limitent ici à supprimer et détruire les cannes infestées ou suspectes après des contrôles réguliers en mars et avril. Pour les framboisiers non remontants, particulièrement impactés, il est important de supprimer immédiatement après la récolte les cannes de deux ans ayant fructifié, afin de prévenir toute transmission de maladie à la relève. Une fertilisation modérée provoque moins de fentes de croissance sur les nouvelles cannes et donc moins de possibilités de ponte.
Le ver des framboises (Byturus urbanus) et l'Anthonome du framboisier
Les vers sont généralement la hantise de tous les amateurs de framboises, et les hostilités débutent précocement. Les petits vers brun clair se repèrent déjà à la floraison des framboisiers non remontants, lorsqu'ils commencent à percer de minuscules trous dans les boutons pour se délecter du pollen. Les protéines que celui-ci contient sont en effet indispensables à la formation des organes reproducteurs. Les coléoptères ainsi fortifiés pondent sur des fruits immatures ou dans les étamines des fleurs ouvertes. Une femelle pond jusqu'à 40 œufs. Dès que les températures extérieures atteignent au moins 20 °C au terme de deux à trois semaines, les larves commencent à éclore, se repaissent des fleurs et percent les fruits quelques semaines plus tard. En raison de la biologie de reproduction typique des vers des framboisiers, avec une génération par an, seuls les framboisiers non remontants sont généralement attaqués, car ils fructifient en juin/juillet sur les cannes de deux ans. Sur les framboisiers remontants, ce n'est que sur les variétés très précoces ou sur les tout premiers fruits que l'on remarque très rarement une légère infestation, car ceux-ci fructifient dès le mois d'août sur les cannes de l'année.
L'anthonome, un petit coléoptère de couleur noire d'environ 3 mm de longueur, apparaît sur le framboisier juste avant la floraison et pond dans les boutons floraux encore fermés. L'anthonome s'attaque aux fleurs. Il est de couleur bleu foncé, avec un rostre remarquable courbé vers le bas. Il dévore les inflorescences, ronge les tiges et pond finalement dans les boutons. Les larves éclosent quelques semaines plus tard et se jettent sur le pollen, les protéines et les autres parties des fleurs déjà fanées.
Pour lutter contre ces ravageurs, on trouve dans le commerce une gamme d'insecticides, dont il convient de respecter les précautions d'emploi. Il est très facile de repérer les deux types de coléoptères, pour un œil à peu près exercé, en examinant le matin les inflorescences à contre-jour. Ces animaux encore assez humides et atones le matin peuvent être éliminés facilement en secouant l'arbuste. Des purins végétaux, comme le purin de fougère, sont connus pour leur effet curatif.
La Drosophile à ailes tachetées (Drosophila suzukii)
Ce nouveau fléau, originaire d'Asie, s'est répandu de manière fulgurante dans toute l'Europe au cours des 5 à 10 dernières années. À la différence des mouches fruitières normales, les petites drosophiles du cerisier déposent leurs œufs non seulement dans les fruits blets et déjà abîmés, mais déclenchent les hostilités dès que les fruits changent de couleur. Par conséquent, les petits vers, parfois heureusement presque indétectables, se développent dans le fruit mûr, qui éclate alors à pleine maturité et commence à pourrir. L'infestation se remarque par des points d'attaque blafards sur le fruit. Les populations de drosophiles à ailes tachetées sont en fait habituées à un climat bien plus chaud et plus humide, mais quelques-unes survivent chaque hiver même dans des régions à hiver rigoureux. En se basant là-dessus, la population s'établit lentement au printemps et en début d'été, sans provoquer de trop gros dégâts. En général, les framboisiers non remontants, le plus souvent impactés par les vers classiques des framboisiers, ne sont que très peu touchés. Il est également important de ne pas laisser de fruits blets et abîmés sur l'arbuste ou à son pied, car c'est la meilleure façon d'élever les drosophiles à ailes tachetées. Les tas de compost à l'air libre et dépourvus de filets où l'on dépose des fruits et des déchets verts sont également des foyers de reproduction de la drosophile. On a également constaté que la petite mouche est assez effarouchée par des obstacles verticaux, des filets et des murs, et peut à peine s'élever plus haut dans les airs pour parvenir aux fruits défendus.
Les acariens du framboisier
Il s'agit d'un ravageur des framboisiers moins connu, mais pourtant fréquent. Ses acariens hivernent à proximité du sol sur les jeunes tiges, à la différence des fruitiers. Ils grandissent quasiment avec elles et font ensuite ventouse sur les feuilles qui, dans un premier temps, jaunissent seulement. Ce n'est que peu après que ces ravageurs s'agglomèrent au revers des feuilles pour les dévorer. Dans l'ensemble, les dégâts provoqués sont relativement contenus, car les baies ne sont généralement pas infestées. Il n'est pas nécessaire d'utiliser des produits phytosanitaires pour les cultures en plein champ. Il suffit en général d'asperger vigoureusement les framboisiers au jet d'eau pour se faire respecter de ces animaux. En cas d'échec, il est possible d'envisager une lutte biologique à l'aide d'auxiliaires (acariens prédateurs du genre Phytoseiulus persimilis) disponibles en jardinerie. Si vous avez une plantation de framboisiers remontants en bonne santé, non attaquée par les araignées rouges, il est important lors de la taille au début du printemps (pas à l'automne !) de toujours laisser quelques vieilles tiges le long de la rangée pour que les auxiliaires qui s'y trouvent vraisemblablement, par exemple les acariens prédateurs, puissent bien survivre et coloniser les nouvelles cannes.
Le Hanneton du jardin (Phyllopertha horticola)
La période de vol de ce coléoptère d'aspect bleu métallique (mesurant de 7 à 11 mm) se limite aux mois de mai et juin. Les femelles pondent à proximité du sol durant cette période. Les larves qui éclosent (nommées aussi vers blancs) se nourrissent des racines du framboisier et, dans le pire des cas, sont responsables des rabougrissements. Bien entendu, les prédateurs naturels (oiseaux, chauves-souris, hérissons) peuvent éliminer assez vite, à titre prophylactique, des colonies de hannetons des jardins et empêcher leur propagation. La cétoine dorée, ainsi que l'invasion de hannetons (éventuellement de la Saint-Jean), provoquent des dégâts similaires que l'on combat de la même façon.

Stratégies de lutte contre les escargots blancs et autres nuisibles
Face à l'invasion des escargots blancs et à la menace d'autres ravageurs, il est crucial d'adopter des stratégies de lutte efficaces, en privilégiant les méthodes écologiques et respectueuses de l'environnement.
Méthodes de lutte contre les escargots blancs
Plusieurs approches peuvent être combinées pour gérer une infestation d'escargots blancs. Des tentatives ont été faites avec de la cendre, du ferramol en haute dose, des coquilles d'œufs, du marc de café, mais avec un succès variable.
- Ramassage manuel : Le soir ou lorsque le temps est humide, les escargots sortent et sont alors faciles à capturer à la main. Il est possible de les ramasser par seaux entiers lors d'invasions massives.
- Barrières physiques : Les plantes privilégiées par les escargots peuvent être protégées par une barrière de marc de café, de cosses de cacao, de coquilles d'œufs ou de coquillages broyés. Le ruban anti-escargots, vendu en jardineries, contient du cuivre qui envoie une petite décharge aux escargots qui veulent le traverser, les faisant fuir.
- Répulsifs naturels : L'ail est un poison pour les escargots, ils éviteront vos plantes si vous les vaporisez avec un extrait d'ail fait maison.
- Pièges : Les pièges avec de la bière ou une autre boisson fermentée sont efficaces. Attirés par l'odeur, ils glissent dans le liquide et se noient. Un pot à confiture peut servir de piège. N'enterrez pas ces pièges. Les escargots aiment s'abriter sous la peau d'un demi-pamplemousse, d'une orange ou d'un melon, l'odeur constituant un attrait supplémentaire. D'autres abris simples sont des tiges de céleri, des feuilles de rhubarbe ou de chou, ainsi que des plantes humides et des journaux ou morceaux de carton mouillés.
- Gestion de l'environnement : Éviter les escargots d'entrer dans le jardin en choisissant des plantes qu'ils n'aiment pas, comme l'ancolie, le souci, la sauge, le lierre, la violette et toutes les variétés de fougères. Placer les plantes vulnérables loin des endroits humides tels que le compost. Arroser les plantes tôt le matin est préférable, car dans la journée et le soir, les escargots cherchent un sol humide. Réaliser un grand nettoyage du jardin à chaque printemps est également une bonne idée. En retournant la terre, vous détruisez les escargots qui hivernent et leurs œufs.
- Auxiliaires de jardin : Dans un jardin attractif pour les hérissons, les oiseaux, les musaraignes, les grenouilles et les crapauds, les escargots auront moins de chances de proliférer. Les poules, en particulier, sont de grandes dévoreuses de ces "saloperies". Ce n'est pas par hasard si les noisetiers sont plantés dans la cour des poules dans les campagnes : les balanins ne trouvent pas grâce sous leur bec. Les hérissons, bien que bénéfiques, peuvent se noyer dans les piscines, d'où la nécessité d'une grande vigilance, surtout en automne, pour les sauver.
Prévention et traitements pour les framboisiers
La meilleure prophylaxie pour éviter les maladies fongiques et les attaques excessives de ravageurs est de cultiver des plantes robustes et saines. Pour les ravageurs du framboisier, il est conseillé l'utilisation de purin de fougère et de savon noir. Le purin de fougère est connu pour son pouvoir insecticide. Le savon noir dilué peut également être passé sur les arbustes. Des décoctions d'ail et du purin de prêle peuvent être pulvérisés alternativement tous les 15 jours ou après un gros épisode pluvieux. La bouillie bordelaise est recommandée à la chute des feuilles et au débourrage des bourgeons pour lutter contre certains champignons responsables du flétrissement des branches.

Concernant la taille des framboisiers, pour les variétés non remontantes qui ont donné beaucoup de framboises en juin-juillet, il faut tailler les branches qui ont porté des fruits après la récolte. Si les nouvelles pousses sont denses, il ne faut conserver qu'une pousse tous les vingt centimètres environ. Pour les framboisiers remontants, qui donnent deux cueillettes, la première année, les fruits tardifs apparaissent sur la partie haute des ramures qui deviendra ensuite stérile. La deuxième année, la tige principale se ramifie et ces ramures donneront les framboises de printemps. Si vous voyez des traces de fructification sur des tiges encore vivantes (souples et non cassantes), c'est un remontant. La taille des framboisiers qui donnent des framboises en automne est importante, mais si les variétés d'été et d'automne sont mélangées, il peut être difficile de les séparer au niveau des racines. Cependant, il n'est pas rare de ne pas tailler les framboisiers sans que cela n'ait d'importance majeure. Les branches mortes sont marron et cassantes, tandis que les branches vivantes sont plus claires et encore souples.
Pour les problèmes spécifiques comme les petits vers blancs dans les framboises, souvent causés par des punaises (insectes piqueurs) ou des mouches (comme la drosophile à ailes tachetées), le savon noir dilué peut être une solution. Les poules peuvent également être très efficaces pour dévorer ces vers. Quant aux framboises qui ont des petits grains durs et immangeables près du pédoncule, cela peut être le signe de la présence de punaises.
Identifier et lutter contre les maladies et ravageurs des pêchers
Il est important de ne pas désespérer tout de suite en cas de survenue d'un ravageur ou d'une maladie des framboisiers, mais d'observer tranquillement la propagation puis de réfléchir aux solutions. L'avantage des plantes baccifères et surtout des cultures vivaces est qu'il n'est jamais trop tard. Si cela ne marche pas une année, on peut en tirer des enseignements et s'améliorer l'année prochaine. Les ravageurs et maladies des framboisiers ne sont pas des fléaux récurrents et simultanés, mais se développent chaque année de manière différente, en fonction de la météo et de ses évolutions, ainsi que selon les mesures culturales adoptées. Ce qui pose problème une année peut fréquemment disparaître l'année suivante.
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