Les Plantes Envahissantes : Un Défi Majeur pour les Cultures, la Biodiversité et des Régions comme l'Adour

Les plantes envahissantes représentent une menace croissante pour les écosystèmes, l'agriculture et même la santé humaine, affectant des régions agricoles vitales, y compris des zones comme le bassin de l'Adour avec ses cultures de maïs. Certaines fines herbes, bien qu'utiles et délicieuses en cuisine ou pour traiter nos petits bobos, montrent parfois un comportement au jardin qui laisse à désirer, devenant très envahissantes. Au-delà des jardins familiaux, le problème s'amplifie dans les grandes cultures et les milieux naturels, où des espèces introduites ou indigènes opportunistes menacent la biodiversité locale et la productivité agricole. Identifier les plantes en question et comprendre leurs mécanismes d'invasion est la première étape pour une gestion efficace, qui doit intervenir rapidement, mais de façon méthodique.

Les Mauvaises Herbes du Maïs : Une Menace Persistante pour l'Agriculture

Dans les cultures de maïs, de nombreuses dicotylédones et graminées sont couramment retrouvées. Parmi les graminées, on compte les digitaires, le panic pied-de-coq, les setaires, le paturin annuel, le ray-grass et le vulpin. Côté dicotylédones, une liste préoccupante inclut l'amarante, les chénopodes, la morelle, la renouée à feuille de patience, la renouée persicaire, l'ambroisie, le datura, la mercuriale, la pensée, la renouée des oiseaux et la véronique. D'autres adventices problématiques sont la capselle, le colza, le lamier, la matricaire, le mouron, le pourpier, la ravenelle, la sanve et le sénéçon. Le chardon des champs et le liseron des champs sont également des adversaires redoutables pour les agriculteurs. Ces mauvaises herbes sont bien connues pour leur capacité à concurrencer le maïs pour les ressources essentielles comme la lumière, l'eau et les nutriments, entraînant des pertes de rendement significatives.

Illustration des différentes mauvaises herbes du maïs
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Le Liseron : Une Grimpante Obstinée des Terres Cultivées

Le liseron est une plante envahissante qualifiée à juste titre de mauvaise herbe par tous les jardiniers. Cette plante est redoutée par les jardiniers puisque ses tiges volubiles s'accrochent et s'enroulent sur toutes les plantes sans distinction, s'accrochant en volutes indisciplinées sur toutes les plantes voisines au point de les étouffer. L'envahissement est rapide et les plantes colonisées étouffent par manque de soleil. Le liseron est une plante grimpante. Il présente des tiges poilues, aux extrémités relevées, d'une extrême souplesse puisqu'elles contiennent du latex (cellules laticifères). La croissance du liseron est très rapide puisque cette plante est capable de générer une nouvelle feuille par jour à la belle saison. Le liseron est une plante pollinifère. Les graines sont essaimées par le vent, ce qui contribue à sa propagation rapide.

Liseron des champs étouffant une culture
Sachant que le liseron est une plante à rhizome, le simple arrachage de la plante de surface ne suffit pas à en venir à bout. Selon les espèces, les racines des liserons peuvent atteindre plus de 20 cm de profondeur. Le bêchage au pied des rosiers, des tomates, des haies doit donc être méticuleux et profond. Les désherbants chimiques sont généralement peu efficaces sur le liseron. Le meilleur moyen pour se prémunir de la repousse est, comme dans de nombreux cas chez les mauvaises herbes, de priver le sol de lumière. La pose d'une bâche opaque au pied des plantes d'ornement après un bêchage en profondeur reste la meilleure des solutions pour épargner le jardin d'une pousse anarchique du liseron.

La Griffe de Sorcière : Une Invasion Littorale des Façades Ouest

La griffe de sorcière, originaire d’Afrique du Sud, est aussi nommée figuier des Hottentots, du nom d’un peuple autochtone de la région du Cap. Ses fruits comestibles ressemblent, par leur forme, à de petites figues et contiennent des sucres, des protéines, mais aussi de l’eau. Deux espèces de Carpobrotus, aux couleurs de fleurs différentes, sont présentes sur le littoral breton. Elles peuvent s’hybrider et Carpobrotus edulis est l’espèce la plus fréquente. Cette plante grasse ou succulente possède des feuilles de section triangulaire, charnues, qui stockent des réserves d’eau, utiles lors des sécheresses. Ses feuilles incurvées vers l’intérieur évoquent des griffes. Ses tiges rampantes peuvent atteindre plusieurs mètres. Sa présence est consécutive à son importation au XVIIe siècle. Plante ornementale, elle est utilisée pour décorer les talus et murets. Elle s’installe également dans les falaises.

Griffe de sorcière colonisant des dunes
Gélive en dessous de -4 °C, elle se maintient durablement dans les communes littorales, le long des sentiers côtiers. Les rongeurs et les oiseaux locaux consomment ses fruits et disséminent ses graines. Ses rameaux sont cassants et un simple tronçon de feuille s’enracine spontanément, favorisant ainsi la colonisation d’un nouveau site. La griffe de sorcière est donc une menace pour notre biodiversité bretonne. De plus, avide d’eau, elle assèche le milieu et le rend stérile. Sa commercialisation en jardinerie n’arrange pas la situation. Qu’elles soient sur le domaine privé ou public, les zones actuellement touchées par les griffes de sorcière doivent être, si possible, débarrassées de ces intruses, mais l’entreprise est complexe et parfois de taille. Les déchets doivent être placés dans les sacs étanches, identiques à ceux destinés aux déchets ménagers. De plus, l’opération doit être renouvelée régulièrement sur les sites atteints, car la banque de graines stockées dans les sols sera source de nouvelles germinations pendant plusieurs années. Il y a donc lieu d’être tenace et de privilégier pour vos plantations des espèces indigènes et des plantes ornementales dont le potentiel invasif est nul. Ce phénomène de protection de la faune et la flore du Morbihan, de leur richesse et de leur fragilité, est mis en avant cet été par « Ouest-France » dans le cadre de sa série estivale « Protégeons-les ! », menée par Patrick Camus et Christian Fontaine, scientifiques et enseignants.

L'Impatiente Glanduleuse : Une Colonisatrice Vigorouse des Milieux Humides

Souvent, les écosystèmes sont envahis d'une très jolie plante : l'Impatiente glanduleuse (Impatiens glandulifera de son nom scientifique). Cette plante, originaire de l'Himalaya, a été introduite en Europe au début du XIXe siècle pour ses qualités ornementales. Elle se distingue par ses fleurs blanches ou violettes, et peut atteindre jusqu'à deux mètres de hauteur. Ses feuilles dentelées sont regroupées par trois. Cependant, au-delà de son aspect esthétique, l'Impatiente glanduleuse pose problème. Chaque plant peut produire des centaines, voire des milliers de graines, qui sont ensuite projetées à plusieurs mètres autour d'elle grâce à un mécanisme d'éjection explosif. Ce mode de dissémination très efficace lui permet de coloniser rapidement son environnement.

Fleur et graines de l'Impatiente glanduleuse
L'Impatiente glanduleuse, devenue une espèce envahissante européenne, représente une réelle menace pour la biodiversité locale. Elle étouffe les espèces indigènes et, en laissant le sol à nu en hiver, elle favorise l'érosion. Lorsque cette plante s'installe, elle modifie profondément l'écosystème où elle se développe. Pour lutter efficacement contre cette invasion, l'arrachage manuel est une méthode préconisée, idéalement entre juin et juillet, avant que la plante ne monte en graines. Il faut intervenir rapidement, mais de façon méthodique, en s'assurant de bien retirer toutes les racines pour éviter toute repousse.

Le Datura et l'Ambroisie : Des Menaces Toxiques et Allergènes pour les Terres Agricoles

Avec le réchauffement climatique et les activités humaines, le datura et l’ambroisie envahissent de plus en plus de départements au détriment de la flore locale. Le datura, plante de la famille des Solanacées, est aussi belle que dangereuse et envahissante. Ses fleurs blanches en entonnoir et ses feuilles dentées s’épanouissent si bien sur nos terres qu’elle trône même dans nos jardins comme plante ornementale. Au fil des ans, l’herbe du diable, comme on l’appelait autrefois, conquiert la Dordogne à marche forcée. Le promeneur la croise désormais sur les terrains vagues, le long des routes et des chemins. Seule ou en buissons, elle se mêle aussi aux grandes cultures estivales.

Plant de Datura et ses fleurs caractéristiques
Cette conquête est préoccupante pour les agriculteurs périgordins et les autorités sanitaires, car le datura peut se mêler aux fourrages ou aux graines lors de la récolte. Or, une ingestion même minime de cette plante peut provoquer des hallucinations, mais aussi des convulsions, des attaques de panique et parfois le coma, voire la mort. Il n’est donc pas superflu d’éviter qu’elle ne s’invite dans la chaîne alimentaire.

L’ambroisie, moins connue mais tout aussi problématique, prend désormais racine partout où elle se plaît. Et elle se plaît partout. Les premiers foyers importants avaient été observés dans le Verteillacois à la fin des années 1990, comme le note Richard Raynaud, chargé de mission agronomie à la Chambre d’agriculture. Depuis, elle a gagné une grande partie du département. L’ambroisie apprécie les nouveaux étés chauds, mais c’est l’homme qui la diffuse. En 2018, pour tenter de juguler cette invasion, la préfecture de la Dordogne avait pris un arrêté visant à obliger particuliers, agriculteurs et collectivités territoriales à détruire la plante. Mais cette réglementation, non accompagnée de contrôles et de mesures contraignantes, n’a eu aucun effet significatif.

Ambroisie reconnaissable à sa tige rougeâtre
L'ambroisie est un cauchemar pour les personnes allergiques. Dans la région de Ribérac, l’ambroisie, qui se reconnaît à sa tige rougeâtre et poilue, ses feuilles découpées, ainsi que ses épis de fleurs minuscules, couvre désormais des champs sur des dizaines d’hectares. À Verteillac, la commune a doublé la réglementation préfectorale en signant un arrêté municipal de lutte contre la plante invasive. Christian Kieffer, conseiller municipal et référent ambroisie, tente de sensibiliser la population. Malheureusement, il y a une énorme inertie. Les gens ne saisissent pas l’enjeu. Il est suggéré aux agriculteurs de faucher avant que la plante monte en graines et de ne pas laisser les terres vierges. Mais nous ne sommes pas toujours écoutés. Et puis les bas-côtés des routes sont mal entretenus par la Communauté de communes.Cette situation est très répandue en Périgord. L’observatoire Atmo, chargé de la surveillance de la qualité de l’air en Nouvelle-Aquitaine, est formel. Ses capteurs périgordins, implantés à Mareuil et Périgueux, notent ces derniers jours une forte présence de pollen d’ambroisie dans l’atmosphère. Par conséquent, le risque allergique a atteint son niveau le plus élevé. Une situation qui risque de perdurer à la fin de l’été ces prochaines années et ressembler à la situation préoccupante que connaît l’Auvergne-Rhône-Alpes. Dans cette région, 20 % de la population est devenue allergique à l’ambroisie, ce qui engendre des consultations, arrêts de travail, et des dépenses de médicaments, pesant à hauteur de 40 millions d’euros sur les dépenses de santé. Seule l’action conjuguée des collectivités, des agriculteurs, des particuliers et des gestionnaires de routes permettra de mener une action efficace, insiste Richard Raynaud. L’idéal est d’identifier et de signaler sa présence sur la plateforme Internet dédiée et de détruire les foyers avant qu’ils ne se développent. La destruction doit obéir à un calendrier strict. L’arrachage doit ainsi être effectué avant la période de floraison (fin juillet) afin d’éviter de disperser les 3 000 à 10 000 semences se développant sur chaque plant.

Le Chasmanthe : Un Bulbe Sud-Africain à la Conquête de la Côte d'Azur

Le chasmanthe, cette plante que l'on retrouve au printemps dans certains parcs, est de couleur rouge-orangé à jaune. On l'appelle aussi drapeau de l'Afrique. Cette plante est un bulbe d'origine sud-africaine. Les feuilles sont en forme de glaive. Du chasmanthe, il y en a désormais sur la Côte d'Azur et à Nice, sur le mont Boron. Introduite par la main de l'homme dans les jardins, la plante s'est propagée par les bulbes et par les graines. Romain Belli, directeur des espaces verts à Nice, constate que le réchauffement climatique n'est pas pour rien dans la prolifération de cette plante originaire d'Afrique du Sud. Des bénévoles ont arraché les plants invasifs qui étouffent les autres variétés sur le mont Boron. La dernière intervention remonte à plus de trois ans. L'arrachage minimise le développement de la plante. Cette action curative vise à laisser une belle part aux fleurs endémiques. La présence de fleurs endémique est un indicateur, ajoute-t-il.

Chasmanthe floribunda en fleurs

Gérer les Plantes Envahissantes : Stratégies et Bonnes Pratiques

La lutte contre les plantes envahissantes requiert une approche multifacette et une vigilance constante. Plusieurs des herbes présentées sont quand même des incontournables pour le jardin de fines herbes - peut-on même imaginer cuisiner sans thym, origan ou ciboulette ? - mais heureusement il y a plusieurs façons pour cultiver ces plantes tout en limitant leur capacité d’envahir. Pour les fines herbes, si vous récoltez les plantes avant qu’elles ne montent en graine, leurs semences ne peuvent par prendre votre potager d’assaut. Une autre méthode consiste à les cultiver à l’intérieur d’une barrière enfoncée dans le sol, comme un pot de plastique dont vous aurez enlevé le fond. Ces techniques, simples mais efficaces, permettent de profiter des bienfaits de ces plantes sans subir leur caractère invasif.

Impact des plantes étrangères sur la biodiversité

De manière plus générale, et comme l'a si bien démontré le jardinier paresseux, Larry Hodgson, journaliste et blogueur horticole, auteur de 65 livres de jardinage, conférencier et vulgarisateur hors pair, la connaissance et l'anticipation sont clés. Reconnu pour sa grande générosité, sa rigueur et son sens de l'humour, il a touché plusieurs générations de jardiniers amateurs et professionnels pendant 40 ans de carrière. Son blogue offre plus de 2800 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Ses conseils s'appliquent autant aux jardins qu'aux grands espaces.

Pour les espèces envahissantes plus agressives comme le liseron, le datura ou l'ambroisie, des actions ciblées sont indispensables. La destruction doit obéir à un calendrier strict, notamment l'arrachage avant la période de floraison pour empêcher la dissémination des graines. La sensibilisation de la population, la collaboration entre collectivités, agriculteurs, particuliers et gestionnaires de routes sont essentielles. De plus, privilégier pour vos plantations des espèces indigènes et des plantes ornementales dont le potentiel invasif est nul est une stratégie fondamentale pour préserver la biodiversité. La prévention de l'introduction de nouvelles espèces invasives et la surveillance des zones vulnérables sont des mesures proactives cruciales.

Carte de la répartition des plantes invasives en France

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