Pour sécuriser l’implantation de vos maïs, il est important d’envisager une fertilisation starter, gage de réussite pour un bon démarrage de la culture, pour préserver ses chances d’atteindre un rendement optimal. Profiter du semis pour apporter ces engrais à proximité de la semence va sécuriser la nutrition en azote et phosphore de la jeune plantule dont le système racinaire est peu développé. Une plante qui démarre mieux et plus rapidement luttera toujours mieux contre des ravageurs comme les limaces ou tout autre stress.
Les fondements techniques de la fertilisation starter
Les granulés des gammes ENTEC® et Nitrophos®, proposées par EuroChem Agro, répondent à ces exigences, grâce à leurs très bonnes dureté, sphéricité et régularité permettant un apport homogène et maitrisé. Deux équilibres Nitrophos® peuvent être utilisés : un NP 20 20 ou un NP 20 20 enrichi en zinc, oligo-élément important pour la culture du maïs. La localisation de la fertilisation autour de la ligne de semis permet d’augmenter significativement la fertilité au niveau des racines des cultures sans avoir à augmenter les apports. Ainsi, la perception des cultures sera supérieure que si tout le sol était fertilisé de manière homogène.

Ceci est vrai pour toutes les cultures, y compris les légumineuses dont les nodosités ne sont pas présentes dès les premiers stades végétatifs : il leur faut trouver suffisamment d’azote dans le sol, dans un premier temps, afin de mettre en place leur feuillage pour capter et transférer l’énergie nécessaire ensuite à la fixation symbiotique.
Dynamique des nutriments en Agriculture de Conservation des Sols (ACS)
Un sol non travaillé et toujours couvert a un fonctionnement très différent au niveau physique, chimique et biologique. Pour entrer dans une spirale positive de production sans travail du sol, il faut bien comprendre les principes de fertilisation pour optimiser la biomasse produite. Les 3 piliers de l’ACS - non travail du sol, sol toujours couvert et diversité des cultures - vont impacter le fonctionnement du sol et, en particulier, la matière organique (MO).
Des études montrent qu’en ACS, par l’intermédiaire de la matière organique, le sol stocke environ 1 tonne de carbone par hectare et par an. Dans nos régions tempérées, les sols ont un C/N voisin de 10, ce qui signifie qu’en même temps que le carbone, le sol stocke de l’azote sous forme organique à raison d’environ 100 kg par hectare et par an. La matière organique étant également composée d’éléments comme le Phosphore (P), le Soufre (S), et dans une moindre mesure de Calcium (Ca), Magnésium (Mg), Potassium (K) et oligo-éléments (Mo, Cu, Zn, B…), ce sont l’ensemble de ces éléments que le sol va stocker.

En système travaillé, l’apport soudain d’un excès d’oxygène entraîne la minéralisation d’une partie de la matière organique et donc une libération d’éléments minéraux. Ce sera l’inverse en ACS. Les bactéries et autres microorganismes mobilisent de l’azote pour décomposer les résidus carbonés : environ 30 à 50 kg d’azote sont nécessaires jusqu’à la décomposition complète de 5 tonnes de paille de blé.
La gestion stratégique du soufre et de l'azote
Dans la plante, l’azote et le soufre sont deux éléments essentiels pour les protéines. De plus, la carence en soufre réduit considérablement l’efficience de l’azote et donc limite la synthèse protéique. Seul l'ion sulfate (SO4²-) est assimilable par les plantes. La forte diminution du taux de soufre dans l’air grâce aux mesures environnementales de filtration des fumées d’usine, couplé au non travail du sol, entraîne une vigilance accrue sur la fertilisation soufrée.
Dans la pratique, le soufre est souvent apporté avec l’azote au premier apport sous forme de sulfate d’ammoniaque. Le non travail du sol tend à concentrer en surface la matière organique qui, en se minéralisant, va libérer des éléments tels que le P, K, Mg, etc. Il faut cependant être vigilant en phase de conversion car le mulch de surface n’est pas encore présent et donc il n’y aura pas cet environnement favorable aux racines.
Adaptation des pratiques : retours d'expérience
Pour gérer au mieux les besoins, il est difficile de se fier aux logiciels de fertilisation paramétrés pour un système conventionnel : mieux vaut s’aider d’outils d’aide à la décision comme la bande double densité ou les analyses de jus de tige. Les apports d’azote doivent être précoces et avoir lieu environ 2 semaines plus tôt qu’en conventionnel pour combler la faible minéralisation.
Témoignage 1 : Priorité à la vie biologique
« La majorité de nos sols sont des argilo-calcaire superficiels. J’ai pour principe de toujours donner un coup de pouce aux démarrages des cultures en apportant un engrais starter de type 12-27-0-23 à la dose de 80 à 100 kg. Je n’ai jamais vu d’impact sur la germination car les doses ne sont pas trop fortes. »
Nutrition et organisation des végétaux chlorophylliens (5e)
Témoignage 2 : Gestion des sols sableux
« La majorité de mes terres sont des sables sur argile avec un taux de matière organique de 1,5 %. J’ai compris que le stockage de MO et l’absence de minéralisation par le travail du sol entraîne des évolutions dans les principes de fertilisation. Pour moi, les 2 grands principes sont l’anticipation des apports et ne surtout pas baisser les doses nécessaires à la culture. »
Témoignage 3 : Utilisation des effluents d'élevage
« J’ai 65 vaches laitières sur 85 hectares. Le lisier est mis avant chaque semis en respectant la réglementation. Pour optimiser sa valeur fertilisante, je l’ensemence de bactéries et il est brassé tous les jours. Je trouve qu’en semis direct, il est nécessaire d’avoir des plantules qui démarrent vite et le lisier permet cela car il évite un peu l’évaporation pour les semis d’été. »
Perspectives globales et transition agroécologique
Le changement climatique se traduira, dans de nombreuses régions arides et semi-arides du globe à l’instar du Maroc, par la hausse des températures, la baisse des précipitations, le raccourcissement de la période de croissance des cultures et une réduction de l’aptitude des terres à l’agriculture. Ces projections nécessitent de réfléchir à des modèles territoriaux de transition agroécologique. Au Maroc, les mesures d’adaptation regroupent l’agroforesterie, le semis direct, l’assurance agricole, l’utilisation des semences certifiées, la protection phytosanitaire, l’irrigation localisée et la gestion de la fertilité des sols. Néanmoins, la réussite de la transition agroécologique est conditionnée par la maîtrise d’un environnement où interagissent, en plus de la conduite technique, plusieurs facteurs de dimensions multiples.

En résumé, les produits riches en carbone doivent être apportés en automne et les produits riches en azote apportés au plus près des besoins des cultures, quelle qu’elles soient. Nourrir le sol au mieux pour qu’il nourrisse les plantes est la nouvelle façon de faire, tout en restant vigilant sur les besoins critiques de la plantule, notamment via l'usage ciblé d'engrais starters.