Bel arbre fruitier qui offre à la fin de l’été des fruits délicieux et gorgés de soleil, le prunier est un atout précieux dans un jardin. Facile à vivre, ses origines sont incertaines, on sait cependant qu’il est cultivé depuis des siècles et qu’il a beaucoup voyagé. Mais il n’y a pas qu’une seule espèce de prunier, et les variétés sont légion. Elles peuvent cependant être regroupées : mirabelles, prunes d'Agen, quetsches et autres reines-claudes sont les descendantes des divers pruniers plus ou moins sauvages que l’on trouve encore aujourd’hui dans nos jardins et nos campagnes.

Le Prunier, un Membre Noble de la Famille des Rosacées
Le prunier fait partie des Rosacées et du genre Prunus, qui regroupe des arbres et arbustes souvent cultivés pour leurs fruits mais également pour leur intérêt ornemental. On trouve dans ce genre l’amandier, le pêcher, l’abricotier… Rustique, le prunier vit généralement très longtemps, et c’est au bout d’une vingtaine d’années que sa production est à son apogée, une fertilité qui va durer environ 50 ans. Bel arbre de taille moyenne, son feuillage caduc arrive en même temps ou à la fin de sa floraison blanche. Il donne des fruits, des drupes (un fruit dont l’enveloppe qui entoure la graine est charnue, enveloppe qui ne s’ouvre généralement pas pour laisser sortir sa graine) d’environ 2 à 3 cm de diamètre, à la chair savoureuse.
Peu difficile quant à la qualité du sol, le prunier ne craint que les excès en argile ou en sable. Facile d’entretien, il est souvent laissé de plein-vent mais peut aussi être conduit ou palissé. Il bénéficiera d’apports en fertilisants organiques en automne, qui favoriseront sa fructification et son développement. Sa taille de formation, si nécessaire, se fait dans ses premières années. Sa taille de fructification, en automne, ne se réalise pas systématiquement. Elle consiste, environ tous les 3 ans, à renouveler les rameaux qui portent les fruits ainsi qu’à nettoyer l’arbre des branches mortes ou abîmées, des gourmands et à éclaircir son centre. Vous pouvez également éclaircir les fruits lorsqu’ils sont en abondance.
Il existe un très grand nombre d’espèces et de cultivars dans le groupe des pruniers. Ces différents types de pruniers sont très répandus dans le monde et leurs origines et généalogies restent souvent floues. On peut cependant repérer les plus importants de ces types.
Des Origines Anciennes : L'Héritage Romain et les Pruniers Sauvages
Ce sont les Romains, grâce à leurs conquêtes mondiales, qui ont implanté en Europe un grand nombre des fruits (noix, vigne, cerises…) que l’on cultive encore de nos jours, dont les prunes. C’est dans la province “Narbonnaise” que les Romains ont planté différents types de pruniers.
Le Prunier Sauvage : Un Arbuste Résilient aux Petits Fruits Savoureux
Prunus insititia ou Prunus domestica subsp. insititia (il y a dissension entre les botaniques en ce qui concerne la généalogie du prunier sauvage) est un petit prunier, de 2 à 5 m de hauteur, que l’on trouve dans les haies, dans les bois, formant des fourrés denses grâce à son drageonnement important. Il porte de jeunes rameaux pubescents et parfois épineux, au contraire du prunier commun. Le prunier sauvage offre des petits fruits de 2 à 3 cm de diamètre, ovales ou globuleux, bleu foncé ou jaunâtre. La chair est très sucrée avec une saveur acidulée, le noyau est lisse et adhère à la chair. Ces prunes sont souvent utilisées pour les eaux-de-vie locales ou bien séchées.
Le saviez-vous ? Également appelé “prunéolier”, “prunier de Damas”, ou encore “prunier crèque”, cette espèce est réputée provenir de Damas. La légende dit que ce sont les croisés qui l’ont ramenée après leur défaite en Orient (1149) ; il leur a été reproché d’y être allés “pour des prunes”, d’où la célèbre expression ! D’autres voyageurs auraient également ramené des spécimens de ce petit prunier, notamment un seigneur de la région de Dijon. On trouve d’ailleurs dans les communes situées aux alentours de ses terres de nombreux pruniers de Damas, principalement la variété jaune, et la variété pourpre figure sur un écusson.

Le Prunier Domestique : L'Ancêtre des Prunes Courantes
Prunus domestica est une autre espèce de prunier dont on consomme le fruit depuis l’Antiquité, certainement bien plus et peut-être même le cultivait-on alors. Le prunier domestique est un arbre de taille moyenne, entre 3 et 7 m de hauteur, aux jeunes rameaux glabres. Les feuilles, caduques, sont ovales ou oblongues, dentelées, au revers parfois légèrement duveteux. Sa floraison est précoce, entre mars et avril, mais sa profusion compense généralement les pertes dues aux gelées printanières. Elle apparaît sur les rameaux de l’année précédente, avant le feuillage. Les prunes de cette espèce sont assez grosses, de forme oblongue à sphérique. Elles sont recouvertes d’une mince pellicule de protection que l’on appelle la pruine.
Le prunier domestique est facile à cultiver et rustique. Il avoue une préférence pour les sols silico-calcaires (10 % maximum de calcaire, 75 à 92 % de sable siliceux, 8 à 15 % d'argile) qui sont profonds et bien drainés, mais se développera dans tout type de terrain, excepté les terres trop arides. La plupart des pruniers domestiques sont auto-stériles, ils ont besoin d’un prunier d’une autre variété pour fructifier. Il existe cependant des variétés autofertiles, mais la pollinisation croisée est toujours préférable. Par contre, les variétés issues de Prunus domestica ne sont pas compatibles avec les variétés issues du prunier du Japon.
Les Pruniers d'Ailleurs et les Hybrides : Diversité et Adaptabilité
Le Prunier du Japon : Une Espèce Asiatique aux Fruits Généreux
Parmi les différents types de pruniers, Prunus salicina est une espèce chinoise de prunier poussant spontanément en Corée, au Laos, au Vietnam ainsi qu’au Japon. Le prunier du Japon est un arbre de taille moyenne, pouvant monter jusqu’à 12 mètres de hauteur. Ses feuilles caduques sont oblongues à bord crénelé. Les fleurs, blanches, apparaissent au début du printemps. Viennent ensuite les prunes, des drupes de 4 à 7 centimètres de diamètre. Elles peuvent être jaunes, verdâtres ou violettes, avec une chair claire sucrée et bien juteuse à laquelle le noyau adhère. C’est la deuxième espèce la plus cultivée après le prunier domestique. Le prunier du Japon a donné naissance à de très nombreuses variétés. Incompatible avec le prunier domestique, il peut par contre fort bien s’hybrider avec le prunier myrobolan et les espèces américaines. Il est autostérile.

Le Prunelier : L'Arbuste Sauvage aux Prunelles Astringentes
Prunus spinosa est également appelé “prunellier” ou encore “épine noire”. Il s’agit d’un arbuste à port buissonnant, épineux et très drageonnant, de 1,50 à 4 m de hauteur. Dispersé par les oiseaux qui raffolent de ses fruits, il peut devenir envahissant. Son écorce est noire et les rameaux jeunes, tout comme le prunier sauvage, sont pubescents. Les fleurs blanches apparaissent entre mars et avril, avant les feuilles. Les fruits appelés “prunelles”, font entre 6 et 15 mm de diamètre et sont d’un violet presque noir. Elles ne sont comestibles qu’après avoir subi le gel, elles sont sinon âpres et astringentes.
Prunus cerasifera : Un Porte-Greffe Polyvalent
Prunus cerasifera est un petit arbre ou un arbuste de 4 à 8 m de haut qui commence à fleurir très tôt, en février. Les drupes qui naissent des fleurs blanches sont jaunes ou rouge violacé. Il a longtemps été cultivé comme porte-greffe pour les mirabelles, les reines-claudes et les quetsches.
Les Grandes Familles de Prunes : Mirabelles, Quetsches et Reines-Claudes
Les prunes peuvent être divisées en deux grands groupes :
- Les prunes à petits fruits, comme le prunier sauvage : quetsches, mirabelles, reines-claudes…
- Les prunes à gros fruits comme le prunier domestique : de nombreux cultivars présents dans nos jardins descendent de ce prunier.
Les Mirabelles : La Douceur Lorraine
Prunus domestica subsp. syriaca. L’arbre mesure entre 4 et 10 m de haut. Prune de petite taille, très sucrée, à épiderme jaune orangé taché de rose. Sa saveur est plus délicate que celle de la prune domestique. Le climat continental lui est le plus favorable, ainsi que les terres argilo-calcaires, bien qu’elle ait été tout d’abord cultivée dans le Midi de la France (on en trouve des traces au 17e siècle). On connaît notamment la mirabelle de Nancy et la mirabelle de Metz. Le mirabellier est principalement cultivé en Lorraine. Le mirabellier est autofertile et il peut être multiplié par semis, ceux-ci produisant des individus dont la fructification est identique à l’arbre d’origine.

Les Quetsches d'Alsace : L'Élégance des Fruits Oblongs
Parmi les différents types de prunier, la quetsche est un sous-cultivar du Prunus domestica subsp. domestica. Cette petite prune bleue foncée est très répandue dans l’est de la France, où elle est appelée “quiterie”, dans les pays limitrophes de cette région, et également au Canada. Charnu, de forme oblongue, ce fruit a une chair jaune sombre très sucrée et acidulée et mûrit assez tôt, vers la mi-août. Fermenté, il compose l’eau-de-vie locale appelée aussi “quetsche”.
Les Reines-Claudes : La Noblesse des Fruits Verts et Jaunes
Prunus domestica subsp. italica. C’est un sultan ottoman qui a fait cadeau de ce prunier à François 1er, arbre qui donnait des prunes vert clair. La reine-claude est plutôt un fruit du sud, moins rustique que ses cousines, elle est cultivée principalement dans le sud-ouest. Elle résiste quand même jusqu’à -15°C. Ce prunier sera installé en sol léger et profond. Ses fruits globuleux ont une peau fine, vert jaune ou jaune pâle à chair sucrée et juteuse, ferme.
Le Prunier d'Ente d'Agen : Le Roi du Pruneau
Les moines bénédictins de l’Abbaye de Clairac font partie des croisés revenus au pays avec des plants de pruniers de Damas. Il semblerait qu’ils les aient croisés avec des pruniers locaux. C’est à partir du XVe siècle que la culture et le séchage de la prune d’Ente se sont développés, pour atteindre à la fin du XXe siècle la quantité de 60 000 tonnes de pruneaux dits d’Agen. Cette ville était en effet le port d’embarquement sur la Garonne des prunes d’Ente séchées, qui voyageaient sur des gabarres jusqu’à Bordeaux. Ce prunier mesure jusqu’à 6 m de hauteur, affichant un beau port dressé. Il se plaît en sol fertile et profond, plutôt frais mais sans excès de calcaire. Il fleurit abondamment au mois d’avril. La chair est juteuse, très sucrée et parfumée. Le prunier d’Ente est autofertile et très bon pollinisateur.
Les différentes étapes de la prune au pruneau
Culture et Entretien du Prunier : Conseils Pratiques
Ornemental autant qu’utile, peu exigeant et donc facilement exportable, le prunier a parcouru toutes les régions tempérées du monde et y reste une valeur sûre. Il fait souvent partie du paysage car il s’est facilement naturalisé, mais il reste très varié, notamment dans ses fruits. Le prunier est parmi les moins exigeants de nos arbres fruitiers. Il prospère partout en France. Bien que sa floraison très hâtive soit exposée aux gelées blanches, elle est si abondante qu’elle est rarement entièrement compromise de ce fait.
Conditions de Culture Idéales
Cette espèce accepte pratiquement tous les sols, même peu profonds et à tendance humide, mais c’est dans les terrains silico-calcaires qu’elle donne les meilleurs résultats. Le prunier ne redoute vraiment que les terres arides où son système radiculaire très superficiel est exposé à la sécheresse. Pour la même raison, lorsqu’il est planté sur prairie, tenez le sol nu autour du pied sur au moins 2m de diamètre, afin d’éviter la concurrence de l’herbe vis-à-vis de l’eau.
Les porte-greffes recommandés incluent le Prunier Myrobolan, particulièrement adapté aux sols très humides et calcaires.
Formes Conseillées et Plantation
Le prunier se cultive uniquement en formes libres, sur haute, demi ou basse tige pourvue d’un tronc de 50 à 60 cm. La hauteur limitée de cette dernière facilite les soins et la cueillette. La distance de plantation recommandée est de 5 à 6 mètres.
Taille et Entretien
Après un début de formation en gobelet, laissez la ramure se développer à sa guise, en élaguant seulement son centre pour l’aérer. Comme la majorité des espèces à noyaux, le prunier craint les tailles importantes qui sont génératrices de gomme. Les arbres fruitiers se mettent naturellement à fruit à l’âge de 6 à 7 ans.

Comprendre les Particularités de la Fructification
Certains pruniers fructifient mal ou pas du tout, bien que leur végétation soit apparemment satisfaisante. Ce défaut peut être dû à un sol trop riche en azote qui incite l’arbre à pousser “à bois”, plutôt qu’à faire des fruits. Le remède consiste alors à apporter une fumure riche en acide phosphorique et potasse, pour établir un équilibre plus favorable (type engrais arbres).
Par ailleurs, certaines variétés sont auto-stériles (parmi les Reines-Claudes notamment), et leurs fleurs ne peuvent être fécondées si d’autres variétés pollinisatrices n’existent pas dans le proche voisinage. Il faut évidemment en planter dans ce cas.
Un Panorama des Variétés Populaires
Variétés à Gros Fruits
- Golden Japan (maturité fin juillet-début août) - Fruit : Assez gros à gros, jaune doré. Chair jaune de bonne qualité. Arbre : Bonne vigueur, très productif.
- Président (maturité 2e quinzaine de septembre) - Fruit : Gros fruit oblong, rouge foncé. Chair jaune, juteuse. Arbre : Bonne vigueur, productif. Mise à fruit rapide.
- Prune d’Ente ou prune d’Agen (maturité début septembre) - Fruit : Gros fruit violet. Idéal pour le séchage (pruneau). Arbre : Vigoureux et productif. Autofertile.
- Reine-Claude d’Althan (maturité début août) - Fruit : Gros fruit rouge violacé à maturité, de forme arrondie, légèrement aplati, très pruiné. Arbre : Arbre vigoureux. Mise à fruit rapide et très bonne productivité. Pollinisé par Reine-Claude d’Oullins et Mirabelle de Nancy.
- Reine-Claude de Bavay (maturité mi-septembre) - Fruit : Gros fruit arrondi jaune verdâtre. Chair juteuse, sucrée et parfumée, très bonne qualité. Arbre : Bonne vigueur et productif. Mise à fruit rapide. Autofertile.
- Reine-Claude dorée (maturité mi-août) - Fruit : Assez gros, arrondi, vert doré, teinté de rose au soleil. Très bonne. Arbre : Vigoureux et productif. Auto-stérile, pollinisé par Reine-Claude d’Oullins.
- Reine-Claude d’Oullins (maturité début août) - Fruit : Gros, sphérique, jaune canari, légèrement teinté de rose et pruiné de blanc. Qualité moyenne. Arbre : Très vigoureux et fertile. Sert de pollinisateur pour les variétés auto-stériles.
- Reine-Claude tardive de Chambourcy (maturité fin septembre) - Fruit : Assez gros, sphérique, vert jaunâtre, pruiné de bleu. Arbre : Vigoureux et moyennement productif. Autofertile. Préfère les situations abritées.
- Reine-Claude violette (maturité début septembre) - Fruit : Moyen ou assez gros, violet foncé, granité ou marbré de fauve. Pruiné bleuté. Arbre : Assez vigoureux. Réclame la présence de variétés pollinisatrices.
- Stanley (maturité 1ère quinzaine de septembre) - Fruit : Gros fruit assez allongé, violet rougeâtre très foncé. Chair verte, ferme, sucrée. Bon pour le séchage (pruneau). Arbre : Bonne vigueur et productif. Mise à fruit très rapide. Autofertile.
Variétés Spécifiques
- Quetsche d’Alsace (maturité début août) - Fruit : Moyen ou assez gros, ovoïde. Pourpre violacé foncé, pruiné de bleu. Arbre : Vigoureux et productif. Préfère les sols légers et riches. Autofertile.
Le Prunier Quetsche Blanche de Létricourt : Un Patrimoine Lorrain
Description détaillée du Prunier Quetsche blanche de Létricourt
Le prunier Quetsche blanche de Létricourt est une variété très ancienne, vigoureuse et rustique, qui témoigne du riche patrimoine fruitier français. Elle est originaire de la Lorraine, plus précisément du village de Létricourt (Meuse). Appartenant à la famille des Rosacées (Prunus domestica), ce prunier charme par sa floraison blanche éclatante qui apparaît dès la fin mars. Son feuillage est vert et caduc, il chute ainsi à l’automne pour une régénération printanière. Ses fruits assez gros, à la peau jaune clair et à la chair douce, se récoltent à la mi-septembre. Très appréciés pour leur polyvalence, ils se dégustent aussi bien frais qu’en tartes ou transformés en pruneaux savoureux. Ce prunier, à la croissance rapide, s’épanouit dans des sols légers et bien drainés, sous une exposition ensoleillée, et peut résister à des températures allant jusqu’à -20°C. Sa bonne résistance aux maladies en fait un choix idéal pour les jardins français. Livré en racines nues de mi-octobre à avril ou en pot toute l’année, le Quetsche blanche de Létricourt conjugue tradition, robustesse et gourmandise.
Goût du Fruit
Le prunier Quetsche Blanche de Létricourt est une variété ancienne et robuste, appréciée pour ses gros fruits allongés d’un jaune pâle tirant sur le blanc cassé. La chair, parfumée et sucrée, offre une subtile pointe d’acidité qui rehausse sa saveur. Son arôme est fin et discret, quelque peu miellé.
Pollinisation
Ce prunier est autofertile, ce qui signifie qu’il peut produire des fruits sans nécessiter la présence d’un autre arbre pour la pollinisation. Cela constitue un avantage considérable, notamment pour les jardiniers ayant un espace limité ou pour ceux qui souhaitent éviter de planter plusieurs arbres pollinisateurs. L'autofertilité garantit ainsi une production régulière et simplifie l'entretien des vergers et des jardins.

Région de Plantation et Résistance au Froid
La Quetsche Blanche de Létricourt est un arbre vigoureux qui s’épanouit particulièrement bien dans les régions au climat froid, comme le Nord et l’Est de la France. Il préfère une exposition ensoleillée et se plaît dans tout type de sol bien drainé. Sa rusticité remarquable lui permet de résister à des températures allant jusqu’à -20°C, assurant sa pérennité même dans des conditions climatiques rigoureuses.
La période délicate pour les pruniers est celle de la floraison durant laquelle le froid humide est néfaste à la future fructification et risque d’entraîner une attaque de moniliose sur les fleurs. Les seuils de résistance, sans dommage, sont de l’ordre de :
- -3° à -4°C pour les boutons floraux au stade bouton blanc.
- -2.2° à -3°C en pleine floraison.
- -1° à -2°C pour les jeunes fruits.
Dans les régions à fort risque de gel printanier, évitez de conduire les arbres en formes basses (scion et fuseau), ces derniers ayant les fleurs plus près du sol et donc plus sujettes aux gelées blanches et aux brouillards. Le vent, qu’il soit humide ou desséchant, est défavorable aux arbres, mais encore plus aux fruits, d’où l’absence de plantation sur les littoraux et au pied des Pyrénées-Orientales. Pour la nature du sol, l’idéal est un sol profond argilo-sableux et perméable. Les terrains limoneux et caillouteux ne donnent pas d’excellents résultats. Il est bien également d’éviter les sols très fertiles car ils provoquent une végétation luxuriante peu favorable à la productivité et à la qualité gustative.
Envergure de l'Arbre et Mise à Fruit
Le Prunier peut se développer différemment selon sa forme :
- Fuseau et scion : Il atteint une hauteur et une largeur de 2.5 mètres à 3 mètres. Vous recevrez un petit arbre doté d’un tronc mesurant environ 60 cm (la longueur des branches peut varier selon la saison).
- Demi-tige : Avec une hauteur et une largeur de 4 à 5 mètres à maturité, il prend une forme plus majestueuse et imposante. Vous recevrez un arbre de taille moyenne, doté d’un tronc mesurant environ 120 cm (la longueur des branches peut varier selon la saison).
La mise à fruits désigne le temps nécessaire entre la plantation d’un arbre fruitier et la première fructification. Les mises à fruits indiquées pour les arbres fruitiers sont fournies à titre indicatif, car elles peuvent fluctuer en fonction de nombreux facteurs tels que la nature du sol, l’exposition, les conditions météorologiques annuelles ou encore les tailles pratiquées par le jardinier. Attention, l’année de plantation compte comme nulle pour la fructification.
- Scions et Fuseau : Les jeunes arbres commencent à fructifier environ à partir de 3 à 4 ans, après une période d’établissement plus longue.
- Demi-tige : Ces arbres commencent généralement à produire des fruits à partir de 3 ans. Cette période permet à l’arbre de bien s’établir avant de porter des fruits.
La première année, si quelques fruits apparaissent, il est vivement conseillé de les retirer afin de préserver le développement de l’arbre. Si vous faites le choix de vous procurer un fruitier en pot, celui-ci aura un système racinaire plus développé et vous permettra d’obtenir des fruits environ 1 an plus tôt qu’en racines nues.
Conservation des Fruits
Les prunes du Quetsche Blanche de Létricourt se récoltent et se consomment à partir de mi-septembre. Si elles se conservent bien durant quelques jours au frais, leur transformation en pruneaux ou en pâtisseries prolonge leur usage et leur saveur unique. La récolte des prunes est faite manuellement deux ou trois jours avant la maturité de consommation. Elle est réalisée en deux, trois ou quatre cueillettes ou secouages, selon les variétés. Les prunes destinées à la consommation en fruits frais doivent être récoltées à la main, une à une. En revanche, les fruits destinés à être transformés (confiture, pâtisseries, …) peuvent être récoltés par secouage des branches ou après la taille de ces branches garnies de fruits. Une fois récoltées, les prunes doivent être placées à l’ombre, sur une faible épaisseur après élimination des fruits abîmés ou verrés. Les fruits sains seront conservés à la température ambiante pour obtenir 2 ou 3 jours après, leur complète maturation. Ils peuvent être au contraire, placés en réfrigérateur à +4°C ou +6°C afin d’allonger leur conservation de 10 à 15 jours. Étalez les fruits, cueillis mouillés sur le sol, sur une très faible épaisseur, afin que leur épiderme sèche pendant 12 à 15 heures.
Avec son fruit savoureux, sa robustesse et sa facilité de culture, le prunier Quetsche Blanche de Létricourt est un véritable atout pour les amateurs de traditions et de gourmandises.