Le noisetier, arbuste apprécié pour ses fruits savoureux, peut malheureusement succomber à diverses maladies et infestations parasitaires. Ces atteintes, souvent similaires à celles rencontrées sur d'autres plantes, peuvent affaiblir considérablement la vigueur de l'arbuste, compromettant ainsi sa production. Une vigilance accrue et une intervention ciblée sont donc essentielles pour garantir la santé et la productivité de vos noisetiers. Les maladies du noisetier, qu'elles soient fongiques, bactériennes ou virales, ainsi que les ravageurs qui s'y attaquent, nécessitent une compréhension approfondie pour mettre en œuvre des stratégies de lutte efficaces.

Les dynamiques des maladies fongiques sur le noisetier
Plusieurs agents pathogènes fongiques peuvent affecter le noisetier, causant des dégâts variés allant de la simple altération esthétique à la mort de l'arbuste.
L'anthracnose et les nécroses des tissus
Parmi les champignons parasites du noisetier on peut citer Sphaceloma coryli (Ascomycota Dothideomycetes), responsable de l'anthracnose qui peut provoquer des nécroses importantes sur involucres et fruits ce qui interdit leur vente. Le champignon se développe très rapidement et affaiblit la plante, réduisant sa capacité de production. Les symptômes se manifestent sur les tiges et les feuilles sous forme de grandes taches beiges à brunes, presque translucides, avec des bords jaunes à pourpres. Ces taches sont couvertes de gouttelettes orangées ressemblant à du mucus, contenant les spores du champignon. Sur les fruits, la maladie est reconnaissable par des taches de couleur fauve. En fin de saison, des ponctuations noires disséminées apparaissent au niveau des taches. Ce champignon se propage plus facilement en présence de blessures, notamment dues aux piqûres de balanin. Il survit ensuite dans les bourgeons dormants.
La tache brune (Phyllostictose)
La tache brune, également connue sous le nom de phyllostictose, est une maladie fongique courante qui se propage facilement par le sol, l'eau, le vent, les insectes et les oiseaux. Elle progresse rapidement par temps chaud et humide. L'observation attentive du feuillage permet de détecter des taches irrégulières d'un rouge foncé, dont le centre pâlit avec le temps. Ces marques finissent par se couvrir de petits renflements sur la face externe de la feuille. Les feuilles plus âgées et affaiblies sont particulièrement sujettes à cette maladie, dont le pic d'activité se situe début juillet, surtout par temps pluvieux. Une chute prématurée des feuilles due à la tache brune réduit considérablement le rendement de la récolte de noisettes pour la saison suivante.
L'Oïdium : Le Voile Blanc
L'oïdium provoqué par Phyllactinia guttata a peu d'importance économique car cette maladie apparaît plutôt en fin de saison. Il se manifeste par l'apparition d'une fleur blanche sur le feuillage, qui jaunit, s'enroule et finit par tomber. Les nouvelles feuilles peuvent sembler déformées et affaiblies, tandis que les jeunes pousses ne parviennent pas à mûrir, devenant fragiles et succombant aux premières gelées d'automne. Cette maladie est particulièrement dangereuse pour les jeunes plants, car elle stoppe leur croissance et leur développement.
La Pourriture Blanche (Sclérotinia)
La pourriture blanche, causée par le champignon Sclérotinia, est une maladie fongique redoutable qui s'attaque au système racinaire du noisetier. Les signes avant-coureurs incluent le flétrissement de la partie aérienne de la plante, la formation de fleurs blanches sur les feuilles, les fruits et la tige. Le système racinaire se retrouve recouvert d'une masse visqueuse d'un blanc neigeux. En coupe, les pousses peuvent révéler des formations sclérotiques noires. La plaque foliaire devient aqueuse, décolorée et parfois recouverte d'un feutrage blanc.
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Les menaces bactériennes et virales
Chez les bactéries, c'est Xanthomonas arboricola pv. corylina qui provoque la nécrose bactérienne responsable de dégâts non négligeables. Cette maladie est favorisée par les gelées du printemps. L'infection est détectable sur les feuilles par de petites taches brunes huileuses, entourées d'un halo vert tirant sur le jaune. Les lésions foliaires finissent par fusionner vers leur extrémité. Si les coques des fruits sont touchées, la maladie se manifeste par l'apparition de taches brun foncé ou noires. Le dépérissement bactérien du noisetier (Pseudomonas avellanae) est très grave puisqu'il entraîne la mort de l'arbre. Un virus responsable de la mosaïque du feuillage (Apple mosaic virus) peut entraîner 10 à 20% de pertes de la récolte.
Les ravageurs : insectes et acariens
Parmi les très nombreux insectes et acariens s'attaquant au noisetier, seules quelques espèces ont une importance économique à cause de leur nuisibilité.
Le Balanin des noisettes (Curculio nucum)
Autre ravageur important, le ver de la noisette ou balanin est un charançon qui peut causer de gros dégâts en verger en piquant les jeunes noisettes pour se nourrir. La femelle utilise son long rostre pour percer la coque des jeunes noisettes et y pondre ses œufs à partir de la mi-juin. Les larves, une fois le fruit détruit, s'enfoncent dans le sol pour leur diapause hivernale.
Les acariens des bourgeons (Phytoptus avellanae)
On peut citer l'acarien des bourgeons, Phytoptus avellanae, qui par ses piqûres empêche les bourgeons de se développer. La galle de la feuille du noisetier est également causée par cet acarien, se manifestant par des cloques sur les feuilles.
Les punaises et pucerons
Gonocerus acuteangulatus (punaise des noisettes) et Pantilius tunicatus (punaise des chatons) ainsi que la punaise verte des bois (Palomena prasina) font partie des nombreuses punaises que l'on peut rencontrer. La première espèce peut provoquer de grands dommages en modifiant le goût des amandons. Parmi les pucerons, on peut citer Myzocallis coryli (puceron jaune des feuilles) et Corylobium avellanae (puceron vert des pousses). L'abondant miellat qu'ils excrètent favorise le développement de la fumagine.
Comprendre le phénomène des galles
La galle est une maladie des plantes qui se manifeste par la formation de structures anormales, souvent appelées « tumeurs » ou « excroissances », sur les feuilles, les tiges, les racines ou les bourgeons. Ces formations, généralement causées par des insectes, des acariens, des champignons, des bactéries ou des virus, sont un phénomène complexe.

La galle du tilleul et autres excroissances
Lorsque les feuilles de votre tilleul développent des excroissances étranges, de couleur verte ou rouge, il est probable qu’il s’agisse de la galle du tilleul. Il est important de noter que la galle n’est pas une maladie en soi, mais plutôt une réaction du végétal à l’attaque d’un parasite spécifique. La galle de la racine du groseillier est provoquée par le nématode Ditylenchus dipsaci, se manifestant par un gonflement des racines.
Le Bédégar sur les rosiers
Le bédégar, également connu sous le nom de galle chevelue, est une excroissance touffue et dense qui apparaît sur les tiges des rosiers et des églantiers. Cette galle est souvent rougeâtre à brunâtre, avec une apparence poilue due aux filaments qui recouvrent sa surface. Elle est causée par une petite guêpe cynipide, Diplolepis rosae. Bien que le bédégar ne tue pas les rosiers ou les églantiers, il peut affaiblir les plantes en détournant les ressources nécessaires à leur croissance.
Stratégies de lutte et prophylaxie
La prévention des galles et des maladies repose principalement sur la gestion de la santé générale de l'arbre. Maintenir un bon équilibre hydrique, éviter les blessures mécaniques et limiter le stress environnemental peuvent réduire la susceptibilité à l'infestation. Pour le balanin, en l'absence de traitements chimiques autorisés pour les particuliers, des méthodes alternatives sont nécessaires comme la capture des adultes au mois de mai ou le travail du sol au pied des noisetiers en automne pour exposer les larves aux prédateurs. Pour la tache brune, le traitement repose sur l'utilisation de fongicides, tout en rappelant qu'il est crucial de terminer les traitements chimiques au moins un mois avant la récolte. Les remèdes populaires, tels que la pulvérisation du buisson avec une solution de chlorure d'iode ou l'infusion d'ail, sont des approches complémentaires à considérer pour les jardins amateurs soucieux de leur impact environnemental.