Le guide complet du compostage : transformer ses biodéchets en ressource pour son jardin

Le compostage est le processus de transformation des déchets organiques (déchets de cuisine, déchets verts et de bois) par des micro-organismes et petits animaux (bactéries, vers de terre) en un produit comparable au terreau : le compost. C'est un amendement organique naturel à utiliser directement dans son jardin, un fertilisant d'excellente qualité et 100 % naturel. Depuis la nuit des temps, les êtres humains compostent leurs épluchures et restes de repas. Il n’y a rien de nouveau et d’innovant à ça. Le développement des villes et des services de collecte et de valorisation des ordures ménagères nous a fait perdre de vue, en quelques décennies, le cycle de la nature des épluchures, restes d’assiette, préparation de repas.

Schéma illustrant le cycle du compostage et la transformation des matières organiques

Les avantages environnementaux et économiques du compostage

Le compostage permet de diminuer le poids des ordures ménagères résiduelles (OMr) collectées : les «déchets fermentescibles » ou « biodéchets » représentent plus de 30 % du contenu de notre poubelle grise, soit 45 et 60 kg/hab/an ! En compostant, je détourne les biodéchets de l’incinération et je les valorise ! Cela participe pleinement à la réduction de mes déchets, et de mon impact sur l’environnement ! En valorisant les déchets organiques à domicile, le compostage permet d’obtenir un amendement naturel et de faire des économies ! En effet, je n’ai plus besoin d’acheter d’amendement ou de terreau.

Utiliser son compost permet de limiter voire d’éviter l’usage de produits dangereux et polluants ! Le compostage réduit la quantité de déchets envoyés vers les décharges, contribuant ainsi à la réduction des émissions de méthane et à la préservation de l’environnement. Ça permet de lutter contre le changement climatique. Le sol est un des plus gros puits de CO2 sur notre planète Terre (avec l’océan). Amender les sols et les nourrir en matière organique leur permet de capter une partie du CO2 présent dans l’atmosphère. Un rapport spécial du GIEC souligne que nourrir les sols est un des moyens les plus efficaces pour lutter contre le dérèglement climatique.

Le compostage : une solution pour la fertilité des sols

Le compost améliore la fertilité des sols : il régénère les terres (libération d’éléments nutritifs sur la durée), rend le sol plus vivant, retient l’eau dans le sol (moins d’arrosage), allège les sols argileux, contribue au développement des plantes, protège les végétaux contre les maladies, limite les différences de température journalière… Fleurs, fruits et légumes sont de qualité ! Le compost est une source naturelle d’engrais riche en nutriments essentiels tels que l’azote, le phosphore, le potassium, et bien d’autres. Le compost agit comme un amendement du sol, améliorant sa structure et sa texture. Il favorise la formation d’agrégats, augmentant la perméabilité et l’aération du sol. Grâce à sa capacité à améliorer la structure du sol, le compost favorise une meilleure rétention d’eau. Il agit comme une éponge, réduisant les pertes d’eau par ruissellement et limitant ainsi l’érosion du sol. En utilisant du compost, on réduit la dépendance aux engrais chimiques synthétiques.

Composter c'est facile !

Mise en place : choisir son équipement et son emplacement

Tout d'abord, vous pouvez acheter un bac de compostage (composteur) dans un commerce ou le fabriquer. Pour que le composteur assure une décomposition efficace, il doit avoir un volume d’un mètre cube au minimum. S’il est plus petit, il sera difficile d’y atteindre une température adéquate pour permettre la dégradation de matières par les microorganismes appréciant la chaleur. Le bac de compostage devra également être fabriqué avec des matériaux sains qui résistent à la décomposition.

L’emplacement idéal permettra : d’avoir un minimum d’ensoleillement et de retourner la terre sous le bac de compostage ; ainsi, les organismes décomposeurs pourront venir coloniser vos matières organiques. Un bon emplacement pour un tas de compost est à l’ombre car une situation trop chaude le dessèche. Comme composteur, vous pouvez utiliser les silos du commerce ou le construire vous-même avec des planches de bois ou du grillage. Prenez garde à bien laisser le fond de votre bac à compost en contact avec le sol car c’est une source directe de micro-organismes (comme les lombrics) indispensables à la réussite de votre compost. L’idéal est d’avoir au moins deux compartiments à compost afin de pouvoir le retourner aisément.

La gestion des matières : l'équilibre entre vert et brun

Une fois votre bac bien installé, vous pouvez mettre une couche de brindilles et de feuilles mortes d’environ 5 cm dans le fond, ce qui permettra une meilleure aération. L’important est de garder un bon équilibre entre les déchets bruns et les déchets verts. Ajoutez deux parts de matière brune pour une part de matière verte pour atteindre un équilibre dans le compost.

Les déchets verts ou azotés comprennent notamment : pelures, épluchures, restes de fruits ou de légumes cuits ou crus, résidus de jardin (ex. : mauvaises herbes non montées en graines ou rognures de gazon lorsque l’herbicyclage n’est pas possible). Les déchets bruns ou carbonés comprennent notamment : feuilles mortes, pain, marc de café (filtre inclus), pâtes alimentaires sans sauce, riz, écales de noix, noyaux, plantes mortes, fleurs séchées, papier journal déchiqueté (bien qu’il soit préférable de le recycler).

Il faut éviter de mettre certains déchets dans le compost : résidus d’origine animale (produits laitiers, viande, excréments d’animaux), matières grasses (huiles végétales, mayonnaise, sauces), plantes ou feuillages malades, mauvaises herbes montées en graines, matériaux contaminés par des pesticides, produits dangereux (peinture, cendres, briquettes de barbecue). L’ajout de ces types de déchets pourrait, entre autres choses : attirer la vermine, provoquer le dégagement de fortes odeurs, favoriser la prolifération des mauvaises herbes.

Diagramme illustrant le ratio idéal entre matières brunes et matières vertes

Processus technique : aération et humidité

Le brassage du compost est essentiel pour assurer une bonne aération et un bon apport en oxygène, et favoriser la décomposition des matières organiques par les microorganismes. Il est possible d’effectuer cette tâche efficacement sans trop d’effort en utilisant un aérateur. Pour assurer une décomposition efficace de la matière, on recommande de garder une humidité relative de 50 %.

Deux phénomènes se succèdent dans un processus de compostage :

  • Le processus de dégradation, amenant les résidus à l'état de compost frais, est une dégradation aérobie intense : il s'agit essentiellement de la décomposition de la matière organique fraîche à haute température (50 à 70 °C) sous l'action de bactéries et en présence d’oxygène.
  • Le processus de maturation est caractérisé par une dégradation moins soutenue.

Truc pour savoir si l’humidité de votre compost est bonne : mettez un gant de caoutchouc ou de plastique et prenez une boule de compost. Si la boule se défait facilement, votre compost est trop sec, et vous devrez alors y ajouter de l’eau. Si du jus coule de vos doigts, il est trop humide.

Utilisation du compost au jardin : dosages et applications

Au stade demi-mûr, le compost est déjà décomposé mais on distingue encore la forme des végétaux. Dans cet état, il peut être utilisé en paillage de sol au pied des arbustes ou en couverture de sol nu après récolte à l’automne. Lorsqu’il est mûr, le compost prend l’aspect d’un matériau sombre, meuble, et sans odeur désagréable. Incorporez-le par griffage/binage dans les 5-10 premiers centimètres du sol.

Les plantes à forts besoins peuvent supporter de 3 à 5 kg/m2/an. Il s’agit des artichauts, du céleri et du poireau, des cucurbitacées (concombres, courges, courgettes, melons), des solanacées (aubergines, poivrons, pommes de terre, tomates) ainsi que du maïs. Les plantes aux besoins moyens peuvent se contenter de 1 à 3 kg/m2/an de compost. Pour votre pelouse, lors de l’installation, incorporez 8 à 10 kg/m2 de compost sur les dix premiers centimètres de terre avant de semer.

Le compostage permet d’échanger sur les pratiques : c’est donc un vecteur de lien social. En transformant ses biodéchets en compost, on participe activement à la réduction des déchets tout en offrant une seconde vie à la matière organique. Utiliser son compost au jardin, c’est transformer un geste du quotidien en véritable ressource pour votre sol.

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