L'Extrait Fermenté de Consoude pour la Pelouse et le Jardin : Un Guide Complet

La consoude, longtemps décriée et rejetée par les jardiniers traditionnels, est redevenue au cours de ces dernières décennies une plante très appréciée en jardinage bio. Aujourd’hui, certains jardiniers n’hésitent pas à la qualifier de « trésor du jardin ». Un autre surnom, cette fois-ci inspiré de son goût de poisson, est celui de « sole végétale ». Cette plante herbacée vivace de la famille des Borraginacées est une solution biologique précieuse, stimulant la flore microbienne du sol et la végétation. Elle se développe sur les prairies, lisières, fossés et les sols riches en azote.

Illustration de la consoude officinale en fleurs

La Consoude : Portrait Botanique et Historique

La Grande Consoude, connue sous son doux nom latin Symphytum officinale, est une plante sauvage. Elle est une vivace de la famille des Borraginacées, tout comme la bourrache, le myosotis ou la vipérine. Elle porte également d'autres noms vernaculaires tels que « herbe des charpentiers », « herbe aux coupures », « oreille d’âne », « herbe aux gerçures », « Grasse racine », « confée », « console », « herbe à la Réconsole » ou « langue de vache ». L'étymologie de Symphytum provient du grec Symphô, puis Symphyton, signifiant « je réunis, je rassemble ». Une autre origine serait Symhyein : « pousser ensemble ». Du latin Consolida, de la même racine, signifiant « je consolide, je répare ».

Depuis l’antiquité, la consoude est appréciée pour ses vertus. Aujourd’hui, elle est utilisée en agriculture, au jardin mais également en santé humaine et animale pour ses propriétés fertilisante, insecticide, cicatrisante et réparatrice. Elle a été employée comme plante fourragère, donnée en complément aux animaux de ferme. La consoude atteint une hauteur de 30 à 160 centimètres, sa tige est de type anguleux ailé. Ses racines sont généralement charnues et longues, de couleur brune à noire, pouvant descendre jusqu’à deux mètres. Les feuilles sont velues et épaisses, de couleur verte. Au milieu émergent des tiges à clochettes de couleurs blanches ou roses. Les fleurs sont très mellifères.

L'utilisation de la consoude en permaculture

Les Variétés de Consoude et Leurs Spécificités

Il existe de nombreuses espèces et variétés de consoude. En France, la consoude officinale (Symphytum officinale) est la plus courante. Cependant, la consoude de Russie (Symphytum x uplandicum), nom générique donné à de nombreuses variétés issues de croisements entre S. officinale et S. asperum, est particulièrement prisée.

Symphytum officinale (Grande Consoude) : Cette variété se trouve dans la nature et se reproduit toute seule une fois implantée. Son développement foliaire peut être supérieur à la Bocking 14 si elle se plaît à l'endroit où elle a été plantée. Ses fleurs, qui apparaissent à partir de juin, sont en forme de clochettes et de couleur bleue, rose ou mauve, avec une grande variabilité au sein d'une même espèce.

Symphytum x uplandicum (Consoude de Russie) : Cet hybride, comme la 'Bocking 14', ne produit pas de graines, ce qui réduit son caractère invasif au potager. La 'Bocking 14' est la variété la plus riche en potasse et autres éléments, ce qui en fait la meilleure pour le jardin. Elle n’est pas envahissante. La 'Bocking 4', en revanche, est plus utilisée en tant que plante fourragère. Les Bocking sont le résultat des travaux de Lawrence D Hills qui, en 1954, créa pas moins de 21 cultivars portant le nom de Bocking, un village anglais dans l'Essex. Ce type de consoude se reproduit par bouturage racinaire.

Cultiver la Consoude au Jardin : Utilité et Précautions

Avant de cultiver de la consoude dans votre jardin potager, il est judicieux de se demander si c'est bien utile. Cette plante a un côté invasif ; si vous avez un petit potager, elle risque d'occuper au fil des années une grande partie de celui-ci, au détriment des plantes potagères. La consoude peut se montrer très envahissante et il faut donc bien choisir son emplacement si l'on souhaite la planter dans son jardin. La moindre radicelle transportée d’un point à un autre dans votre potager permet à la plante de se rendre invasive. Le travail du sol autour de la consoude peut également entraîner la propagation des racines.

Malgré son caractère invasif, la consoude est une plante qui prospère bien dans les biotopes secondaires. Vous devriez pouvoir en trouver facilement au cours de balades, par exemple le long de rivières, au bord des chemins et des routes, dans les petits bois. Pour en faire de l'extrait fermenté, il est suffisant d'en prélever une ou deux fois dans l'année.

Si vous choisissez de la cultiver, la consoude apprécie un endroit frais et humide dans une terre riche et profonde. Elle se sème au printemps ou se multiplie par bouture ou par morceaux de racines que l'on recouvre de quelques centimètres de terre à l'automne. Elle apprécie d’être plantée dans un sol frais, profond et riche en humus, toute l’année excepté pendant la période de gel. Pour l’implantation au potager, privilégiez les expositions nord ou est. Ces zones offrent une luminosité modérée que la consoude apprécie particulièrement, car elle n'aime pas trop les ardeurs du soleil si elle est exposée au Sud et à l'Ouest.

Schéma des étapes de la préparation de l'extrait fermenté de consoude

Composition et Propriétés de la Consoude : Un Trésor pour le Sol et les Plantes

La consoude est une véritable « machine de guerre à cellules » d'une grande richesse. L'allantoïne est le principal principe actif de la consoude (environ 4,7 %), mais elle contient également des mucilages, des triterpènes, des acides phénols, de l’asparagine (1 à 3 %), des alcaloïdes pyrrolizidiniques et des tanins (environ 6 %). Elle est riche en calcium, phosphore, potassium et azote avec de nombreuses vitamines et oligo-éléments, notamment la vitamine B2, B12, C et E (dont du bêta-carotène). On y trouve également de la silice, utilisée pour ses propriétés reminéralisantes. La quantité d’azote présente dans les jeunes feuilles et dans la tige explique les effets quand elle est utilisée en paillage et comme activateur du compost. Ses racines profondes puisent dans le sol les précieux éléments nutritifs (surtout potasse) qui sont stockés dans les feuilles.

L’allantoïne est l’élément qui favorise la floraison, la fructification et le développement des racines en favorisant une multiplication cellulaire. Le purin ou extrait fermenté est ainsi riche en nombreux minéraux et surtout en potassium. Cet élément améliore la floraison et la fructification des légumes-fruits, ainsi que la tubérisation des légumes-racines. La consoude stimule la flore microbienne du sol et la végétation et est un bon fertilisant. De plus, elle est dotée d'un effet insecticide et fongicide. Les tanins qu'elle contient ont des actions antimicrobiennes.

Tableau comparatif des nutriments dans la consoude et d'autres plantes fourragères

Préparation de l'Extrait Fermenté de Consoude : Méthodes et Conseils

L’extrait fermenté de consoude est l'un des extraits fermentés les plus efficaces du jardinage bio. Il s'utilise principalement comme biostimulant, en traitement préventif.

Méthode Traditionnelle (Aérobie) :

  • Ingrédients : Comptez 1 kg de feuilles fraîches pour 10 litres d’eau. Avec la consoude de Russie, variété ‘Bocking 14’, vous obtiendrez un extrait fermenté plus riche, mais un extrait de consoude officinale sera très bien aussi.
  • Eau : Utilisez de l’eau de pluie qui est non calcaire.
  • Préparation : Prélevez les feuilles de consoude et mettez-les dans un seau. Hachez-les finement à la cisaille, puis retournez le tas pour s'assurer que les feuilles du dessous sont également coupées.
  • Fermentation : Procédez à la fermentation dans le seau en plastique. La durée de fermentation est d'environ 10 jours, mais ce temps est variable suivant les conditions météo et la température. Mélangez le purin chaque jour pour homogénéiser la fermentation et libérer les gaz. Les premiers jours, il y aura peu de bulles effervescentes, puis elles seront de plus en plus nombreuses, et enfin leur quantité diminuera de nouveau. Lorsque vous n’aurez plus de bulles effervescentes, votre purin sera prêt à être filtré.
  • Filtration : Cette étape est très importante car si elle n'est pas effectuée, la dégradation va continuer pour finir par putréfier. Utilisez un tamis, un linge ou une passoire.
  • Stockage : Stockez dans un contenant refermable comme un jerrican ou un bidon. Si besoin, rincez le contenant suivant le produit qui y était stocké. Vous pouvez conserver l’extrait fermenté plusieurs mois de cette façon, et même une année s’il est bien à l’abri de la chaleur et de la lumière. Moins il y aura d'air dans le bidon et plus l’extrait se conservera longtemps, pour cela faites en sorte qu’il soit bien plein. Transférez éventuellement l’extrait restant après la saison dans des contenants plus petits (bouteilles en plastique ou en verre, etc.). Pour une conservation professionnelle, bien conditionnée, il se maintient entre deux et trois ans dans un bidon non entamé. Une fois ouvert, le délai maximal descend à deux ou trois mois. Pour les fabrications domestiques, comptez six à douze mois si le filtrage a été soigneux et le stockage réalisé dans des contenants sans air. Un bidon sans air, c'est un bidon qui ne fait pas de bruit quand on le secoue.

Méthode de Fermentation Anaérobie (selon Eric Petiot) :Cette méthode est particulièrement intéressante car la fermentation se réalise sans oxygène. L'extrait fermenté réalisé en anaérobie produit une fermentation similaire à celle de la bière ou du vin et donnera un liquide « acide-réduit », bien plus bénéfique à la plante qu’un purin réalisé en aérobie dit « alcalin-oxydé », qui produit un liquide oxydé pouvant attirer les pathogènes.

  • Matériel :
    • Un bidon hermétique à toute entrée d'air avec robinet.
    • Une bonde de dégazage (peut être fabriquée maison ou achetée).
    • Du voile d’hivernage pour maintenir.
    • Des poids (pierres par exemple).
    • Un drap foncé ou sac en toile de jute pour conserver le bidon dans l’obscurité.
  • Qualité de l'eau : Point essentiel mais trop souvent négligé.
    • Eau de pluie ou de source.
    • Température à 30°C pour que la fermentation démarre dans la journée.
    • Le pH de l’eau doit se situer entre 6 et 7.
    • La dynamiser pour la libérer de toutes informations négatives.
  • Ingrédients et recette : 1 kg de consoude fraîche pour 10 litres d’eau (voir les recommandations précédentes) et un conservateur.
  • Préparation : Cueillir les feuilles le matin, au maximum 3 heures avant la fermentation. Les placer dans le bidon et couvrir d’eau dynamisée. Couvrir la masse d’un voile d’hivernage en bordant bien les feuilles pour qu’elles ne remontent pas en surface. Placer un poids pour maintenir la masse au fond et bien fermer le couvercle. Couvrir le bidon s’il est transparent pour maintenir la fermentation dans l’obscurité.
  • Suivi de la fermentation : Au bout de quelques jours, ou bien tous les jours si vous êtes curieux, vérifier le stade de la fermentation sans ouvrir le couvercle grâce au robinet. Si la mousse est épaisse et se tient, la fermentation est toujours en cours. Si la mousse est fine et se délite rapidement, la fermentation est terminée. Le liquide doit être jaune clair, et le pH autour de 4.8/6. Si le liquide est marron foncé, la fermentation a été trop longue et l’extrait est « réduit ».
  • Filtrage et stockage : Filtrer et mettre en bidon avec un conservateur pour conserver la préparation 1 an au frais dans une cave à l’abri de la lumière.
  • Conservateurs : Vitamine C (0,5 g par litre ou 5 g pour 10 litres de purin de consoude), huile essentielle de romarin, infusion de sauge, petit-lait, extrait de pépin de pamplemousse. L’acérola est le fruit qui contient le plus de vitamine C (30 g d'acérola = 500 mg de vitamine C).

Infographie sur les différents dosages de l'extrait fermenté de consoude

Utilisation de l'Extrait Fermenté de Consoude au Jardin

Le purin de consoude s’utilise de multiples façons au jardin potager et fruitier. L’emploi le plus courant est en tant que fertilisant des légumes-fruits, mais il y a beaucoup d’autres possibilités.

Fertilisant :

  • Dilution standard : 10% de concentration, soit 1 litre d’extrait fermenté dilué dans 9 litres d’eau. Les dosages varient néanmoins selon l’intensité recherchée. Le minimum se situe à 5%, tandis que le maximum atteint 20% pour des cultures particulièrement exigeantes.
  • Arrosage au sol : Diluez à 10 à 20%. Pulvériser du purin de consoude sur la terre avant de disposer un mulch nutritif ou du compost.
  • Pulvérisation foliaire : 1 à 2 fois par mois maximum, à 2% de dilution (température supérieure à 12°C, dès avril). Pulvérisez l'extrait dilué à 5% sur le semis de graines pour aider à la germination et favoriser le développement foliaire.
  • Timing : Ne pas utiliser en début de saison. Dès le printemps et tout au long de l'été sur les cultures à fleurs et à fruits. L’automne constitue également un moment pertinent pour un traitement de fond pour améliorer la terre, particulièrement en association avec l’extrait d’ortie.
  • Cultures spécifiques : Toutes les plantes à floraison bénéficient de cet apport nutritif. Il est utilisé régulièrement sur les cultures fruitières et potagères : tomates (augmentant leur calibre de 15 à 22%), courges, fraisiers, mais également sur les massifs floraux. Les hortensias répondent particulièrement bien à des applications hebdomadaires en pulvérisation foliaire dès la reprise végétative, associées à un arrosage au pied. Pour les légumes-racines (notamment le céleri-rave, la pomme de terre) au stade de la tubérisation.

Biostimulant et Amendement du sol :

  • L’extrait fermenté dynamise la vie microbienne dans le sol. Il est idéal pour redonner de la vie dans le sol après la fin de l’utilisation des engrais chimiques de synthèse.
  • Déposé dans le fond du trou de plantation, le mulch de consoude est un excellent engrais améliorant la structure du sol.
  • La consoude attire des auxiliaires comme des araignées, des chrysopes et des guêpes parasitoïdes.

Insecticide et Fongicide :

  • Le purin de consoude fait un bon insecticide (pulvérisé à 5%) contre les moucherons et les pucerons.
  • En pulvérisation à 5%, elle désinfecte les blessures d’écorce et les plaies de tailles et aide à la cicatrisation.

Association avec d'autres extraits :

  • L'association de la consoude et de l'ortie est un véritable trésor pour le jardin. Pour obtenir un engrais organique complet, ajoutez du purin d'orties si vous en avez.
  • Lorsque vous associez cette préparation au purin d’ortie, nous préconisons 0,5 litre de chaque extrait dilués ensemble dans 10 litres d’eau.

Consoude séchée :

  • Les feuilles de consoude séchée peuvent être utilisées dans les trous de plantation (pour les arbres fruitiers, les courges, choux, pommes de terre et tomates).

Reconnaître la Consoude Sauvage et la Récolter

La reconnaissance de Symphytum officinale, autre appellation de la grande consoude, nécessite quelques critères botaniques précis. Les fleurs apparaissent à partir de juin, présentant une forme caractéristique de clochettes dans les tons bleu, rose ou mauve. Elles sont de formes scorpioïdes (en forme de demi-cercle ou queue de scorpion). Les feuilles sont légèrement rugueuses, car elles contiennent des poils. Une astuce simple pour l'identification : prendre une feuille et la poser à la verticale sur votre tee-shirt. Elle devrait adhérer par sa face inférieure grâce aux poils courbés, tandis que la face supérieure glisse. La consoude ne doit pas être confondue avec la digitale pourpre (Digitalis purpurea) qui est très toxique et qui ne possède pas de poils sur ses feuilles.

La consoude sauvage se trouve dans les lieux humides, frais et là où la terre est fertile et riche (bord de ruisseau, de talus, de forêt). On les trouve parfois en grande quantité dans les jardins et potagers (une grande consoude plantée il y a 30 ou 40 ans dans un jardin ayant été labouré au motoculteur aura pour effet la prolifération des consoudes dans tout le jardin).

Moment de la récolte :Le timing de collecte des feuilles influence directement la teneur en nutriments de votre préparation. La première pousse printanière présente une conductivité électrique inférieure, indicateur d’une concentration moindre en minéraux. La deuxième coupe est la meilleure, il faut compter environ 6 semaines entre la première et la deuxième coupe. Idéalement, il est recommandé de procéder à la récolte le lendemain matin d’une journée pluvieuse. L’humidité nocturne favorise la montée de sève, augmentant ainsi la concentration en principes actifs dans les tissus végétaux. Évitez absolument les périodes de canicule où la plante subit un stress hydrique important. Pour espérer une bonne récolte, il faut tout d'abord que la consoude soit alimentée en azote, dont elle est très friande, et qu'elle reçoive beaucoup d'eau. Couper les tiges à 10 cm du sol permet de fortifier le pied et permettre un développement croissant de la plante. Récolter les feuilles avant floraison est encore mieux.

L'utilisation de la consoude en permaculture

Consoude et Élevage : Une Plante Fourragère et Bénéfique pour les Animaux

Dans les temps anciens, les éleveurs utilisaient la consoude comme l'un des éléments de fourrage. Et pour cause ! La consoude contient 18 acides aminés sur les 22 nécessaires au développement du bétail, les acides aminés étant la base des protéines. Les deux principaux acides aminés sont l’asparagine (1 à 3 %) et la Choline. La consoude produit plus 12 tonnes de protéines par hectare alors que la luzerne en produit 3 et le colza nettement moins.

Il peut être intéressant de créer une consoudraie dans le poulailler. En effet, les poules dédaignent les feuilles de consoude fraîche sur pied. Or, la consoude de Russie (Bocking 14) est particulièrement séduisante pour les gastéropodes et peut les attirer des kilomètres à la ronde, offrant un plat de choix pour les gallinacées qui se promènent dans leur jardin. De plus, les poules vont se charger des adventices qui pourraient en profiter pour se glisser entre les consoudes. Ces dernières vont alors bénéficier des fientes de poules comme apport azoté. L’éleveur de poule en sera grandement bénéficiaire. Il prélèvera les feuilles riches en protéines, nécessaires à la consommation de la volaille. Les poules pondeuses peuvent recevoir une ration alimentaire de 100 grammes par jour de consoude fraîche suspendue à hauteur de bec en bouquets de feuilles. Pour préparer l’hiver, il faut sécher les feuilles dans un four solaire et les utiliser de la même manière. Les volailles sont incapables de synthétiser la vitamine B12. Normalement, elles ont assez de B12 en mangeant les vers de terre. Si jamais, vous craigniez qu’il n’y ait pas assez de vers de terre dans la parcelle, vous pouvez préparer une pâtée avec des feuilles de consoude, la B12 de la consoude sera ainsi ingérée.

La Consoude et les Abeilles : Un Soutien à la Biodiversité

Toutes les consoudes sont très mellifères et font le bonheur des pollinisateurs, entre mai et octobre. Pour nourrir les abeilles durant cette longue période, il est intéressant de couper une partie des plants pour permettre à la plante de produire de nouvelles tiges et donc de nouvelles fleurs. Il faut ainsi couper 20% des tiges, tous les 15 jours environ. Il est important de ne pas consommer toutes les fleurs et d'en laisser pour les pollinisateurs comme le bourdon et l’abeille qui collaborent remarquablement sur ce coup-là. En effet, la langue de l’abeille n’est pas assez longue pour y dénicher son excellent nectar.

Consommation Humaine et Précautions

La feuille est considérée comme le meilleur support pour faire des farcis ou des beignets. Il est possible d’extraire un jus vert composé de vitamine B12. Consommables d’avril à juillet, les jeunes feuilles peuvent être mangées en appoint dans une salade de laitue. Les jeunes tiges épluchées et débarrassées de leurs fibres sont utilisables en salade ou sautées à la poêle, cuites au four avec un peu de sel. Les racines rappellent le salsifis. L’idéal est de cueillir la plante en respectant les cycles lunaires en jours « racine » et en lune descendante.

La Grande Consoude contient un alcaloïde (à hauteur de 1,2 %), la pyrrolizidine, qui pourrait avoir des conséquences sur le foie. C’est pour cette raison que l’on conseille de ne pas abuser de cette plante. En 1653, Nicolas Culpeper l’a signalée comme toxique à forte dose. Cependant, la consoude n’a jamais tué personne malgré la présence d’alcaloïdes en petite quantité. Il est avéré que certaines études controversées des années 1970, relatées par la revue The Lancet, ont faussement alerté sur la dangerosité de la consoude, pour des raisons liées à des conflits d'intérêts avec l'industrie chimique.

Applications Médicinales et Cosmétiques

La consoude est une plante médicinale de premier ordre. Elle produit la substance allantoïne qui stimule la guérison des blessures et hydrate la peau. Employée sous diverses formes, en compresse, pommade, gel ou crème, elle est utilisée en cas de douleurs articulaires, de tendinite, de goutte, de contusions, de saignements, de fractures, de phlébites et de mammites.

La Consoude comme Bio-indicateur

La consoude se développe dans les vallées alluviales des fleuves et des rivières. Le caractère indicateur de la Grande consoude est un engorgement en eau et en matière organique archaïque des sols riches en bases (magnésium, calcium et potassium).

La Consoude dans l'Agriculture Durable

Pour les professionnels cultivant sur de grandes surfaces, les volumes d’extrait fermenté de consoude s’expriment différemment. Il est conseillé d'appliquer entre 5 et 15 litres d’extrait par hectare, toujours dilués dans 100 litres d’eau minimum.

  • Arboriculture : Traitement conseillé de mars à mi-juillet.
  • Maraîchage : Pulvérisation foliaire de mai à juillet.
  • Viticulture : De février à avril, essentiellement durant les périodes de taille.
  • Grandes cultures : Pulvérisées de février à mai.

En culture non intensive, l'utilisation exclusive de cet extrait fermenté peut suffire pour un jardin potager familial, évitant ainsi le recours aux engrais chimiques. Associé au purin d’ortie, il couvre l’essentiel des besoins nutritifs. Pour les professionnels en revanche, il constitue un complément efficace permettant de réduire les apports conventionnels, sans pouvoir les remplacer totalement. La consoude produite sur un hectare de sol peut donner jusqu’à 500 tonnes de matières végétales sous forme de biomasse. Pour fabriquer des engrais azotés et pour fertiliser 100 hectares de culture, il faut 300 tonnes de CO2, soulignant l'importance des alternatives biologiques.

Autres Utilisations : Colorant Naturel

La feuille et la tige de consoude sont tinctoriales. Si le mordant est l’alun, on obtient une couleur jaune. Avec de l’étain, le jaune devient acidulé. Le chrome donne une couleur orangée.

Photo de racines de consoude

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