Propriétés et applications des extraits de tissus embryonnaires de figuier : une approche de gemmothérapie

Le figuier, Ficus carica, est un arbre méditerranéen cultivé depuis l’Antiquité pour ses fruits, mais aussi pour ses usages traditionnels. Il s'agit d'un arbre mesurant de cinq à dix mètres de hauteur provenant du bassin méditerranéen poussant sur des sols frais. Ses fruits, les figues, ne poussent convenablement que dans les régions méridionales et dans le sud-ouest. Le figuier est cultivé depuis des millénaires dans le bassin européen, il est d’ailleurs considéré comme le plus ancien fruit domestique et est donc régulièrement cité dans les mythes et les narrations.

Illustration botanique du figuier Ficus carica montrant ses feuilles et ses fruits

Dans la mythologie romaine, les fondateurs de Rome, Remus et Romulus sont découverts sous un figuier sauvage par une louve qui les allaite et les élève, après avoir été abandonnés par leur mère. Dans la Bible, la croyance populaire veut que l’arbre présent dans le jardin d’Adam et Ève soit un pommier. Mais le fruit défendu était nommé pomum dans les textes originaux, qui signifie « fruit ». Les peintres de l’époque ont donc illustré le fruit défendu par une pomme, dont le nom se rapproche du nom latin par la prononciation. Mais d’autres interprétations font plutôt état d’une figue, comme dans la tradition juive par exemple.

Les généreux figuiers constituent une des fiertés du jardinier au carré des arbres fruitiers. Souvent cultivés pour leurs fruits charnus, les figuiers possèdent aussi plus d’un tour dans leurs feuilles. Leurs feuilles fascinent et inquiètent. Depuis l’Antiquité, elles sont utilisées de diverses manières pour leurs bienfaits sur la santé.

La gemmothérapie : fondements et principes des tissus embryonnaires

La gemmothérapie est une branche de la phytothérapie qui consiste à utiliser les tissus embryonnaires des végétaux : les bourgeons, les jeunes pousses et les radicelles. Elle est classée dans la catégorie des pratiques de soin non-conventionnelles. La gemmothérapie a été créée dans les années 1950 par un médecin belge, le Dr Pol Henry (1918-1988) et s'appelait alors la "phytembryothérapie". Il s'inspire de la méthode de Paul Niehans, chirurgien suisse, qui a été l'un des développeurs d'une thérapie cellulaire, nommée "thérapie cellulaire fraîche".

Animé par le développement de thérapeutiques alternatives à la chimie de synthèse, il affirmait que le méristème (qui constitue la zone de croissance des plantes) contient toute l'énergie informative au développement des arbres, et que cela pouvait guérir certains maux. Pour lui, "La phytothérapie qui ne devient pas phytembryothérapie perd le génie vital du végétal." Max Tétau, médecin homéopathe français rejoint ensuite Pol Henry et ils continuent ensemble les recherches et expérimentations. Ils baptisent au final l'utilisation des tissus embryonnaires sous le terme "gemmothérapie", du latin "gemmæ" qui signifie bourgeon.

Les tissus embryonnaires utilisés en gemmothérapie sont riches en principes actifs, parmi lesquels on trouve des polyphénols, des oligo-éléments, des vitamines et sels minéraux, des phyto-hormones, des acides aminés. Les biochimistes retrouvent dans ces tissus embryonnaires toutes les réactions anaboliques spécifiques de l’organogenèse. La gemmothérapie permettrait donc de bénéficier de l’intégralité du patrimoine génétique et de l’énergie d’une plante en plein développement. Ce procédé agit sur les processus naturels de régulation de notre corps par la régénération, la stimulation et le drainage de nos cellules, permettant ainsi une action profonde et globale sur l’ensemble de l’organisme.

La fabrication du "macérât glycériné" repose sur une macération mère au 1/20ème d’un équivalent poids sec de bourgeons. Les bourgeons macèrent dans un mélange d'eau (pour extraire les sels minéraux, vitamines, flavonoïdes, tanins, sucres, polysaccharides), d'alcool (pour extraire les alcaloïdes, acides, composés aromatiques) et de glycérine (pour extraire les composés aromatiques, flavonoïdes, phénols, cires). La récolte concerne des bourgeons, radicelles et jeunes pousses. Seulement 30% sont récoltés pour ne pas affaiblir le végétal et sont traités rapidement pour éviter leur dessiccation. Ils sont immédiatement mis en macération avec un mélange d’eau de source, d’alcool et de glycérine végétale. La macération dure entre 21 et 30 jours à l’abri de la lumière et de la chaleur.

Action du macérât de bourgeons de figuier sur le système nerveux

En gemmothérapie, le macérât de figuier est utilisé pour ses propriétés régénérantes et équilibrantes au niveau du système nerveux et plus particulièrement sur l’axe cortico-hypothalamique qui commande les émotions, les angoisses ou encore les peurs et obsessions. Il constitue un très bon remède psychosomatique grâce à son action sur le système endocrinien. Il calme notamment le stress et l’anxiété et régule l’humeur. Il agit sur les névroses comme les TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs) ou les phobies et soulage les symptômes d’origine psycho-affective. Il est particulièrement efficace sur le stress passager comme à l’approche des examens pour les étudiants.

La présence de flavonoïdes serait à l’origine de sa spectaculaire action calmante et relaxante. Le bourgeon de figuier (Ficus carica) se distingue par son action globale, liant sereinement les sphères nerveuse et digestive. Il peut également soulager les personnes souffrant de névralgies faciales, d’hématomes intracrâniens, de spasmophilie, d’épilepsie post-traumatique ou encore de migraines. Les troubles du sommeil sont souvent corrélés à une hyperactivité mentale ou à des tensions digestives. En effet, ses effets relaxants aident à lutter contre le stress, l'anxiété et les troubles du sommeil.

Régulation de l'axe intestin-cerveau et santé digestive

Le figuier agit aussi sur notre deuxième cerveau : l’estomac et le système digestif. En effet, l’estomac est un organe très connecté au système nerveux et par conséquent particulièrement sensible aux émotions, aux angoisses, aux pensées. Il draine l’estomac et prévient les problèmes liés aux causes psychologiques comme les hernies diaphragmatiques, les ulcères, les gastrites, les colites ou encore l’acidité gastrique. Le bourgeon de figuier est particulièrement reconnu pour accompagner les inconforts digestifs, notamment ceux liés à l’estomac (sensation de lourdeur, digestion difficile).

Schéma simplifié expliquant l'axe intestin-cerveau et l'impact du stress sur la digestion

La microflore intestinale joue un rôle majeur dans le bien-être général. Le bourgeon de figuier est souvent associé à un environnement intestinal bénéfique, contribuant ainsi à un fonctionnement digestif plus fluide. Le concept moderne de l’axe intestin-cerveau montre que les liens entre l’état digestif et l’état mental sont profonds et constants. Le bourgeon de figuier exerce un effet anti-acide. Il favorise en outre la production de suc gastrique et aide à réguler le transit intestinal. Limitant les dysfonctionnements du foie, la prise de bourgeon de figuier stimule également la sécrétion biliaire et favorise la détoxification hépatique. Si vous avez régulièrement la « boule au ventre » ou que vous n’arrivez pas à « digérer » certaines choses, il va devenir un partenaire idéal. En réalité, le psychisme et le confort digestif sont souvent liés. Quand l’un se porte mal, cela a des répercussions négatives sur l’autre, et inversement.

Propriétés médicinales et usages des feuilles de figuier

Les feuilles de figuier ont une connotation biblique puisque, dans la Genèse, Adam et Ève, conscients de leur nudité après avoir cueilli le fruit défendu, cherchèrent à la masquer en s’en recouvrant. Pour la réalisation de produits phyto ou homéopathiques, le fruit et les feuilles sont tous deux utilisés. Les feuilles entrent notamment dans la composition de plusieurs traitements. Stimulants par leur grande teneur en vitamines A et C notamment, la figue et ses feuilles aident à lutter contre la fatigue intellectuelle et physique.

Son caractère expectorant et anti-inflammatoire conduit à utiliser l’extrait de feuille de figuier pour soigner l’asthme, les bronchites et apaiser les quintes de toux. Elles améliorent les fonctions du système digestif qu’elles débarrassent des mucosités pouvant altérer son fonctionnement. Laxative, elle est un bon moyen de lutte contre les phénomènes de légère constipation. Les feuilles de figuier peuvent contribuer à une meilleure cicatrisation cutanée. Le latex des feuilles et des tiges est depuis très longtemps employé pour apaiser les piqûres d’insectes et les morsures. En tisane, les feuilles apaisent les douleurs menstruelles et fluidifient le sang lors des règles.

La tisane de feuille de figuier et ses bienfaits

La cueillette s’étend du printemps à la fin de l’été, lorsque l’arbre est en pleine croissance et que les feuilles sont fraîches et abondantes. Il est recommandé de privilégier la sélection des feuilles saines et bien vertes pour garantir la meilleure qualité pour vos recettes de cuisine. Lors de la cueillette, n’hésitez pas à utiliser des gants, car le latex blanc qui coule de la tige peut provoquer des irritations ou des brûlures si vous avez la peau sensible. Une fois séchées, vous pouvez en faire une infusion, un sirop ou encore un macérat.

Conseils d'utilisation et précautions d'emploi

Les macérats se consomment souvent en cure, ou comme traitement préventif de fond. Ils s'administrent sous forme de gouttes (la posologie peut légèrement varier suivant les fabricants). Le bourgeon de figuier est l’un des macérâts les plus polyvalents en gemmothérapie. Concernant la durée, vous pouvez partir sur une durée de 3 semaines renouvelable au bout d’une semaine. Si le bourgeon de figuier est généralement bien toléré par l’organisme, il peut néanmoins causer des réactions allergiques chez certaines personnes hypersensibles.

Il est important de noter que les vertus des bourgeons ou jeunes pousses de plantes présentées sont définies comme "reconnues par les praticiens phytothérapeutes", et non pas comme des allégations officielles car la gemmothérapie n'est toujours pas reconnue scientifiquement. L’automédication est à pratiquer avec prudence : les informations délivrées ne remplacent en aucun cas un avis ou une prescription médicale que seuls les médecins sont habilités à délivrer en connaissance de votre dossier médical. En cas de persistance des symptômes, il faut consulter un médecin. Il est toujours recommandé de consulter un professionnel de santé avant de commencer tout nouveau régime à base de plantes.

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