Le Compostage : Guide Complet pour une Terre Fertile et un Jardin Prospère

Pile de compost en décomposition avec des couches de déchets verts et bruns

Découvrez dans cet article tout l’intérêt de la fabrication de compost, comment se forme cette matière si précieuse et comment vous pouvez procéder pour faire le vôtre à la maison. Le compostage est une pratique écologique et économique qui permet de transformer vos déchets organiques en un amendement de sol de premier choix, souvent qualifié d'« or noir ». Ce processus reproduit à peu de choses près ce qu’il se passe en milieu naturel, notamment en forêt, où la matière obtenue se nomme alors l’humus. Le compost, comme ce dernier, a la particularité d’être très riche en nutriments assimilables par les végétaux.

Qu'est-ce que le compost ?

Le compost est le produit issu de la dégradation des déchets organiques, processus lui-même appelé le compostage. On produit le compost avec les déchets alimentaires et les déchets de jardin. C’est un amendement organique qui améliore les propriétés physico-chimiques du sol et stimule son activité microbienne. Au terme du processus de décomposition et transformation de la matière organique, on obtient une sorte de terreau particulièrement riche en nutriments, qui va constituer un engrais de premier choix et qui plus est, naturel.

Pourquoi faire du compost ?

L'intérêt du compostage est multiple, tant sur le plan écologique qu'agronomique.

Réduction des déchets ménagers

Dans la poubelle d’une famille disons « classique », environ 25% des déchets sont des déchets alimentaires, c’est-à-dire soit des éléments retirés avant consommation, comme des épluchures de légumes, soit des restes qui n’ont pas été consommés. En les jetant dans la poubelle des ordures ménagères, avec les déchets non recyclables, on les destine à l’incinération ou à l’enfouissement. Le compostage permet de détourner une part significative de ces biodéchets de la chaîne de traitement classique, réduisant ainsi le volume des ordures ménagères et les coûts associés à leur gestion. Les déchets de cuisine et les déchets de jardin composent environ 1/3 de notre poubelle.

Enrichissement du sol et fertilisation naturelle

Le compost est un produit naturel très utile qui permet d’optimiser la croissance des plantes sans utiliser d’engrais chimiques. Il pourra par la suite être utilisé au jardin, notamment dans une démarche de permaculture, ou même servir pour des plantes en pots. Il apporte des éléments nutritifs essentiels aux plantes, tels que l'azote, le phosphore et le potassium (K), contribuant à une agriculture durable. Il nourrit directement toute la petite faune qui grouille sous nos pieds, comme les lombrics, qui décomposent la matière et rejettent dans le sol la nourriture indispensable aux végétaux que nous cultivons.

Amélioration de la structure du sol et de sa rétention d'eau

Le compostage de surface, à moyen terme, permet aussi une amélioration de la structure du sol. Les vers de terre, friands du compostage de surface, structureront les particules de terre entre elles. Au bout de quelques années de compostage de surface, la texture du sol devient souvent très intéressante, on la compare à du couscous ! L'apport de déchets de cuisine au potager permet aussi d’augmenter l’humidité dans le sol. Constitué de 40 à 95 % d’eau, et à l'abri sous le paillage en été, le compost délivrera une belle humidité au sol, lentement, et maintiendra la terre humide plus longtemps, ce qui est pratique pour limiter les effets d’une sécheresse.

Comment se fabrique le compost ? Le processus de décomposition

intérêt de la décomposition

Pour faire du compost, on mélange des matières organiques, végétales ou animales. Celles-ci vont donc se dégrader à plus ou moins long terme, en présence de chaleur, d’oxygène et d’humidité et grâce à de nombreux petits animaux et micro-organismes. Le compostage est un processus naturel où des micro-organismes transforment vos déchets organiques en un compost mûr et fertile. Insectes, vers, champignons, cloportes ou encore bactéries interviennent à des stades différents en mangeant en quelque sorte les biodéchets et en les transformant peu à peu. Ce processus se déroule en plusieurs étapes :

La phase mésophile initiale

Les bactéries interviennent les premières, se nourrissant principalement du sucre des déchets et faisant monter la température, ce qui provoque l’évaporation de l’eau et donc la diminution du volume du tas. La température peut atteindre 70 à 80°C au cours des deux premiers jours, consommant les sucres et acides aminés facilement disponibles.

La phase thermophile

Lorsque la matière facilement décomposable diminue, les bactéries mésophiles sont inhibées. Les champignons recouvrent le contenu du tas de mycélium, ce qui va avoir pour conséquence la décomposition des matières végétales comme les feuilles ou le bois. La température du compost se maintient à 65°C, voire même plus, favorisant la décomposition des composés plus résistants comme la cellulose et l’hémicellulose et réduisant la durée du processus. Une température située entre 50 et 70°C est idéale, et une température d’élimination des graines d’adventices est de 62°C.

La phase de maturation

Après quelques jours à quelques semaines, la température diminue graduellement et revient à la température ambiante. Les micro-organismes mésophiles recolonisent le compost. Le compost devient plus foncé à noir, les matières sont homogènes, et la texture ressemble à celle d’un sol. Le compost a besoin d'un temps de maturation pour que les décomposeurs fassent leur travail jusqu'au bout.

Facteurs clés pour un compostage efficace

Pour garantir un compost de qualité, plusieurs facteurs doivent être maîtrisés.

Équilibre entre carbone et azote (rapport C/N)

Il faut alterner les deux types de déchets afin d’arriver à un bon équilibre. Certains déchets sont riches en azote (on parle de déchets verts) comme les épluchures, les restes alimentaires ou l’herbe fraîche, et d’autres sont riches en carbone (déchets bruns) comme les feuilles mortes, l’essuie-tout ou encore les brindilles. Un apport de l’eau et de l'azote tandis qu'un autre apporte du carbone et aère l’ensemble. L’équilibre entre ces deux catégories est essentiel pour assurer une bonne décomposition. Le rapport C/N idéal pour le compostage est entre 25 et 30. Un rapport C/N trop élevé entraîne une minéralisation rapide de l’azote et une perte par volatilisation. Un rapport C/N trop bas ralentit le processus de décomposition.

Humidité

Sans humidité, les micro-organismes ne survivront pas. Le compost devrait avoir une teneur en eau de 40 à 65 pour cent. Un compost trop sec ralentit la décomposition, tandis qu’un excès d’eau peut le rendre collant. Trop d’humidité empêche l’aération : le compostage est freiné et des odeurs désagréables se dégagent. Si c’est le cas, on peut étaler le compost quelques heures au soleil ou le mélanger avec du compost sec ou de la terre sèche. Si le compost n’est pas assez humide, les déchets deviennent secs, les micro-organismes meurent et le processus de décomposition s’arrête. Vous pouvez remédier facilement à ce problème en arrosant un peu le compost. Pour garantir une bonne humidité dans le compost, nous vous conseillons de choisir un emplacement qui pourra bénéficier à la fois d’ombre et de soleil. Un compost laissé en plein soleil tout l’été risque de s’assécher assez vite.

Aération

Les micro-organismes utiles au compostage ont besoin d’oxygène. L'aération est indispensable pour le compostage aérobie, particulièrement lors du stade initial. L’insuffisance en oxygène est fréquente. L’aération permet de maintenir la surface du tas de rester en contact avec l’air. Le retournement du tas est un moyen très efficace d’assurer une bonne aération, il permet l’élimination des autres gaz piégés dans le tas.

Température

La température est un facteur particulièrement important. Elle détermine les populations microbiennes actives et l’efficacité du processus. La température du compostage s’élève en deux phases : mésophile et thermophile. Les températures très élevées (supérieures à 70°C) peuvent inhiber l'activité microbienne et réduire la diversité des espèces.

Taille des particules

Les végétaux durs, longs et encombrants sont plus difficiles à composter. En sectionnant, fragmentant, écrasant ou broyant ces déchets, vous facilitez l’action des micro-organismes. Ces déchets favorisent l’aération des matières en compostage. Les déchets très ligneux ou durs (tailles, branches, os, noyaux, trognons de chou…) se dégradent plus difficilement et peuvent être broyés au préalable.

pH

Le pH optimal pour le compostage se situe généralement entre 6,0 et 8,0. Un pH extrême peut inhiber l'activité microbienne.

Quelles sont les différentes méthodes de compostage ?

Schéma comparatif des différentes méthodes de compostage : tas, bac, lombricomposteur, Bokashi

Il n’y a pas qu’une seule façon de procéder pour composter ses déchets. À vrai dire, à peu près tout le monde peut composter chez lui, à son échelle. Et pour ceux qui ne le souhaitent pas, il est possible d’amener ses biodéchets dans des composteurs communaux prévus à cet effet, puisque depuis le 1er janvier 2024 leur tri à la source est devenu obligatoire et les collectivités doivent mettre en place des bacs de collecte. Pour ceux qui peuvent et veulent mettre en place un système de compostage à domicile, plusieurs solutions s’offrent à vous.

Le compostage en tas

Ici, même pas besoin de matériel. Il suffit d’un coin de terrain sur lequel vous entasserez simplement les déchets à découvert. Cela peut être contre la clôture, derrière la serre tunnel, simplement au milieu du potager, peu importe. Cette méthode a l’avantage d’être très simple et de ne rien coûter. Cependant, elle est moins esthétique et la décomposition peut être plus lente car la montée en température est limitée. Le compostage en tas est plus sujet aux variations climatiques.

Le compostage en bac

Au lieu de faire son tas à découvert, on le fait cette fois dans un bac, qui soit dit en passant n’est pas vraiment un bac puisqu’il ne possède pas de fond. Le tas de déchets est donc caché, ce qui en fait une solution plus esthétique. Les bacs possèdent le plus souvent un couvercle, qui empêche la pluie de tremper l’intérieur, et le fait que ce soit fermé permet une montée en température plus importante. Certains bacs de collecte collectifs sont installés sur une dalle béton pour des questions d’hygiène, ce qui est une aberration étant donné que le contact avec le sol est alors inexistant, ce qui nuit à l'activité des micro-organismes. Un bac à compost peut être en bois ou en plastique. La première option est plus esthétique et assure une bonne isolation, mais la deuxième durera plus longtemps. Un jeune compost de 2 à 3 mois peut être fort utile pour pailler vos plantes.

Le lombricompostage

À ce stade vous pensez peut-être encore que, vivant en appartement, il est impossible de composter vos déchets. C’est que vous n’avez pas encore entendu parler du lombricompostage. Le terme provient de compostage et de lombrics, car le système consiste en une boîte à plusieurs étages hébergeant des vers de terre qui vont faire tout le travail. Chez Ceercle, nous utilisons le lombricompostage pour accélérer le processus de décomposition. Grâce aux vers de compost, le processus est environ 4 fois plus rapide. Le jus de compost / thé de compost est le liquide qu’on récupère lors du lombricompostage ou vermicompostage, il s'agit d'un excellent engrais liquide.

Le Bokashi

Le bokashi est un système spécifiquement conçu pour pouvoir composter en appartement. Il permet d’obtenir à la fois un jus servant d’engrais liquide (dilué à 1%) ou de produit d’entretien pour canalisations, et un compost solide. Un compost bokashi ne sent donc rien s’il est bien fermé ! Le jus est extrait régulièrement de notre seau à compost Bokashi pour en faire du fertilisant. Le Bokashi est un compostage anaérobie, ce qui signifie qu'il se déroule en l'absence d'oxygène. Cela présente l'avantage de traiter une plus grande variété de déchets, y compris certains produits d'origine animale.

Le compostage de surface

Exemple de compostage de surface dans un potager avec paillage

Faire du compostage de surface revient tout simplement à déposer les matières organiques compostables en surface du sol ! Le compostage de surface est une façon rapide d’optimiser presque toute la matière organique en la mettant directement à la disposition des légumes. Un gain en temps et en fertilité, alors pourquoi s’en priver ? Le compostage de surface consiste à venir directement déposer les déchets organiques sur les planches de cultures. Cela revient à reproduire un cycle bien connu de la nature, celui de la matière organique : une plante pousse, meurt, et tombe au sol. Puis elle se décompose, améliorant ce dernier au passage. Pour mettre en place du compostage de surface, rien de plus simple, vous le faites même déjà sûrement. Si vous paillez au jardin, vous pratiquez déjà une forme de compostage de surface.

Le compostage de surface nourrit directement toute la petite faune qui grouille sous nos pieds. Les vers de terre sont friands du compostage de surface : ils finiront par s’en nourrir. Une fois la vie du sol bien installée, les décomposeurs travaillent vite et bien. Vous pourrez directement planter dedans en veillant à écarter un peu les résidus des anciennes cultures et déchets de cuisine. Le compostage de surface fait effectivement gagner beaucoup de temps !

Quels déchets pour le compostage de surface ?

  • Déchets de cuisine : Les fanes de betteraves ou de carottes, les queues de haricots. Tous les déchets de cuisine peuvent aussi être épandus au potager sous le paillage au fil des mois. Évitez tout de même la viande, le poisson et les produits laitiers qui peuvent devenir embêtants en attirant les rats. Préférez les composter dans votre silo.
  • Déchets du jardin : Les feuilles, les restes de tailles bien hachées. Il est souvent déconseillé de composter les légumes atteints de maladie. Cependant, les spores des champignons restent dans le sol d’une année sur l’autre et sont présents partout dans l’environnement. Vous ne risquez donc pas grand-chose en les mettant en compostage de surface.
  • Mauvaises herbes : Elles sont pleines de minéraux. Lors du désherbage, laissez les adventices sécher, racines à l’air libre, durant quelques jours. Toutes ces adventices relâcheront des minéraux dans le sol après leur décomposition.
  • Tontes de gazon : La tonte peut aussi être utilisée en compostage de surface et faire office de paillage par la même occasion.

Comment procéder pour le compostage de surface ?

N’hésitez pas à hacher vos restes de cultures. Généralement et même si ce n’est pas obligé, les jardiniers déposent ces déchets là sous un paillage déjà présent.

Pourquoi recouvrir les déchets ? Pour plusieurs raisons, explique Gilles Domenech. « Tout d’abord cela évite certaines nuisances visuelles. Et dans une moindre mesure olfactive (notamment s’il y a des résidus d’origine animale dans des déchets de cuisine). » Le compostage de surface est à considérer à mi-chemin entre un paillage et un compost.

Le compostage de surface est donc complémentaire avec un compost en tas ou en silo. Il est intéressant de faire un compost en tas ou en silo pour produire beaucoup de compost d’un coup. Il permet aussi de faire un substrat riche lors du repiquage des plants.

Précautions et limites du compostage de surface

  • Ravageurs : Le compostage de surface peut attirer les limaces et les rongeurs. Pour limiter au maximum d’attirer les rats, excluez les déchets d’origine animale (viande, poisson, produits laitiers) à proximité des plantes cultivées. Vous pouvez les composter dans un massif d’ornement par exemple ou au compost.
  • Hygiénisation : Contrairement à un bon compostage en tas, le compostage de surface ne détruit pas les adventices et leurs graines comme le dit Antoine. Il ne subit pas de montée en chaleur qui permet de « nettoyer » le compost plus classique.
  • Cultures sensibles : Les plantes, et en particulier les légumes, ont besoin d’eau pour pousser. Il faut cependant prendre des précautions avec certaines cultures en particulier qui n’apprécient pas les sols trop humides. C’est notamment le cas avec l’ail ou l’oignon. Évitez donc le compostage de surface avec ces cultures.

Compostage en tranchée

Pour faire un mix entre le compostage en tas et de surface, il existe aussi le compostage en tranchée. Il suffit de creuser une petite tranchée entre deux rangs de culture et de venir le remplir de matière organique. Cela permet d’enrichir un rang de légume disposé à côté par exemple, c’est une méthode éprouvée.

Quel matériel est nécessaire pour faire du compost ?

Une fois que vous avez trouvé la méthode qui correspond le mieux à votre mode de vie et à vos possibilités, il vous faut vous procurer le matériel (sauf dans le cas du compostage en tas qui, rappelons-le, ne nécessite aucun matériel). Que vous optiez pour le compostage en bac, fermé ou ouvert, le lombricompostage, ou même le bokashi, vous pouvez acheter l’équipement nécessaire ou le fabriquer vous-même.

  • Composteur : Un composteur peut être en bois ou en plastique. Si vous n’en avez pas, pas de panique, un espace dans un jardin prévu à cet effet sera suffisant ! Cette zone sera de préférence à l’ombre, et assez grande pour pouvoir faire un tas où seront alternées les couches sèches et humides.
  • Fourche ou aérateur de compost : Pour aérer et retourner votre compost. Une fois par mois, utilisez une fourche et retournez votre compost. Cela permettra à l’air de venir pénétrer dans toutes les couches. Il existe des outils spécifiques pour aérer facilement un tas de compost notamment quand il est en bac ou silo.
  • Broyeur de végétaux : Utile pour les déchets très ligneux ou durs (tailles, branches, os, noyaux, trognons de chou…) afin de faciliter leur décomposition.

Que peut-on composter ?

Infographie montrant les types de déchets acceptables et non acceptables dans un compost

On peut placer dans son bac à compost à peu près toutes les matières organiques, à quelques exceptions près. L'équilibre entre matières humides (riches en azote) et matières sèches (riches en carbone) est crucial.

Déchets de cuisine

  • Acceptés : Les épluchures des fruits et des légumes, les fruits et les légumes trop vieux ou abîmés, les restes de cuisine, le pain, les croûtes de fromage, les coquilles d’œufs et d’huîtres, le café, le thé, les filtres à café, le marc de café.
  • À éviter ou à composter avec précaution : Les déchets d’origine animale comme la viande, le poisson et les fruits de mer, et le lait, car ils peuvent attirer les nuisibles et provoquer des odeurs désagréables. Les oignons et l’ail, ainsi que les graisses, sont également à éviter en grande quantité car ils peuvent ralentir le processus. La viande, il est préférable de la placer en petits morceaux au centre du tas, hors d’atteinte des animaux.

Déchets ménagers biodégradables

  • Acceptés : Les sacs et serviettes en papier, mouchoirs et essuie-tout, le carton (non imprimé), les sachets de thé et de café, et les litières d’animaux s’ils sont herbivores.
  • À éviter absolument : Les produits synthétiques non biodégradables comme le verre, les métaux, les plastiques, les tissus synthétiques, le contenu des sacs d’aspirateur. Les couches-culottes ne sont pas entièrement biodégradables. Les bois vernis ou peints (bois de menuiserie ou de charpente, presque toujours traités chimiquement) et les produits chimiques (huile de vidange…) de façon générale. N’oubliez pas que nombre de ces déchets peuvent être recyclés.

Déchets du jardin

  • Acceptés : Les feuilles mortes, résidus de plantes non touchées par la maladie (fleurs, arbustes, tailles de haie…), les mauvaises herbes non grainées (laissez-les sécher, racines à l'air libre, durant quelques jours), ainsi que les tontes de gazon. Les fines branches et le bois de taille une fois broyé sont également acceptables. Les coquillages et les coquilles d’œufs ne se décomposent pas mais ils peuvent être placés en petite quantité car en se désagrégeant en petits morceaux, cela apporte des éléments minéraux au compost et facilite son aération.
  • À éviter : Les végétaux malades ou traités, ni de plantes en graines (les mauvaises herbes : leurs graines résistent au compostage et peuvent germer). Si la plupart des germes pathogènes, concurrencés par les micro-organismes du compostage, sont éliminés, on ne peut pas garantir une hygiénisation totale et la destruction des graines avec toutes les méthodes.

Comment procéder pour un compostage réussi ?

Il ne suffit pas d’entasser les déchets dans un bac pour créer du compost. Il y a quelques règles importantes à respecter.

Alterner les couches

Lorsque vous ajoutez une couche sur votre compost, pensez à les alterner ! Après des déchets humides comme les épluchures, le thé, les résidus de plantes fraîchement coupés, le marc de café, etc., mettez une couche de matériaux secs. Celle-ci pourra être composée de cartons, foin, mouchoirs, bois sec, etc. Une autre méthode existe sinon : chaque couche peut être constituée à 2/3 de matières humides, pour 1/3 de matières sèches. L'équilibre entre ces deux catégories est essentiel pour assurer une bonne décomposition.

Broyer les déchets volumineux

Broyer ce qui est trop dur ou trop volumineux, n’hésitez pas à couper en morceau ce qui reste de végétaux. Les déchets très ligneux ou durs (tailles, branches, os, noyaux, trognons de chou…) se dégradent plus difficilement et peuvent être broyés au préalable.

Aérer le compost régulièrement

Une fois par mois, utilisez une fourche et retournez votre compost. Cela permettra à l’air de venir pénétrer dans toutes les couches. Le brassage permet aussi d'activer les micro-organismes du compost.

Maintenir une humidité suffisante

Si votre compost devient sec, n’hésitez pas à l’arroser un peu ! Bien surveiller son compost, par exemple au moment de l’apport de déchets frais, permet de déceler un excès ou un déficit d’humidité, des zones mal décomposées, des odeurs… Si vous apportez suffisamment de matières humides, votre compost s’autorégule naturellement, sans qu’il soit nécessaire de l’arroser.

Combien de temps faut-il pour que le compost soit prêt ?

Il faut du temps pour que le compost soit assez mûr pour être utilisé au jardin. Il peut être employé au bout de 6 mois mais ne sera peut-être qu’à moitié mûr. Dans ce cas, il fera un bon paillage nutritif. Lorsque le compost est prêt, il ressemble à du terreau bien noir et fin. La durée du processus de compostage varie en fonction de la méthode choisie, des matériaux utilisés, et des conditions environnementales. Le lombricompostage est environ 4 fois plus rapide que le compostage en tas classique. Un compost jeune (2 à 3 mois) peut être utilisé comme paillage nutritif, tandis qu'un compost mûr (6 mois à 1 an) sera idéal comme amendement de sol.

Où trouver du compost gratuit ?

Certaines collectivités territoriales et notamment les syndicats intercommunaux de gestion des déchets, s’engagent dans une démarche écoresponsable de valorisation des déchets récoltés sur leur territoire et distribuent, notamment via leurs réseaux de déchèteries publiques, du compost gratuit aux usagers résidents sur les communes concernées.

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