Le compostage, pratique au cœur de la permaculture, représente une solution écologique et citoyenne pour la gestion de nos biodéchets. Face à l'obligation de trier les déchets biodégradables, cette démarche permet de transformer les restes alimentaires et les débris de jardin en un amendement précieux pour nos sols. Plutôt que de voir ces matières détruites par des pratiques polluantes, le compostage offre un retour à la terre, améliorant sa structure, nourrissant les plantes et favorisant la vie microbienne. Fabriquer son propre pot de compost, qu'il soit destiné à un grand jardin ou à un petit appartement, est une démarche accessible à tous, pour peu que l'on respecte quelques principes fondamentaux.

Le Compostage : Une Démarche Écologique Essentielle
Comprendre l'intérêt et le principe du compostage est la première étape vers sa réussite. Le compostage est un processus de transformation des déchets organiques en un humus fertile, la partie supérieure du sol. Cette décomposition est l'œuvre d'une multitude d'êtres vivants - micro-organismes du sol (bactéries, levures, champignons microscopiques), insectes (larves de mouches, moucherons, cloportes, mille-pattes, pince-oreilles et coléoptères), lombrics, limaces, escargots, etc. - qui, en l'espace de 6 mois à 1 an, transforment ces déchets biodégradables en un compost de couleur brun-noir. Cet équivalent de l'humus est un engrais organique et un terreau très nutritif pour les plantes. Au jardin, le sol perd entre 2 et 3% d'humus par an ; sans apport de matière organique, il s'appauvrit. Fabriquer un composteur et utiliser le compost est donc une solution efficace pour compenser cette perte.
Environ 30% à 40% de nos ordures ménagères, soit 45 à 60 kg par habitant et par an, sont des déchets compostables. Recycler et composter ses déchets est un véritable geste écocitoyen, qui permet de diminuer son empreinte écologique et de valoriser ces ressources. Il est important de noter que le compostage industriel et le compostage domestique ne produisent pas exactement le même produit et ne visent pas les mêmes utilisations. Pour le compost "maison", il est préférable d'utiliser des intrants d'origine végétale, les matières animales (os, arêtes, cheveux) devant rester largement minoritaires (maximum 10% du volume). Il faut éviter de composter des plantes atteintes de maladies (champignons, virus).
Choisir Sa Méthode de Compostage : Adaptez-vous à Votre Espace
Il existe plusieurs méthodes de compostage, chacune adaptée à des contraintes d'espace et de temps différentes. Le choix de la méthode est crucial pour la réussite de votre projet.
Le Compostage en Tas : Simplicité pour les Grands Jardins
Le compostage en tas est l'une des manières les plus classiques de faire son compost. Il s'agit de rassembler les déchets en tas et de laisser la vie du sol (bactéries, champignons, vers de terre, etc.) dégrader les matières organiques. Cette méthode, adaptée pour les grands jardins, est simple à réaliser et ne nécessite pas beaucoup d'intervention. Le tas peut être agrandi autant que souhaité. Cependant, le temps de dégradation de la matière est long et irrégulier, car le tas est exposé aux intempéries. Pour que la magie opère, il est nécessaire d'organiser votre tas, en veillant à une bonne alternance de matières.

Le Compostage en Bac : Esthétique et Efficacité pour Jardins Moyens et Petits
La méthode privilégiée pour les moyens et petits jardins est le compostage en bac. Plus esthétique qu'un simple tas, il permet une dégradation plus rapide des déchets, à l'abri des aléas climatiques. Cette technique requiert une surveillance régulière pour éviter tout risque de sécheresse ou d'humidité trop forte. La contrainte de place est aussi à prendre en compte lors du choix d'un bac. Un composteur en bois, non traité de préférence, se fondra bien dans votre jardin grâce à son rendu naturel et authentique. Il offre une bonne isolation thermique, un atout pour le compost. Toutefois, il aura tendance à pourrir et à s'abîmer plus vite qu'un bac en plastique. Ce dernier présente l'avantage d'être résistant et de transformer plus rapidement la matière en un compost homogène, mais son aspect peut rebuter.
Le Lombricompostage : La Solution pour les Appartements
Faire du compost en appartement, c'est possible grâce au lombricomposteur. Ce système fonctionne grâce à l'action de vers qui se nourrissent de matières organiques et les digèrent sous forme de compost. Il s'agit d'une boîte à étages que l'on peut installer sur un balcon, une terrasse, ou même à l'intérieur du logement. Véritable écosystème, le vermicomposteur abrite des vers de terre inoffensifs qui se délectent de vos restes organiques, un idéal pour valoriser vos biodéchets ! Deux espèces de vers retiennent particulièrement l'attention pour ce travail : le ver tigré (Eisenia foetidia) et le ver rouge de Californie (Eisenia andrei). Leur atout : ces vers peuvent manger jusqu'à un tiers de leur poids en déchets chaque jour. Au démarrage, le lombricomposteur accueille les vers dans une litière que l'on peut fabriquer soi-même en mélangeant un peu de compost mûr ou du terreau de rempotage, et du carton humide déchiqueté en petits morceaux.
Les vers apprécient les épluchures de fruits et de légumes, le marc de café, les restes de thé, ainsi que des coquilles d'œufs broyées. Le lombricomposteur doit être placé à l'abri à une température entre 15 et 25 °C pour que les vers soient actifs. En dessous de 5 °C et au-dessus de 30 °C, c'est risqué pour eux, car ils ne supportent pas le gel ni les fortes chaleurs. Il est donc préférable de placer les bacs à l'intérieur. L'humidité est également un élément important. Quand le premier bac est rempli, il faut en ajouter un deuxième par-dessus. Le compost mûr est obtenu en 6 mois environ et est idéal pour fertiliser les plantes en pots ou jardinières. De plus, tout au long du processus, on récupère du thé ou jus de compost à utiliser comme engrais lors de l'arrosage des plantes, après l'avoir dilué à hauteur d'un volume de jus pour dix volumes d'eau.

Le Bokashi : La Fermentation sans Oxygène
Si l'idée d'avoir un lombricomposteur dans la cuisine ne vous réjouit pas, le bokashi est une alternative intéressante. Contrairement au compostage traditionnel et au lombricompostage qui fonctionnent grâce à la dégradation des déchets en milieux aérobie (avec oxygène), le bokashi, lui, fonctionne par fermentation, en milieu anaérobie (sans oxygène). La transformation des déchets se fait dans un contenant hermétique muni d'un robinet. Le bokashi séduit par la diversité des déchets qu'il peut accueillir : en plus des déchets de cuisine habituels (épluchures, marc de café, coquilles d'œufs), il transforme aussi les restes de poisson, viande et fromage.
Le bokashi fonctionnant sans air, il faut être vigilant à ne pas ouvrir le seau trop souvent. Ici, les matières ne sont pas dégradées mais fermentées, elles ont donc le même aspect que lorsque vous les avez déposées. Il faut ensuite laisser les matières fermentées revenir à un pH plus neutre avant de les intégrer comme engrais au jardin. Le jus de fermentation, quant à lui, est utilisable dès récupération pour l'arrosage des plantes, dilué à hauteur d'une cuillère à café pour 0,5 L d'eau. Si vous en avez trop, vous pouvez aussi le verser dans vos canalisations.
LE BOKASHI/ENGRAIS BIOLOGIQUE/PROCÉDURE DE FABRICATION
Fabriquer Son Composteur : DIY Écologique et Économique
L'idée d'avoir son propre bac à compost est une bonne solution, et il peut très bien être fabriqué. De nombreux bricoleurs, amateurs ou non, auront envie de fabriquer eux-mêmes leur bac à compost.
Principes de Base et Conception d'un Composteur Fait Maison
Lors de la conception d'un composteur, qu'il soit d'extérieur ou d'intérieur, certains principes sont à respecter. Pour un composteur d'extérieur, la présence d'un couvercle est fortement recommandée, même si elle n'est pas toujours indispensable au processus de décomposition, surtout si l'extérieur est de petite taille. Il est également judicieux de pouvoir contrôler le taux d'humidité. Quant au composteur d'intérieur, il se doit d'être étanche, donc le couvercle est obligatoire. En bas du composteur, une ouverture permet de retirer le compost mûr. Elle peut être sur un seul côté ou sur tous, mais suffisamment haute pour pouvoir récupérer aisément le compost mûr. Une porte ou un tiroir permet de contenir les matières.
Il est important de bien calculer le volume nécessaire pour le recyclage des déchets du foyer. De nombreux calculateurs peuvent être trouvés sur internet. Une fois le volume déterminé (en tenant compte des limites imposées par les dimensions de votre extérieur), il faut veiller à ce que le composteur soit facile à utiliser. Ne prévoyez donc pas une hauteur supérieure à 1 mètre, pour qu'il soit aisé à chacun de verser des déchets à l'intérieur. Prévoyez avec précision l'emplacement où vous installerez votre composteur pour fabriquer du vrai sur-mesure.
Emplacement Idéal pour Votre Composteur
L'emplacement du composteur est crucial pour son efficacité. Il doit être à la fois ombragé et ensoleillé si possible, et à l'abri des intempéries. Un emplacement proche de la cuisine est idéal pour faciliter les allers-retours. Si vous avez un jardin potager, il est judicieux de choisir un emplacement à proximité pour transférer directement votre compost sur le sol.
La zone doit être ombragée : le processus de dégradation a besoin de chaleur, mais un soleil direct aura l'effet inverse en asséchant le compost, stoppant le travail de décomposition. Les micro-organismes, insectes et vers n'apprécient pas la lumière directe du soleil et adorent l'obscurité. Dans le cas d'un lombricomposteur, les vers ne doivent pas être soumis à une température de plus de 25°C. La zone doit être plate pour assurer une plus grande stabilité à votre installation et éviter que le composteur ne se renverse. La proximité d'un point d'eau facilitera la tâche pour arroser le compost lorsqu'il en a besoin. Pour les composteurs d'extérieur, évitez de le placer contre toute structure susceptible de pourrir, notamment si elle est en bois (palissade, façade de garage, abri de jardin, portail). La zone doit être protégée du vent et des fortes pluies, car le compost doit être aéré mais pas trop, et humide sans être noyé. Enfin, la zone doit être aérée : vous pouvez le plaquer à un mur, mais seulement pour une de ses faces. Il est déconseillé de choisir un angle ou un espace fermé.

Fabriquer un Composteur de Jardin en Grillage
La réalisation d'un composteur en grillage est l'une des plus simples. Il suffit de planter 3 ou 4 poteaux (en bois ou en métal) dans le sol pour maintenir le grillage, et de les entourer d'un simple grillage à poules. Pour retourner le mélange, il suffit de retirer le grillage pour dégager les matières et de le remettre en place avant de le remplir à nouveau. Une autre option est d'installer deux composteurs côte à côte. Il faut néanmoins être attentif à l'humidité : des arrosages réguliers seront nécessaires en période chaude et/ou de sécheresse. En période très pluvieuse, le compost sera trop humide, une protection (bâche ou petit toit) pourra éviter ce problème. L'avantage est la bonne circulation d'air, mais il peut être moins esthétique.
La Poubelle Composteur pour Jardin ou Balcon
Une poubelle à couvercle en plastique ou en métal (c'est mieux) peut faire un bac à compost tout à fait acceptable. Il vous faudra percer des trous dans la paroi de la poubelle, ainsi que dans le fond si vous la posez au sol dans le jardin. Le fond peut également être totalement supprimé. Les poubelles en métal peuvent être customisées pour devenir un élément de décoration vintage de votre extérieur en y perçant des motifs pour l'aération. Le seul inconvénient est la difficulté à récupérer facilement le compost au fond au fur et à mesure.
Le Composteur en Bois pour Jardin ou Grand Balcon
Si vous aimez bricoler, construire un composteur en bois est une excellente option. Vous choisirez un bois résistant à l'humidité, type pin Douglas, mélèze ou cèdre. Vous pouvez le traiter pour améliorer sa résistance, mais en utilisant uniquement des produits naturels et non toxiques, de l'huile de lin par exemple. Une lasure naturelle peut également être passée sur l'extérieur du bac. Si vous utilisez des palettes, privilégiez les palettes EUR ou EPAL. Elles sont traitées à la chaleur donc totalement sans danger, contrairement aux anciennes palettes traitées au bromure de méthyle (indiqué par les initiales MB), un produit très toxique interdit en Europe depuis plusieurs années. Évitez également les palettes perdues, jetables, peu solides.
Étapes pour fabriquer un composteur en bois avec couvercle et trappe :
- Matériel nécessaire : Lames de terrasse en pin, tasseaux en bois brut, charnières, crochets.
- Découpe : Découpez lames et tasseaux selon les dimensions voulues.
- Assemblage des parois latérales : Assemblez les lames de terrasse en les fixant sur les tasseaux pour former deux des quatre parois du bac. Il est possible de laisser un espace entre les lattes, mais ne dépassez pas 1 cm pour éviter que le mélange s'assèche trop vite en été.
- Panneau du fond : Assemblez ces deux panneaux avec d'autres lames pour faire le panneau du fond.
- Panneau avant avec trappe : Pour le haut du panneau avant, suivez le même principe que pour les parois latérales. Pour le bas, fixez deux lames (ou plus, selon la hauteur souhaitée de la trappe) ensemble sans intervalle. Fixez au moins deux charnières sur la dernière lame du panneau et sur le haut de la trappe, puis placez la trappe. Des crochets peuvent être mis sur les extrémités de la trappe pour éviter que le compost ne s'écoule.
- Couvercle : Assemblez les lames grâce aux tasseaux, sans espaces entre les lames pour une meilleure couverture et pour protéger le compost des précipitations excessives et du dessèchement.

Composteur en palettes :
Pour créer un composteur, vous n'avez même pas besoin de démonter les palettes. Il suffit de les placer debout. Trois palettes peuvent être attachées entre elles avec du fil métallique pour former trois côtés, et la quatrième n'est attachée que d'un côté pour faire office de porte. C'est une version simple. Le rendu dépendra beaucoup de l'état des palettes. Les palettes de bois peuvent être assemblées avec du fil de métal, des attaches de plastique, des vis ou en utilisant de la quincaillerie appropriée. L'assemblage des planches des palettes permet une bonne circulation d'air, le format est parfait pour un bac de compost de bonne dimension et l'utilisation de palettes donne une deuxième vie à ce produit souvent gratuit et assez facile à trouver.
Versions à plusieurs silos :
Si vous avez beaucoup de déchets, il peut être pratique d'avoir un composteur à plusieurs silos (plusieurs compartiments). Au fur et à mesure que les déchets se décomposent, vous les faites passer d'un compartiment au prochain. Ce transfert permet d'aérer le tout, et chaque silo contient des déchets qui sont à peu près au même stade de décomposition. Dans ce cas, pas besoin de trappe. Il faut néanmoins que la façade de chaque compartiment soit démontable pour facilement accéder au compost. Les planches qui la composent peuvent être percées pour améliorer l'aération.
Fabriquer un Composteur de Cuisine Bokashi
Pour fabriquer un bokashi, il vous faut deux seaux identiques (un volume entre 10 et 16 litres est idéal) avec couvercle hermétique et un robinet.
- Seau inférieur : Percez un trou dans la paroi d'un premier seau, à environ 1 cm du fond, et placez-y le robinet.
- Seau supérieur : Percez le fond de l'autre seau à de multiples reprises. Les trous doivent être petits, c'est par là que s'écoulera le jus engendré par la fermentation des déchets.
- Assemblage : Placez le seau au fond percé sur le seau équipé du robinet et refermez l'ensemble.
Fabriquer un Lombricomposteur
La fabrication d'un lombricomposteur est assez proche de celle du bokashi. Munissez-vous de trois seaux identiques avec un couvercle et d'un robinet.
- Seau de récolte (inférieur) : Percez un trou dans la paroi d'un premier seau, à environ 1 cm du fond, et placez-y le robinet. Mettez au fond de ce seau un support afin que le seau qui y sera placé ne descende pas jusqu'au robinet.
- Premier bac à vers : Percez de nombreux petits trous de 2 mm dans le fond d'un deuxième seau. Ces trous laisseront s'écouler le liquide, mais empêcheront le passage des vers.
- Deuxième bac à vers : Percez des trous de 8 mm dans le fond du troisième seau. Cette taille de trous permet aux vers de passer d'un seau à l'autre.
- Couvercle : Percez des trous de 2 mm dans le couvercle pour laisser passer l'air.
- Assemblage : Mettez le deuxième seau sur le seau équipé du robinet. Le troisième seau sera ajouté lorsque le deuxième sera plein.
L'Art du Compostage : Guide Pratique pour un Compost Réussi
Fabriquer un composteur, c'est bien, mais correctement l'utiliser, c'est mieux ! Le compostage n'est pas simplement un tas de déchets ; c'est un écosystème en décomposition qui nécessite un suivi régulier pour garantir les conditions optimales.
Les Ingrédients du Compost : Équilibre Matières Brunes et Vertes
Pour nourrir votre compost, il existe nombre de matières premières. Les matières à mettre dans un composteur se répartissent en trois catégories.
- Matières brunes, sèches, riches en carbone : bois, copeaux, sciure, carton brun sans encre ni colle, papier (non glacé), feuilles épaisses, vieilles plantes herbacées, branchages, tailles de haies, feuilles mortes, tiges et fleurs fanées.
- Matières vertes, humides, plus molles, riches en azote : épluchures de fruits et légumes, marc de café, restes de thé, coquilles d'œufs broyées, herbe coupée, fleurs fanées, feuilles fines ou jeunes.
- Matières équilibrées en carbone et azote : Elles n'ont pas de ratio limite et peuvent être ajoutées en complément. L'ortie et la consoude sont de bons activateurs de compost.
Il est crucial de varier les apports de biodéchets. Un mélange équilibré se compose généralement d'environ deux tiers de matière humide riche en azote (déchets verts) pour un tiers de matière sèche carbonée (déchets bruns). Pensez donc à alterner les couches de déchets verts et de déchets bruns. Évitez également les apports uniques en grande quantité. Tout est question de dosage. Broyez ou coupez en petits morceaux les biodéchets à composter pour faciliter leur décomposition.

Ce qu'il ne faut PAS mettre dans votre compost :
- Huiles et graisses alimentaires.
- Cendre de charbon de bois (après un barbecue).
- Tout élément ayant subi un traitement (peinture, impressions à l'encre chimique, blanchiment).
- Poussières d'aspirateur.
- Matières non organiques : plastique, verre, tissu synthétique.
- Litières de chats en argile.
- Sable et cailloux.
- Litières d'animaux domestiques.
- Mégots de cigarettes.
- Coquilles de fruits de mer.
- Les os, les restes de viande et de poisson, les corps gras.
- Les sacs biodégradables des supermarchés.
- L'ail et l'échalote (vermifuges).
- Végétaux malades ou traités.
- Plantes en graines.
- Papiers, cartons, essuie-tout, mouchoirs, tissu en fibre naturelle, seulement s'ils ne sont pas traités (sans produits chimiques, sans encres, sans blanchiment). Il est souvent difficile de le savoir à 100%.
Humidité et Aération : Les Clés d'un Bon Compost
La deuxième règle d'or consiste à garantir une humidité suffisante à l'intérieur du composteur. Le tas ne doit être ni trop sec, ni trop humide. Un contenu trop sec arrête le processus de transformation des déchets. Trop humide, le compost pourrira et dégagera de mauvaises odeurs. Une teneur en humidité d'environ 60% doit être présente dans le tas. Contrôlez régulièrement l'état du mélange pour le réguler. S'il vous paraît desséché, arrosez le compost avec parcimonie pour ne pas noyer la matière. Pour savoir si votre compost est assez humide, prenez-en une poignée dans votre main. En serrant, un peu de liquide devrait s'écouler. Si beaucoup d'eau s'écoule, le compost est trop mouillé.
L'oxygène est indispensable à une bonne décomposition des matières, car il abrite un écosystème de bactéries, champignons, vers de terre, cloportes, insectes et autres êtres vivants qui ont besoin de respirer. Remuer régulièrement le mélange permet de l'aérer. Un aérateur de compost ou brass compost est d'ailleurs bien utile pour réaliser la manipulation, notamment dans les composteurs en bacs. Seuls les composteurs rotatifs et les lombricomposteurs n'ont pas besoin d'être aérés, ainsi que les systèmes à bokashi anaérobie (sans oxygène). L'idéal est de retourner le compost à chaque apport : un brassage en surface suffit pour incorporer les déchets frais à la couche inférieure. Effectuez également un retournement en profondeur de manière ponctuelle afin de garantir une belle aération. Brassez le compost chaque semaine ou toutes les deux semaines pour assurer une bonne aération.
LE BOKASHI/ENGRAIS BIOLOGIQUE/PROCÉDURE DE FABRICATION
Maturité du Compost et Utilisation
Comptez plusieurs mois pour obtenir un compost à maturité. Après environ 8 mois de décomposition, vous obtenez un compost mûr. Il a une douce odeur de sous-bois, et une couleur brun foncé. Le compost mûr se caractérise par sa structure granuleuse, et sa texture fine et homogène qui ressemble à du terreau. De couleur sombre, il dégage une délicieuse odeur d'humus forestier.
Si on attend que le compost mûrisse davantage, il est alors moins riche en azote, et devient un excellent terreau pour faire vos semis. Lorsque votre compost est prêt à l'emploi et sent la bonne terre, épandez-le sur votre potager ou vos plantes. Plus qu'un engrais naturel, c'est un véritable amendement riche en éléments nutritifs qui booste la fertilité des sols. Le compost n'est pas seulement un engrais, mais un amendement, car il ne fait pas que nourrir le sol, il en équilibre aussi la structure, allégeant les sols lourds et aidant les sols sableux à retenir l'eau et les nutriments. Il favorise la vie du sol et peut corriger les carences.
Le compost jeune, de 2 à 3 mois, peut être fort utile pour pailler vos plantes.
Astuces et Conseils pour un Compostage Optimal
- Préparer son sol (composteur d'extérieur sans fond) : Avant d'installer votre composteur, il est conseillé de désherber et de bêcher légèrement le sol afin de permettre aux êtres vivants d'accéder plus facilement aux déchets à dégrader. Plus la surface de contact sera grande et meilleurs seront les échanges avec le sol.
- Protéger son sol (composteur d'extérieur avec fond ou d'intérieur) : Même si votre composteur est étanche et présente un robinet, il est préférable de protéger votre sol. Vous pourriez prévoir de disposer une bâche hermétique ou un bac de récupération pour les liquides qui pourraient s'en échapper.
- Couvrir le compost : Pour un taux d'humidité optimal, couvrez votre bac à compost, par exemple avec une natte en bambou ou en roseau. Vous le protégerez ainsi efficacement du dessèchement et de l'exposition directe au soleil, mais aussi des précipitations. La chaleur et l'humidité nécessaires au compost restent également garanties.
- Volume et température : Plus le volume de matières à composter est important et plus la décomposition sera efficace, avec une montée en température (de 40 à 70° C du fait des réactions d'oxydation) qui élimine ainsi la grande majorité des germes pathogènes.
- Rassemblez vos déchets : Rassemblez tous vos déchets alimentaires dans un bioseau stocké dans la cuisine pour éviter de multiplier les allers-retours au composteur.
- Moisissures blanches : Si des moisissures blanches apparaissent au début, c'est normal.
- Mauvaises odeurs : Si votre bac est bien fermé, logiquement il n'y aura pas de mauvaises odeurs. Si c'est le cas, cela indique un déséquilibre (trop d'humidité, pas assez d'aération, ou trop de matières "vertes").
Les composteurs sont variés et chacun pourra trouver la méthode de compostage qui lui convient et qui est la plus adaptée à ses besoins et à la configuration du logement et du foyer. N'hésitez pas à associer composteurs d'intérieur et d'extérieur pour un fonctionnement plus fluide au quotidien.