La tomate, qu'elle soit Cœur de bœuf, cerise, jaune, Ananas, Cornue des Andes, Rose de Berne ou Marmande, est un fruit et légume largement apprécié. Originaire du Mexique et des États-Unis, sa culture est très répandue, et le mois de mai est la période idéale pour commencer à les planter. Pour assurer une production optimale, il est essentiel d'accompagner les plants de tomates durant leur croissance. En effet, la tige du pied de tomate n'est pas suffisamment solide pour supporter toutes les branches chargées de fruits, plus ou moins lourds. Le tuteurage est donc fortement recommandé, voire indispensable, pour favoriser leur croissance, éviter que le plant ne pousse couché sur le sol où il risquerait de développer des maladies, et le protéger des attaques de nuisibles.

Bien que l'on trouve une grande variété de tuteurs prêts à l'emploi sur le marché, leur prix d'achat est souvent élevé. C'est pourquoi de nombreux jardiniers n'hésitent pas à les fabriquer eux-mêmes. Cela offre également l'avantage de pouvoir adapter la hauteur du tuteur, car les tuteurs vendus dans le commerce sont parfois trop courts (1,50m ou 1,80m), obligeant à un étêtage contre-nature du pied de tomates. Le choix des liens pour fixer les pieds de tomate est également important ; les liens en raphia, par exemple, peuvent être passés dans le compost en fin de saison.
Les différentes catégories de tuteurs à tomates
Il existe principalement trois catégories de tuteurs pour tomates : les piquets, les cages et les ficelles. Chacun présente des avantages et des inconvénients, et leur utilisation dépendra du type de tomate cultivée, de l'espace disponible et des préférences du jardinier.
Tuteurer les 🍅 tomates outils et structure à l'ancienne simple et éfficace - Potager d'été
1. Les piquets : Simplicité et efficacité
Le tuteur simple, souvent le dispositif de support le plus usité, n'est rien d'autre qu'un piquet en bois ou en métal sur lequel les pieds de tomates seront fixés au fur et à mesure de leur croissance. Ce piquet solide et fiable convient à toutes les variétés de ce fruit, d'où le grand engouement pour ce système.
Choix du matériau et fabrication
L'avantage principal des piquets est leur économie, car toute longue tige de bois fera l'affaire, à partir du moment où son diamètre dépasse les trois centimètres, garantissant une certaine robustesse. Pour une meilleure durabilité, il est recommandé d'utiliser des tiges de bambou, grâce à leur imputrescibilité. En magasin, les tuteurs en bois de pin sylvestre traité autoclave sont les moins chers, mais il est préférable d'opter pour ceux en châtaignier ou acacia, également imputrescibles, qui dureront plus longtemps.
Pour fabriquer un tuteur en bambou, choisissez des tiges bien droites et d'un diamètre adapté à vos besoins, veillant à ce qu'elles soient sèches mais encore solides. Utilisez une scie à bois ou un sécateur robuste pour les couper à la bonne longueur. Pour faciliter l'installation des tuteurs dans la terre, taillez l'une des extrémités en pointe à l'aide d'un couteau bien aiguisé. Cela permettra au tuteur de s'enfoncer facilement sans risquer de fendre le bambou. Les tuteurs en bambou de 1,5 à 2 m sont parfaits pour les tomates.
Installation du tuteur simple
Le tuteur simple est largement répandu car il est facile à mettre en œuvre. Vous pouvez tout simplement planter un piquet en bois ou en bambou dans la terre. Il faut que le diamètre de votre tige soit au moins de 3 cm pour supporter le poids du plant et la pression lorsqu'elle va être plantée dans le sol. Pour l'introduire plus facilement dans la terre, vous pouvez en tailler le bout en pointe. Il est recommandé de disposer les tuteurs avant de planter pour ne pas abîmer les racines.
Le tuteur en spirale
Généralement en acier galvanisé, le tuteur en spirale est apprécié pour sa grande facilité de mise en place et son côté esthétique. Il dispense le jardinier de fixer le pied de tomate au support puisqu'il s'y enroule quasiment tout seul, en tenant grâce à la torsion du tuteur. Néanmoins, ne supportant pas les poids trop lourds, ce dernier est parfois boudé pour sa faible résistance, mais également pour son prix qui reste élevé. Il est surtout réservé aux cultures restreintes de plants de tomate. Il est important de comparer les qualités avant d'acheter, car ils n'ont pas tous le même diamètre ; plus celui-ci sera important, plus le tuteur sera robuste.
Le tuteur en V (sur deux piquets en forme de V)
Cette technique implique de ficher deux piquets dans le sol au pied du plant de tomate, en les inclinant de quelques degrés vers l'extérieur pour former un V inversé. Faites grimper sur chaque piquet un bras du pied de tomate. Ainsi ouvert, le cœur de la plante est bien aéré, et il profite davantage de la lumière du soleil, ce qui peut doubler la production sur le pied.
Pour le réaliser, vous devez relier deux tuteurs par leur sommet, souvent à l'aide d'une cordelette ou d'un fil de fer. En règle générale, il convient de respecter une distance d'une cinquantaine de centimètres à un mètre entre deux portiques ou V inversés. La dernière étape de la mise en place consiste à relier les V inversés entre eux avec une longue branche au sommet pour les maintenir. Ce tuteur convient particulièrement aux tomates buissonnantes et envahissantes, comme la variété cerise.
Le tuteur en tipi (tentes coniques)
Inspiré des tentes d'indiens en forme de cône, le tuteur en tipi est une solution robuste et esthétique. Pour sa réalisation, vous aurez besoin de trois ou quatre branches. L'utilisation d'un quatrième pied permet de profiter d'un tipi encore plus robuste. La procédure de fabrication est simple : il suffit d'attacher solidement les branches ensemble par leur sommet et de les planter un peu dans la terre pour un meilleur maintien en place. Cette solution peut être utilisée dans les régions où il y a beaucoup de vent.
2. Les cages et treillis : Soutien et aération
Les cages et treillis offrent un excellent soutien aux plants de tomates, leur permettant de s'étaler sans s'effondrer et assurant une bonne aération.
La cage de grillage
À privilégier dans les régions chaudes, la cage de grillage permet au pied de tomate de pousser au milieu d'un grillage refermé en rond. Les tomates demandent moins d'entretien et sont plus productives avec ce système. Pour l'utiliser, il est nécessaire de disposer d'un espace suffisant, car les dimensions minimum d'une cage à tomates sont de 60 cm de diamètre pour 1,50 m de haut.
Pour la réaliser, vous devez vous équiper de grillage pour brebis ou de treillis métallique de récupération. Il vous suffit alors de découper la dimension souhaitée et de réaliser un tube que vous installerez au sol. Pour un meilleur maintien, il peut être préférable de l'ancrer au sol. Le treillis soudé est un matériau polyvalent au jardin, qui peut être transformé en tuteur-cage pour diverses plantes.
Le treillis vertical
Dans le même esprit que la cage à tomates, le treillis est installé à la verticale. Cette solution est plutôt choisie pour les cultures de tomates en pot et doit être installée directement sur un mur. En plus d'être pratique, cette solution est souvent assez esthétique. Outre le treillis prêt à l'emploi, il peut être réalisé avec du bambou, des branches, etc.

Treillis soudé : un matériau astucieux au jardin
Le treillis soudé est un matériau à tout faire au jardin. Il peut servir de clôture discrète mais efficace, de tunnel-serre pour tomates, de tunnel maraîcher bas pour démarrer les premières cultures printanières, et bien sûr de tuteur.
Tuteur pour les rames du potager (haricots, pois) : Deux plaques de treillis soudé (2m x 1m) et quelques tuteurs en bambous peuvent être utilisées. Les pois ou les haricots à rames sont semés en ligne au pied de la grille (environ 25 graines par mètre linéaire). Grâce aux vrilles qu'émettent les jeunes pousses, les deux légumineuses s'enroulent et colonisent le support au fur et à mesure de leur croissance sans intervention du jardinier. En fin de culture, le support est facile à nettoyer, déplaçable et réutilisable. Un même treillis peut ainsi servir presque toute l'année : de février à la mi-juin pour la culture des pois, puis de la mi-juin à l'automne pour tuteurer une culture de haricots à rames ou palisser des plants de tomates.
Grille pour concombre grimpant : Un seul treillis de 2m x 1m suffit à créer un vaste support d'accroche aérien aux concombres. Le plant de concombre, muni de vrilles, s'accroche alors rapidement à la structure et la colonise. Il est possible de semer et cultiver d'autres légumes sous la structure, comme les haricots.
Tuteur-cage pour plantes vivaces hautes : Les vivaces hautes tubéreuses ou à bulbes (dahlias, glaïeuls) et les vivaces de massifs aux tiges frêles (Gauras) ont tendance à s'effondrer. Le treillis soudé permet de fabriquer facilement une petite cage solide, efficace et discrète pour les accompagner dans leur croissance.
Outils pour travailler le treillis soudé
L'avantage du treillis soudé, en dehors de son prix, est sa facilité à être travaillé sans avoir recours à une multitude d'outils.
La pince monseigneur ou coupe-boulon : C'est l'outil incontournable pour couper sans effort le treillis ou le fer à béton jusqu'au diamètre 10 ou 12. Une bonne pince est un investissement qui peut servir à vie avec un entretien simple (affûtage régulier). Utilisez-la de préférence sur un sol plat, en usant de cales en bois pour relever le treillis sur la zone à couper.
Le lieur et le fil à ligaturer : Moins onéreux que la pince, le lieur automatique permet d'assembler en un rien de temps plusieurs panneaux, sans aucune soudure. L'assemblage reste moins solide et durable, nécessitant de remplacer de temps à autre quelques ligatures qui cassent avec le temps et la rouille. Cependant, l'avantage est que la structure reste démontable et reconfigurable à volonté.
La meuleuse, le poste à souder : Pour travailler du fer à béton ou du treillis soudé de plus gros diamètre, un outillage plus lourd est nécessaire : un bon étau, une meuleuse pour les découpes et un poste à souder (à l'arc) pour les assemblages plus volumineux. Ces outils exigent également une plus grande technicité de la part du jardinier.
3. Les ficelles : Pour les cultures en rangs et en serre
Le système de tuteurage par ficelles est particulièrement adapté aux tomates plantées en rangs bien droits et est fréquemment utilisé dans les serres des maraîchers.
Sur des fils tendus dans le potager
Dans le potager, construisez un cadre à 1m50 de haut, bien horizontal et suffisamment solide pour supporter le poids de vos pieds de tomates. Tous les 60 à 80cm, accrochez des ficelles qui tombent jusqu’au sol. Vous attacherez les tiges des tomates sur ces fils au fur et à mesure de leur croissance.
Dans la serre, avec un kit d'accroche
Fixez aux parois de la serre de jardin des ficelles munies d'un enrouleur. Cela permettra de régler la hauteur du fil et de la plante qu'elle supporte. Des kits d'accroche pour tomates en serre sont disponibles pour faciliter cette installation.
Système avec des cordes
On peut aussi très simplement opter pour une solution avec des cordes. Pour ce faire, il faut, dans un premier temps, planter dans le sol des poteaux ou des piquets suffisamment solides en respectant une distance d'environ 1,50 m entre deux poteaux. Vous devez ensuite tendre une corde d'un poteau à l'autre, puis accrocher à cette corde 3 autres fils qui, eux, descendent vers le sol et auxquels vous pourrez tuteurer vos tomates.
Tuteurs à tomates associés à une réserve d'eau
Il existe désormais des tuteurs à tomates associés à une réserve d'eau, ce qui vous permet de contrôler également l'arrosage de ces plantes si gourmandes en eau. Ces systèmes intégrés simplifient la gestion de l'humidité et favorisent un développement sain des plants.
L'importance du tuteurage : quand et comment ?
Il n'est pas obligatoire de mettre des tuteurs aux tomates, mais si vous voulez récolter des fruits, vous y avez vraiment intérêt. Le pied de tomates ne dispose pas de la solidité suffisante pour lui permettre de supporter son poids. Pour favoriser sa croissance, on va donc opter pour l'utilisation de tuteurs. Cela évitera au plant de pousser couché sur le sol où il risquerait de développer des maladies et serait à la merci des attaques de nuisibles.

Fixation des plants aux tuteurs
Une fois votre tuteur réalisé, il va falloir fixer vos plants de tomates à celui-ci au fil de leur croissance. Vous serez dispensé de cette opération si vous utilisez une cage à tomates. Pour cela, rien de plus simple : à l'aide d'une cordelette, attachez la tige au tuteur en formant un huit. La tige du pied de tomates passe dans une boucle, on croise entre la tige et le tuteur, puis le tuteur est pris dans une autre boucle. Les boucles sont formées en tournant autour de la tige ou du tuteur. Il ne reste qu'à faire un nœud. Veillez à ne pas trop serrer pour ne pas risquer d'abîmer le plant.
Le cas des tomates cerises
Pour les tomates cerises, une technique sans palissage, à même le sol, est parfois utilisée. Cependant, il est important de noter que l'on ne laisse pas le plant courir sur le sol où les fruits pourriraient. Même pour les tomates cerises, un minimum de soutien est souvent bénéfique. Les tuteurs en V ou en tipi sont des options intéressantes pour ces variétés buissonnantes.
Autres utilisations des tuteurs en bambou et treillis soudé au jardin
Les tuteurs en bambou ne sont pas seulement utiles pour les tomates. Ils sont à la fois esthétiques, écologiques et pratiques pour soutenir diverses plantes. Le bambou, étant une plante robuste et durable, en fait un matériau idéal.
- Framboisiers : Ils produisent des tiges souples qui, sans support, risquent de s'affaisser. Un tuteur aide à structurer la plantation, facilite la récolte et permet une meilleure aération des branches. Utilisez des tiges de bambou de 1,8 à 2 m.
- Jeunes cerisiers : Ils ont besoin d'un tuteur pour guider leur tronc et les aider à se stabiliser face au vent. Les tuteurs épais (diamètre de 5 à 8 cm) sont parfaits pour cette tâche. Plantez le tuteur près du tronc, mais sans le toucher, pour éviter de blesser l'écorce.
- Rosiers grimpants : Ils nécessitent un support vertical pour se développer harmonieusement. Un tuteur en bambou peut être utilisé seul ou intégré dans un treillis. Veillez à fixer les branches avec des attaches souples pour ne pas gêner leur croissance.
- Haricots grimpants : Ils poussent rapidement et ont besoin de tuteurs hauts et solides pour s'épanouir. Utilisez des bambous de 2 à 2,5 m disposés en tipi pour créer une structure stable et esthétique.
- Vigne : C'est une plante grimpante qui nécessite un support durable pour se développer. Installez un treillis ou des tuteurs en bambou de 2 à 3 m.
- Houblon : Il peut atteindre 6 m de hauteur en une seule saison et nécessite des tuteurs longs et solides.
- Jeunes citronniers : Leurs troncs sont fragiles et doivent être soutenus pour éviter qu'ils ne se courbent sous l'effet du vent ou du poids des fruits.
- Orchidées : Leurs longues tiges florales peuvent facilement plier sous le poids des fleurs.
- Tulipes : Bien que généralement robustes, elles peuvent avoir besoin de soutien dans des zones exposées au vent ou si leurs tiges sont fines.
- Jeunes pommiers : Ils bénéficient d'un tuteur pour rester droits pendant leurs premières années de croissance. Cela est essentiel dans les régions venteuses ou si le sol est meuble.
Le tuteur en bambou est un indispensable pour tout jardinier souhaitant offrir un soutien à ses plantes de manière naturelle et esthétique. Qu'il s'agisse de tomates, de rosiers, de haricots ou d'arbres fruitiers, il existe une solution adaptée pour chaque plante.