Maîtrise des espaces verts : Tout savoir sur la fauche, la tonte, le pâturage et l'entretien paysager

Restaurer et sauvegarder la biodiversité locale et le cycle de vie de la faune comme de la flore ultra locale, voilà un objectif ambitieux mais pas impossible. La fauche raisonnée et la fauche tardive des talus, des fossés mais aussi des espaces verts se pratique et s’applique de plus en plus par les communes, agglomérations, institutions et même les particuliers. En tant que professionnel de l’éco-pâturage, Ecomouton s’est intéressé ce mois-ci à cette méthode d’entretien paysager totalement en adéquation et complémentaire de l’éco-pâturage. Si vous nous ne connaissez pas encore, nous sommes l'entreprise Ecomouton. Nous comptons près de 500 clients partout en France. Ces professionnels de secteurs très différents nous font confiance pour l'entretien de leur extérieur et de leur terrain. Nous plaçons autour de leur entreprise des moutons ou des chèvres pour une maîtrise de la pelouse plus douce, plus écologique, moins polluante et plus calme qu'avec un tracteur tondeuse.

Illustration d'un paysage diversifié avec des zones de prairie fleurie et des espaces pâturés par des moutons

Le fauchage raisonné des bords de route : concilier sécurité et écologie

On parle de fauche raisonnée des talus et des fossés des bords des routes notamment pour assurer la sécurité des automobilistes tout en prenant en compte les enjeux environnementaux d’aujourd’hui. On sous-estime bien souvent les bords des routes. Ces espaces enherbés peuvent être, si on leur donne les bonnes conditions pour prospérer, de véritables refuges de biodiversité. Il faut que les services de la voirie trouvent l’équilibre et le bon compromis entre sécurité et écologie. Le fauchage raisonné est un entretien des bordures des routes qui se réalise tout en préservant la faune et la flore.

Comment se caractérise cette fauche ? On adapte déjà la hauteur de coupe entre 8 et 15 cm. On choisit ensuite la meilleure période de coupe. On évite de couper au printemps. Selon la région mais aussi la météo, la fauche peut changer. Couper tôt ne limite pas, au contraire, une repousse. Il faut dans l’idéal attendre une hauteur dite « critique » pour couper (environ 40 cm). Il s’agit en plus d’un fauchage raisonné, d’un fauchage tardif. Ainsi, il faut se défaire de l’image de bords de route rasés synonyme d’une route bien entretenue. C’est toute une image à déconstruire. Une éducation à revoir. Pour en savoir plus, nous ne pouvons que vous conseiller ce document en ligne « Fauchez mieux, le fauchage raisonné », produit par Sétra, le Service d’études sur les transports, les routes et leurs aménagements.

La gestion différenciée des espaces verts urbains

L’image est de plus en plus répandue : au printemps et tout au long de l’été, des parcelles s’épanouissent pleinement sans intervention humaine tandis que sont dessinés et tondus des petits chemins dans les parcs urbains. Tout n’est pas tondu et des coins, des parties de jardins, de parcs, d’espaces verts sont préservés de la tonte. L’herbe est haute, les fleurs sauvages ou autres graminées prolifèrent et vivent leur meilleure vie. Les insectes en profitent, pollinisent, et s’épanouissent dans cette zone préservée de toute intervention humaine.

Les particuliers qui ont des jardins plus ou moins grands peuvent aussi pratiquer cette méthode. Ils peuvent retarder la première tonte mais aussi ne tondre que certaines parcelles de leur jardin et garder en prairie d’autres zones. Certains s’amusent à délimiter des zones, à créer des petits chemins, à faire des pôles en jachère. Vous avez peut-être déjà entendu parler de fauchage tardif, de tonte différenciée ou encore de prairies fleuries. En réalité, il ne s’agit pas de pratiques opposées, mais plutôt d’un gradient de gestion, allant d’une pelouse tondue régulièrement à des espaces plus libres et riches en biodiversité.

Dans la plupart des jardins, la pelouse est tondue régulièrement, souvent toutes les une à deux semaines. Ce type de gestion permet d’obtenir un rendu uniforme, court et net, particulièrement adapté aux zones de passage fréquent ou de jeux. Sans bouleverser complètement ses habitudes, il est déjà possible d’agir en adoptant une tonte différenciée. Le principe est simple : on ne tond pas tout de la même manière. Certaines zones restent entretenues régulièrement, tandis que d’autres sont tondues moins souvent.

Schéma explicatif de la tonte différenciée dans un jardin résidentiel

Les enjeux biologiques de la fauche tardive

Couper l’herbe tardivement dans la saison est important pour une raison assez simple : permettre à la floraison de s’épanouir pleinement, respecter le cycle de vie des plantes (les plantes ont donc le temps de produire des semences pour la suite et ainsi perpétuer le cycle) mais aussi de donner du temps à la faune de polliniser et de profiter pleinement des plantes. Faune et flore dépendent l’une de l’autre. Si la flore est coupée tôt, la faune en est directement victime. Avec la fauche tardive, on permet à tout cet agrosystème de vivre, perdurer et de se renouveler. La fauche tardive est un entretien paysager plus responsable, plus en harmonie avec la nature et avec ses occupants primaires. Un fauchage planifié et réfléchi mais aussi rationalisé préserve la micro-vie des parcelles.

Il est important de retenir que les déchets de fauche doivent être exportés afin d’appauvrir le sol progressivement, ce qui favorise l’apparition de plantes à fleurs et limite la dominance des graminées. Lorsque cette fauche est réalisée en fin d’été, après la période de floraison en septembre, voire en octobre, on parle de fauchage tardif. Cette pratique laisse le temps aux plantes de fleurir, de produire des graines et de compléter leur cycle de vie. Au lieu d'avoir 2 ou 3 espèces de graminées qui poussent, c'est 10, 20, 30, voir plus, d'espèces qui vont pousser. L'herbe haute évite l'évaporation de l'eau et piège l'humidité de l'air de la nuit et du petit matin.

Fauche tardive très néfaste à la biodiversité

L'éco-pâturage : une solution complémentaire et naturelle

Les deux pratiques : la fauche tardive ou raisonnée et l’éco-pâturage sont complémentaires. Elles respectent toutes deux le rythme de la nature, le cycle des plantes ainsi que les insectes et tous les animaux présents. Avec ces deux pratiques, pas de produits phytosanitaires, pas d’intervention humaine, pas d’engins mécaniques, pas de pollution. Les insectes pollinisateurs s’épanouissent, les petits mammifères ne sont pas dérangés, les espaces verts vivent, sont occupés, les sols et la terre sont respectés.

L'éco-pâturage professionnel vous intéresse ? Ecomouton collabore avec des professionnels souhaitant une tonte de leur pelouse plus écologique, moins bruyante et plus douce. Grâce à nos moutons, nos brebis et nos chèvres, l'herbe est maîtrisée, le terrain est vivant, fertilisé et entretenu. Le silence règne et l’équilibre naturel est préservé. Nous plaçons nos moutons chez des clients qui possèdent de grands espaces verts et enherbés bien souvent autour de leurs entrepôts ou alors sur des parcelles accidentées difficiles à entretenir par les jardiniers. Nos bergers se déplacent de manière régulière pour rendre visite aux animaux et leur assurer les soins principaux. Ils leur apportent la nourriture supplémentaire (orge, avoine) et certains soins vétérinaires. Vous n'avez rien à faire, nous nous occupons de tout !

Optimisation technique et économique des espaces verts

Dominant de sa hauteur le site de l’estuaire de la Seine, l’ancien fort militaire de Sainte-Adresse au Havre a été transformé en parc urbain de 17 hectares. Son optimisation peut aider à réduire sensiblement les temps de travaux. Des fiches issues d’une étude de « Plante & Cité » sur la tonte et le fauchage offrent aux gestionnaires publics et privés des points de repères issus d’un travail collectif, permettant d’optimiser leurs propres pratiques et de mieux anticiper les changements de mode de gestion ou d’organisation. Sans surprise, les sites dont l’attente en termes de rendu esthétique est la plus importante (jardin historique, centre-ville, pelouses arrosées) sont ceux qui exigent le plus de temps pour la tonte. A contrario, les sites les moins chronophages sont les pelouses rustiques de vaste étendue, tondues uniquement à l’autoportée et au fil, avec un maximum de dix interventions par an.

La part des finitions à la débroussailleuse et au souffleur peut aller de 10 à 20 % du temps de travail dans des sites classiques à plus de 60 % du temps de travail annuel pour des sites contraignants et dont l’objectif d’entretien est élevé. Sur ce point, des pistes d’optimisation des temps de travaux sont proposées : adapter la fréquence des finitions. Transformer une pelouse en prairie est une piste intéressante d’un point de vue technique mais aussi économique. En moyenne, la gestion d’une prairie représente trois fois moins de temps de travail qu’une pelouse tondue, mais tout dépend là aussi du type de gestion (prairie broyée, fauchée sans production de foin, ou avec production de foin).

Perspectives pratiques pour les particuliers : du jardin à la prairie

Tondre sa pelouse ? C’est dépassé… Adoptez la fauche tardive ! Vous aimez les sauterelles et les coccinelles mais, régulièrement, vous tondez votre pelouse. Vous n’avez pas le choix, me répondrez-vous… C’est ce que nous croyons bien trop souvent. En réalité, si ! Au lieu de tondre, vous pouvez faucher. Mise au compost, l’herbe composte mieux que les déchets de tonte qui moisissent, faute d’air, et qui sont ainsi moins profitables au compost. Si, comme moi, vous avez des grandes surfaces à faucher, disons plus de 100 m² pour les débutants, vous pouvez opter pour la fauche mécanique et vous doter d’une motofaucheuse. Ayez soin de régler les lames en position haute pour ne pas blesser les petites bêtes qui ne se seraient pas sauvées… L’entrée de gamme est à moins de 600 €, et ces machines sont très suffisantes pour des particuliers !

Si vous avez de petites surfaces, vous pouvez opter pour la faux, c’est économique, il n’y a pas mieux en termes de quotient environnemental et contrairement à ce que l’on pense, c’est assez simple à utiliser. Le plus dur est d’apprendre à l’aiguiser. Les autres parties peuvent n’être fauchées qu’une fois par an, en août ou septembre. Les espèces florales arrivent seules, en deux ou trois ans, mais vous pouvez accélérer le processus en les semant à la volée, en tout début de printemps et sans préparation du sol - cette technique s’appelle semis sous couvert - avec des mélanges de graines « prairie fleurie » ou « jachère fleurie » et en choisissant des variétés locales.

Photo montrant l'utilisation d'une faux traditionnelle dans un jardin

La gestion de l'herbe en pâture : l'expérience des propriétaires d'équidés

L'herbe haute n'est pas un problème pour un cheval. Mais dans une pâture, il y aura toujours des zones non broutées, on appelle ça des refus. Ça peut être des plantes que le cheval n'aime pas (toxiques ou non), ou alors des zones de crottins. Ne t'inquiète pas de zones irrégulières 2 mois après la mise à l'herbe. À terme par contre il faudra entretenir la pâture. Les chevaux n'aiment pas l'herbe trop haute car les tiges sont dures. Mêmes s'ils "en ont besoin", ils ne sont pas près de s'attaquer aux tiges qu'ils ont refusé jusqu'à présent. Il faut donc que tu tondes ces refus si tu veux qu'elle mange l'herbe qui repoussera à la place.

Il y a un inconvénient de taille avec les hautes herbes : les tics, j'en ai fait l'expérience dans une zone à tics, avec des herbes assez hautes ils en attrapaient, quand j'ai tondu le terrain, presque plus. Moi je ne les mets quasiment que sur herbe haute, car terrain riche. Et je vais à l'encontre de tout le monde, dans la mesure où les chevaux, s'ils boudent l'herbe haute au départ, la mangent bien à l'arrivée. L'impératif étant que le terrain n'ait pas ou peu de mauvaises herbes, localisées quand elles sont un peu nombreuses, qu'on peut détruire en broyant ou traiter au départ afin qu'elles ne se répandent pas en grainant. Quand ces conditions sont réunies, l'herbe haute a de vrais avantages : outre le fait qu'elle est moins nutritive, c’est aussi un garde-manger qui dure plus longtemps, donc économie réelle. Ensuite, quand on a de bonnes herbes qui grainent, on a un réensemencement naturel de la prairie. Et surtout, en cas de fortes chaleurs, l'herbe haute va protéger le sol, donc l'herbe, la faune et la flore qui vont profiter de la fraîcheur ambiante.

Vers une gestion harmonieuse : quelques conseils de mise en œuvre

Passer à une gestion plus écologique ne signifie pas tout changer du jour au lendemain. Chaque jardin est unique, et il n’existe pas de solution universelle. Laisser l’herbe pousser davantage peut aussi susciter certaines inquiétudes. Entre pelouse classique, tonte différenciée et fauchage, il existe une grande diversité de pratiques. Même de petits changements peuvent déjà faire une différence. La tondeuse au garage, c'est plus de temps pour profiter de votre jardin ! Moins d'électricité ou de carburant consommé et moins de bruit pour les voisins. Même dans un petit jardin, vous pouvez réserver un espace que vous ne tondrez pas : au fond du jardin où vous n'allez pas souvent, ou bien devant la terrasse pour profiter du spectacle. Pourquoi pas un cercle au pied d'un arbre ? Ou une bande le long d'un massif arbustif ?

L'ancien propriétaire en avait un. Il tondait toutes les semaines l’ensemble de son terrain à 2 cm, y compris dans le petit sous-bois du fond. Et il empilait les tontes au bord du ru qui borde le terrain. La première chose que nous avons faite en arrivant, c’est arrêter de tondre et observer. Même si c’était en juillet, des plantes très variées ont commencé à pousser, notamment du trèfle blanc et du trèfle des prés. La pelouse désertique est devenue le paradis des abeilles. Le fait de ne tondre qu’une partie des zones enherbées nous a fait gagner un temps considérable. Nous avons vu se développer nombre de plantes qui ne poussaient pas auparavant : trèfle des prés, centaurée, bugle rampante, lamier pourpre, boutons d’or, pâquerettes, achillée millefeuille, pissenlits, oseille et bien d’autres. Au bout d’un an, nous avons constaté l’apparition de petits arbustes, notamment autour de pruniers. Il faut donc bien se rendre compte que les graminées : ray-grass et fétuque ne sont dominantes que grâce à la tonte. Moins de sueur, d’énergie dépensée, plus de biodiversité : la tonte différenciée est pour nous la bonne solution.

Vue d'ensemble d'un jardin avec zones de tonte différenciée et prairie sauvage

Si vous souhaitez nous soumettre votre projet d'éco-pâturage ou obtenir des conseils sur la gestion de vos espaces verts, n'hésitez pas à nous contacter via notre site internet Ecomouton. Nos équipes sont à votre disposition pour transformer vos terrains en véritables havres de biodiversité tout en simplifiant votre entretien quotidien.

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