Faucher les mauvaises herbes est une tâche récurrente pour tout jardinier soucieux de l'esthétique et de la santé de son espace vert. Qu'il s'agisse de simples finitions de bordures, de la gestion d'herbes hautes ou du débroussaillage de zones plus denses, une approche méthodique et l'utilisation des bons outils sont essentiels. Cet article explore les différentes techniques de fauchage, les équipements nécessaires, les mesures de sécurité à observer, ainsi que des astuces pour une gestion durable des adventices.

La débroussailleuse : un outil puissant qui exige prudence et savoir-faire
La débroussailleuse est un outil motorisé puissant, tranchant, qui requiert un équipement adéquat pour assurer votre sécurité. Un accident peut survenir si vous ne l'utilisez pas correctement. Avant de commencer à faucher, familiarisez-vous avec votre débroussailleuse et lisez attentivement sa notice. Si quelque chose n'est pas clair, ne restez pas avec vos questions : contactez votre revendeur.
Équipements de protection indispensables
Pour commencer, il faut convenablement protéger toutes les parties du corps afin de diminuer significativement les risques liés aux projections éventuelles comme au mauvais maniement de l'appareil. Voici la liste des équipements à porter impérativement :
- Les yeux et le visage : Idéalement avec un casque à visière qui protège également le visage des projections.
- Les oreilles : Via des bouchons d'oreilles ou un casque anti-bruit pour travaux de motoculture.
- Les mains : Avec de robustes gants en cuir.
- Les jambes : Un pantalon est impératif.
- Les pieds : Avec des chaussures fermées et solides, ou des bottes.

Choisir l'outil de coupe adapté à la tâche
Sélectionner l'outil de coupe adapté est essentiel pour obtenir de bons résultats de fauchage. Selon que vous voulez simplement fignoler les bordures d'un massif, faucher des herbes hautes ou bien débroussailler le fond du jardin, il faut opter pour l'une ou l'autre des nombreuses « têtes de coupe » adaptables sur votre débroussailleuse. Entre les classiques têtes faucheuses à fil, qui font penser à un « maxi » coupe-bordures et les scies circulaires à dents d'acier qui peuvent couper des arbustes jusqu'à 40 mm de diamètre, il y a un monde.
Voici pour quelques travaux classiques les outils recommandés :
- Herbe avec obstacles : Tête faucheuse à fils nylon.
- Mauvaises herbes : Fils ou couteaux mobiles en polyamide ; si les herbes sont épaisses, passer aux couteaux à herbe en acier.
- Roseaux, buissons : Couteaux à taillis, scie circulaire à dents.
- Broussailles, branchages : Scie circulaire à dents.

Bien monter l'outil de coupe : une étape cruciale pour la sécurité
Une fois choisi l'outil de coupe, encore faut-il savoir le monter. C'est un point clef pour votre sécurité.
- Vérifiez le capot de protection : Assurez-vous tout d'abord que le capot de protection adapté à la tête de coupe choisie soit en place. Référez-vous pour le savoir au manuel d'utilisation de votre appareil.
- Positionnez la débroussailleuse : Installez ensuite la débroussailleuse de manière à diriger l'arbre d'entraînement vers le haut.
- Bloquez l'axe : Bloquez l'axe en introduisant la tige de blocage ou le tournevis courbé dans l'alésage de la transmission.
- Serrez la tête faucheuse : Tournez la tête faucheuse dans le sens contraire des aiguilles d'une montre jusqu'à ce qu'elle soit fixée. Serrez sans forcer.
Démarrer la débroussailleuse sans prendre de risques
Soyez prudent lors du démarrage de votre engin. Veillez particulièrement aux quelques points listés ci-dessous, pour éviter tout accident.
- Positionnement stable : Posez tout d'abord la débroussailleuse au sol dans une position stable. Elle doit reposer à la fois sur le support du moteur et sur le capot protecteur.
- Liberté de mouvement de la tête de coupe : Assurez-vous que la tête de coupe puisse tourner librement, car elle se mettra en mouvement au démarrage du moteur !
- Amorçage de la pompe à essence : Amorcez plusieurs fois la pompe à essence, même s'il reste du carburant. Cela réduit le nombre de traction de la corde et facilite le démarrage.
- Démarrage : Lors de la mise en route, maintenez fermement votre machine pour qu'elle ne bascule pas. Tirez sur la corde du lanceur. Ne déroulez pas complètement la corde et raccompagnez-la pour qu'elle s'enroule correctement. Le moteur commence à tourner ; sinon… recommencez !
- Relever la machine : Ce n'est qu'alors que vous pouvez relever la débroussailleuse, en prenant garde de ne pas accélérer involontairement.
Ma debroussailleuse ne démarre pas ! ou est en panne ! résolu
Éloigner le chien et les enfants : une règle de sécurité fondamentale
Personne ne doit rester à proximité de la machine. La distance de sécurité recommandée est de 15 m pour éviter tout risque lié aux projections ou à l'utilisation de l'appareil.
Les bases du fauchage : techniques pour un travail efficace
Savoir faucher, ce n'est pas dans les gènes. Mais il n'est pas nécessaire d'être un expert pour obtenir des résultats satisfaisants. Les premières fois, le maniement de la débroussailleuse vous paraîtra sans doute un peu pénible. Mais avec le temps, vous apprendrez à travailler sans peine et confortablement.
La technique de fauchage en demi-cercles
Selon l'objectif poursuivi et la configuration du jardin, la tenue de l'outil peut varier. La technique de base consiste simplement à bouger l'appareil en dessinant des demi-cercles de gauche à droite, tout en avançant. Vu que l'outil de coupe tourne dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, on fauche en pratique la plupart du temps de droite à gauche. Ainsi, l'herbe fauchée retombe sur la surface déjà fauchée : malin !
Gérer l'herbe drue ou très haute
Lorsque l'herbe est drue ou très haute, fauchez dans les 2 sens. Éliminez la partie supérieure en balançant la débroussailleuse vers la droite, puis coupez la partie inférieure en revenant vers la gauche.
Faucher en pente
Si vous devez faucher en pente, travaillez par bandes successives. Partez du bas de la pente, et fauchez une longueur parallèlement à la pente. Revenez sur vos pas sur la bande fauchée, puis montez d'un cran pour couper une nouvelle longueur.
La prévention des mauvaises herbes : une approche proactive
Ne laissez jamais fleurir les mauvaises herbes : éliminez-les le plus tôt possible ! La plupart des fleurs produisent des graines très rapidement et en très grand nombre : 30 cm² de terre peuvent en accueillir jusqu’à 5 000. Un pied de grand plantain en libère jusqu’à 14 000 à lui seul ; un laiteron deux fois plus ; le chénopode blanc atteignant ce qui semble un record, à savoir 70 000 !
Le binage et le sarclage : aérer le sol et éliminer les jeunes pousses
L'un comme l'autre consistent à travailler le sol de façon superficielle, le premier dans le but de l’aérer, de le décompacter et le second dans celui d’éliminer plus spécialement les mauvaises herbes. Le sarclage, pour peu qu’il soit effectué tôt dans la saison et régulièrement, n’est pas aussi fastidieux qu’on le laisse entendre. Pour un meilleur résultat, pratiquez un binage 48 heures après une pluie ; puis opérez une fois par semaine. Pour sarcler les mauvaises herbes annuelles, utiliser un outil à fer plat (serfouette, ratissoire, binette) et couper la plante d’un coup sec en la tranchant juste au-dessous du collet.
La technique du faux semis
Le fait de travailler le sol ramène souvent en surface de très nombreuses graines de mauvaises herbes qui n’attendent que cette occasion pour germer, parfois depuis plusieurs dizaines d’années… Un semis effectué à ce moment risque d’être envahi, voire compromis car les adventices peuvent germer de façon massive et rapide.
Pour contrer ce phénomène, employez la méthode du faux semis avant de semer une prairie fleurie ou d’autres graines de fleurs, d’aromatiques ou de potagères. Préparez le sol comme pour un semis classique : ameublir, retirer les mauvaises herbes visibles, griffer et ratisser pour obtenir une surface de terre très fine. Laissez la terre à nue pendant 10 à 15 jours. Les petites pousses qui apparaissent sont des mauvaises herbes, retirez-les à la main dès qu’elles forment un petit tapis vert. Il ne faut pas biner ou sarcler plus profondément. Extrayez de la terre la racine intacte pour vous assurer qu’elle ne repoussera pas.
Le paillage : bloquer la lumière pour empêcher la croissance
La plupart des plantes ont besoin de lumière pour se développer. En conséquence, couvrir le sol d’un film bien opaque empêche le développement de toute végétation. Il est possible de bâcher avant de planter, une fois le sol préparé, propre, ameubli, nivelé, humide et réchauffé. Avant de planter, niveler parfaitement le sol et poser la bâche à plat, puis fixer les bords avec des pierres ou un cordon de terre. À l’emplacement de chaque plante, inciser la bâche en croix et planter dans l’orifice ainsi dégagé.
Le carton d’emballage, une fois mis à plat et débarrassé de ses rubans adhésifs, permet de couvrir le sol en vue de le nettoyer de ses mauvaises herbes. Dans les magasins, demander que l’on vous réserve les cartons vides. Prendre soin de faire chevaucher les bords pour qu’il ne reste plus aucune fente susceptible de laisser passer la lumière. Lester et camoufler le tout avec des tontes de gazon séché et quelques pierres.
Si le paillage traditionnel était autrefois constitué de paille, aujourd’hui, la tendance est au recyclage des déchets verts de jardin : feuilles mortes, tontes de gazon, broyats de rameaux d’arbustes ou de chaumes de graminées ornementales. Dans les allées ou entre les plantes acidophiles, on peut utiliser de l’écorce de pin. Une épaisseur de 5 à 10 cm est nécessaire pour faire écran à la lumière. Si vous combinez plusieurs matériaux, il est judicieux de commencer toujours par celui qui se décompose le plus vite : gazon séché, puis feuilles mortes, puis rameaux broyés. Éviter d’épandre une large épaisseur de gazon humide qui va pourrir.

Les engrais verts : un paillage végétal vivant
Un engrais vert est ici considéré comme un paillage végétal vivant. En complément d’un travail du sol, un semis de seigle achève le nettoyage de vivaces coriaces (chardon, rumex). Il s’enracine profondément et pousse vite étouffant la végétation présente. Au potager, la phacélie est idéale car elle n’appartient à aucune famille de légumes et ne perturbe pas la rotation des cultures. Semer les engrais verts après avoir travaillé le sol en septembre pour le seigle. Au potager ou ailleurs, quand un carré doit rester vide un moment, semer sans attendre (selon les espèces, du printemps à l’automne).
Le désherbage manuel : efficace mais demande du temps et de la méthode
Le jardinier passe la majeure partie de son temps à désherber. Comment le faire de manière efficace et durable ? Les "mauvaises herbes" sont des plantes bio indicatrices qui ont beaucoup à vous dire sur votre terre !
Les astuces pour faciliter le désherbage manuel
Pour retirer facilement les racines des herbes adventices, travaillez sur une terre mouillée, après une bonne pluie par exemple. Équipez-vous d’outils adaptés selon que vous souhaitez désherber entre les dalles de votre terrasse, dans la pelouse, dans les massifs ou dans le potager.
Binez régulièrement le sol pour le garder meuble et évitez de le piétiner : les racines seront plus faciles à extraire ! Enfin, prenez garde à garder intacte la racine des mauvettes herbes, le moindre bout de racines encore en terre redonnera autant de nouvelles pousses. Ainsi, n’employez pas d’outils qui hachent les mauvaises herbes comme le motoculteur, c’est le meilleur moyen de se retrouver envahi.

Autres méthodes de désherbage
Outre la débroussailleuse et le désherbage manuel, d'autres techniques peuvent être employées pour contrôler les mauvaises herbes.
La faux : un outil traditionnel et écologique
La faux est un outil composé d'une longue lame effilée (60 à 90 cm) et arquée qui est fixée perpendiculairement à un manche relativement long (140 à 160 cm) celui-ci étant muni de deux poignées, l'une à mi-hauteur et l'autre à l'extrémité opposée à la lame, ce qui permet un meilleur équilibre dans un mouvement de balancier. La faux est un outil manuel utilisé en agriculture et en jardinage pour faucher l'herbe et récolter les céréales. Cet outil est apparu vers le XIIe siècle en France et fut utilisé, dans un premier temps, pour couper l'herbe. Ce n’est qu’à partir du XVIe siècle que l’on remplacera la faucille par la faux pour la récolte des céréales.
Cet outil nécessite un entretien tout particulier ; le faucheur doit régulièrement aiguiser sa lame afin d’y réparer les plus fines atteintes portées à son tranchant (toutes les 15 mn ou 30 mn, variable suivant la résistance des végétaux coupés et la qualité de la lame). Pour cela, il dispose d’un coffin, un petit étui rempli d'eau, dans lequel on place la pierre qui sert à aiguiser la faux est qui est traditionnellement porté à la ceinture. De plus, de temps en temps le faucheur doit "battre" sa faux avec un marteau et une petite enclume nommée enclumette. Cette opération est en fait un forgeage à froid destiné à affiner le tranchant, réparer les micro-fissures, combler les trous laissés par les éclats de métal partis, ainsi qu'à orienter les molécules d'acier dans le meilleur sens pour la coupe. Cette opération modèle le métal sans en enlever.
Il existe des variantes de la faux pour des usages plus spécifiques telle que la faucette, qui sert à couper aisément les ronces et les repousses d'arbustes ou le croissant, gouillard ou fauchon avec une lame plus courte et plus longue, qui sert à élaguer de petites branches hautes ou à débroussailler des talus. On trouve également dans la même famille que la faux, le faucard (ou faucardeuse) avec un long manche, manœuvrée à la main ou adaptée à un bateau muni d’un moteur, et qui sert à faucher les herbes des rivières et des marais.
Ma debroussailleuse ne démarre pas ! ou est en panne ! résolu
L'eau de cuisson bouillante et salée
L’eau de cuisson des pommes de terre bouillante et salée est réputée pour son fort pouvoir désherbant : par la chaleur et par l’effet du sel. Jetez-la sur les herbes à éliminer en faisant attention à ne pas toucher les plantes ornementales. Elle est aussi efficace sur les mousses.
Le désherbage par solarisation
Il s’agit d’épandre sur la parcelle de terre à désherber une bâche noire ou un film de paillage foncé qui accumule la chaleur sous l’effet des rayons du soleil. Sous la bâche, les plantes sont chauffées et finissent par se décomposer sur place.
Le désherbage thermique ou électrique
Il s’agit d’un appareil fonctionnant au gaz ou à l’électricité. Le but n’est pas de brûler au feu la plante mais de la chauffer à très haute température (90°C) pour faire exploser les cellules : la plante jaunit, se dessèche entièrement et meurt.

Les désherbants chimiques : à utiliser avec précaution
Le désherbage manuel est le plus efficace mais le plus fastidieux ! Toutefois, il existe des désherbants chimiques qui peuvent être utilisés avec discernement.
- Désherbants à base d'acide acétique : Ce type de produit agit en une heure et permet de replanter dès la journée suivante. Toutefois, ne le mettez jamais en contact avec vos plantes ornementales, car le produit ne fait pas de différence. Pour bien procéder, pulvérisez le produit sur les feuilles de la plante, il va se diffuser jusqu’aux racines. Réitérez l’application pendant une à deux semaines pour vous débarrasser définitivement des plantes indésirables.
- Désherbants sélectifs : Pour désherber les pelouses envahies par les mauvaises herbes (pissenlit, trèfle, plantain, chardon, liseron, pâquerette, prêle…), employez un désherbant sélectif qui épargnera toutes les plantes de la famille des graminées, qui composent votre gazon. Pour bien procéder, respectez scrupuleusement les instructions précisées sur l’emballage du produit. Dosez le produit sans excès et optimisez ses effets en l’appliquant quelques jours après la tonte, sur un sol humide et par temps doux (autour de 20°C).