Le Cochon d'Inde : Un Monde Comportemental Riche et Complexe

Le cochon d'Inde se caractérise par une richesse comportementale qui n’a pas son équivalent chez nos autres rongeurs de compagnie. L’observation des différentes postures et du répertoire sonore d’un cobaye lors d’une activité solitaire ou d’une interaction entre plusieurs individus au sein d’un groupe permet de typer de nombreux comportements. Chacun de ces comportements est en fait la résultante d’informations perçues par l’intermédiaire d’un ou de plusieurs de ses sens. L'étude du comportement du cochon d'Inde révèle une complexité souvent sous-estimée, allant des activités individuelles aux interactions sociales sophistiquées.

L'Univers Sensoriel du Cobaye

Avant d'explorer les comportements spécifiques, il est essentiel de comprendre l'univers sensoriel du cobaye, car chaque activité comportementale est constituée de deux composantes : posturale et phonique. La seconde composante résulte du répertoire sonore du cobaye, dont la richesse contraste avec la pauvreté de celui de nos autres rongeurs de compagnie. Elle a fait l’objet de nombreuses études, surtout dans les années 1970-1980, portant notamment sur les sonogrammes (tracés des enregistrements phoniques) des différentes vocalisations. Les différents comportements s’établissent dès la naissance, ils sont variables d’un individu à l’autre, d’un sexe à l’autre et sont en fait le reflet de la structure sociale qui se met en place à l’intérieur d’un groupe.

Les Comportements Solitaires ou Individuels du Cochon d'Inde

Les comportements individuels du cochon d'Inde, bien que parfois discrets, sont fondamentaux pour son bien-être et sa survie. Ils comprennent l'alternance veille-sommeil, les comportements alimentaires, la coprophagie, le grignotage, les comportements excrétoires, et les soins corporels.

L’Alternance de la Veille et du Sommeil

Le cobaye domestique en captivité présente une activité pratiquement continue, alors qu’elle est surtout crépusculaire pour les cobayes vivant en semi-liberté et pour les espèces sauvages. Le sommeil a fait l’objet d’études électro-physiologiques : l’organisation de la veille et du sommeil se caractérise par une alternance rapide de phases d’activité et de repos d’importance égale, bien réparties sur l’ensemble du nycthémère, avec cependant quelques pics d’activité : de 18 à 20 heures, de 1 à 3 heures et parfois vers 6 ou 7 heures. Chez le jeune avant le sevrage, ces pics d’activité sont plus rares (de 17 à 21 heures, et parfois vers 4 heures) mais plus longs.

Il n’y a pas de prédominance nette, qu’elle soit diurne ou nocturne, de la veille et du sommeil. Le cobaye est donc actif par petites périodes pendant plus de la moitié du nycthémère et les phases de repos (48 % du nycthémère) qui n’excèdent pas 10 minutes, comportent à la fois des périodes de sommeil peu structurées et un fort pourcentage d’états de veille. Le cobaye ne dort que 28 % de son temps et la part de sommeil paradoxal, dont la durée moyenne des épisodes n’est que de 106 secondes, est de 4 %. Il n’y a pas de variations dans l’alternance veille-sommeil en fonction des conditions de luminosité. Les mâles sont légèrement plus actifs que les femelles. Par contre, l’élévation de la température ambiante diminue beaucoup l’activité. Le cobaye en phase de repos est en position couchée, à partir de l’âge de 25 jours. Les nouveaux-nés sont simplement ramassés sur eux-mêmes.

Les Comportements Alimentaires du Cochon d'Inde

L'alimentation du cochon d'Inde est un aspect crucial de son comportement. Le cochon d’Inde est un gros mangeur, ingérant un tiers de son poids chaque jour.

La Prise d’Aliments

Les cobayes sauvages se nourrissent au crépuscule dans leur milieu naturel, à la différence des cobayes domestiques qui s’alimentent un peu n’importe quand, aussi bien le jour que la nuit. Le cobaye quémande sa nourriture le museau relevé, voire la moitié antérieure du corps soulevée du sol. Cette mimique qui accompagne la prise d’aliments s’accompagne de l’émission de deux types de cris particuliers à l’espèce :

  • Un cri dit rythmique sexuel, saccadé et grave tel un bourdonnement, qui s’observe au cours des parades sexuelles, peut être émis par le cobaye proche de son maître, au moment de la distribution de la nourriture dont il est friand. Il s’agit d’un cri de satisfaction.
  • Un autre cri dit de quête et sifflement d’appel, également observé sur les jeunes isolés de leurs congénères, est nasillard et prolongé par un long sifflement aigu. Ce cri est destiné à attirer l’attention du maître, il s’arrête de lui-même lors de la distribution de la nourriture.

Mises à part ces vocalisations de quête et de satisfaction, les périodes de prise d’aliment sont plutôt calmes : mâles et femelles se nourrissent côte à côte, sans distinction de rang. Contrairement à ce qui existe chez d’autres espèces (chien, chat, hamster, oiseaux, reptiles,..), la compétition alimentaire est rare. Le cobaye ne porte pas ses aliments à sa cavité buccale avec ses membres antérieurs (comme le font la plupart des rongeurs), tout au plus ceux-ci peuvent lui servir pour maintenir les aliments au sol pendant qu’il tire dessus avec ses dents, tout en effectuant des mouvements de la tête vers le haut et vers l’arrière. Bien que ne possédant pas d’abajoues (comme les hamsters), le cobaye peut transporter dans sa cavité buccale des aliments de grande taille (pommes, feuilles d’endives, céleri,..) pour les soustraire à ses congénères.

La Prise de Boisson

Le cobaye aspire l’eau ou tout autre liquide, sans le lapper. Il est important de veiller à ce qu'il ait toujours accès à une source d'eau fraîche, idéalement via un biberon pour éviter la contamination.

La Coprophagie

Le cobaye réabsorbe une partie de ses crottes, ce qui lui permet de récupérer de la cellulose digestible, des vitamines du groupe B, des acides aminés. Pour ce faire, il s’assoit sur ses membres postérieurs, se recourbe afin de venir récupérer le contenu fécal à la sortie de l’anus, puis il se redresse aussitôt et se met à mâcher. Cette pratique, essentielle à son métabolisme, souligne l'importance de ne pas retirer systématiquement toutes les crottes immédiatement de la cage.

Zones dépourvues de poils chez le cochon d'inde

Le Grignotage

Le cobaye passe un temps considérable à grignoter et ronger tout ce qui peut être à sa portée (distributeurs d’eau, bord des mangeoires, maison,..). Ceci n’est pas lié à la prise de nourriture, mais à la pousse continue des dents (incisives et molaires) qui ne sont usées que par la mastication. Il est donc crucial de lui fournir des matériaux à ronger pour éviter les problèmes dentaires.

La Miction et la Défécation

Lorsque le cobaye va uriner, il se met souvent à reculer jusqu’à entrer en contact avec une paroi de la cage ou un accessoire, voire un congénère, il abaisse sa croupe et urine. Inversement, lorsqu’il veut déféquer, il relève la croupe. Il n’y a pas de lieu privilégié pour ces comportements excrétoires, autrement dit le cobaye urine et défèque n’importe où dans sa cage. Par contre, ces comportements peuvent être inhibés lorsqu’il se retrouve dans un lieu nouveau ou inconnu. Le cobaye a la fâcheuse habitude d’uriner et déféquer dans sa mangeoire ou son récipient d’eau, d’où l’intérêt d’un biberon et d’accessoires fixés aux parois de la cage.

Les Soins Corporels

La toilette s’observe très tôt chez le jeune, dès les premières heures qui suivent la naissance. Chez l’adulte, elle est généralement effectuée pendant les périodes de calme, après le repas ou le sommeil. Le cobaye, assis sur son train postérieur, passe lentement un ou les deux membres antérieurs en arrière des oreilles puis contre le museau, de bas en haut. Cette toilette se poursuit en général par un léchage qui ne concerne que les membres antérieurs chez le jeune d’une semaine et qui s’étend aux membres postérieurs et à l’ensemble du corps chez l’adulte. Le pelage est nettoyé avec la langue et avec les dents. Ces soins corporels sont complétés par un grattage, avec les membres postérieurs. Peu rapide et peu précis à la naissance, il se perfectionne rapidement : un jeune est capable à 5 jours d’atteindre n’importe quelle partie de son corps avec ses membres postérieurs.

Cochon d'Inde faisant sa toilette

Les Relations du Cochon d'Inde avec l'Environnement

Le cochon d'Inde interagit constamment avec son environnement, et ces interactions révèlent souvent sa nature craintive mais curieuse.

L’Exploration et les Schémas de Méfiance

Le cobaye est par nature méfiant et peu enclin à l’exploration, en comparaison avec d’autres rongeurs de compagnie tels le hamster ou le rat. Les jeunes sont cependant plus curieux que les adultes. Lorsqu’il est introduit dans un espace nouveau, le cobaye s’immobilise dans un premier temps. Une fois cette période d’immobilité passée, il se déplace par des séries de mouvements entrecoupés d’arrêts. Les déplacements sont lents, effectués avec précaution, le corps au ras du sol et allongé au maximum. Ce comportement typique peut être accompagné d’une exploration olfactive : le cobaye dresse la tête vers le haut, parfois tout le corps. Il peut aussi frotter sa région labiale sur le sol, dans un mouvement de va et vient, mais sans pratiquer de léchage. Ce genre d’allure prudente se retrouve lorsqu’un objet ou un animal étranger a pris position à l’intérieur de la cage : le cobaye vient l’examiner avec circonspection, et parfois le goûter, en s’allongeant au maximum, comme pour en approcher la tête tout en laissant l’arrière-train dans une zone éloignée du danger.

Diverses vocalisations sont associées à ces schémas de méfiance :

  • Un mâle émet systématiquement le cri rythmique sexuel lorsqu’on introduit un étranger dans sa cage ou lorsqu’on le place dans une cage nouvelle contenant ou ayant contenu des cobayes.
  • L’arrivée d’un intrus peut induire l’émission du signal de menace, produit par l’entrechoquement des dents au cours de mouvements modérés mais très rapides de la mandibule.
  • Le cri dit de cohésion (« chutt »), caractéristique des interactions sociales dépourvues de tension peut aussi accompagner l’activité exploratoire.

Le Marquage au Sol

Le cobaye croupe baissée traîne son arrière-train sur le sol. La trace odorante laissée par les sécrétions des glandes anales, permet au cobaye de se familiariser avec son nouvel environnement et de marquer son territoire pour qu’il soit reconnu comme tel par ses congénères. Ce comportement est essentiel pour l'établissement de la hiérarchie et la communication olfactive au sein du groupe.

La Réponse aux Bruits

Le cobaye répond à un bruit inconnu, soudain, aigu et de faible intensité (froissement de papier, bruit de clés, de pièces,…) en s’immobilisant. Il reste attentif, raide, membres antérieurs tendus et tête relevée, les yeux grands ouverts. Par contre, si l’intensité du bruit est forte (téléphone, avion, …), il répond par la fuite rapide suivie d’une immobilisation prolongée. Dans les deux cas, l’immobilité ou la fuite sont accompagnées d’un bruit caractéristique de bourdonnement saccadé (« drr ») dit « cri rythmique d’alerte au son » qui a valeur d’avertissement pour les congénères.

Les Comportements Collectifs ou Sociaux chez le Cochon d'Inde

Le cochon d’Inde est un animal grégaire, c’est-à-dire qu’il vit en communauté. Il ne supporte pas la solitude. Le cochon d’Inde a l’habitude de vivre en groupe dont les membres ont des liens sociaux très étroits. À l’état sauvage, le cochon d’Inde vit avec cinq à dix congénères. Vivre seul ne le tuera donc pas, mais c’est l’obliger à vivre contre ce qu’il est vraiment. Un cochon d’Inde qui vit seul peut vite dépérir et contracter des maladies liées à son état psychologique. En tant qu’animal grégaire, le cochon d’Inde n’est pas fait pour vivre seul.

Les Comportements Relationnels

Ces comportements sont exempts de toute tension. Ils permettent une communication entre deux sujets et jouent un rôle important dans la reconnaissance individuelle ou dans la cohésion d’un groupe. On dénombre 4 principaux comportements relationnels :

Le Contact Bucco-buccal

Il apparaît dès les premiers jours de la vie, dirigé vers la mère. Par la suite, il s’observe souvent entre deux individus, surtout pendant les périodes de calme. Ce contact contribue à renforcer les liens sociaux au sein du groupe.

Le Toilettage Mutuel

L’un des deux cobayes toilette activement l’autre en mordillant sa fourrure au niveau de la tête. Ce toilettage entraîne chez le cobaye récepteur une fermeture des paupières et des coups de tête vers le haut. C'est un signe d'apaisement et de confiance.

Le Flairage Anogénital

Ce comportement, déjà présent chez le très jeune, permet une reconnaissance mutuelle entre individus grâce aux glandes sécrétrices de la zone ano-génitale. C'est une forme de communication olfactive essentielle pour l'identification des congénères.

Le Tirage des Poils

Cette attitude, fréquente chez les petits envers leur mère, réapparaît au moment de la lactation et sur les adultes. Les cobayes tirent et ingèrent les poils de leurs congénères, et leur mordillent les oreilles. Ce comportement est favorisé par la surpopulation et tout état de stress, par exemple lorsque les individus se bousculent pour atteindre l’eau ou la nourriture, et il peut prendre dans les cas extrêmes heureusement très rares des allures de mutilation voire de cannibalisme.

Ces comportements relationnels, mis à part le dernier dans sa phase terminale, sont associés à deux types de vocalisations :

  • « le cri de cohésion » : série de plusieurs cris brefs de basse fréquence, observables dès la naissance.
  • « le cri de contact social » : émission répétitive de vocalisations identiques, à un rythme régulier au cours d’une même séquence, et qui se poursuit pendant plusieurs secondes.

Infographie sur les différents cris du cochon d'Inde et leur signification

Les Comportements Sexuels

La séquence sexuelle type est constituée par les différentes phases de la parade du mâle suivies par la réponse de la femelle. Elle est surtout le fait des mâles adultes dominants envers les femelles réceptives ou nouvelles et les nouveaux congénères, mais elle peut aussi s’observer chez de très jeunes mâles ou sur des femelles en chaleur. Les jeunes mâles peuvent commencer à présenter des comportements sexuels dès l’âge de 8 jours.

La Phase de Début

Le mâle commence par flairer et/ou lécher la région anogénitale de la femelle, bouche entrouverte, avec des mouvements de tête vers le haut.

La Parade de Cour

Le mâle adopte une démarche raide et lente à petits pas, tête horizontale tendue vers l’avant, tout en évaginant son scrotum et ses glandes péri-anales. Au cours de cette parade, il tourne autour de la femelle ou reste immobile avec des mouvements de dandinement du train postérieur. Ce comportement s’accompagne de l’émission du cri rythmique sexuel déjà décrit : succession de bourdonnements saccadés et brefs (0,025 s.) de sonorité grave (150 à 450 Hz) pendant 30 secondes ou plus. Chaque unité sonore est associée à une vibration visible des flancs qui correspond à une contraction rythmique du diaphragme. Après sa parade de cour, le mâle suit la femelle dans tous ses déplacements en flairant sa région génitale, le menton posé sur sa croupe tout en émettant le fameux cri rythmique sexuel.

La Réponse de la Femelle et la Fin de la Séquence

La réponse est variable en fonction de la réceptivité de la femelle :

  • Une femelle réceptive, donc en chaleur, peut présenter toutes les postures typiques du mâle, et même parfois effectuer des tentatives de chevauchement. Elle répond aux avances du mâle par la posture de lordose : dilatation périnéale, affaissement du dos, membres postérieurs raides et croupe relevée. Le mâle la chevauche en l’étreignant au moyen de ses pattes avant.
  • Une femelle non réceptive va au contraire essayer d’interrompre les avances du mâle. Elle le repousse en arquant le dos et en pratiquant des ruades. Pour parachever son refus, elle se raidit sur ses membres postérieurs, relève sa croupe et émet des jets d’urines par saccades. Ces postures sont là aussi accompagnées de vocalisations caractéristiques :
    • Le cri de contact social : piaulement de 3 à 4 unités sonores de fréquence basse mais crescendo.
    • Le cri de dérangement : émission de trilles de haute fréquence (500 à 1700 Hz).

Les Comportements Agonistiques ou Conflictuels

Les comportements agonistiques commencent à s’exprimer dès la première semaine (coups de museau) pour s’intensifier surtout chez le mâle qui utilise dès l’âge de 3 mois les comportements de l’adulte. Ces conflits peuvent intervenir dans un groupe stable à l’occasion de différentes situations telles que la distribution de nourriture, le sevrage, l’accouplement, et surtout la surpopulation. Les conséquences sont généralement minimes. Il en est tout autrement lors de l’introduction d’un cobaye étranger dans un groupe déjà constitué.

Les Relations Agonistiques au Sein d’un Groupe Stable

Le cobaye menaçant relève la tête en direction de son adversaire. Les rapports de domination peuvent changer effectivement.

Les Femelles Cochons d'Inde qui se Montent Dessus : Hiérarchie et Chaleurs

Il est fréquent d'observer des femelles cochons d'Inde se monter les unes sur les autres, un comportement qui peut interpeller les propriétaires. Ce comportement est souvent interprété à tort comme une tentative d'accouplement. Cependant, dans la plupart des cas, il s'agit d'une manifestation de l'établissement ou du maintien de la hiérarchie au sein du groupe. Une femelle qui monte sur une autre cherche à affirmer sa domination.

Par exemple, des propriétaires rapportent des situations où leurs trois chonnes, d'âges différents (1 an, 8 mois, 5 mois), se tournent autour et se montent dessus. La plus âgée (1 an) est normalement la dominante, mais ces interactions peuvent signifier un changement potentiel dans la hiérarchie. C'est un comportement normal et il ne faut généralement pas intervenir à moins de bagarres violentes. Il est important de laisser le trio s'organiser.

Ce comportement peut également être plus fréquent pendant les périodes de chaleurs. Une propriétaire a ainsi noté que sa plus grande femelle, en chaleur, n'a cessé de monter sur la petite, de la poursuivre et de ne pas la laisser tranquille. Bien qu'elle soit sûre qu'il s'agit de deux femelles, le comportement peut être accentué par les hormones, même si l'objectif n'est pas la reproduction. Une autre a constaté que sa chonne la plus dominante continuait d'intimider sa nouvelle petite en la poursuivant, lui claquant des dents et de temps en temps en lui montant dessus. Cela ne l'inquiétait pas tant qu'il n'y avait pas de violence, car c'est une manière pour la chonne dominante d'affirmer son statut.

Il est crucial de comprendre que le fait qu'une grande chonne monte sur une petite n'est pas spécialement lié à ses chaleurs dans une optique de reproduction. C'est principalement un signe de domination, elle établit une hiérarchie. Les cochons d'Inde ont chacun leur caractère, et les individus très dominants peuvent agir de la sorte sur de très longues périodes. Ces comportements sont des indicateurs de la dynamique sociale complexe au sein des groupes de cochons d'Inde.

Schéma de l'établissement de la hiérarchie chez les cochons d'Inde

Le Langage et la Communication du Cochon d'Inde

Les cochons d'Inde ont développé une large palette de moyens de communication, incluant le langage corporel et un riche répertoire vocal. Le langage oral est très important chez le cochon d’Inde qui communique beaucoup de cette manière. Il a d’ailleurs la réputation d’être un bavard ! Des spécialistes ont pu repérer une dizaine de sons distincts.

Le Langage Corporel

Le cochon d’Inde fait déjà passer quelques messages avec sa seule tête :

  • Le nez levé en l’air indique qu’il est attentif à son environnement.
  • Les yeux fixes et le corps immobile dénotent un stress ou une peur.
  • Les dents qui claquent préviennent d’une agression imminente.

Il va également exprimer bien des choses avec l’ensemble de son corps :

  • Si votre cochon d’Inde se met à faire des courses rapides d’avant en arrière, accompagnées de petits sauts et de couinements, c’est qu’il est bien dans sa peau !
  • S’il donne des coups de pattes ou envoie un jet d’urine, c’est qu’il est mécontent. Cela peut arriver si vous le caressez au niveau de l’arrière-train : les cochons d’Inde n’apprécient généralement pas.
  • S’il ronge les barreaux de sa cage, ce n’est pas du tout bon signe. Au mieux, il a faim et il suffit de repenser la quantité d’aliments que vous lui donnez, au pire, il s’ennuie et, soit vous passez plus de temps avec lui, soit vous lui donnez un compagnon.
  • Enfin, un cochon d’Inde qui reste prostré dans un coin, qui se gratte avec excès ou qui mange ses poils, est un animal qui va mal.

L'étirement est un autre comportement corporel : le cobaye est couché sur le flanc, les membres postérieurs étirés en arrière, souvent un signe de détente et de bien-être.

Les Vocalisations du Cochon d'Inde

Le cochon d’Inde communique beaucoup par le son. Vous ne serez pas surpris de l’entendre fréquemment parler, couiner, siffler, avec vous comme avec un congénère.

  • Un sifflement ou couinement facilement repérable indique qu'il a faim, surtout s’il vous entend manipuler le sac de foin ou de granulés ! Il fait souvent le même bruit lorsqu’il attend ou réclame de la nourriture.
  • De petits cris aigus peuvent montrer son contentement lorsque vous entrez dans sa pièce. Des couinements peuvent aussi s’entendre lorsque vous le caressez.
  • Un son ressemblant à un grognement pourra apparaître pour saluer un congénère.
  • Vous pourrez entendre une sorte de roucoulement ou de bourdonnement (comme des gazouillis) dans les situations suivantes : apaisement après un épisode de stress, ou bien s’il reste trop longtemps seul.
  • Un claquement de dents doit vous mettre en alerte, c’est un signe de peur : cela signifie qu’il se sent en danger ou qu’il veut attaquer. S’il le fait lorsque vous le prenez ou que vous le brossez, méfiez-vous car il pourrait mordre. Reposez-le ou caressez-le doucement pour le rassurer. S’il le fait en présence d’un congénère, cela peut indiquer un conflit.

L'Adaptation à la Vie Domestique

Le cochon d’Inde est très apprécié des Français. Ce NAC (nouvel animal de compagnie) possède en effet un caractère qui s’adapte parfaitement à la vie de famille. Certains disent même que c’est un compagnon idéal ! Durant les 4 ou 5 années (jusqu’à 8 !) qu’il pourra passer avec vous, il vous surprendra par les divers sons qu’il émettra et que vous essaierez de comprendre… mais il vous comblera surtout par son affection à votre égard.

Traits de Caractère Communs

Le caractère d’un cochon d’Inde ne dépend pas de la race à laquelle il appartient. Il existe en effet plusieurs espèces de cochons d’Inde (poils lisses, poils durs, poils longs) mais elles n’influent pas sur le comportement des animaux. Ainsi, il n’y a pas de race plus affectueuse ou plus craintive que d’autres. Ces rongeurs ont des traits de caractère communs, qui peuvent varier légèrement d’un individu à un autre, certains pouvant être plus vifs ou plus dociles.

Le cochon d’Inde est un animal sociable et doux qui apprécie beaucoup les contacts physiques et les câlins. Il demande de l’attention au quotidien et vous pourrez très facilement l’apprivoiser et créer une relation avec lui. Il peut être naturellement timide et anxieux et aura besoin d’une cachette pour se réfugier s’il en ressent le besoin (en prévoir une dans sa cage, sous forme d’abri ou de maisonnette).

Une autre caractéristique du cochon d’Inde est qu’il a ses habitudes et n’aime pas la nouveauté ou les changements. Cela peut se voir dans son comportement alimentaire : un aliment introduit trop rapidement et en grande quantité pourra être mis de côté. De plus, il pourra aussi délaisser un nouvel accessoire remplaçant un autre auquel il était accoutumé. Par conséquent, si vous êtes amené par exemple à changer son biberon à eau, surveillez-le les premiers jours afin de vous assurer qu’il continuera bien à boire.

Ce n’est pas un animal très actif, il préférera dormir ou se reposer dans un nid douillet ! Mais un peu d’exercice tous les jours lui suffira amplement.

L'Importance de la Compagnie

Contrairement à plusieurs autres petits animaux domestiques, le cochon d’Inde a, normalement et à l’état sauvage, un mode de vie grégaire. Il peut vivre au sein de groupes allant de 5 à 10 individus. Le fait de vivre à plusieurs est rassurant pour lui car il possède assez peu de défenses naturelles. Cet instinct de vie en communauté ne le quitte pas lorsqu’il est adopté comme animal de compagnie. C’est pour cela qu’il est conseillé, lorsque l’on est intéressé par l’adoption d’un cochon d’Inde, d’en prendre deux, voire plus ! Tout dépendra de la place que vous réserverez à la cage dans votre logement.

Si vous n’en adoptez qu’un, il aura besoin de votre compagnie une partie de la journée car il n’aime pas rester seul et pourra s’ennuyer. De ce fait, installez la cage dans une pièce de vie où vous serez souvent présent et où vous pourrez facilement interagir avec lui. Si vous souhaitez adopter deux individus (ce que nous conseillons toujours), préférez deux femelles à deux mâles, elles s’entendront mieux. La taille minimale de la cage pour deux individus doit être de 1,40 mètre. Si vous avez la place dans votre maison de créer un enclos d’intérieur ou d’extérieur, ce sera l’idéal.

La Journée Type d’un Cochon d’Inde

À l’inverse d’autres petits rongeurs comme le hamster, le cochon d’Inde est un animal plutôt diurne, même s’il pourra aussi avoir des périodes d’activité la nuit. Ses jours seront découpés en plusieurs phases de repos et d’activité. Il aura besoin de sortir de sa cage durant de longs moments, même si ce n’est pas un grand sportif ! Plusieurs heures par jour, vous le laisserez en liberté (dans des lieux sécurisés) pour qu’il puisse se promener et satisfaire sa curiosité, en gardant toujours un œil sur lui bien sûr. Si vous habitez une maison ou que vous avez assez de place, vous pouvez remplacer la cage par un enclos ou un parc intérieur, il sera ainsi en semi-liberté.

Vous pourrez le voir faire de nombreux petits repas tout au long de la journée. Si vous prenez l’habitude de remplir ses mangeoires deux fois par jour (le matin et le soir), cela pourra constituer ses deux repas principaux. Son râtelier à foin doit toujours être rempli, c’est son aliment de base qu’il peut consommer à volonté.

Signification de Certains Comportements en Milieu Domestique

Lorsque vous accueillez votre nouveau petit compagnon chez vous, il pourra se montrer craintif. Ne cherchez pas alors à le toucher ou à le prendre car cela le stresserait encore plus. Il restera une partie de sa journée dans sa cachette mais c’est un comportement normal. Laissez-le découvrir et se familiariser à son nouvel environnement. Petit à petit, il retrouvera son calme et cherchera votre contact et vos caresses.

Si au bout de plusieurs jours ou semaines il continue à passer beaucoup de temps dans sa cachette, cela peut vouloir dire que son environnement ne lui convient pas. Vérifiez alors les paramètres suivants : cage suffisamment grande, emplacement dans un lieu de vie mais sans bruits forts ou continus, pas d’exposition aux courants d’air, aux rayons du soleil, à une source de chauffage, à des odeurs particulières.

Certains comportements peuvent vous mettre en alerte et indiquer un malaise ou une maladie : une apathie générale (il ne bouge plus et reste dans un coin), il se gratte fréquemment (il peut alors avoir une maladie de peau causée par un parasite). Dans ce cas, contactez votre vétérinaire.

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