Guide complet : Comment cultiver et fertiliser les arbres de kiwi pour une récolte abondante

Le kiwi, ou actinidia, est une liane vigoureuse originaire de Chine, où il était cultivé depuis plus de 2000 ans le long du fleuve Yang Tsé sous le nom de « Yang Tao », signifiant "pêche du Yang Tsé". Bien qu'aujourd'hui associé à la Nouvelle-Zélande, il s'est largement répandu dans le monde entier, faisant de pays comme l'Italie, la France ou la Grèce d'importants producteurs. Cet article explore les méthodes précises pour cultiver cette plante fascinante, avec un accent particulier sur la fertilisation et l'entretien nécessaire pour garantir une production optimale.

Plantation de kiwis dans un jardin ensoleillé

Les fondamentaux de la culture du kiwi

Le kiwi est le fruit du genre Actinidia spp., comme Actinidia deliciosa, Actinidia chinensis ou Actinidia arguta. Pour réussir sa culture, il est impératif de comprendre ses besoins physiologiques. Les kiwis aiment les endroits ensoleillés, chauds et protégés du vent et avec peu de risque de gel tardif. Le sol doit être pauvre en calcaire, modérément lourd et bien perméable.

La plante peut grimper jusqu’à 3 m de haut, elle a donc besoin d’un support auquel elle peut être accrochée. La plante convient également pour végétaliser les pergolas. Pour la plantation, placez la plante avec le pot dans l’eau jusqu’à ce que la motte de racines soit complètement imbibée. Creusez un trou de plantation jusqu’à environ deux fois la taille de la motte de racines et ameublissez la terre au fond du trou. Placez la plante de kiwi dans la fosse et entourez les racines avec de la terre fine mélangée à 1-2 pelletées de compost bien mûr. Si le sol est calcaire, ajoutez de la sciure de bois. Arrosez généreusement la plante afin que les racines s’ancrent bien dans la terre. Au cours de la première année, arrosez régulièrement la plante, surtout par temps sec.

Stratégies de fertilisation et nutrition minérale

L’établissement d’un programme de fertilisation correct est essentiel pour maintenir une culture saine et productive. Conserver une teneur en matière organique entre 2 et 3% permet de maintenir les propriétés physiques du sol et préserve la vie microbienne active, en évitant la détérioration progressive du sol agricole due à l’utilisation excessive d’engrais minéraux.

La gestion de l'apport azoté

Le kiwi débourre mi-mars, il faut donc que l’azote soit disponible début mars et ensuite de façon régulière dans le temps. Un manque d’azote, surtout en sol froid, cause des retards de végétation, avec des fruits plus petits. L’apport d’un engrais à minéralisation rapide (azote organique d’origine animale) et riche en azote semble indispensable. Toutefois, attention : trop de matière organique en fin de cycle rend les kiwis pleins d’eau et ils vont mûrir trop vite en chambre froide et se conserveront moins longtemps.

L’apport d’azote est limité à 170 unités d’azote/ha de SAU bio de l’exploitation/an. Les amendements servent à redresser les teneurs en matières organiques du sol. Ils sont généralement apportés à la plantation sous forme de compost et en renouvellement en fonction des analyses de sols, des rendements observés, et des dynamiques d’azote ayant eu lieu en année N et N-1 par des composts de fumier évolués à hauteur de 30 tonnes/ha.

Le rôle du rapport C/N

Le rapport carbone sur azote, noté C/N, est un indicateur de la vitesse de minéralisation de l’azote organique. Plus le C/N du produit apporté est proche de celui du sol, plus sa minéralisation sera rapide. Les produits à C/N faible sont des fertilisants : ils servent à nourrir la plante. Au-delà de 25, le produit contient beaucoup de carbone. Ces prélèvements, s’ils ne sont pas compensés, se feront au détriment de l’actinidia et se traduiront par une « faim d’azote ». Les produits à C/N > 25 sont des amendements : ils servent à nourrir le sol, à améliorer sa teneur en matière organique stable.

Schéma illustrant l'absorption des nutriments par les racines du kiwi

Soins spécifiques pour les kiwis en pot

Les kiwis peuvent aussi être cultivés dans de grands contenants (min. 30 litres). Cependant, en raison de la masse de feuilles, il faut assurer un approvisionnement hydrique suffisant. Pour les plantes en pot, un apport supplémentaire d’engrais devrait avoir lieu en juin. De plus, pour protéger les mottes de racines contre le gel, les pots doivent être emballés avec une protection hivernale.

Les Kiwis se contentent d’un petit apport d’engrais. Au printemps, épandre 40-60 g/m2 d’engrais Biogarten pour fruits et baies. Dans ce cas, la quantité d’engrais pour fruits et baies doit être réduite.

La taille : un art indispensable pour la production

Les kiwis peuvent être cultivés et taillés comme les vignes, car les fleurs poussent aussi à partir des bourgeons des jeunes pousses annuelles. Coupez en mars avant le débourrement. Selon l’espace disponible, rabattez de 3 à 5 yeux. Les fleurs et les lianes fruitières se développeront ensuite à partir des premiers et des derniers bourgeons.

La taille se pratique généralement à deux périodes :

  1. La taille d’hiver (février) : Objectif : Éliminer les branches mortes, malades ou mal placées, et favoriser le renouvellement des rameaux fructifères. Technique : Coupez après le 3ème ou 4ème œil qui se situe derrière l’emplacement du dernier fruit cueilli la saison précédente.
  2. La taille de fructification (juin-juillet) : Objectif : Améliorer la qualité des fruits et favoriser la croissance des nouveaux rameaux. Technique : Raccourcissez tous les rameaux porteurs de fruits en coupant la tige au-dessus de la 2ème ou 3ème feuille après la grappe de fruits.

Tailler le kiwi

Gestion des éléments secondaires et microéléments

Le magnésium est un élément à surveiller. Il est en équilibre avec le calcium et le potassium, de sorte qu’un excès dans l’apport des éléments précédents provoque un manque de magnésium dans la culture. C’est pourquoi, dans cette phase, il est nécessaire de voir quels éléments secondaires et microéléments peuvent être en état de carence dans notre culture. Pendant la nouaison, le biostimulant ENGORMAX assure un bon développement du fruit ainsi qu’une teneur élevée en matière sèche.

La phase d’accumulation de matière sèche dans le fruit a lieu pendant les mois d’été, avec des conditions de température et d’humidité extrêmes. Dans cette période, l’utilisation de biostimulants spéciaux est recommandée : GLYBET, GORFRUT et TOP-K pour les différentes phases de la culture. La plante pourra ainsi surmonter le stress causé par ces conditions et la possible déshydratation sera évitée.

Variétés et caractéristiques biologiques

L’importance agronomique du kiwi entraîne une amélioration génétique, orientée à la fois sur la productivité et sur la qualité de ses fruits. Il s’agit d’une espèce dioïque, il y a donc des plantes mâles et femelles. Un manque de froid dans la culture conduit à une réduction de la production finale.

  • Actinidia deliciosa (Variété Hayward) : La plus répandue en raison de sa productivité élevée et de la qualité de ses fruits (gros, environ 100 grammes, avec une très bonne durée de conservation).
  • Actinidia chinensis : Variétés à pulpe jaune et à peau glabre, leurs besoins d’heures de froid sont moindres, de 300 à 400 heures.
  • Variétés spécifiques : La variété « Jenny » donne des fruits de la taille d'un œuf, au goût aromatique, doux et acidulé. La variété « Ananaskaja » présente des fruits ovales, à peau lisse avec un soupçon de rouge. La variété « Prince Jumbo » est une variété pollinisatrice mâle et ne forme pas de fruits. La variété « Red Jumbo » a des fruits ovales et oblongs, très sucrés, à la chair rouge. La variété « Super Jumbo » a des fruits vert jaunâtre avec un arôme doux acidulé.

Protection et santé du végétal

En général, les kiwis ne sont pas sensibles aux maladies et aux ravageurs. Les pucerons ou les acariens tétranyques ne surviennent que rarement. Toutefois, en été, par temps chaud et sec, brumisez le feuillage pour prévenir toute attaque d’araignées rouges. Contre les maladies fongiques et pour le renforcement général des plantes, utilisez RhizoSan, l’allié de la fortification biologique des plantes.

Recherche participative et avenir de la culture

Les difficultés liées à la fertilisation organique sont de trois ordres : la nature hétérogène des engrais organiques, son incorporation au sol, et les besoins propres de la plante. Cependant, ces produits onéreux ne permettent pas de toujours compenser les pertes de rendements observés en vergers bio. Bio Nouvelle-Aquitaine a organisé des ateliers de co-conception entre arboriculteurs pour définir les axes de recherche. Parmi les ateliers, Cédric FAYDI, producteur dans le Tarn, a expliqué tester l’insertion de poules et brebis dans ses rangs de fruitiers, en plus du semis de trèfle blanc. Son objectif : autonomie pour la fertilisation et diminution des produits phyto dans la gestion des maladies et ravageurs. Il est important de développer des indicateurs pertinents pour définir des itinéraires techniques favorisant l’équilibre global d’un verger.

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