Le compostage est une méthode ancienne et éprouvée pour enrichir le sol, transformant les déchets organiques en un trésor de nutriments. Pour les cultivateurs de cannabis, qu'ils soient en extérieur ou en intérieur, comprendre et maîtriser le compostage est essentiel pour obtenir des plants sains et vigoureux. En plus d'être une solution économique et écologique, le compostage offre la satisfaction de savoir précisément ce qui nourrit vos cultures.

Pourquoi Composter ? Les Bienfaits pour le Cannabis et le Sol
Un sol en bonne santé est la pierre angulaire de toute culture réussie, surtout pour le cannabis de haute qualité. Le sol n'est pas qu'un simple support ; c'est un écosystème vivant et intégral qui abrite une multitude de formes de vie microbienne et macrobienne.
Le compost agit comme un engrais à libération lente naturel, ce qui est un avantage considérable car il n'expose pas les plants aux risques de brûlures souvent associés aux engrais chimiques. Sa présence dans le sol améliore également sa texture, favorisant une meilleure circulation de l'air et une meilleure rétention d'eau. Cette qualité est particulièrement favorable dans les cultures où le cannabis peut souffrir de stress hydrique, comme en guérilla.
Le compost réduit le besoin d'appliquer des engrais, car il diffuse des oligo-éléments, macro et micro-éléments, et nutriments qui nourriront les plants de cannabis. De plus, il favorise l'assimilation des nutriments apportés lors d'un arrosage avec engrais. Son origine 100% organique favorise les propriétés organoleptiques des plants de cannabis.
L'Écosystème du Sol : Un Allié Indispensable
La terre est un milieu à partir duquel les plants extraient leurs nutriments, ce qui leur permet de grandir, de survivre et de s'épanouir. Cependant, le sol ne renferme pas une quantité infinie de nutriments. Le compostage est un excellent moyen de remettre des nutriments dans le sol.
Les micro-organismes dans le sol peuvent faire toute la différence entre un bon cannabis et un excellent cannabis. Par exemple, les nématodes prédateurs peuvent défendre les racines des plants contre les nématodes parasites. Les mycorhizes, quant à elles, forment une relation symbiotique avec les racines des plants, les aidant à décomposer les matières organiques en nutriments digestibles. Le compost agit comme un récupérateur organique des sols, améliorant ses propriétés, augmentant la diversité de la vie microbienne, et sera ainsi très bénéfique aux sols pauvres ou abîmés.
Construire un Composteur : Le Premier Pas
Construire un bac de compostage est la première étape pour commencer à composter. Vous pouvez soit en acheter un, soit en construire facilement un à partir de matériaux de récupération, comme des palettes de bois non traité.
Emplacement et Organisation
Placez votre bac dans une zone du jardin qui reçoit une ombre presque sans interruption. Ceci apportera aux micro-organismes qui décomposent le compost les conditions de travail optimales. Il est important de le protéger de la pluie pour éviter une lixiviation des nutriments trop importante.
Il est également judicieux de préparer un deuxième bac, ou un seau, dans votre cuisine. Les restes alimentaires peuvent y être directement déposés, pour ensuite vider le seau dans le bac en extérieur quand il est plein. Cette méthode de recyclage est très utilisée par les cultivateurs en extérieur et fait toujours plus d'adeptes en culture organique en intérieur.

Divers Types de Composteurs
Le composteur sera placé dans une zone ombragée et protégée des vents dominants, à proximité d'une source d'eau et d'un volume permettant facilement de le remuer ou de prélever le compost mûr. Le volume dépendra de l'espace, mais pour un compostage efficace et de qualité, il est recommandé de ne pas excéder 1m³ par composteur. Ainsi, si vous disposez d'un grand jardin qui produira une quantité considérable de déchets verts, il sera plus avantageux de bâtir plusieurs petits composteurs qu'un seul d'un volume trop important pour un travail homogène et un contrôle efficace du travail de compostage. Cela permettra de disposer de composts à différents stades de maturation d'un bac à l'autre.
- Composteur commercial : Souvent en plastique, il est le plus rapide et commode à mettre en place. Il comporte une ouverture sur la partie supérieure pour introduire les déchets organiques et une porte sur la partie inférieure pour récupérer le compost mature. Ce type de composteur aide à éviter les problèmes d'animaux attirés par les déchets, et son aspect est idéal pour composter à la maison.
- Composteur en bidon : Si vous disposez d'un grand bidon ou baril de plastique, il suffit d'y percer une trappe pour glisser les restes végétaux et une porte sur le fond pour récupérer le compost.
- Composteur en bois ou en briques : Si vous en avez le temps et disposez de matières premières, la construction d'un composteur en bois ou briques peut se révéler une expérience gratifiante. Il faudra concevoir une petite porte sur la partie supérieure pour ajouter la matière organique et utiliser pour la façade des planches de bois qui pourront être retirées individuellement en les faisant glisser horizontalement, pour faciliter le contrôle et la récupération du compost mature.
- Compost en grillage : Une simple grille métallique peut se convertir en composteur en quelques minutes. Il suffira d'en relier les extrémités de façon à former un rouleau que l'on fixera au sol à la verticale. Cette méthode implique une grande aération de la matière, il faudra donc être vigilant quant à l'humidité et aux températures dans le tas de compost. Ces installations sont idéales au jardin.

Les Ingrédients du Compost : Équilibre et Précautions
Il est important d'essayer d'équilibrer le type de matières que vous placez dans votre bac à compost. Le compost se compose de deux principales catégories de matières : la matière verte et la matière marron.
Matière Verte (Azote)
La matière verte est riche en azote. Elle peut inclure les résidus de taille d'herbe, les feuilles vertes, les fruits et légumes, les restes de cuisine, les tontes de gazon, le fumier, le marc de café, les feuilles ou sachets de thé, et les déchets de tailles d'entretien. Pour réaliser la décomposition du carbone dont sont composées les feuilles, les bactéries ont besoin d'azote, c'est le sucre qui leur donne l'énergie nécessaire.
Matière Marron (Carbone)
La matière marron est riche en carbone. Elle comprend les restes de plantes sèches (branches et troncs), la paille, les cendres de bois, le carton, le papier, la sciure et les cheveux. Il est déconseillé d'employer du papier ou carton présentant de l'encre de couleur. Les restes de bois, cendres ou sciure doivent être exempts d'huiles, peintures ou autres produits chimiques qui altéreraient la qualité du compost. Une proportion fréquente est ¾ de matière marron (carbone) et ¼ de vert (azote). Il est aussi possible de mélanger deux parts d'une matière sèche pour une part de matière humide.
Compost ► On reprend les bases pour avoir le plus beau compost
L'Eau et l'Oxygène : Les Clés de la Décomposition
Les ingrédients nécessaires pour réaliser le compost sont l'eau, l'oxygène, l'azote et le carbone.Le mélange doit être humide, mais non détrempé. Pour vérifier l'humidité du compost, vous pourrez en presser délicatement un échantillon entre vos mains : s'il est coulant, il est trop humide. Au contraire, si même en le pressant fortement il n'en sort aucun jus, le compost est sans doute trop sec. L'idéal est qu'il en coule quelques gouttes en pressant, et que votre main reste légèrement humide, ceci représentant un niveau d'humidité optimal. Les arrosages se feront environ tous les 3 à 4 jours selon les conditions climatiques.
Les micro-organismes chargés de la décomposition meurent sans oxygène. Si le mélange est trop humide et de texture trop pâteuse, l'oxygène pénétrera très difficilement. Il faudra alors remuer le tas de compost pour l'enrichir en oxygène, afin de garantir le développement des micro-organismes et faciliter ainsi une décomposition sans odeur. Remuer régulièrement le compost oxygénera la matière et aidera à accélérer la maturation. Le tas de compost ne demande pas trop de travail, en général, il peut être laissé entre les mains des micro-organismes. Utilisez une fourche pour retourner votre compost toutes les quelques semaines, ou tous les 6 mois pour un brassage complet.
Ce qu'il faut éviter dans le compost
Pour "nourrir" son compost, les produits suivants sont déconseillés : conserves salées, plantes malades, défécations de chiens ou chats, graisse ou tout matériel contenant des traces de produits chimiques. Les restes de poissons, viandes, produits laitiers, huiles ou salades peuvent être ajoutés au composteur, même si ce n'est pas recommandé du fait de l'odeur désagréable qu'ils génèrent si la fermentation et la décomposition ne sont pas stables et homogènes, et des nuisibles que ces produits attireront (chiens, chats, rongeurs, insectes, puis leurs prédateurs comme les serpents par exemple).
Les feuilles malades ou infestées par des parasites peuvent contenir des agents pathogènes qui risquent de se propager dans le compost et d'altérer sa qualité. Les feuilles de rosiers et de fruitiers présentant des taches ne peuvent pas être ajoutées dans le compost. Cependant, le compostage est la meilleure solution pour décomposer les feuilles et éliminer les maladies qu'elles hébergent, s'il est bien mené.
Les Feuilles Mortes : Un Atout Préciseux pour le Compost
À l’automne, les feuilles mortes abondent dans les jardins. Au lieu de les jeter, pourquoi ne pas les recycler en compost ou en terreau pour les plantes ? Il suffit de quelques astuces simples pour transformer ces déchets en or brun !
Préparer les Feuilles Mortes
Ramassez les feuilles lors d’une journée où il a plu afin qu’elles soient bien humides. Une astuce consiste à disposer une bâche sur le sol et d'amener toutes les feuilles en tas à l’aide d’un balai à gazon ou d’un râteau. Il ne vous restera plus qu’à assembler les 4 coins de la bâche pour porter facilement vos feuilles mortes.
Passez le râteau dans le tas de feuilles pour les décompacter. Si le tas est sur le gazon, profitez-en pour passer la tondeuse sur les feuilles. Non seulement cela les broiera, mais en plus des herbes tondues vont s’y mêler. Très riches en azote, elles vont favoriser l’activation de la fermentation. Broyer les feuilles, que ce soit avec la tondeuse ou avec le broyeur de végétaux, présente plusieurs avantages : cela réduit le volume de déchets et rend la décomposition plus rapide, notamment des feuilles les plus épaisses ou des aiguilles de résineux.
Feuilles à Éviter ou à Utiliser avec Précaution
Il est crucial de veiller à la qualité des déchets ajoutés dans le compost.
- Feuilles de noyer : Elles contiennent de la juglone, une substance qui peut inhiber le développement de certains végétaux. Il est fortement recommandé de composter les feuilles de noyer très lentement et séparément, ou de les ajouter en très petites quantités (moins de 10 % du volume total) pour permettre aux micro-organismes de neutraliser le composé. Cependant, la juglone est une molécule biochimique facile à détruire par les micro-organismes, donc aucun problème en général si le compost est bien géré.
- Feuilles d'armoise : Elles renferment une quantité importante d'insecticides et de vermicides. Cependant, certains experts n'ont jamais rencontré de problème, et elles se décomposent bien.
- Feuilles coriaces ou épaisses : Les feuilles les plus coriaces ou épaisses peuvent poser un défi au processus de compostage, car leur décomposition est difficile, même une fois broyées. Leur intégration peut se solder par la formation de poches sèches dans le compost, nuisant à la qualité globale du produit final. Cela concerne les feuilles de platane, paulownia (nervures épaisses et coriaces), magnolias grandiflora (très épaisses, coriaces et cireuses). Le broyage fin est indispensable pour ces feuilles.
- Feuilles riches en tanins : Les feuilles de chêne, châtaignier, peuplier, hêtre et érable sont riches en tanins, ce qui les rend difficiles à décomposer lorsqu'elles sont entières. Pour faciliter leur décomposition, elles pourront être broyées finement. Bien que bénéfiques en petites doses, ces tanins peuvent ralentir la décomposition en inhibant les enzymes des bactéries et des champignons, et peuvent légèrement acidifier le compost. Utilisez-les en mélange, jamais seules.
- Feuilles de rhubarbe : Elles contiennent de l'acide oxalique, une substance toxique qui peut être dangereuse pour les plantes et les animaux. Cependant, elles peuvent être utilisées dans le compost en les découpant en petits morceaux.
- Feuilles de lierre : Coriaces, elles peuvent être difficiles à décomposer. Il est recommandé de les broyer en petits morceaux et de les ajouter en petites quantités avec une grande quantité de déchets verts.
- Feuilles de figuier : Elles contiennent des furocoumarines, une substance toxique qui peut causer des brûlures sur les mains et avant-bras des personnes sensibles. Il est impératif que celles-ci portent des gants et des manches longues lors de la récolte. Cependant, une fois que les feuilles sont au compost, il n'y a plus de risque, et elles constituent un excellent ajout au tas de compost.
- Feuilles de ciste : Elles se décomposent bien, mais elles peuvent ralentir la décomposition globale du compost.
- Feuilles de marronnier : Elles nécessitent une surveillance avant d'être mises au compost, car ces arbres sont souvent la cible de chenilles qui peuvent laisser des résidus toxiques. Les feuilles de marronnier d'Inde sont très grandes, très dures et contiennent des saponines. Le broyage est absolument nécessaire.
- Aiguilles de pin ou sapin : Elles sont cireuses, dures et contiennent souvent des résines ou des huiles. Le plus grand problème est leur structure acide et leur décomposition extrêmement lente. Ajoutez-les en quantité minimale (moins de 5 %). Pour contrer leur acidité, ajoutez de la cendre de bois ou du calcaire broyé au tas.
- Feuilles de laurier-cerise (Prunus laurocerasus) : Elles peuvent libérer du cyanure d'hydrogène. Ce composé est volatil et se dissipe dans un compost bien aéré, donc le risque n'est pas avéré.
Le Processus de Fabrication du Compost
Avant d'incorporer les déchets au compost, il conviendra de les mixer ou de les couper en cubes de moins de 5 cm pour favoriser une décomposition rapide, se traduisant également par une meilleure aération, simplifiant le processus de compostage.
Mise en place et Alternance des Couches
Si le composteur n'est pas en contact direct avec la terre, il faudra en ajouter une couche pour commencer, afin d'apporter une base de micro-organismes à votre futur compost. On intercalera ensuite une couche de 15 cm de matière marron, puis 10 cm de matière verte. À chaque couche ajoutée, il conviendra d'arroser sans noyer le mélange. Si c'était le cas, quelques poignées de feuilles sèches rectifieront rapidement cela. Pour apporter des minéraux, on disposera toutes les deux couches un peu de cendre de bois non traité ainsi qu'un peu de calcium (chaux) pour contrôler le pH. On mélangera alors le tas pour une action homogène.
Accélérer le Processus
Pour accélérer le processus, on utilisera des activateurs comme le purin d'orties. Certains pourront simplifier la préparation en arrosant d'une solution composée à 10% d'urine humaine diluée dans de l'eau, idéalement extraite d'une personne ne prenant pas de médicaments. On pourra aussi recourir au fumier d'animaux herbivores pour activer et stimuler le compost, de préférence en extérieur, à moins de disposer d'une bonne expérience du compostage pour éviter les déconvenues.
Si l'on ajoute des restes de repas, il faudra les recouvrir de feuilles sèches et morceaux de carton. S'ils restaient à découvert, la procréation des mouches serait facilitée, et leurs œufs disséminés dans le compost pourraient par la suite se traduire par des risques d'infections de la mouche noire qui apparaissent dans les terreaux pour cannabis.
Surveillance de la Température et de l'Humidité
Lorsque la décomposition commence, la température peut atteindre 50/60ºC. Il ne faudra pas la laisser dépasser 70ºC ni descendre sous 30ºC. On maintiendra la température en remuant et en arrosant le compost pour que la décomposition ne soit pas interrompue.
Le compost peut parfois devenir gluant et dégager une odeur désagréable. C'est le symptôme d'un manque d'air et d'un excès d'eau. L'exact opposé de cet état peut aussi être un problème : quand le tas sèche trop, la décomposition est très faible. Contrôler l'humidité, vérifier que la matière ne soit ni sèche ni saturée ; pour cela les arrosages se feront environ tous les 3 à 4 jours selon les conditions climatiques.
Le Compost Mature
Votre compost sera prêt à l'utilisation après une période de 6 mois à 2 ans. Un bon terreau de feuilles, noir et légèrement humide, s’obtient en 2 à 3 ans ; il est riche en éléments minéraux qui sont à ce stade totalement assimilables par les racines des végétaux que vous y plantez. Cependant, si le compost met 2 à 3 ans pour se faire, c'est que le compostage est mal géré. Normalement, c'est entre 6 et 12 mois.
Une fois mûr et sec, on pourra le stocker en sacs hermétiques, en vérifiant l'absence d'un éventuel excès d'humidité qui pourrait se traduire par la putréfaction. Par mesure de sécurité, on pourra tester la qualité du compost avant de l'utiliser en y faisant germer 10 graines de lentilles, dont un minimum de 8 à 9 graines devront germer. Dans le cas contraire, il est fort probable que le compost ne soit pas encore optimal.

Utilisation du Compost pour les Cultures de Cannabis
Le compost est un engrais organique idéal, issu de la décomposition contrôlée de tout type de matière organique, solide ou semi-solide. Différents micro-organismes se chargent de dégrader les résidus organiques jusqu'à les convertir en un produit assimilable par les plants de cannabis.
En Pot pour la Culture en Extérieur et Intérieur
La proportion sera d'une part de compost pour trois parts de terre légère en nutriments (de type Light Mix) pour les plants de cannabis. Lors de cultures de longue durée en extérieur, on pourra effectuer un second apport lors du dernier rempotage, à condition qu'il s'agisse de compost mature ; si ce n'était pas le cas, il ne faudrait pas l'enterrer, pour éviter son contact direct avec les racines ou le tronc.
Pour l'utilisation en pot en intérieur, la même proportion qu'en extérieur sera recommandée. Il est très important de vérifier que le compost soit mûr et ne contienne pas de champignons, mouches ou autres parasites, les conditions de culture de cannabis en placard étant très favorables au développement des insectes et maladies.
En Pleine Terre
Si vous avez la chance de disposer d'un potager dont une partie est dédiée au cannabis, le compost deviendra rapidement votre meilleur allié. On pourra réaliser au moins 3 apports par an, à raison de 2 kg de compost par mètre carré.
- Premier apport : Juste après la récolte du cannabis, le compost pourra alors être frais, de seulement 2 ou 3 mois. Les micro-organismes présents dans la terre feront leur travail de décomposition et, s'ils en ont l'opportunité, les lombrics apprécieront un sol si riche, qu'ils travailleront en s'alimentant.
- Second apport : Quelques semaines avant la germination des graines, il devra être mature et libre d'agents pathogènes. On le mélangera au sol jusqu'à obtenir une terre homogène.
- Dernière application : Lorsque les plants auront déjà quelques mois de vie, le compost devra être mature. Il conviendra d'éviter son contact direct avec les racines ou le tronc.
Compost Guérilla et Paillage
Le transport des matériaux jusqu'au lieu de culture en guérilla étant parfois difficile, une bonne solution consistera à concevoir un tas de compost directement à proximité de la culture. Comme pour celui fabriqué à la maison, il faudra tamiser le compost obtenu avant de l'appliquer. Du fait de la lixiviation engendrée par le ruissellement de la pluie, le compost pourra s'avérer moins riche que celui réalisé en conditions optimales, mais il demeurera efficace en améliorant la structure du sol et en réduisant les besoins en eau.
En appliquant une couche de compost très mûr sur la couche supérieure de la terre, on évitera la formation de mauvaises herbes qui entreraient en compétition avec les plants de cannabis, et il servira d'engrais organique léger tout en protégeant la vie bactérienne du sol des rayons solaires qui pourraient les affecter. C'est également une excellente couverture ou paillage.
Le Thé de Compost
Le thé de compost est un moyen facile et efficace d'appliquer des nutriments issus du compost à vos plants de cannabis. Il peut être utilisé comme spray foliaire, ce qui aide les plants à combattre les maladies.
Pour démarrer le processus, aérez 95 litres d'eau pour éliminer le chlore qu'elle contient. Mélangez 2 cuillères à soupe d'acide humique dans 2 tasses d'eau, puis ajoutez au thé. Mélangez 1/2 tasse de varech à 5 tasses d'eau, puis ajoutez le mélange au thé. Ensuite, procurez-vous 2 kilos de compost de haute qualité et ajoutez-le au mélange.
Une autre technique pour fabriquer ce thé de compost consistera à remplir un sac de toile avec un kilo de compost, en l'empêchant de sortir, avant de plonger ce sac dans un bac d'eau dans lequel nous le laisserons macérer 12 heures. L'arrosage peut se faire directement avec ce thé. Si le temps de macération est supérieur à 12 heures, il faudra toutefois le diluer à l'eau avant de l'appliquer aux plants.
Le Lombricompostage : Une Méthode Avancée
Certains jardiniers utilisent des verts pour transformer surtout les déchets de cuisine en puissant compost et en engrais liquide. Les déchets alimentaires sont introduits dans un bac à lombrics, qui est un bac composé de deux compartiments. Le compartiment supérieur est là où les vers agissent pour composter les matières organiques, alors que le compartiment inférieur sert à collecter le compost raffiné. En plus de nourrir la terre, sous ses premières formes, le compost sert d'aliment et favorise la procréation des lombrics, offrant ainsi un magnifique humus de lombric.

L'Impact Écologique du Compostage
Environ 40% du poids de notre poubelle domestique correspond à des restes organiques, qui normalement finiront à la décharge, et s'ils sont mal traités pourront polluer le sol et les nappes phréatiques, ainsi que participer à l'effet de serre. Le compost est donc aussi une excellente initiative écologique.
En réalisant votre propre compost, vous fermez quasiment le cercle végétal en convertissant le problème des déchets en une solution verte pour fertiliser votre potager, et produire de nouveaux fruits et légumes, dont une partie retournera sur le tas de compost après la récolte. Le compostage chez soi n'est pas coûteux. C'est un moyen bon marché et efficace d'entretenir vos plants de cannabis au sommet de leur forme.