Les Feuilles Mortes : Un Trésor Inattendu pour le Jardin

L'automne, avec son spectacle de couleurs éclatantes, annonce également l'inévitable chute des feuilles. Si pour beaucoup, elles représentent une corvée de ramassage, pour le jardinier avisé, les feuilles mortes sont bien plus que de simples déchets : elles sont une ressource précieuse, un véritable don de la nature pour enrichir, protéger et vivifier le jardin. Loin d'être un problème à éliminer, elles constituent un atout majeur pour un jardinage écologique et durable.

Un tapis de feuilles mortes colorées sous les arbres

Pourquoi les feuilles mortes sont-elles si utiles ?

Dans la nature, le sol abhorre d'être à nu et préfère être protégé par une litière de débris végétaux, dont les feuilles tombées au sol forment une part importante. Lorsque vous les évacuez, vous privez votre sol d'une biomasse qui lui serait très profitable. Autant que cette richesse profite à la croissance et à la vie de votre jardin ! Les feuilles mortes étouffent la pelouse en cachant la lumière à l'herbe qui finit par jaunir, et il en est de même pour les autres plantes du jardin. Cependant, il serait dommage de ne pas profiter de leur richesse en matière organique, bienvenue pour la terre et les plantes avant l'hiver. Elles restitueront ces nutriments à la terre une fois décomposées et assimilées par la faune du sol, tels que les vers de terre et autres travailleurs du sol.

Les feuilles mortes se décomposent en général assez vite quand on les étale au pied des plantes : au printemps, il ne reste quasiment plus rien ! Seules les feuilles comportant beaucoup de tanins, comme celles du chêne, sont plus lentes à se décomposer. Elles contiennent majoritairement du carbone (C) et de l'azote (N). Les feuilles mortes sont dites équilibrées lorsque le rapport carbone/azote est de 40 à 80, contre 25 à 30 lorsqu'elles sont vertes. C'est le cas des feuilles de noisetier, d'aulne, de frêne, ou encore des arbres fruitiers. Les feuilles mortes carbonées ont un rapport carbone/azote de 60 à 80, contre 25 à 60 lorsqu'elles sont vertes. Elles se décomposent lentement mais le carbone contribue à la bonne structure du sol ; on obtient donc un compost de meilleure qualité et plus stable.

Le sol est incroyablement vivant et des millions de petites bêtes contribuent à la décomposition et au recyclage de la matière organique. La litière végétale traverse trois étapes de décomposition pour aboutir à produire de la terre. La couche supérieure visible est la litière. La deuxième couche, composée de feuilles en décomposition, est la couche de fermentation. La dernière couche, complètement décomposée, est constituée d'une matière organique épaisse et sombre, appelée humus, caractérisée par une terre noirâtre, riche en éléments nutritifs nécessaires à la croissance des graines, plantules, fleurs, champignons.

Le cycle naturel des feuilles : de l'arbre au sol

En automne, les arbres à feuilles caduques perdent leurs feuilles. Le froid arrivant et la durée du jour diminuant, les arbres commencent à se préparer à l'hiver, une forme de dormance végétale. La chlorophylle, pigment vert et siège de la photosynthèse, commence à se dégrader. La couleur verte de la chlorophylle n'étant plus majoritaire, ce sont d'autres pigments présents dans la feuille, mais qui étaient masqués par l'abondance de chlorophylle, qui commencent à apparaître. Il s'agit principalement de caroténoïdes (présents dans la carotte) qui colorent les feuilles en jaune-orange et d'anthocyanes (pigments présents dans les fruits rouges) qui, eux, procurent des couleurs variant du rouge orangé. La feuille sèche se détache par le pétiole (base rétrécie de la feuille ou queue) en laissant une marque nette sur le rameau : c'est la cicatrice foliaire. En s'accumulant sur le sol, les feuilles mortes vont former une couche superficielle appelée litière.

Schéma illustrant la décomposition des feuilles et la formation de l'humus

La litière est la couche superficielle du sol constituée par les feuilles mortes et autres fragments végétaux tombés au sol (brindilles, graines, petits morceaux d'écorce, de lichens…), mais non encore décomposée par les micro-organismes. La litière est une couche essentielle aux écosystèmes forestiers, mais elle est tout aussi utile dans les jardins arborés pour la bonne santé du sol. Sur le plan chimique, la litière contient, entre autres, de la cellulose et de la lignine (principal constituant du bois).

Ramassage et gestion des feuilles mortes : quand et comment ?

Au début de l’automne, le spectacle des feuilles mortes et de leurs belles couleurs est plein de charme ! Mais petit à petit, on se demande que faire de toutes ces feuilles qui s’entassent sur le sol de notre jardin. Et lorsqu’elles virent au brun, on se dit qu’il est temps d’agir. Les feuilles mortes ont pourtant de multiples rôles très importants à remplir. Faut-il les conserver ou les évacuer ? Voici les réponses à toutes les questions que vous vous posez sur les feuilles mortes.

Où laisser les feuilles mortes et où les enlever ?

Est-il bon de laisser les feuilles mortes dans le jardin ? Oui. Est-ce qu’on peut les laisser partout ? Sous les haies, autour des rosiers, des arbustes, ou de vos arbres fruitiers, mais aussi au pied des rangs de poireaux et de légumes de votre potager, vos feuilles mortes sont une couverture thermique naturelle. Recouvrir le sol avec une couche de 5 cm crée une barrière naturelle contre le gel en hiver : les racines restent protégées, l’humidité reste en place, et le sol ne se tasse pas. De plus, cela permet aussi de bloquer la pousse des herbes indésirables sans désherbant. Puis, au printemps, ces feuilles décomposées deviennent un humus sombre, léger, riche en vie microbienne. Elles se décomposent comme dans les forêts, nourrissent les végétaux, structurent la terre, améliorent la fertilité sans ajouter d’engrais chimique. C’est littéralement du recyclage intelligent. On parle parfois de “terreau de feuilles mortes” dans le langage du jardinier.

Attention : si vous voyez des feuilles tachées de noir profond, couvertes d’un duvet blanchâtre suspect ou porteuses de maladies, évitez de les déposer au pied du potager. Ces feuilles malades (rosiers attaqués, fruitiers malades) peuvent transporter des champignons. Les feuilles visiblement très malades avant l’automne sont de préférence à évacuer. Cela permettra de limiter la propagation des spores potentiellement présentes en excès sous une plante qui a été malade. Ces feuilles, pour mériter cette expulsion manu militari, doivent être visiblement tachées ou déformées, et nombreuses ou majoritaires sur la plante. Notez que quelques tâches ou trous dus aux insectes peuvent apparaître en automne lors de la décomposition des feuilles : c’est tout à fait normal, naturel et inoffensif. Les feuilles tordues abritant des insectes ou chargées d'œufs de ravageurs sont également à évacuer, bien qu'il ne soit pas toujours facile de repérer s'il s'agit d'un auxiliaire utile, ou plutôt nuisible.

Sur la pelouse, c’est l’inverse total : ne laissez pas une couche épaisse de feuilles mortes durant l'automne. Le gazon a besoin d’air et de lumière. Quand trop de feuilles tombent et restent au sol, l'herbe se retrouve privée de lumière, l’humidité stagne, les feuilles pourrissent et finissent par coller au sol. Résultat : des taches jaunes, de la mousse, et des zones mortes au printemps. Il est préférable d'enlever les feuilles du gazon pour le laisser pousser et respirer librement.

Quand intervenir ? Allées gravillonnées, marches extérieures, terrasse carrelée, escaliers en bois mouillé, gouttières de toit : là, pas de discussion. Les feuilles mortes, surtout mouillées, deviennent glissantes et dangereuses. Dans les gouttières et avaloirs d’eau pluviale, elles bouchent tout, l’eau ne s’évacue plus correctement et, en cas de grosse pluie d’automne, l’eau peut refluer vers la maison.

Comment ramasser les feuilles mortes selon la taille du terrain ?

Bien sûr, vous pouvez ramasser les feuilles mortes à la main, si ces dernières restent peu nombreuses, de grandes tailles et sur une petite surface. Pour les jardins plus grands, et ceux qui bénéficient de nombreux arbres à leur proximité, employez des outils adaptés.

Pour les petits jardins, les balcons, les massifs floraux devant la maison : le balai ou râteau à feuilles reste imbattable. Silencieux, précis, pas de batterie, pas de carburant. Le balai à gazon à tête large, et à dents aplatis, permet de ne pas abîmer la pelouse. Autre outil intéressant : le balai à gazon émousseur permet d'effectuer plusieurs opérations en une fois : il rassemble les feuilles mortes (facilitant leur ramassage), et avec ses dents pointues, il scarifie le sol : l'aérant, éliminant la mousse, rétablissant ainsi les échanges gazeux. Pour circuler, jouer, profiter de son jardin, il est parfois nécessaire de dégager les allées des feuilles mortes ou bien autour des espaces fréquentés (table de jardin, banc, fil à linge…). Dans ce cas et pour les petites surfaces, il est préférable d’utiliser le râteau à feuilles plutôt que la souffleuse électrique qui génère du bruit et consomme de l’énergie. Évitez cependant de passer la tondeuse sur ces zones. En effet, le broyage des feuilles détruirait les œufs, les larves des insectes et les adultes (imagos) en diapause, qui s’y développent et s’y réfugient. Laissez effectuer le travail par les micro-organismes qui vont eux-mêmes fragmenter les feuilles.

Illustration des différents types de râteaux à feuilles

Dans un jardin de taille classique, le souffleur est l’outil confort. Le souffleur à batterie est léger, maniable, facile à porter d’une main. Il envoie de l’air pour pousser les feuilles mortes et les ramasser sans effort. Des outils à moteur pour plus de puissance : les souffleurs pour rassembler au même endroit les feuilles couplés ou non à un aspirateur pour les ramasser directement. Idéal pour les grands jardins ou parc arboré !

Si votre terrain est grand, que vous avez plusieurs grands arbres comme des cerisiers ou poiriers au fond du jardin, l’aspirateur souffleur broyeur est clairement votre meilleur allié. Cet outil 3-en-1 aspire les feuilles mortes, les broie finement, et les stocke directement dans un sac intégré. Le résultat : volume réduit, transport facile, stockage simple dans un coin du jardin ou du garage, et matière parfaite pour le paillage ou pour alimenter le composteur. On parle ici d’un vrai gain de temps et d’énergie.

Pour ceux qui désirent éviter la corvée de ramassage de feuilles mortes sur la pelouse, passez la tondeuse pour les déchiqueter et les réduire en petits morceaux qui tomberont entre les brins d’herbe et se décomposeront très rapidement. En quelques semaines, avant l’arrivée de l’hiver, une bonne partie des feuilles mortes de votre jardin sera déjà décomposée. Si vous avez trop de feuilles et ne parvenez pas à les déchiqueter sur place, installez une plateforme (vieux panneau 8′ x 4′) sur laquelle vous pourrez déchiqueter les feuilles mortes avec votre tondeuse. Vous aurez alors la possibilité de redistribuer les feuilles broyées dans vos plates-bandes, pelouse, potager, et bien entendu à la base de vos arbres (et ainsi leur retourner une partie de leur travail).

Comment Ramasser les Feuilles Facilement (5 Méthodes Ultra Simple)

Valoriser les feuilles mortes : les multiples usages au jardin

Une fois vos feuilles mortes ramassées, ne les jetez surtout pas comme de simples déchets. Le bon mot d’ordre, c’est recyclage. Ces végétaux morts sont des ressources gratuites qui se décomposent, forment de l’humus comme en forêt, protègent les racines contre le froid et deviennent ainsi un engrais maison. Autrement dit : récoltez vos feuilles tombées, ne les considérez pas comme de simples déchets verts, mais comme une matière première pour votre paillage, composteur, terreau, ou fertilisant.

1. Le paillage : une protection naturelle et nutritive

Le paillage consiste à recouvrir le sol d’une couche de feuilles mortes broyées ou entières. C’est un formidable paillage alors pourquoi s’en passer ? C’est déjà la fin de la belle saison. En cette période, il est intéressant de border votre potager (votre terre) dans une grosse couette bien chaude, pour le protéger de l’hiver, en lui offrant un bon paillage.

Paillage de feuilles mortes au pied des plantes du potager

Avantages du paillage avec des feuilles mortes :

  • Protection contre le froid et le gel : Les feuilles entières ne se compactent pas et créent des poches d’air isolantes protégeant ainsi vos plants plus fragiles. Un paillis généreux et bien épais protège la souche et les racines. Ne lésinez pas sur l'épaisseur du tas de feuilles mortes ! Le fait qu'elles soient entières (non broyées) et non tassées, assure une circulation de l'air au sein du tas, améliorant l'isolation, et diminuant les risques de pourriture due à l'humidité. Ainsi, au plus profond de l’hiver, votre sol paillé aura quelques degrés supplémentaires par rapport à un sol non paillé, dans les mêmes conditions environnementales. Cela permettra à la vie du sol de conserver un niveau d’activité supérieur, et de se travailler plus facilement. Recouvrir le sol avec une couche de 5 cm crée une barrière naturelle contre le gel en hiver. Pour que vos feuilles ne s’envolent pas, vous pouvez les retenir avec un discret filet noir (du genre que l’on installe sur les cerisiers) ou encore avec quelques branches de conifères.
  • Limitation des mauvaises herbes : Le paillis végétal ralentit la pousse des mauvaises herbes. C'est un moyen efficace de limiter la germination des adventices, ce qui vous évitera, au printemps, d’effectuer de potentiels désherbages. Pour les plantes vivaces et les jeunes arbres, pailler autour des pieds (pour les jeunes arbres) ou des plantes (pour les vivaces) a l’avantage, en diminuant cette poussée d’adventices, de limiter la concurrence directe pour les nutriments du sol et l’eau.
  • Conservation de l'humidité du sol : Le paillis de feuilles est aussi très efficace pour diminuer le lessivage qui pourrait survenir sur un sol à nu. Il limite l’évaporation de l’eau à la surface du sol, atténuant ainsi les besoins d’arrosage.
  • Enrichissement du sol et amélioration de sa structure : Les feuilles se décomposent naturellement, offrant à la faune du sol (notamment aux vers de terre) une matière organique bienvenue. Au printemps suivant, le sol s'en trouvera enrichi et sa structure améliorée (il est friable, non tassé et absorbe mieux l'eau de pluie). La terre est prête pour accueillir de nouvelles cultures et plantations. Les feuilles sont riches en carbone et le carbone a la propriété de structurer le sol. La décomposition des feuilles mortes est plus lente que celle des feuilles vertes, mais elle donne un humus plus stable et plus durable que la plupart des composts.
  • Protection de la vie du sol : Le paillage protège la vie du sol des rayons du soleil direct. Les rayons ultraviolets, contenus dans le spectre de la lumière naturelle (solaire), sont défavorables au développement de la vie fongique et bactérienne.

Comment pailler avec des feuilles mortes :

Épandez sur sol non gelé les feuilles mortes, sans tasser (sauf en zone venteuse), entre les plantes de massif et sur les parcelles de cultures vides. On parle ici de "compostage direct".

Pour un paillage réussi, il faut que le sol soit encore chaud et avoir à disposition assez de feuilles mortes. Avant le paillage, vérifiez l’état du sol : est-il compacté ?

Paillage de feuilles entières ou broyées ?

Vous pouvez tout à fait utiliser des feuilles entières (non broyées). Ne tassez pas votre paillis. Cependant, pour être plus rapidement décomposées, les feuilles mortes ont besoin d'être broyées. 2 méthodes s'offrent à vous : passez les feuilles mortes au broyeur ou passez les feuilles mortes à la tondeuse. Au passage, récoltez de l'herbe : elle apportera de l'azote au compost. Important : pour passer la tondeuse, les feuilles mortes doivent être bien sèches, et le temps sec également. Le broyage évitera que vos feuilles ne s’envolent trop facilement sitôt une journée venteuse. Les jeunes plants se font recouvrir facilement par les feuilles non-broyées, c’est parfois pénible.

Feuilles tendres vs. feuilles coriaces :

Attention tout de même à distinguer les feuilles tendres des feuilles coriaces. Elles n’auront pas la même faculté à se décomposer et nourrir le potager.

  • Feuilles tendres : Elles contiennent peu de tanins, peu de lignine et sont très facilement digestes pour le sol. Elles seront idéales. Elles se décomposeront en tout juste six mois et formeront un réservoir de richesse beaucoup plus facilement disponible pour nos cultures. La cellulose qu’elles contiennent est plus facilement décomposable que la lignine. Le seul inconvénient sera un paillage plus éphémère.
  • Feuilles coriaces : Ces feuilles épaisses ou coriaces (feuilles de platane, de chêne, ou de hêtre, par exemple), sont généralement riches en carbone (ratio C/N entre 50 et 60). Elles mettront souvent plus d’une année à se décomposer et solliciteront fortement l’azote contenu dans le sol. Elles forment un humus stable qui manque parfois de fertilité pour nourrir rapidement nos cultures potagères. On préférera les mettre en paillage aux pieds des framboisiers, fraisiers, autres cultures vivaces, arbustes fruitiers ou tout simplement au jardin, aux pieds des massifs floraux.

Quand déposer le paillage ?

Comme tout paillage non vert, il est conseillé de déposer nos feuilles mortes bien en amont des cultures. L’automne sera la période idéale. Les feuilles coriaces, à déposer plutôt aux pieds des massifs, aux pieds des vivaces, seront déposées idéalement en hiver. Les quantités déposées sont souvent dépendantes de l’accès à la ressource. Tellement ce paillage est équilibré, on peut sans hésiter en mettre une très belle épaisseur d’au moins quinze centimètres.

Quelques précautions :

  • Les feuilles mortes des fruitiers ne seront pas utilisées en paillage au pied de ces derniers, pour éviter tout risque de propagation de maladies en dormance. Par contre, aucun risque de contamination aux plantes des massifs. Si elles sont tachées de noir ou couvertes d’une pruine blanchâtre, ne les utilisez pas.
  • Un paillage idéal a un rapport C/N (rapport carbone/azote) équilibré : c’est-à-dire compris en 25 et 30. Les paillages riches en carbone demandent beaucoup d’azote pour commencer à se décomposer. Les paillages hivernaux trop carbonés peuvent, de cette manière, faire chuter le taux d’azote de votre sol durant l’hiver. Ce qui pourrait causer, selon les cas, des carences d’azote pour vos plantes, plus tard, au printemps. Vous pouvez alors envisager un paillage de feuilles mortes carbonées mélangées à des matières organiques azotées (déchets de cuisine, par exemple : épluchures, tontes, …).

Comment Ramasser les Feuilles Facilement (5 Méthodes Ultra Simple)

2. Le compost : un amendement organique riche

Vous pouvez également utiliser les feuilles mortes pour enrichir votre compost et en obtenir un terreau gratuit, naturel et riche ! Le composteur transforme vos déchets verts en engrais naturel pour le jardin. Les feuilles mortes auront une double utilité dans le compost. Déjà elles pourront équilibrer un tas de compost qui est souvent trop humide de nos apports venant de la maison. Les restes de repas, épluchures, parties non consommées des cultures, sont souvent trop humides, trop molles, sans trop de structure et tendent à s’asphyxier dans un tas de compost. Les feuilles mortes, plus encore celles coriaces, vont apporter du carbone, de l’air, de l’oxygène pour équilibrer ce tas et générer un fabuleux or noir.

Comment composter les feuilles mortes :

  • Broyer les feuilles : Pour être plus rapidement décomposées, les feuilles mortes ont besoin d'être broyées. Passez les feuilles mortes au broyeur ou à la tondeuse. Profitez-en pour broyer aussi des branchages : ils apporteront du carbone au compost.
  • Mélanger les couches : Dans un composteur, mélangez les broyats de feuilles mortes, branchages et tontes de gazon. Alternez des couches “brunes” (feuilles mortes broyées, brindilles sèches) et des couches “vertes” (tonte de pelouse, herbes fraîchement coupées, épluchures de cuisine issues des légumes). Cette alternance équilibre l’humidité et l’air, évite les mauvaises odeurs et accélère la décomposition. Tous les déchets végétaux ainsi récupérés créeront un terreau équilibré. On raisonnera ainsi toujours dans un équilibre d’un tiers de feuilles pour deux tiers de déchets humides pour son compost.
  • Conditions de compostage : Ne tassez pas mais fermez avec un couvercle pour garder la chaleur, issue du processus de décomposition.
  • Utilisation du compost : Au printemps, retournez le tas de compost. Vous pourrez l'utiliser dès le début de l'été. Employez ce terreau naturel et fortifiant au pied des plantes d'ornement du jardin que ce soient des plantes vivaces, annuelles, des arbustes comme le rosier, des arbres.

3. Le terreau de feuilles : un substrat léger et économique

Le terreau de feuilles mortes, est un classique qu’on retrouve chez les pros de pépinière. L’idée est simple : vous stockez uniquement des feuilles mortes humides (pas les branches dures, pas les tailles de haie) dans un coin du jardin ou dans un grand sac percé. Vous tassez légèrement, vous humidifiez si c’est trop sec, puis vous laissez les feuilles se décomposer toutes seules pendant plusieurs mois.

Préparation du terreau de feuilles :

  • Accumuler les feuilles : Commencez par entasser des feuilles bien humides, par exemple après une bonne pluie. Vous aurez beaucoup plus d’efficacité encore en les broyant. Évitez les feuilles pleines de tanins comme celles du chêne et du châtaignier, plus longues à se décomposer.
  • Patience et humidité : Une fois mises en tas, il suffira de faire preuve de patience. Si le tas vous paraît un peu sec, n’hésitez pas à arroser correctement. Vous pouvez éventuellement recouvrir le tas avec de la tonte, du foin, pour empêcher les feuilles de trop s’envoler tout en laissant passer la pluie. Vous pourrez le brasser quelques fois si vous le souhaitez.
  • Résultat : Une bonne année plus tard, vous aurez un très beau terreau qui pourra faire office de terreau à semis. Les feuilles mortes décomposées se transforment en humus qui non seulement enrichit le sol de culture mais rééquilibre sa structure et sa texture. À la fin, vous obtenez une matière brune, fine, friable.

Avantages du terreau de feuilles :

  • Économique : L'avantage est économique : chaque litre produit chez vous est un litre de moins acheté en sac de terreau du commerce.
  • Adapté aux semis : Moins riche qu’un compost classique, donc parfaite pour les semis, les jeunes plants, les rempotages. Des analyses quantitatives en minéraux montrent une richesse assez faible, mais non négligeable dans les feuilles mortes (environ 0.6% d’azote, 0.2% de phosphore et 0,5% de potasse). Mais justement les terreaux à semis n’ont pas besoin de grande richesse minérale. Les graines ont tout en elles pour bien germer.

4. Cultures en lasagnes et couches chaudes

Les feuilles mortes peuvent aussi être utilisées dans des techniques de jardinage plus spécifiques :

  • Couches chaudes : Cela consiste à mélanger du fumier et des matières végétales comme les feuilles, la paille à la terre, ce qui va chauffer.
  • Cultures en lasagnes : En alternant du carton (en option), avec des couches de paille ou de foin, de feuilles et de terre ou compost.

5. Autres usages créatifs et écologiques

Enfin, les feuilles mortes peuvent également être utilisées pour créer des projets DIY (Do It Yourself) créatifs et amusants. Elles peuvent par exemple servir pour créer des couronnes d'automne, des décorations de table et même des œuvres d'art.

Couronne décorative réalisée avec des feuilles mortes d'automne

Les feuilles de noyer et les feuilles malades : Précautions et mythes

Les feuilles de noyer sont-elles toxiques ?

Voilà une question très redondante parmi les jardiniers ! Les feuilles de noyer sont peu voire pas toxiques ! Il s’agit du composé « toxique » sécrété par les arbres de la famille des Juglandacées. Néanmoins toutes les espèces n’en contiennent pas la même quantité. Nos noyers communs sont parfois greffés sur des noyers noirs. Néanmoins, nos noyers communs, Juglans regia, n’en contiennent que très peu ! Ainsi, vous pouvez tout à fait utiliser vos feuilles mortes de noyer en guise de paillage. Si vous doutez, laissez vos feuilles en petits tas pendant une partie de l’hiver. Si vous souhaitez prendre encore plus de précautions, gardez en tête que le principal problème de la juglone est son effet anti-germinatif. N’oubliez pas non plus que c’est la dose qui fait le poison !

Puis-je pailler avec des feuilles malades ?

Vous pouvez, tout à fait ! Les maladies des fruitiers notamment ne sont pas les mêmes que celles auxquelles les plantes potagères sont confrontées. Cependant, soyez prudent avec les risques de propagation de maladies, surtout entre plantes de la même famille, de la même espèce. Par exemple, la tavelure du pommier ne sera pas transmise aux tomates. La cloque du pêcher n’atteindra pas vos courgettes. Et ainsi de suite. Et méfiez-vous, parfois la nuance est subtile : l’oïdium du rosier ne se transmettra pas à vos courges et courgettes. Si vous le souhaitez, vous pourrez tout de même passer par la case « compost ». Le temps et l’activité biologique vont faire le travail nécessaire pour assainir le tas de feuilles. Idéalement, couplez vos apports avec des déchets humides, de cuisine, des tontes, pour accélérer plus encore la décomposition et obtenir un compost de qualité pour le potager.

L'interdiction du brûlage des déchets verts

Ne brûlez surtout pas vos feuilles mortes : utilisez-les en paillage ! C’est un trésor, pour préparer votre potager à passer l’hiver. En France, le brûlage à l’air libre des déchets verts des particuliers est interdit. Le plastique pollue l’environnement, le transport des feuilles par les camions émet du carbone, et les centres d’incinération ou les décharges sont déjà saturés et polluent également. Tout cela nous fait prendre conscience que la nature est bien là où elle est, et que moins on touche notre environnement, mieux il se porte. Laisser les feuilles mortes se décomposer naturellement sur place, ou les recycler via le compostage ou le paillage, est une approche bien plus respectueuse de l'environnement et bénéfique pour la santé de votre jardin.

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