Le figuier, Ficus carica, est un arbre fruitier fascinant qui appartient à la famille des moracées et fait partie des arbres fruitiers les plus anciens. Originaire de Turquie et d’Asie Mineure, cet arbre est cultivé depuis des millénaires pour ses fruits à la chair rose délicieuse. Bien que traditionnellement associé au climat méditerranéen, sa culture est tout à fait envisageable dans des zones plus septentrionales, comme la région de Saint-Maur-des-Fossés, en prenant quelques précautions adaptées.

Les fondamentaux du développement du figuier
Le figuier commun est un sujet qui peut atteindre 9 m de hauteur à maturité lorsqu'il est cultivé en pleine terre dans les régions chaudes. Dans le Nord, sa croissance est plus modérée, atteignant généralement 2 à 4 m. Il s'agit d'un arbre très facile à vivre et productif, dont les feuilles lobées mesurent environ 20 cm de longueur.
Un point crucial pour le jardinier : les fleurs du figuier sont invisibles ! Le fruit, qui a une forme de petite poire brune, verte ou violette selon la variété, est en réalité une inflorescence inversée. Pour une bonne récolte, l’été devra être sec et chaud, car la pluie peut fendre les fruits en train de mûrir. Le figuier apprécie un sol fertile, bien drainé et sableux ainsi qu’une température maintenue entre 18 et 20°C toute l’année.
Stratégies de plantation et adaptation géographique
Dans les régions chaudes, on cultivera le figuier en sujet isolé. Dans les régions moins chaudes, comme en Île-de-France, on le palissera contre un mur orienté au sud ou au sud-ouest. Le figuier est rustique et supporte des gelées jusqu’à -15°C selon les variétés.
Pour la plantation, que ce soit en pot ou en pleine terre, effectuez-la au printemps en ajoutant au sol du compost bien mûr. Faites un trou bien plus large que la motte (au moins deux fois sa taille). Si votre sol n'est pas riche en matières organiques, il sera préférable de l’enrichir avant la plantation, en enfouissant à une profondeur de 30 à 40 cm du fumier bien décomposé, des composts urbains ou du marc de raisin. Le figuier supporte des moments de sécheresse grâce à ses radicelles très développées, mais le dicton reste vrai : « Le figuier aime avoir les pieds dans l’eau et la tête au soleil ».

La gestion de la production et les cycles de récolte
Il existe des cultivars à fruits brun pourpré, jaune verdâtre, à la chair rose ou ambre mais toujours au goût savoureux. Si vous voulez des fruits, pensez à planter deux figuiers, car même si chaque pied possède des fleurs mâles et des fleurs femelles, la pollinisation des unes par les autres est impossible. Il a besoin d’un congénère.
Le cycle de fructification varie selon la zone géographique :
- Dans le Nord : l'arbre donne une seule récolte dans l’année, soit 6 à 10 kg de fruits.
- Dans le Midi : il donne deux récoltes dans l’année, une en juillet et une en septembre, soit 50 à 100 kg de fruits.
Certaines variétés de figues sont bifères (elles donnent deux fois dans l'année en été et à l'automne) et les autres sont unifères (elles donnent seulement abondamment à l'automne).
Soins hivernaux et protection en climat froid
Le figuier fait partie des arbres fruitiers les plus robustes, mais il nécessite une attention particulière lors des hivers rigoureux. Après la plantation, les jeunes arbres sont protégés du gel en les rabattant à 25 cm du sol et en les recouvrant complètement de terre légère.
En climat froid, on plante le figuier contre un mur chaud, on limite sa hauteur. Quand les grands froids arrivent, on lie les branches en les entourant de paille ou de branches de conifères et on enveloppe le tout d’un voile de protection synthétique. En climat froid, protégez votre figuier avec plusieurs couches de voiles d'hivernage en matière synthétique pour laisser passer l'air. Lorsque le figuier a eu à souffrir d’un froid vigoureux, on peut le rabattre fortement.
Préparer votre figuier pour l'hiver
Techniques de taille pour favoriser la fructification
Bien que le figuier puisse parfaitement se développer et produire des fruits sans taille, c’est un arbre qui supporte parfaitement cette opération. Il est préférable de tailler à la fin de l’hiver, après les gros froids, toutes les branches à l’intérieur de l’arbre qui s’élèvent verticalement. Vous pouvez également raccourcir les branches périphériques, en les taillant au-dessus d’un œil orienté vers l’extérieur de l’arbre.
La taille de fructification est surtout utile dans les régions les plus au Nord et favorise la ramification :
- En avril : pincez le bourgeon terminal des rameaux.
- En mai : supprimez au sécateur les pousses qui démarrent à l’aisselle des jeunes figues et conservez deux nouvelles pousses à la base des rameaux.
- Dans le Midi : pour les variétés bifères, supprimez en août après la première récolte une partie des pousses de l’année portant des fruits d’automne. Cela favorise le développement des figues-fleurs qui mûriront en juillet suivant et évite d’épuiser l’arbre par une trop forte production.
Gestion des ennemis et maladies
Le figuier peut être sujet à quelques attaques qu'il convient de surveiller :
- Araignées rouges : Le feuillage est décoloré, son vert vire au gris argenté, de petites toiles d’araignée se forment au bout des feuilles. Ces acariens détestent l’humidité, nettoyez la plante à grande eau.
- Cochenilles : Les insectes s’enferment dans une carapace brune ou sous un feutrage blanc, au dos de la feuille contre la nervure principale et excrètent un miellat. Utilisez un prédateur naturel (la coccinelle Cryptolaemus), un piège à mâles ou un produit d'origine végétale certifié Agriculture Biologique.
- Mouche de la figue : Dans les régions aux hivers doux, la mouche pond ses œufs dans les figues en pleine croissance. Les fruits tombent avant d’être mûrs et sont pourris. Détruisez tous les fruits infectés tant que les larves n’ont pas fini leur développement.
- Chancre : Ce champignon s'attaque à l'arbre lorsque celui-ci est affaibli par des opérations de taille ou des plaies.
- Teigne : La chenille peut venir à bout de votre figuier s'il est mal en point.

Multiplication par bouturage
Si vous souhaitez multiplier votre pied de figuier, faites-le par bouturage ! Le bouturage s'effectue de novembre à février. Prélevez de jeunes rameaux (pas plus de 2 ans d'âge) et placez vos rameaux sectionnés dans un mélange de sable humide. Quelques mois plus tard (courant mars généralement) quand les racines sont apparues, repiquez vos boutures dans un mélange composé pour moitié de terreau et de sable.
Culture en pot et plantes d’orangerie
Le figuier peut aussi être cultivé en bac et le rentrer sous serre pour l’hiver, il fait partie des plantes dites d’orangerie au même titre que les agrumes. Pour ce type de culture, choisissez des variétés à petit développement, faciles à palisser. La culture en bac permet de contrôler la croissance de l'arbre tout en profitant de ses fruits délicieux. N'oubliez pas que, même en pot, le figuier apprécie un sol riche et bien drainé. Un arrosage régulier durant la période de croissance est essentiel pour garantir la formation des figues.
Sélection variétale selon les régions
Le choix de la variété est primordial pour réussir sa culture.
- Pour les régions comme la Bretagne, la Normandie ou le Sud-Ouest, on privilégiera les variétés ‘Marseillaise’, ‘Noire de Caromb’ et ‘Longue d’Août’.
- Pour le littoral sud et ouest, on pourra tenter la ‘Grise de Saint Jean’ ou la ‘Violette de Solliès’.
- Pour les espaces restreints, sachez qu'il existe une variété naine, le 'Figality'.
Chaque variété possède ses spécificités : certaines sont bifères, d'autres unifères. Les fruits violacés sont souvent charnus, rafraîchissants et parfaits pour les confitures, tandis que d'autres variétés offrent des saveurs plus ambrées. L'observation de votre arbre, de la précocité de ses fruits et de sa résistance au froid local vous guidera dans le choix des soins à apporter. N'oubliez pas que si vous ne récoltez pas vos fruits assez vite, les oiseaux et les chauves-souris s’en chargeront pour vous.