La tortue d’Hermann, Testudo hermanni, parfois appelée Tortue des Maures, appartient à la famille des Testudinidae. Elle est originaire du pourtour méditerranéen. À l’état naturel, elle peut vivre jusqu’à l’âge de 40 ans, et jusqu’à 60 ans, voire 100 ans lorsqu’elle vit en captivité. Son âge peut être évalué selon les marques de croissance visibles sur ses écailles ainsi que sur son squelette. Animal menacé, la tortue d’Hermann a été interdite à la vente en France en 1985 puis de nouveau autorisée dès 1986, à condition que son père et sa mère soient eux-mêmes nés en captivité. Pour pouvoir élever une tortue d’Hermann, une autorisation de détention doit impérativement être demandée à la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP). Il s’agit de l’ex Direction départementale des services vétérinaires.

Les spécificités biologiques de Testudo hermanni
La tortue d’Hermann, animal à sang froid, présente une particularité que l’on retrouve chez l’ensemble des reptiles : sa température corporelle n’est pas produite par son organisme. Aussi est-elle toujours identique à la température de l’environnement où la tortue se trouve. Elle est donc ectotherme. La tortue d’Hermann est un animal solitaire. Ce n’est qu’au cours de la période de reproduction que mâles et femelles se rencontrent. Ils se livrent à une parade nuptiale durant laquelle la femelle teste les qualités du mâle et peut décider de refuser l’accouplement.
Elle a plusieurs élus durant la même période avec lesquelles elle s’accouple. La semence de chacun des mâles est alors conservée dans son appareil reproducteur entre 4 et 5 ans. Au moment de la ponte, en été, la tortue d’Hermann femelle creuse un trou dans lequel elle dépose de 1 à 5 œufs. C’est généralement en septembre, soit au bout de 2 à 2,5 mois, que les œufs éclosent pour libérer les petits qui ne pèsent que 10 g. Les conditions météorologiques ont un impact sur la survie des embryons, ceux-ci meurent tous au-dessus de 33°C. Le sexe des petits est uniquement déterminé par la température extérieure.
Régime alimentaire et besoins nutritionnels
La Tortue d’Hermann est essentiellement herbivore. Elle trouve ainsi l’essentiel de sa nourriture dans des milieux ouverts tels que les pelouses sèches ou les prairies. Son régime alimentaire est assez diversifié. On a ainsi identifié plus de 130 espèces végétales, appartenant à 46 familles. Une préférence très nette va aux astéracées (chicorée, pissenlit, scariole sauvage, cirse maraîcher,…) et aux fabacées (luzerne, sainfoin, trèfle, …).

La nourriture que l’on peut donner à une tortue d’Hermann est d’origine végétale, à savoir pissenlit, figuier de barbarie, laiteron, persil, roquette, onagre, plantain, trèfle, roquette, cresson, endive, feuilles de radis, mâche, luzerne, ortie. Occasionnellement, des petits invertébrés (escargots, cloportes, coléoptères), et même des animaux morts (oiseaux ou mulots par exemple) peuvent s’ajouter à son menu. Il lui arrive même de consommer des cadavres de petits animaux (oiseaux par exemple) et des ossements. On observe quelquefois la tortue d’Hermann en train de manger des excréments dans la nature.
Il est recommandé d’apporter un complément de calcium en plaçant une pierre de carbonate de calcium dans l’enclos ou en soupoudrant l’alimentation avec de la poudre de carbonate de calcium. Par exemple, le pissenlit, est un végétal relativement riche en calcium par rapport aux autres plantes herbacées. On proscrit les épluchures de légumes, les aliments à base de lait, la viande, le poisson, les fruits de mer, le pain, les gâteaux et les sucreries.
Conditions de vie en captivité et aménagement de l'enclos
La tortue d’Hermann doit de préférence être élevée dans un jardin dès l’âge de 3 mois car elle ne supporte pas la captivité en terrarium. Il est nécessaire de posséder un jardin pour accueillir une tortue d’Hermann car cette espèce ne peut vivre dans un terrarium sauf de sa naissance à l’âge de 3 mois où il est nécessaire de la garder à l’intérieur. Il faut bien préparer son arrivée et connaître ses besoins pour qu’elle puisse vivre le plus longtemps possible sans tomber malade.

L'habitat doit être composé :
- D’un enclos suffisamment spacieux et sécurisé car elle est vulnérable : il doit la préserver des prédateurs tels que le sanglier, le renard, la genette, la fouine et le blaireau et la poule, le corbeau, le rat, la corneille.
- D’une clôture de 50 à 60 cm de hauteur car cette espèce de tortue sera toujours tentée de l’escalader pour s’aventurer à l’extérieur de son enclos. Le grillage seul est donc à proscrire, mais une base plane d’une vingtaine de centimètre de hauteur limite les risques d’escapades (et d’escalade).
- D’un sol sain dont une partie au moins est totalement dénué d’herbe et composé d’un compost végétal. Le sol de l’enclos doit être irrégulier tout du moins sur le pourtour et il est utile de déposer une pierre çà et là. Ces aménagements permettent à la tortue de se remettre sur pieds si jamais elle devait culbuter et se retrouver sur sa carapace.
- D’un coin d’ensoleillement suffisant aux heures les plus chaudes de la journée, soit entre 10 et 16h.
- D’une zone ombragée.
- D’une touffe végétale où la tortue peut s’abriter ou se caresser. Un arbuste convient tout à fait.
- D’un point d’eau un peu plus grand que la tortue mais dont la profondeur est inférieure à la hauteur de l’animal afin d’éviter les risques de noyade. Il est nécessaire de changer l’eau dès qu’elle est souillée.
Installation du Terrarium pour tortue
Le cycle biologique de l'hibernation
La période d’hibernation étant vitale pour la tortue, elle doit être respectée même lorsque l’animal est élevé en captivité. Elle commence dès le milieu du mois de novembre et prend fin à la mi-mars. Durant tout ce temps, l’organisme entre en léthargie. Déposer des feuilles mortes dans son enclos et aménager une petite cabane étanche. Veiller à ce que la température de son abri soit comprise en 5 et 7°C pendant toute la durée de l’hibernation. Lorsque l’on élève une tortue d’Hermann dans une région au climat tempéré ou froid, il ne faut pas espérer avoir des petits. Il est de plus fortement déconseillé de chercher à faire couvrir sa femelle si l’on ne dispose pas d’un incubateur et si elle ne peut trouver un endroit adapté pour creuser un trou. Une tortue qui ne peut pondre ses œufs tombe gravement malade.
Facteurs environnementaux et menaces sur l'espèce
La tortue d’Hermann est en voie d’extinction dans notre pays en partie à cause de la disparition des terres agricoles dites douces, l’augmentation des surfaces viticoles, l’ultra-urbanisation et la lutte anti-incendie qui a largement profité au débroussaillage mais qui a parallèlement entraîné la mort de nombreuses tortues écrasées par les engins utilisés pour ôter les broussailles. Pour lui offrir les meilleures conditions d’existence, il est nécessaire de s’intéresser un minimum à cet animal et à ses besoins vitaux. Il faut aussi demander les autorisations nécessaires, car la tortue d’Hermann fait partie des Nouveaux Animaux de Compagnie, et la réglementation qui s’y rapporte doit être respectée. La protection de cette espèce passe impérativement par une meilleure compréhension de son écosystème naturel.