Le Figuier en Méditerranée : Variétés, Culture et Innovation

Le figuier est un arbre magnifique, avec son tronc tordu, ses branches courant près du sol et ses grandes feuilles lobées. Pourvoyant une ombre bienvenue dans ses régions méditerranéennes de prédilection, il offre également des fruits sucrés et doux, gorgés de soleil. Mais le figuier n’est pas un, il est multiple, se déclinant en plusieurs centaines de variétés pour la plupart fort anciennes. Originaire du bassin méditerranéen, il y est très répandu et cultivé depuis des millénaires. Le plus souvent de petite taille, en moyenne 4 m de haut, il affiche un tronc très tortueux et ramifié, voire un port buissonnant lorsqu’il pousse en cépée, sa forme la plus spontanée. Il montre également une silhouette assez étalée et proche du sol. Comme toute plante méditerranéenne qui se respecte, le figuier avoue une préférence pour les sols perméables et profonds, plutôt sableux et fertiles et une exposition chaude et ensoleillée. Il tolère les sols acides même s’il se sent mieux en terre calcaire. Évitez par contre les sols trop lourds, collants, qui retiennent l’eau en hiver. Il peut être planté dans les régions continentales mais vous veillerez dans ce cas à le placer près d’un mur exposé au sud, à l’abri du vent. Il résiste généralement bien au froid, jusqu’à -10 ou -15°, voire un peu plus pour les figuiers plus âgés. Les parties aériennes peuvent geler, notamment les rameaux de l’année, mais la souche repartira si elle a été bien protégée. Il demande peu de soins, hormis un paillage autour du tronc en cas d’hivers rigoureux et d’une taille d’entretien régulière. Dans le Midi, surtout sur la côte méditerranéenne, il sera conduit de façon à rester près du sol pour éviter la déshydratation.

Illustration d'un figuier méditerranéen au port buissonnant et tortueux

Panorama des variétés de figuiers

Le monde des figuiers se divise principalement entre les variétés unifères (une récolte par an) et bifères (deux récoltes par an). Parmi les unifères, on trouve la ‘Blanche marseillaise’, figuier autofertile très productif à petit ou moyen développement, à port d’abord érigé qui s’étale avec l’âge. Ses fruits de petite taille sont très doux et savoureux, à chair rosée sucrée et parfumée, à la fois ferme et fondante. La ‘Violette de Solliès’, avec sa production très tardive entre la mi-août et fin octobre, offre des fruits bleu noir gros et aplatis. Cette variété est très appréciée et possède d’ailleurs une AOP. Enfin, le ‘Sucre vert’ propose des fruits qui arrivent tard, entre septembre et novembre, avec une chair vert pâle de très bonne qualité, mielleuse et bien sucrée.

Dans la catégorie des bifères, la ‘Sultane’ est un figuier très précoce et particulièrement productif. Ses figues piriformes et violettes sont de taille moyenne. La ‘Longue d’août’ produit en début et fin d’été de grosses figues allongées qui deviennent jaune brun à maturité. La ‘Grise de Tarascon’ est un figuier vigoureux et autofertile qui produit de très grosses figues fleurs rondes à peau gris violet.

Variétés anciennes et spécifiques

Les variétés anciennes comme la ‘Goutte d’or’ sont idéales pour les petits jardins ou la culture en bac avec son port étalé. La ‘Madeleine des deux saisons’ est une variété bifère et autofertile qui donne des figues-fleurs d’environ 100 g vers juin juillet. La ‘Ronde de Bordeaux’ est un figuier autofertile, unifère et précoce qui affiche un développement important. Pour les amateurs de variétés blanches, la ‘Blanche de Versailles’ peut être plantée dans des régions très froides, supportant jusqu’à -25°. Le ‘Dottato’, d’origine italienne, sera cultivé en régions chaudes et sèches ; ses figues d’automne à peau jaune à maturité sont de très bonne qualité.

Schéma comparatif des différentes formes de figues : unifères vs bifères

Le Figuier Rouge de Bordeaux : Une référence

Le Ficus carica ‘Rouge de Bordeaux’ est une variété unifère, ce qui signifie qu'elle ne produit qu'une seule récolte par an, généralement à la fin de l'été, en août et septembre. Les figues du ‘Rouge de Bordeaux’ sont particulièrement appréciées pour leur couleur d'un rouge profond, leur chair sucrée et leur parfum intense. Leur taille est généralement moyenne, et leur peau est suffisamment résistante pour supporter les intempéries et assurer une bonne conservation, ce qui rend ces fruits idéaux pour la consommation fraîche comme pour la transformation en confitures ou autres préparations culinaires. Ce figuier se distingue également par sa rusticité. Bien qu'il préfère les climats chauds, il s'adapte remarquablement bien à des sols pauvres ou peu profonds, et sa capacité à résister au froid en fait un choix judicieux pour de nombreuses régions. Sa taille adulte se situe généralement entre 3 et 5 mètres de hauteur.

Culture en pot et résistance au froid

Pour les espaces restreints, des variétés comme ‘Rouge de Bordeaux’, ‘Précoce de Dalmatie’ ou ‘Black Jack’ sont recommandées. Le ‘Brown Turkey’ est un figuier bifère et autofertile qui résiste au gel jusqu’à -30°, étant très cultivé dans le nord-est. Le ‘Hardy Chicago’, découvert dans les années 1980, est également une référence de résistance au froid. Le figuier est un arbre étonnant, qui s’adapte à bien plus d’environnements que l’on pourrait le croire. Venant de pays méditerranéens chauds et secs, certaines variétés de figuier ne voient pourtant aucun problème à subir des froids quasi polaires.

Taillez votre figuier comme un pro !

Le Figuier de Barbarie : Résilience et Innovation

En Sicile, le figuier de Barbarie (Opuntia ficus-indica) se fait de plus en plus souvent remarqué comme acteur de la transition écologique, de l'économie circulaire, de l'innovation et donc du développement durable. La Sicile est la première région d'Europe en termes d'étendue de la culture en zone aride : Opuntia ficus-indica a toujours fait preuve d'adaptabilité et de résilience face aux longues périodes de sécheresse, grâce à une physiologie qui réduit la perte d'eau lors de la photosynthèse.

La campagne en cours se déroule à un rythme soutenu et offre des perspectives de marché intéressantes, non seulement pour la commercialisation des fruits, mais aussi pour l'utilisation de tous les autres composants de la plante. Le consortium, originaire de Biancavilla, commercialise dans le monde entier les figues de Barbarie AOP de l'Etna dans leurs trois variantes de couleur typiques : nostrale, de couleur jaune-orange, sanguigna qui est rouge vif, ainsi que muscaredda et sciannina qui sont blanches.

Usages modernes et nutraceutiques

La plante prise dans son ensemble avec les graines, les fleurs, les fruits et les cladodes, comme l'ont montré les études scientifiques, est riche en composés bioactifs : bétalanines, polyphénols, caroténoïdes, vitamine C, polysaccharides et éléments minéraux. Et si ces éléments sont depuis longtemps utilisés de manière performante en nutraceutique, en cosmétique et en pharmacologie, leur utilisation s'étend aujourd'hui à la production de matériaux innovants tels que les bioplastiques et les hydrocolloïdes.

L'une des utilisations les plus surprenantes et innovantes de la figue de Barbarie concerne l'énergie extraite des cladodes, qui peut devenir une matière première pour la production de biogaz. Nous collaborons ainsi avec Assoro Biometano à Enna. Nous pouvons ainsi contribuer à la crise énergétique et à la nécessité de réduire la dépendance à l'égard des combustibles fossiles. Les utilisations établies concernent également l'agriculture. Dans les zones de grande sécheresse, les cladodes frais constituent du fourrage pour l'élevage.

Infographie montrant le cycle de vie et les usages multiples du figuier de Barbarie

Pratique culturale du Figuier de Barbarie

Un premier critère de sélection de la variété à planter est la rusticité. L'espèce Opuntia ficus-indica (L.) Mill. est à réserver aux régions de zone climatique USDA 9a ou supérieure. Il faut retenir en priorité la variété inerme à fruits oranges, qui paraît particulièrement rustique, et qui n'est pas agressive car (presque) sans épines. Pour multiplier Opuntia ficus-indica, j'utilise la méthode universellement pratiquée : le bouturage de raquettes. Je bouture en pleine terre, au début du printemps de préférence. Pour éviter le pourrissement au niveau de la plaie de coupe de la raquette, je laisse sécher celle-ci avant de bouturer. Je bouture la raquette en la plantant verticalement.

Il faut avoir à l'esprit que le principal ennemi des espèces non gélives de Cactées n'est pas le froid, mais l'eau. Si l'on place les Cactées au pied de vieux Cyprès, dans une rocaille plein sud, la survie est garantie. Il est souhaitable d'empierrer le sol afin de favoriser le drainage et le ressuyage. Il est en outre avantageux de créer une butte pour favoriser l'écoulement naturel lors d'orages éventuels. On peut également disperser sur le sol de la pouzzolane ou du gravier afin d'augmenter l'inertie thermique.

Gastronomie et transformation

Pour déguster les figues de Barbarie, une méthode consiste à enlever les deux extrémités du fruit en tranchant celui-ci dans le sens de la largeur. Il faut ensuite fendre complètement la peau dans le sens de la longueur, sans entamer la pulpe, et dérouler la peau d'un seul tenant avec le plat du couteau. C'est une manœuvre délicate, mais qui se maîtrise par un "tour de main".

Lorsque tous les fruits sont pelés, on peut les préparer en coulis. Il suffit de les mettre dans une casserole en ajoutant un verre d'eau et les faire cuire doucement quelques minutes pour les ramollir. Passer ensuite au moulin à légumes de manière à éliminer les graines. Remettre à cuire à feu doux en ajoutant 200 grammes de sucre au kilo et, en fin de cuisson, un filet de citron. Ce coulis s'accorde particulièrement avec les viandes de volaille, notamment le magret de canard.

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