Attaques de ravageurs sur les framboisiers : Identification, prévention et traitements

Les framboisiers sont des arbrisseaux appréciés pour leurs fruits délicieux, mais ils peuvent malheureusement être la cible de divers ennemis. Tout comme les maladies du framboisier, ces nuisibles vont avoir des effets néfastes sur la santé de l’arbrisseau, ainsi que sur le rendement et la production des framboises du jardin. Il est donc essentiel de comprendre ces menaces pour protéger efficacement vos cultures.

Les principaux ravageurs du framboisier

Plusieurs types de ravageurs peuvent s'en prendre aux framboisiers, chacun causant des dommages spécifiques.

L'anthonome du framboisier

L’anthonome est un petit coléoptère de couleur noire d’environ 3 mm de longueur. Cet anthonome du framboisier, également appelé charançon des fleurs du fraisier (Anthonomus rubi), s’attaque aux framboisiers, fraisiers et mûriers. Il apparait juste avant la floraison et pond dans les boutons floraux encore fermés. L’anthonome s’attaque aux fleurs. Les adultes dévorent les inflorescences, rongent les tiges et pondent finalement dans les boutons. Les larves éclosent quelques semaines plus tard et se jettent sur le pollen, les protéines et les autres parties des fleurs déjà fanées. Les coléoptères adultes passent l’hiver dans la litière du sol et émergent à partir de fin avril. Les femelles pondent un œuf par bouton floral fermé. Les fruits attaqués par ses larves sont déformés, bruns et durs, parfois desséchés. Les baies endommagées sont souvent une porte d’entrée pour la pourriture (botrytis). Sans parler des bourgeons et boutons floraux dévorés par l’adulte, heureusement en moins grand nombre.

Schéma du cycle de vie de l'anthonome du framboisier

Le ver des framboises

Le ver des framboises est aussi connu sous son nom scientifique de Byturus urbanus, ou Byturus tomentosus. Il s’agit de la larve d’un petit coléoptère jaune brun ou gris, qui pond dans les fleurs vers le mois de Mai. Les larves sont de couleurs blanchâtre. Ce petit coléoptère brun jaunâtre, long de 4 ou 5 millimètres, est couvert de poils très fins. Les premiers vols d’adultes apparaissent en avril-mai, peu avant la floraison des framboisiers. Ils se nourrissent de bourgeons, de très jeunes feuilles et surtout de pollen. On peut les voir s’activer dès que la température est supérieure à 16 voire 18 °C. Après l’accouplement, à la mi-mai, les femelles pondent dans les fleurs du framboisier ou sur les jeunes fruits, jusqu’à 120 œufs chacune, à raison de deux à trois par jour, de mai à juillet. Les œufs deviennent larves en huit jours. Celles-ci commencent alors à ronger la base des organes floraux, puis creusent des galeries dans les futurs fruits. Souvent, elles s’attaquent à la chair des fruits qu’elles percent et vident de leur contenu. Elles peuvent même passer d’un fruit à l’autre. Au bout de cinq à six semaines, lorsque les framboises arrivent à maturité, le mal est fait et les larves, parvenues au terme de leur développement, se laissent tomber au sol. Les bourgeons et boutons floraux percés et grignotés sont un premier signe des vers des framboises. On peut également déceler leur présence lorsque les fruits sont déformés et décolorés. Le coléoptère du framboisier (Byturus tomentosus) mesure 5 mm de long, est de couleur brun clair et est couvert de poils. Il hiverne dans le sol et émerge à partir de mai. Les coléoptères pondent leurs œufs sur les framboises vertes ou presque mûres. La nymphose a lieu en été. En raison de la biologie de reproduction typique des vers des framboisiers d’une génération par an, seuls les framboisiers non remontants sont généralement attaqués, car ils fructifient en juin/juillet sur les cannes de deux ans. Sur les framboisiers remontants, ce n’est que sur les variétés très précoces ou sur les tout premiers fruits que l’on remarque très rarement une légère infestation, car ceux-ci fructifient dès le mois d’août sur les cannes de l’année.

Le puceron vert des framboisiers

Le petit puceron vert des framboisiers (Aphis idaei) est un ennemi redouté par les jardiniers. Plusieurs types de pucerons peuvent être présents sur les framboisiers. Ils peuvent varier en couleur mais causent les mêmes dommages. Une espèce spécifique aux framboisiers est extrêmement petite (2 mm), vert pâle et recouverte de cire. En été, ces pucerons sont encore plus petits, mesurant seulement 1 mm. Ils vivent en grand nombre au sommet des framboisiers. Leurs dégâts de succion causent des déformations des pousses, le dessèchement des feuilles et une grande quantité de miellat qui salit les plantes. Ils transmettent également des virus.

La cécidomyie du framboisier

La Cécidomyie (Lasioptera rubi) est parfois appelée mouche du framboisier. C’est un ravageur redoutable sérieux pour le framboisier. Après avoir hiverné, ces animaux adultes (mesurant de 0,13 à 0,17 mm de long) émergent de terre et pondent leurs œufs déjà fécondés dans l’écorce des cannes. Quelques semaines plus tard, un phénomène de décomposition se produit qui peut même s’accélérer par forte humidité ambiante. L’écorce continue de se fendiller, la mouche y pond la génération suivante et peu de temps après, de nouvelles larves se développent à nouveau et tombent au sol pour la nymphose. C’est alors au plus tard que des taches sombres apparaissent sur les cannes au niveau du sol, qui finissent par condamner la plante. Les cécidomyies de l’écorce du framboisier produisent chaque année plusieurs générations avec des dégâts à hauteur de cette population.

La drosophile à ailes tachetées (Drosophila suzukii)

Ce nouveau fléau est originaire d’Asie et s’est répandu de manière fulgurante dans toute l’Europe au cours des 5 à 10 dernières années. À la différence des mouches fruitières normales, les petites drosophiles du cerisier déposent leurs œufs non seulement dans les fruits blets et déjà abîmés, mais déclenchent les hostilités dès que les fruits changent de couleur. Par conséquent les petits vers - parfois heureusement presque indétectables - se développent dans le fruit mûr, qui éclate alors à pleine maturité et commence à pourrir. L’infestation se remarque par des points d’attaque blafards sur le fruit. Les populations des drosophiles à ailes tachetées sont en fait habituées à un climat bien plus chaud et plus humide, mais quelques-unes survivent bêtement chaque hiver même dans des régions à hiver rigoureux. En se basant là-dessus, la population s’établit lentement au printemps et en début d’été, sans provoquer de trop gros dégâts. Une infestation précoce se manifeste par des taches pâles, jaunâtres, sur les feuilles. Cette mouche des fruits asiatique pond ses œufs dans les fruits verts et en maturation. Les petites larves blanches se nourrissent de l'intérieur des fruits, ce qui les fait pourrir et suinter. Comme la Drosophile Suzukii a de nombreuses générations par an, elle peut causer des dégâts considérables aux fruits à peau tendre comme les framboises, les mûres, mais aussi les cerises.

Les tétranyques tisserands (araignées rouges)

Ces petits acariens connus également sous le nom de tétranyques, sont de féroces ravageurs de plantes potagères et ornementales. Ils peuvent y infliger des dégâts irréparables. Ce sont en fait des acariens, des tétranyques tisserands, Tetranychus urticae, ou d’autres membres de la même famille. Le tétranyque tisserand est une espèce dite polyphage, c’est-à-dire qu’elle s’attaque à un très grand nombre de végétaux, dont notamment au potager : tomates, aubergines, courgettes, concombres, fraises, haricots, melons, … Il est aussi un ravageur important parmi les plantes ornementales (80% des espèces seraient touchées), en particulier les rosiers, les lauriers-roses et les orangers du Mexique. Les adultes mesurent 0.5 à 0.6 mm et présentent un corps ovoïde marqué généralement d’une tache noire de chaque côté. Comme tout arachnide, ils possèdent 4 paires de pattes mais la larve n’en a que 3. Leur teinte varie du jaune clair au rouge en passant par l'orange et le vert (cette teinte varie souvent selon leur plante hôte). La femelle peut pondre une dizaine d’œufs par jour, qui sont tout d’abord translucides et blanchâtres, puis jaune nacré. Il peut y avoir jusqu’à 7 générations en un été. Lorsque l’été est fini, les femelles fécondées entrent en diapause (hibernation) et se mettent à l’abri. Les framboisiers sont très sensibles aux tétranyques. Ce problème est particulièrement fréquent en serre, mais il peut aussi survenir à l’extérieur lors des étés chauds et secs. Le tétranyque des serres, ou araignée rouge, s’attaque au revers des feuilles, provoquant l’apparition de petits points blancs et, plus tard, un aspect terne. Cela ralentit également la croissance des fruits.

Photographie d'araignées rouges sur une feuille

Les tétranyques se nourrissent des végétaux en piquant les tissus puis en suçant le contenu des cellules végétales. Le processus de photosynthèse est ralenti, et donc la production de chlorophylle. On peut voir également des toiles soyeuses sur les végétaux qu’ils parasitent (d’où son nom de tisserand) lorsque l’infestation est importante. Elles peuvent enrayer la croissance du végétal attaqué lorsque l’attaque est importante, ce qui peut arriver sous abri. La plante peut également mourir. Les araignées rouges ont besoin d’un environnement chaud et sec, au minimum 12°, et sont attirés par les végétaux bien fertilisés et taillés. Elles sont transportées sur d’autres végétaux par l’homme, les outils, par le vent ou bien elles peuvent se déplacer elles-mêmes sur le sol (sur de courtes distances) ou les supports de culture. Elles sont particulièrement présentes sous abri : serres, vérandas où elles trouvent l’atmosphère sèche et chaude qu’elles aiment. Les intérieurs, particulièrement en hiver avec les systèmes de chauffage, sont très attractifs. Durant l’été on les trouve à l’extérieur si les conditions leur conviennent.

D’autres acariens phytophages existent :

  • L’acarien rouge des pommiers, Panonychus ulmi : on le trouve principalement sur les arbres fruitiers et la vigne. Les feuilles infestées se crispent ou prennent une teinte plombée.
  • Le tétranyque de la vigne, Eotetranychus carpini : cet acarien est jaune avec des taches sombres sur les 2 côtés. Il entraîne des taches rouges sur les feuilles.
  • L’acarien des agrumes, Panonychus citri : rouge sombre, il décolore les feuilles de son hôte.
  • L’acarien de l’érinose de la vigne, Colomerus vitis : les feuilles montrent des galles boursouflées ainsi qu’un feutrage blanc sur l’envers. Cet acarien est invisible à l’œil nu.
  • Les acariens ériophyides des framboises (Phyllocoptes gracilis) sont minuscules (0,16 mm) et invisibles à l’œil nu. Les acariens et leurs larves se nourrissent en aspirant les feuilles des framboisiers, ce qui provoque l’apparition de grandes taches jaunes sur la face supérieure des feuilles et de taches grises et feutrées sur la face inférieure.

L'otiorhynque

Les larves de l’otiorhynque se nourrissent des racines des arbustes, affectant les petits fruits et les plantes ornementales. Les framboisiers, les vignes et les fraisiers sont sensibles aux otiorhynques. En l'absence de racines, les plantes meurent. Les otiorhynques adultes mangent des morceaux en forme de vague dans les feuilles, un signe révélateur de leur présence.

Photographie d'un otiorhynque adulte

Stratégies de prévention des ravageurs

Prévenir les infestations est souvent plus simple et plus efficace que de les traiter une fois installées.

Choix des variétés résistantes

Lorsque vous choisissez des plants de framboisiers, optez pour des variétés qui sont connues pour leur résistance aux maladies et aux ravageurs. Certaines variétés ont été spécialement sélectionnées pour leur capacité à lutter contre les problèmes courants, ce qui peut réduire considérablement le risque d'infection.

Rotation des cultures et emplacement

La rotation des cultures est une technique agricole qui consiste à changer l'emplacement des plantes d'une année à l'autre. Cette pratique peut aider à prévenir l'accumulation de maladies et de ravageurs dans le sol. Lorsque vous cultivez des framboisiers, essayez de les déplacer dans un nouvel endroit chaque année. Cela permettra de réduire le risque de propagation des maladies et des ravageurs d'une saison à l'autre.

Le framboisier est super populaire ! Il prend peu de place, est autofertile et les fruits sont délicieux. Les framboises (Rubus Idaeus) existent en différentes variétés : les framboises jaunes et rouges sont les plus connues, mais il existe aussi des framboises pourpres et noires. Elles varient en goût et en taille. On les divise grossièrement en deux groupes : la framboise d’été et la framboise d’automne. Les framboises d’été se récoltent plus tôt, de fin juin à début août. Les framboises d’automne produisent des fruits de fin août à mi-octobre. Idéalement, vous pouvez planter les deux types ! Bien que la framboise jaune soit plus sucrée, moins sensible aux maladies et moins attrayante pour les oiseaux, c’est la framboise rouge qui est la plus courante. Les framboisiers ont souvent des épines, mais il existe aussi des variétés sans épines. La mûroise est un croisement entre une mûre et une framboise. La loganberry est la plus populaire : c’est un croisement entre une mûre sans épines et une framboise, donc elle n’a pas d’épines. Les framboisiers peuvent être plantés entre fin octobre et fin mars, tant qu’il ne gèle pas. Les framboisiers ont des racines superficielles et ont donc besoin d’un sol aéré, riche en humus et qui retient bien l’humidité. Ils préfèrent une exposition en plein soleil, ce qui rend les fruits encore plus sucrés, bien qu’une mi-ombre convienne également. Les framboisiers n’aiment pas les sols trop humides, bien qu’il existe des variétés plus tolérantes à l’humidité. Plantez de 6 à 8 framboisiers par mètre linéaire. Les framboisiers, avec leurs longues tiges fines, sont mieux cultivés le long de fils ou d’un treillis. Le framboisier se bouture très facilement. Les rejets racinaires qui apparaissent à la base de l’arbuste peuvent être prélevés à l’aide d’une bêche.

Entretien et hygiène du jardin

Un bon entretien et une bonne hygiène sont essentiels pour maintenir vos framboisiers en bonne santé. Veillez à enlever régulièrement les mauvaises herbes et les débris végétaux autour de vos plantes, car ils peuvent servir de refuge aux maladies et aux ravageurs. Pour lutter contre les vers des framboises, en hiver, binez et désherbez le pied de votre framboisier. Il est de même important de ne pas laisser de fruits blets et abîmés sur l’arbuste ou à son pied, car c’est la meilleure façon d’élever les drosophiles à ailes tachetées. Les tas de compost à l’air libre et dépourvus de filets où l’on dépose des fruits et des déchets verts sont également des foyers de reproduction de la drosophile.

Après la plantation, arrosez bien le framboisier. Si vos framboisiers poussent dans un sol riche en humus, l’arrosage peut être limité pendant la saison de croissance. Le paillage sous les framboisiers est recommandé, car il permet au sol de rester humide plus longtemps et apporte des nutriments aux plantes. En période sèche prolongée, les framboisiers ont besoin d’arrosages réguliers pour éviter que les tiges ne sèchent. Certains préfèrent installer un système de goutte-à-goutte dès la plantation. Il est très efficace de bien préparer le sol avant de planter des framboisiers. Mélangez du lombricompost, du fumier bien mûr ou du compost maison dans le trou de plantation. Il n’est pas nécessaire de chauler le sol, car les framboisiers préfèrent un sol légèrement acide. En outre, des études de sol à grande échelle montrent que la plupart des jardins ont un pH trop élevé. Le paillage est toutefois important.

Taille appropriée

La taille des framboisiers est très simple et doit être faite chaque année pour garantir une bonne récolte. La taille dépend du moment de la récolte des framboises. Les framboisiers d’été peuvent être taillés immédiatement après la récolte ou en hiver par une journée ensoleillée. Coupez toutes les branches qui ont porté des fruits à 15 cm au-dessus du sol. Les framboisiers d’automne se taillent en hiver, décembre est un bon mois. Les framboisiers d’automne produisent de nouvelles tiges fruitières au printemps, qui donneront des fruits la même année. Ne les taillez pas au printemps. Pour les framboisiers non remontants, surtout impactés par les cécidomyies, il est particulièrement important de supprimer immédiatement après la récolte les cannes de deux ans ayant fructifié, afin de prévenir toute transmission de maladie à la relève. Une fertilisation modérée provoque moins de fentes de croissance sur les nouvelles cannes et donc moins de possibilités de pondaison.

Solutions de lutte biologique et naturelle

Si votre framboisier est attaqué par l’un de ces ravageurs, pas de panique ! Des solutions sont à disposition des jardiniers pour faire face à ces différents nuisibles.

La gestion intégrée des ravageurs des cultures - 1.VF

Utilisation d'auxiliaires pour les araignées rouges

Comment lutter de manière biologique contre les araignées rouges ? Ces petits acariens connus également sous le nom de tétranyques, sont de féroces ravageurs de plantes potagères et ornementales. Heureusement ils ont quelques prédateurs tout aussi féroces qu’eux-mêmes ! Quelques lâchers de ces coccinelles, punaises, chrysopes, cécidomyies ou acariens vous permettront de lutter contre ces nuisibles sans nuire !

Sous abri, il peut être procédé à des lâchers d’insectes auxiliaires. À l’extérieur, on peut déposer des œufs ou des larves de prédateurs auprès des colonies, mais pour les années suivantes, la conservation des auxiliaires par des plantes hôtes est conseillée.

Acariens prédateurs

Les acariens ne sont pas tous phytophages (se nourrissant de végétaux), nombre d’entre eux sont polyphages et consomment entre autre d’autres acariens. Ces acariens prédateurs sont caractérisés par de longues pattes qui les rendent beaucoup plus rapides que leurs proies. Ils se développement également plus vite.

  • Phytoseiulus persimilis : C’est le principal auxiliaire utilisé sous abri contre le tétranyque tisserand, qui mange 5 adultes par jour ou une vingtaine d’œufs. Seuls les adultes consomment les tétranyques à tous les stades, les nymphes consomment seulement les œufs et les nymphes. Les femelles pondent systématiquement à proximité d’une colonie d’araignées rouges. Cet acarien se révèle très efficace contre les tétranyques, car il s’attaque à tous les stades de développement du phytophage. Par contre comme il s’agit de sa seule proie, il disparaît dès qu’il n’y a plus de tétranyques, il est donc nécessaire de l’introduire à chaque nouvelle infestation. Autre limite à son efficacité, la température : au-delà de 30° et en atmosphère sèche il n’est plus actif. L’acarien prédateur se vend mélangé à de la vermiculite, de la sciure ou bien sur des feuilles de végétaux. Il faut placer plusieurs adultes sur chaque feuille infestée, notamment chez la tomate dont les poils foliaires leur rendent le déplacement compliqué, on peut compter un besoin de 5 à 20 Phytoseiulus par m². Sur les autres végétaux par contre il se déplace facilement, se dispersant pour trouver de nouvelles colonies. Les acariens galligènes peuvent être combattus avec des acariens prédateurs Andersoni. Les acariens prédateurs du genre Phytoseiulus persimilis sont disponibles en jardinerie.

  • Neoseiulus californicus (syn. Amblyseius Californicus) : Se nourrissant principalement de tétranyques mais aussi d’autres nuisibles, cet acarien peut se rabattre sur le pollen lorsque sa principale nourriture est absente. Il a besoin de chaleur et il supporte très bien les températures supérieures à 30° mais aussi les températures plus basses (il est actif de 10 à 33°). Il a également besoin d’humidité pour se développer, donc son travail sera facilité par des brumisations sur les végétaux atteints mais il tolère bien la sécheresse. Les femelles consomment des araignées rouges à tous les stades de développement, les lymphes préfèrent les œufs, les larves et les nymphes, alors que les larves s’attaquent aux œufs. Il y a autorégulation de l’espèce en fonction de la nourriture disponible : les pontes sont moins nombreuses lorsque la nourriture n’est pas en quantité suffisante ou lorsque les femelles se nourrissent de pollen. Il est assez courant d’associer les 2 prédateurs. Neoseiulus californicus est implanté aux premiers signes d’infestation, puisqu’il peut se nourrir dans tous les cas. Phytoseiulus persimilis, lui, est introduit lorsque les foyers sont importants, dans lesquels il peut faire beaucoup de dégâts. Combattez les tétranyques en extérieur et en serre avec Forni-mite et des sachets de culture anti-tétranyques Soni-mite.

Insectes prédateurs

  • Les coccinelles : Les Stethorus punctillum sont des petites coccinelles noires, appelées coccinelles à tête d’épingle, dont les larves surtout dévorent un grand nombre de tétranyques (plus de 200 par larve). Les adultes soient aussi des prédateurs (10 adultes et 50 à 100 œufs par jour). Elles seront employées autant sous abri qu’à l’extérieur et tolèrent la sécheresse et une température jusqu’à 35°. Ce sont les œufs que l’on dépose auprès des colonies de tétranyques, selon la gravité de l’attaque entre 0.5 et 100 par m². Si vous avez des coccinelles ou des perce-oreilles naturellement présents près de vos framboisiers, ils se nourriront de ces pucerons. Étant donné que ces pucerons sont actifs dès mars, ils servent de nourriture précoce pour les coccinelles.

  • Les cécidomyies : Les Feltiella acarisuga sont des cécidomyies minuscules apparaissant spontanément sur les végétaux infestés d’araignées rouges, notamment : tomate, concombre, poivron, rosier. L’efficacité de ces cécidomyies tient à une très bonne détection de leur proie. Les femelles déposent leurs œufs auprès des tétranyques pour que les larves s’en nourrissent, auprès d’une importante colonie. Autre avantage, elles ne sont pas gênées par les feuilles et tiges velues des tomates. Elles seront déposées à raison de 0.05 à 0.01 individu par m² en prévention, jusqu’à 10 lorsque l'infestation est importante. Une interaction avec les acariens Phytoseiulus persimilis est conseillée.

  • Les punaises : Macrolophus caliginosus ou Macrolophus pygmaeus : larves et adultes sont des prédateurs polyphages, communément utilisés pour lutter contre les aleurodes, acariens, thrips et autres ravageurs. Contre les araignées rouges, elles sont employées en complément d’un autre auxiliaire. Cette punaise pond, selon la température, entre 100 et 250 œufs. Les larves se développent durant 20 à 110 jours, également en fonction de la température. Cette punaise se lâche sous abri, en prévention, si vous avez repéré des femelles tétranyques orangé à la fin de l’été ou si vous avez eu des infestations. Il faut prévoir de 1 à 5 punaises par m2 et effectuer le lâcher soit le matin tôt soit le soir, lorsque la température n’est pas trop élevée. Elles peuvent être livrées avec des œufs de papillons qui constitueront leur garde-manger le temps que les ravageurs se manifestent.

  • Les chrysopes : Si vous avez peu de prédateurs naturels dans votre jardin, vous pouvez introduire des larves de chrysopes. Cette chrysope vert clair régule sa fécondité selon la quantité de nourriture disponible. Elle peut donner naissance à 2 ou 3 générations en fonction du climat. Les adultes entrent en diapause en automne. Leur température minimale d’action est de 15°, jusqu’à 25°. Ce sont les larves qui sont des prédateurs, notamment au stade 3. Prévoir 10 œufs par m².

Autres moyens de lutte biologique générale

Les acariens font partie du menu de nombreux insectes et autres invertébrés. Pour attirer ces auxiliaires, aussi bien les principaux prédateurs que les occasionnels, un environnement riche en espèces végétales variées est important. Les prédateurs introduits par lâcher, eux, seront invités à rester grâce à de nombreuses plantes hôtes. Installez dans votre jardin : angélique, aster, tanaisie, volubilis, pélargonium, alysse, calendula, molène, légumineuses, bourrache, capucine, volubilis, aneth, angélique, carotte sauvage, coriandre, fenouil, achillée millefeuille, camomille, chrysanthème des moissons, centaurée, marguerite, souci.

Les tétranyques aiment la chaleur et la sécheresse : l’arrosage par brumisation/aspersion est rédhibitoire à leur installation. Pour les plantes d’intérieur : on évite de les placer à proximité des radiateurs. Afin de détecter au plus tôt leur apparition au potager ou en serre, on sème des plantes pièges, en l'occurrence des haricots. La fertilisation azotée doit être raisonnée, trop d’azote attire les ravageurs sur les végétaux. La mise en place de haies est cruciale, notamment ici pour les coccinelles et les chrysopes. Les prairies fleuries et autres mélanges variés, les jachères, sont des refuges pour les auxiliaires. Elles constituent également des ressources alimentaires pour les chrysopes et les cécidomyies qui se nourrissent de nectar une fois adultes. Les punaises et les coccinelles, elles, y trouveront des proies de substitution en cas de raréfaction des tétranyques.

Piégeage et traitement pour le ver des framboises

Pour trouver les framboisiers lors des premiers vols, l’adulte est guidé par des signaux olfactifs comme l’odeur des fleurs et visuels à l’instar de leur couleur blanche. L’observation de ce phénomène a permis de mettre au point une méthode de piégeage à l’aide de plaques blanches engluées, que certains professionnels utilisent pour établir des courbes de vols et ajuster leurs traitements. À l’échelle d’un petit jardin, cette protection peut suffire en cas de faible infestation, avec quelques pièges disposés une semaine avant la floraison, entre les rangs, à 1 mètre ou 1,5 mètres du sol. Enfin, si vous avez réagi trop tard et que les vers ont gâché votre récolte, il vous reste la possibilité de faire picorer quelques poules dans votre carré de framboisiers après la récolte, afin qu’elles le nettoient de ses larves.

Traitements spécifiques

Chez Planète Agrobio, pour traiter les ravageurs du framboisier, nous conseillons l’utilisation de purin de fougère et de savon noir. Le purin de fougère est connu pour son pouvoir insecticide. Pour lutter contre les cécidomyies de l’écorce du framboisier, les remèdes se limitent ici à supprimer et détruire les cannes infestées ou suspectes (après des contrôles réguliers en mars et avril). Pour lutter contre les coléoptères (anthonome et ver des framboises), il est très facile de repérer les deux types de coléoptères, pour un œil à peu près exercé, en examinant le matin les inflorescences à contre-jour. Ces animaux encore assez humides et atones le matin peuvent être éliminés facilement en secouant l’arbuste.

Pour la drosophile à ailes tachetées, retirez immédiatement les fruits infestés, ne les laissez pas au sol ni sur les arbustes. Pour contrôler les drosophiles, suspendez des pièges contenant du vinaigre de cidre de pomme ou un appât spécialement préparé, comme Dros'attract. Cela n'est efficace que si la drosophile n'est pas encore présente au moment de l'installation de la couverture. On a également constaté que la petite mouche est assez effarouchée par des obstacles verticaux/des filets et des murs et peut à peine s’élever plus haut dans les airs pour parvenir aux fruits défendus.

En ce qui concerne les pucerons, si des fourmis sont présentes sur les arbustes, c'est souvent signe de la présence de pucerons. Les fourmis protègent les pucerons pour profiter des sucres qu’ils sécrètent. Si vous souhaitez utiliser des prédateurs naturels, comme les larves de Chrysopes, il est nécessaire de lutter d’abord contre les fourmis, car elles vont tuer les larves introduites qu'elles reconnaissent comme des ennemis naturels des pucerons.

Pour les thrips, les dégâts causés se manifestent par des taches blanches sur les feuilles, dues aux piqûres des larves et des thrips adultes. Les thrips passent presque inaperçus. Ils sont très petits (1 à 2 mm) et souvent photophobes, surtout le thrips californien, ce qui les pousse à se cacher dans les boutons floraux fermés et les points de croissance. Si les thrips reviennent chaque année, utilisez des sachets de culture Cucu-care dès la floraison, en combinaison avec Orius. À ce stade, les thrips sont déjà présents. Les acariens prédateurs dans les sachets restent actifs pendant 4 semaines et aspirent les œufs et jeunes larves de thrips. Orius se nourrit des thrips adultes et des larves plus âgées. En cas d'infestation importante, utilisez des punaises prédatrices Orius combinées avec des acariens prédateurs Cucumeris en flacon, et non en sachets de culture.

Concernant les araignées rouges, il n’est pas nécessaire d’utiliser des produits phytosanitaires pour les cultures en plein champ. Il suffit en général d’asperger vigoureusement les framboisiers au jet d’eau pour se faire respecter de ces animaux. En cas d’échec, il est possible d’envisager une lutte biologique à l’aide d’auxiliaires (acariens prédateurs du genre Phytoseiulus persimilis) disponibles en jardinerie. Si vous avez une plantation de framboisiers remontants en bonne santé, non attaquée par les araignées rouges, il est important lors de la taille au début du printemps (pas à l’automne !) de toujours laisser quelques vieilles tiges le long de la rangée pour que les auxiliaires qui s’y trouvent vraisemblablement - par exemple les acariens prédateurs - puissent bien survivre et coloniser les nouvelles cannes.

Enfin, pour les hannetons des jardins, leurs prédateurs naturels (oiseaux, chauve-souris, hérissons) peuvent éliminer assez vite à titre prophylactique des colonies de hannetons des jardins et empêcher leur propagation. La cétoine dorée ainsi que l’invasion de hannetons (éventuellement de la Saint-Jean) provoquent des dégâts similaires que l’on combat de la même façon.

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