La production de semences est un pilier stratégique de l’agriculture française, garantissant la souveraineté alimentaire et l'innovation variétale. Cette activité, qui mobilise des savoir-faire pointus, repose sur une structuration interprofessionnelle robuste et un cadre réglementaire rigoureux.

Structure et Gouvernance de la Filière Semencière Française
Au cœur de cet écosystème, SEMAE est l’organisme interprofessionnel qui rassemble toutes les professions impliquées dans l’activité semencière. SEMAE est organisé en neuf sections qui correspondent aux 8 grands groupes d’espèces : céréales à paille et protéagineux, semences fourragères et à gazon, plantes potagères et florales, betteraves et chicorée industrielle, maïs et sorgho, plants de pomme de terre, lin et chanvre, plantes oléagineuses. Les agriculteurs multiplicateurs sont également représentés par d’autres organisations agricoles au sein de SEMAE. De nombreux sujets techniques, économiques, de communication ou règlementaires sont discutés au sein de SEMAE.
La diversité des acteurs est notable : les producteurs de semences d’oléagineux sont représentés par l’Anamso, dont le rôle est de défendre les intérêts des agriculteurs et de les accompagner sur le plan technique et économique. De même, la FN3PT est une organisation professionnelle agricole française qui regroupe et coordonne l’activité des producteurs français de plants de pomme de terre certifiés. Plus récemment, la coopérative Hemp-it, association coopérative agricole de production et de commercialisation de semences de chanvre à destination des marchés industriels et bio-sourcés, a été reconnue organisation de producteurs début 2024.
L'encadrement de la sélection variétale est assuré par le CTPS (Comité technique permanent de la sélection), sous tutelle des Ministères de l’Agriculture et des Finances. Il propose à l’État l’inscription des variétés sur les listes du Catalogue Officiel français. En France, l’office d’examen pour les études de DHS (Distinction, Homogénéité, Stabilité) et de VATE (Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale) est le Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences (GEVES). L’épreuve de distinction homogénéité stabilité a pour but de vérifier que la variété est distincte de toutes les variétés notoirement connues, et qu’elle est suffisamment homogène pour garantir sa stabilité dans le temps et pour permettre sa description. L’épreuve de la DHS suit des protocoles standardisés au sein de l’Europe par l’Office communautaire des variétés végétales (OCVV). L’épreuve de la valeur agronomique et technologique (VAT/VCU) est rendue obligatoire pour les espèces de grande culture par les textes européens.
La Filière Semence de Maïs : Un Leader Mondial
La production de semences de maïs s’est développée en France à partir des années 50 afin d’assurer l’approvisionnement du marché avec des variétés adaptées aux conditions pédoclimatiques. Depuis plus de 70 ans, le réseau français de production de semences de maïs répond en régularité, quantité et qualité aux exigences croissantes de ses donneurs d’ordre nationaux et internationaux. Grâce aux travaux de sélection conduits sur les variétés de maïs et à la qualité des semences françaises de maïs produites, la France est devenue le premier pays producteur de semences de maïs dans le monde.
Les surfaces de production de semences de maïs ont atteint près de 64 000 hectares en 2024. La grande majorité des surfaces (87 %) sert à produire des hybrides simples. Au total, plus de 2.000 variétés de maïs sont multipliées en vue de produire des semences. Une grande partie de la production est destinée au marché extérieur, et plus particulièrement à celui de l’Union européenne (pour près de 90 % en 2023-2024). Les principaux pays clients de la France sont l’Allemagne, la Pologne, l’Espagne, la Hongrie et l’Italie. La France importe aussi des semences de maïs, pour environ 467.000 quintaux, alors que les exportations représentent plus de 1.500.000 quintaux.
Organisation Technique et Syndicale
La FNPSMS (Fédération Nationale de la Production de Semences de Maïs et de Sorgho) est l’interprofession pour la production de semences qui regroupe, d’une part, les agriculteurs-multiplicateurs réunis au sein de l’AGPM maïs semence, section spécialisée de l’AGPM, et, d’autre part, les entreprises semencières réunies au sein de la section « Maïs et sorgho » de l’UFS (Union Française des Semenciers). Les Syndicats des Producteurs de Semences de Maïs et de Sorgho (SPSMS) regroupent les 3 500 agriculteurs multiplicateurs, les représentent et défendent leurs intérêts auprès des instances nationales et locales. Ces syndicats ont pour mission de défendre les intérêts des agriculteurs-multiplicateurs, de les assister, de les informer et de négocier les contrats et leur répartition avec les établissements. Les syndicats forment également les techniciens agréés qui contrôlent les cultures de multiplication de semences de maïs par délégation de la Direction de la qualité et du contrôle officiel de SEMAE (identifiée sous le nom SOC-France).
Découvrez la transformation de notre usine de semences à Haut-Mauco !
Itinéraire Technique de la Culture du Maïs
Cultiver du maïs, ça ne s’improvise pas. Chaque étape, du choix des variétés à la récolte, a un impact direct sur votre rendement. Un itinéraire technique bien conçu conditionne à la fois vos rendements et la durabilité de vos sols. La préparation des sols et le choix des variétés de maïs constituent la base de tout itinéraire technique réussi. Le maïs, culture exigeante en azote et en gestion hydrique, demande une attention particulière dès les premières étapes.
Préparation et Nutrition
Le maïs s’adapte mieux aux sols profonds ayant une bonne capacité de rétention d’eau. Des sols bien structurés, sans obstacles ni zones compactées, sont la garantie d’une levée homogène et d’un enracinement profond. Nous vous recommandons un temps de retour de 3 à 4 ans entre deux cultures de maïs. Le maïs est une culture particulièrement exigeante en azote (N), en phosphore (P) et en potassium (K). Le maïs nécessite environ 2,2 kg d’azote par quintal produit (150 unités/ha en moyenne). La stratégie d’apport doit être basée sur la méthode des bilans pour évaluer la fourniture naturelle des sols et le coefficient d’utilisation par la plante.
L’apport en phosphore (P) est largement recommandé, surtout qu’il présente l’avantage de procurer un effet starter pour une levée plus rapide de la plante. Le potassium joue un rôle majeur dans la régulation des fonctions vitales de la plante, notamment la photosynthèse, la croissance et le transport des nutriments. Le soufre agit en synergie avec l’azote pour optimiser l’assimilation de ce dernier et la synthèse des protéines. L’apport de soufre au semis est recommandé, notamment après des automnes et hivers très pluyeux, pour compenser les pertes par lessivage.
Gestion de l'Eau et Protection des Cultures
Contrairement à certaines idées reçues, le maïs n’est pas une plante particulièrement gourmande en eau. Cependant, sa sensibilité au déficit hydrique pendant l’été le rend vulnérable dans les zones à pluviométrie insuffisante ou irrégulière. Afin d’évaluer avec précision les besoins en eau de vos parcelles de maïs, votre programme d’irrigation devrait s’appuyer sur l’utilisation d’outils de suivi de stress hydrique. La sonde capacitive d’irrigation Météus se révèle particulièrement utile pour le maïs, culture sensible aux stress hydriques estivaux.
Le maïs est une culture relativement épargnée par les attaques fongiques. La clé, c’est l’anticipation. Avec une rotation réfléchie, des résidus bien gérés et des leviers comme les trichogrammes ou l’utilisation de semences traitées, vous pouvez limiter les pertes tout en réduisant l’impact des interventions. Le maïs est une culture particulièrement sensible à la concurrence des adventices, et ce, jusqu’au stade 10 feuilles. Arvalis et les chambres d’agriculture recommandent d’intervenir le plus tôt possible par le biais d’un désherbage mécanique afin d’empêcher les adventices de développer des racines profondes.
Stratégies de Récolte et Valorisation
La récolte et le stockage du maïs demandent une gestion précise pour tirer le meilleur parti de votre production, qu’elle soit destinée à l’alimentation animale, humaine ou industrielle. Selon la finalité - grain, fourrage, semences, biogaz, bioéthanol - les stratégies diffèrent.
Le Maïs Semence : Processus Industriel
La production de semences de maïs repose sur les plantes femelles. Ces dernières sont soigneusement castrées pour éviter toute autofécondation. La récolte est réalisée à l’aide d’équipements réglés spécifiquement pour ne récolter que les épis. Dans l’attente d’être séchés, les épis sont ventilés pour éviter le développement de champignons. Après le séchage, les grains sont séparés des rafles lors de l’égrenage, puis calibrés à l’aide de cylindres pour former des lots homogènes qui faciliteront le futur semis. Les grains sont ensuite passés sur une table densimétrique qui permet d’éliminer ceux qui sont malades ou endommagés.
Maïs Ensilage et Valorisation Énergétique
Pour le maïs destiné à l’ensilage, l’objectif est de récolter lorsque la plante entière atteint une teneur en matière sèche (MS) comprise entre 32 % et 35 %. À ce stade, le maïs offre le meilleur compromis entre rendement, valeur nutritive et aptitude à la conservation. Le maïs ensilage épi est une stratégie de récolte destinée à densifier les rations des ruminants. Sa richesse en amidon (environ 58 % de la matière sèche en moyenne) et son apport modéré en fibres en font un bon concentré énergétique.
Grâce à son excellent rendement en biomasse et son fort pouvoir méthanogène, le maïs peut aussi être destiné à la méthanisation pour la production de biogaz, en tant que CIVE (culture intermédiaire à vocation énergétique). Le choix de la variété de maïs sera déterminant pour optimiser la production de biogaz. Ce sera notamment le cas pour les semis tardifs ou dérobés, réalisés après des céréales ou des cultures industrielles. Il faut alors choisir des variétés ultra-précoces (indice inférieur à 200) capables d’atteindre la maturité avec seulement 1 200 à 1 300 degrés-jours (base 6°C).
Agriculture Régénératrice et Outils d'Aide à la Décision
Chez MAS Seeds®, notre ambition est de contribuer à la transition agroécologique et d’agir ensemble pour une agriculture en transition. MAS Seeds® s’engage à accompagner les agriculteurs dans leur transition et à réduire l’empreinte carbone de ses propres activités grâce aux pratiques d’agriculture régénératrice. La gamme MAS4 se compose en 4 segments : COVER, NUTRI, EXPERT et ENERGY. Nous faisons équipe avec les agriculteurs pour développer des services digitaux afin de contribuer à l’optimisation des rendements des maïs ensilages.
C’est le rôle des OAD (Outils d’Aide à la Décision), qui vont collecter un maximum de données partout où cela est possible, aux stades macro et micro, et retranscrire ces données sous une forme assimilable pour la prise de décision. Toutes les informations collectées et traitées sont aussi très utiles pour la traçabilité et l’édition de documents réglementaires (aides PAC, etc.). L’optimisation d’un ITK ne s’arrête jamais. Chaque campagne est une opportunité pour affiner les pratiques, en se basant sur l’observation, l’expérimentation et l’analyse de données.

Pour maximiser les rendements, l’agronomie offre une multitude de leviers, allant de la préparation des sols à la coupe. Il ne s’agit pas seulement de produire davantage, mais aussi d’optimiser chaque étape pour des rendements durables, rentables et respectueux des ressources. Il y a fort à parier que vous appliquez déjà la majeure partie des recommandations techniques et agronomiques sur votre exploitation, et que vous affinez déjà vos pratiques d’année en année.