Guide complet sur les fleurs à bulbes : de la gestion post-floraison à la pérennisation au jardin

Les bulbes à fleurs sont incontournables au jardin. Qu'ils soient à floraison printanière ou estivale, ils apportent de la vie et de la couleur dans les massifs et les bordures, dans la pelouse ou une rocaille, au milieu des plantes vivaces ou au pied des arbustes. En France, environ 2,4 millions de foyers achètent et plantent des bulbes à fleurs chaque année. Parmi eux, de nombreux enthousiastes qui s’émerveillent à la promesse d’un jardin ou d’un balcon fleuri toute l’année, sans trop d’effort.

Comprendre la nature des bulbes

Toutes ces plantes se caractérisent par leur bulbe qui se veut un organe de réserve leur permettant de survivre pendant leur période de repos. Un bulbe est un organe de réserve souterrain de la plante, renflé et généralement arrondi. Après sa floraison, la plante peut produire de petites bulbilles près du bulbe principal, sous la terre, afin d'assurer sa dissémination. Les plantes rhizomateuses sont proches, mais forment plus des racines renflées, à l'instar des Iris barbus et des hémérocalles par exemple.

Schéma anatomique d'un bulbe montrant les écailles, le plateau et les racines

Les botanistes et les collectionneurs ont recensé environ 90 familles de bulbes à fleurs. Certaines sont bien connues et rassemblent de nombreuses espèces très utilisées dans nos jardins. Citons, selon la classification classique, les liliacées (tulipe, scille, fritillaire, muguet, jacinthe), les iridacées (iris, freesia, crocus) ou encore la famille apparentée aux liliacées, les amaryllidacées (hippeastrum, amaryllis, narcisse, jonquille). Dans la classe des dicotylédones, on trouve le dahlia (astéracées), le cyclamen (primulacées), l’anémone (renonculacées).

La gestion après la floraison : un moment charnière

Que faire une fois que les fleurs des tulipes, jacinthes, narcisses, crocus, muscaris ont fané ? Il est crucial d'adopter les bons gestes pour garantir la vigueur des années futures.

L'importance du feuillage

C’est après la floraison que le bulbe a le plus besoin d'un apport d'engrais plus riche en potasse qu'en azote qui favoriserait le développement des feuilles au détriment des fleurs. Continuez à arroser régulièrement. Les feuilles sécheront naturellement et seulement ensuite vous pourrez les couper. C'est une étape très importante pour le bulbe : il est en train de reconstituer ses réserves, de grossir et de se multiplier. Il aura ainsi toute l’énergie pour refleurir au printemps prochain.

Il ne faut pas couper les feuilles jaunies, mais attendre qu’elles se flétrissent naturellement car cela va permettre la poursuite de la photosynthèse et la synthèse de l’amidon, une des matières de réserve, qui va retourner dans le bulbe. Même chose pour les bulbes plantés dans une pelouse : ne passez pas la tondeuse sur la zone plantée avant le dessèchement du feuillage.

Interventions sur les fleurs fanées

Intervenez avant que les fleurs ne montent en graines, elles épuisent inutilement le bulbe. Pensez à couper régulièrement les fleurs fanées pour favoriser le développement de nouvelles fleurs. Pour les plantes bulbeuses les plus hautes (ail décoratif, lis à queue de renard) en zones ventées, n'hésitez pas à tuteurer. Plantez à leur proximité un bout de bois solide, et attachez-y sans serrer la tige avec un lien souple comme de la ficelle.

Comment entretenir vos bulbes

Cycle de vie et dormance

Passe l’hiver, les bulbes sous terre sont à moitié endormis. Durant la mauvaise saison, ces organes vont entrer en période de somnolence, qui n’est pas une vraie dormance. Ils ne grandissent pas et ne produisent pas de végétation au-dessus du sol, mais ils travaillent à la préparation d’un système racinaire renforcé. Sous l’effet du froid et des jours qui raccourcissent, des changements physiologiques et hormonaux vont survenir, préparant ainsi les bulbes à la prochaine saison de croissance.

Le plus souvent, une belle floraison ne sera possible que si le bulbe a atteint une certaine taille critique. Par exemple, les crocus, perce-neige ou muscaris forment des bulbes plus petits (8 à 10 cm de circonférence) que les tulipes (12-14 cm), jacinthes (18-20 cm) et les hippéastres ou amaryllis (30 cm et plus).

Multiplication et pérennisation

Pour l’année prochaine, multipliez les bulbes en prélevant les caïeux : bulbilles se développant près du bulbe mère, faciles à prélever et à replanter. La durée d’un bulbe de tulipe est de 1 à 2 ans, après ce sont les bulbilles développées à son pied qui assureront la descendance.

Certaines fleurs à bulbes peuvent rester en terre tout au long de l’année et repousser chaque saison. Cela est particulièrement avantageux pour ceux qui ne veulent pas toujours refaire leurs plantations. Les bulbes rustiques comme les narcisses, jonquilles et tulipes botaniques peuvent rester en place. À l'inverse, les dahlias, glaïeuls, bégonias et autres bulbes d’été nécessitent un arrachage avant les gelées. Après séchage complet du feuillage, le stockage s’effectue dans un endroit frais, sec et aéré, à l’abri du gel.

Stratégies de plantation pour un jardin dynamique

Il convient de distinguer deux catégories principales selon leur période de plantation et de floraison.

Les bulbes de printemps

Un bulbe de printemps est un bulbe qui fleurit à cette même saison, mais les professionnels les appellent aussi "Bulbes d’automne", en référence à leur période de plantation. Ces bulbes se plantent d’octobre à décembre, avant les premières gelées. Parmi eux, on trouve les tulipes, les jacinthes, les jonquilles, les narcisses, les muscaris, les crocus qui animent les pelouses printanières.

Schéma de plantation des bulbes : profondeur recommandée par rapport à la taille du bulbe

Les bulbes d’été

Un bulbe d’été fleurit pendant la période estivale et se plante au printemps. Sensibles au froid, ces bulbes se plantent à partir de mars, une fois les risques de gel écartés. Les dahlias, glaïeuls, lys, bégonias et amaryllis offrent des floraisons généreuses de juin jusqu’aux premières gelées.

Conseils de mise en place

Un sol drainé constitue la condition sine qua non du succès. Il suffit d’incorporer du sable dans les terres lourdes ou argileuses pour améliorer le drainage. La profondeur de plantation des bulbes à fleurs varie selon leur taille :

  • Petits bulbes (crocus) : 5-8 cm.
  • Bulbes moyens (tulipes) : 10-15 cm.
  • Gros bulbes (fritillaires) : plus de 20 cm.

Un espacement de 10 à 20 cm entre chaque bulbe permet un développement harmonieux. L’association des bulbes de printemps avec des plantes vivaces permet de masquer le feuillage jaunissant après floraison. Les hostas, heuchères et autres vivaces à feuillage décoratif prennent le relais esthétique. Pour vos jardinières, vous obtiendrez un plus bel effet en diminuant un peu les distances de plantation.

Précautions face aux aléas climatiques

Si les tulipes et narcisses sortent déjà leurs feuilles, protégez-les du froid qui va encore sévir en couvrant leurs jeunes feuilles d’un épais paillis de feuilles mortes ou de frondes de fougères dès que des gelées sont annoncées. Il n'est pas gênant pour les crocus botaniques et les perce-neige que leur feuillage sorte de terre, alors que l’hiver est loin d’être fini et que le froid peut encore saisir.

En attendant la plantation, conservez les bulbes dans un endroit sec et aéré, à une température de 15°C maximum. Les bulbes sont, sauf exceptions, des organes riches en eau, et ils restent physiologiquement un peu actifs sous terre ou durant le stockage. C’est pourquoi il est nécessaire de contrôler l’humidité du sol, et surtout l’hygrométrie et le renouvellement de l’air en cours de stockage.

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