Fleurs Décoratives : L'Éclat du Pélargonium et le Charme Discret de la Pensée

Le monde des fleurs décoratives est vaste et fascinant, offrant une multitude de formes, de couleurs et de parfums pour embellir nos espaces de vie. Parmi les incontournables des jardins, des balcons et des jardinières, deux plantes se distinguent particulièrement par leur popularité et leur beauté : le pélargonium, souvent confondu avec le géranium, et la pensée, une petite fleur pleine de caractère. Cet article explore en profondeur ces deux espèces emblématiques, dévoilant leurs spécificités botaniques, leurs exigences culturales et leurs multiples attraits.

Le Pélargonium : Une Étoile des Balcons et Jardins

Le pélargonium est omniprésent en été, et il est l'une des plantes d’ornement les plus populaires qui soit. On peut l’admirer partout en France, et il est très apprécié dans bien d’autres pays d’Europe, où il s’en vend près de 400 millions sur le continent chaque année, dans des milliers de variétés, de couleurs et de dimensions. Cette plante est désormais très populaire en Europe et les Suisses en sont de fervents amateurs, lui ayant même donné le statut de fleur nationale, qu’ils considèrent comme un emblème de leur patrie helvète. Si vous souhaitez profiter d’une floraison généreuse et colorée du printemps jusqu’aux premières gelées, le pélargonium représente un choix incontournable pour vos balcons, terrasses et massifs.

Pélargoniums en jardinière colorée

Un Nom, Deux Réalités Botaniques : Géranium ou Pélargonium ?

Avant de présenter plus en détail les différents pélargoniums accessibles en jardinerie, il est essentiel de mettre au point l’appellation erronée que porte cette plante. Communément appelé géranium dans le langage courant, le pélargonium se distingue pourtant botaniquement du vrai géranium vivace rustique. Les responsables de cette confusion sont des botanistes qui, le ramenant d’Afrique afin de l’introduire en Europe au XVIIème siècle, lui donnèrent le nom de géranium à cause de sa ressemblance avec le géranium sauvage y poussant. Il fallut attendre la fin du XVIIIème siècle pour que l’erreur soit remarquée et que la plante reçoive le nom de « pélargonium ». Cependant, en Amérique du Nord, ce nom est resté et on l’applique à toutes les espèces même si un grand nombre d’entre nous connaît la bonne appellation.

Le pélargonium originaire d’Afrique du Sud s’épanouit sous notre climat tempéré où il est cultivé comme plante annuelle ou semi-rustique. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles on y trouve environ 250 espèces, allant des pélargoniums buissonnants de deux mètres de haut aux succulentes noueuses capables de stocker l’eau dans leurs tiges épaisses.

Géranium VS Pélargonium

Diversité Époustouflante des Pélargoniums

Le genre Pelargonium compte plus de 200 espèces botaniques et plusieurs milliers de cultivars issus de croisements, offrant une palette infinie de couleurs : rouge, rose, blanc, violet, orange, bicolore, saumon, ou jaune. Certaines variétés sont même bicolores.

Le pélargonium du groupe régal, ou pélargonium (géranium) des fleuristes (Nom scientifique : Pelargonium x domesticum, Synonyme : Pelargonium grandiflorum), est une plante arbustive vivace appartenant à la famille des Géraniacées. Il est caractérisé par de grandes fleurs tachetées dont la durée de floraison progresse avec les nouvelles sélections. Ainsi sont nées et ont été sélectionnés au fil des siècles de nombreuses variétés de pélargoniums des fleuristes. Ce pélargonium régal est une petite plante arbustive, haute jusqu’à 60 cm, et large de 40 à 50 cm. Il développe d’épaisses tiges ligneuses et porte des feuilles alternes, pétiolées, au limbe palmé, un peu coriace, plissé et fortement denté. Les inflorescences sont rassemblées en ombelle dense. Les fleurs, aplaties ou ondulées, sont larges jusqu’à 8 cm de diamètre. Les corolles, légèrement irrégulières, sont formées de 5 pétales ou davantage, maculées de larges taches centrales ou de stries, parfois frisées et ourlées d’une couleur plus claire. L’espèce P. cucullatum était mauve à l’origine, les autres espèces ont enrichi la gamme avec du rouge, du saumon, du blanc. Ce pélargonium à grandes fleurs ou pélargonium des fleuristes éblouit par ses fleurs spectaculaires de 5 à 8 cm de diamètre, souvent bicolores avec des macules sombres sur les pétales supérieurs. Son feuillage plissé, denté et légèrement odorant diffère nettement des autres pélargoniums. Le port dressé atteint 40 à 50 cm de hauteur. Cette variété se montre plus délicate et exigeante que les précédentes. Elle craint davantage la chaleur excessive et apprécie une exposition moins brûlante. On le trouve principalement au début de l’activité printanière des jardineries car ce pélargonium préfère les températures fraîches et plus de mi-ombre que de soleil. Certains jardiniers l’ont surnommé géranium pensée à cause de la forme et de la dimension de ses fleurs simples.

Le pélargonium zonale (Pelargonium x hortorum) constitue la variété emblématique des balconnières fleuries. Le géranium zonal doit son nom à la zone foncée en forme de cercle qui apparaît sur ses feuilles. Il se décline en différentes couleurs, notamment le rouge, le rose, le violet et le blanc. Ses fleurs simples, semi-doubles ou doubles se regroupent en boules spectaculaires portées par de longues hampes florales au-dessus du feuillage. Le port érigé et compact du zonale convient parfaitement aux jardinières, potées et petits massifs. Sa croissance rapide et sa floraison précoce dès avril-mai en font le favori pour des résultats immédiats. C’est sans doute celui qui offre la plus large palette de coloris. La floraison est abondante et accrocheuse. Les fleurs sont composées d’une grappe de fleurons qui ne s’ouvrent pas tous au même moment, ce qui prolonge leur durée de vie.

Le pélargonium lierre (Pelargonium peltatum) est caractérisé par ses longues tiges rampantes qui lui permettent de s'étaler et de couvrir rapidement de grandes surfaces. Il se caractérise par son port retombant spectaculaire qui peut atteindre 60 à 80 cm de longueur. Les tiges souples et traînantes se parent de fleurs simples ou doubles groupées en bouquets légers qui semblent flotter au-dessus du feuillage. La palette de couleurs rivalise avec celle du zonale : blanc, rose, rouge, mauve, violet, pourpre, bicolore. Ses fleurs sont généralement de couleur rose, rouge ou blanche. Le pélargonium lierre supporte mieux que le zonale les expositions légèrement ventées grâce à ses tiges flexibles. Son feuillage cireux résiste également davantage aux intempéries et à la sécheresse. Pour ceux qui voyagent vers l’Europe, c’est sans doute le géranium le plus utilisé, accroché aux balcons et aux fenêtres, et la couleur rouge est la plus répandue. Son feuillage très lustré est d’un beau vert foncé. À noter : le géranium lierre supporte la mi-ombre sans pour autant ralentir sa floraison.

Les pélargoniums odorants regroupent plusieurs espèces dont le feuillage dégage des parfums variés lorsqu’on le froisse : rose (P. graveolens), citron (P. crispum), menthe (P. tomentosum), pomme (P. odoratissimum), cola, gingembre. Leurs fleurs plus petites et discrètes que les autres pélargoniums restent secondaires, l’intérêt résidant principalement dans le feuillage aromatique aux formes découpées très décoratives. De petites glandes reliées aux poils qui recouvrent les feuilles libèrent leurs arômes dès qu’on les froisse. Il existe une large gamme de géraniums odorants, et ce sont aussi des plantes à fleurs, car de jolies petites fleurs simples apparaissent durant l’été, mais sur un plant qui a atteint une certaine dimension. Ces variétés s’utilisent tant pour l’ornement que pour la cuisine et les tisanes. Les feuilles fraîches parfument desserts, boissons, infusions et pots-pourris. Le pélargonium citronnelle, reconnu pour sa capacité à tenir les insectes piqueurs à distance, a rapidement gagné en popularité. C’est surtout le soir et particulièrement par soirée humide qu’il parfume agréablement l’air. Cependant, retenez que ce sont des répulsifs et non des exterminateurs ; les plus braves de ces petits vampires franchiront la barrière aromatique. Vous pouvez renforcer le barrage en ajoutant des plantes aromatiques dont l’odeur est très marquée : le basilic, le romarin, le thym, l’estragon, la menthe et des plantes aux parfums d’agrumes (citronnier, petit oranger). Il est important, afin de minimiser le surnombre de ces indésirables, d’éviter tous les produits d’hygiène personnelle parfumés durant la période estivale ainsi que les crèmes solaires particulièrement odorantes.

Le pélargonium de fantaisie regroupe des variétés aux feuillages particulièrement décoratifs et certaines d’entre elles sont très anciennes. Ils sont florifères et résistants aux maladies. En voici quelques-uns : Whilhelm Langguth, Mrs Pollock Tricolor, Black Velvet Red, Vancouver Centennial, aux fleurs étoilées et bien d’autres encore. Ces plantes panachées qui portent un feuillage jaune, rosé ou blanc ne peuvent pas tolérer la chaleur et le soleil de mi-journée.

Le pélargonium 'Angel' ou 'Ange' est un petit cousin hybride. Sa floraison est abondante et les couleurs sont magnifiques.

Dessin botanique d'un pélargonium

Exigences Culturales pour un Pélargonium Éclatant

La plantation correcte conditionne largement la vigueur et la floraison de vos pélargoniums.

Exposition : Le pélargonium exige une exposition ensoleillée pour s’épanouir pleinement. Un minimum de 6 heures de soleil direct quotidien garantit une floraison généreuse et des plants compacts. Il demande une exposition chaude et plutôt ensoleillée, il est d’ailleurs très résistant à la chaleur. En climat méditerranéen très chaud, une ombre légère aux heures les plus brûlantes (14h-17h) préserve les fleurs qui peuvent griller sous un soleil trop intense. Le géranium est un amoureux du soleil, mais comme la plupart des végétaux, les canicules et le soleil de mi-journée le fait s’affaisser légèrement. Certains pélargoniums comme le géranium 'Angel' aiment le soleil matinal ou celui de la fin de journée. C’est à ces moments de la journée que l’air est le plus frais. Cinq à six heures d’un doux ensoleillement sont suffisantes.

Sol : Le pélargonium s’accommode de tous types de sols pourvu qu’ils soient parfaitement drainants. L’humidité stagnante provoque rapidement la pourriture des racines et du collet, principale cause de mortalité. Un sol modérément riche convient parfaitement. Les terres trop riches en azote favorisent le feuillage au détriment de la floraison. La qualité du sol a son importance. Pour une croissance optimale et une abondante floraison, l’ajout d’un bon compost s’avère un atout indispensable. Il préfère un sol bien drainé et fertile. Vous pouvez améliorer la qualité du sol en ajoutant du compost ou du terreau.

Plantation : Attendez impérativement que tout risque de gelée soit écarté avant toute plantation en extérieur. Le pélargonium ne tolère absolument pas le gel et périt dès -1°C. La période favorable est le printemps.

  • En pot et jardinière : Choisissez des contenants percés de trous de drainage généreux. Un pot de 18 à 25 cm de diamètre accueille confortablement un plant de pélargonium zonale. Installez une couche drainante de 3 à 5 cm de billes d’argile au fond du contenant avant de remplir avec le mélange. Déposez le plant en conservant le haut de la motte 1 à 2 cm sous le rebord du pot pour faciliter l’arrosage. Espacez les plants de 25 à 30 cm en jardinière pour leur laisser l’espace de se développer harmonieusement. Utilisez du terreau pour plantes fleuries.
  • En pleine terre : Travaillez le sol sur 25 à 30 cm de profondeur à la fourche-bêche en éliminant soigneusement les mauvaises herbes vivaces. Creusez des trous de plantation de 20 cm en tous sens, espacés de 30 à 40 cm selon la variété. Installez le plant sans enterrer le collet qui doit affleurer au niveau du sol. Un enterrement excessif favorise les pourritures fongiques.

Schéma de plantation d'un pélargonium en pot

L'Art de l'Arrosage et de la Fertilisation

Arrosage : L’arrosage constitue probablement le geste cultural le plus délicat à maîtriser pour le pélargonium. Cette plante originaire de régions sèches tolère bien mieux un manque qu’un excès d’eau. Le pélargonium fonctionne selon le principe « moins c’est mieux ». Laissez systématiquement le substrat sécher légèrement en surface entre deux arrosages. Enfoncez votre doigt sur 3 à 4 cm : si la terre est fraîche, attendez. Si elle est sèche, arrosez. Arrosez toujours au pied, jamais par aspersion sur le feuillage. L’eau stagnante sur les feuilles favorise le développement de maladies fongiques comme le botrytis et la rouille. Il doit être arrosé de préférence sur la terre du pot en évitant de mouiller le feuillage.

  • En pot et jardinière : Durant la période de croissance active (mai à septembre), arrosez tous les 2 à 3 jours en situation ensoleillée et chaude. Par temps couvert et frais, espacez à 4-5 jours. Vérifiez 15 minutes après l’arrosage qu’aucune eau ne stagne dans la soucoupe. Videz systématiquement l’excédent pour éviter l’asphyxie des racines. Des arrosages moins fréquents, mais en profondeur inciteront les racines à s’épanouir dans le fond du contenant là où elles seront à l’abri des coups de chaleurs. Arrosez lentement pour permettre à l’eau de bien pénétrer, tout en faisant le tour du contenant afin de bien répartir l’humidité.
  • En pleine terre : Le pélargonium bien installé supporte remarquablement la sécheresse. Arrosez copieusement une fois par semaine en l’absence de pluie durant le premier mois suivant la plantation. Dès septembre-octobre, réduisez progressivement les apports en eau pour préparer les plants à leur repos hivernal. Maintenez le substrat juste légèrement humide, arrosant modérément une fois toutes les 2 à 3 semaines seulement. Le feuillage peut flétrir légèrement, c’est normal et souhaitable pour induire le repos.

Fertilisation : La floraison ininterrompue du pélargonium durant 6 à 7 mois consomme énormément d’éléments nutritifs. Incorporez au moment de la plantation un engrais organique à libération lente riche en azote qui stimulera le développement initial des plants. Un engrais naturel et biologique apportera une nourriture de qualité procurant les éléments nutritifs dont vos fleurs ont besoin. De plus, il entretiendra la flore bactérienne de votre sol et ne polluera pas la nappe phréatique. Choisissez-le à libération lente et incorporez-le presque à la surface du sol. La pluie et votre arrosage le feront se dissoudre.

  • En pleine terre : Le compost bien décomposé (3 à 5 litres par m²) enrichit durablement le sol en matière organique. Dès l’apparition des premiers boutons floraux en mai, basculez vers un engrais liquide pour plantes fleuries riche en phosphore et potassium (type NPK 5-10-10 ou 6-12-18). Un apport mensuel ou bimensuel suffit généralement, le volume de terre disponible constituant une réserve tampon.
  • En pot et jardinière : Apportez cet engrais liquide dilué dans l’eau d’arrosage toutes les semaines ou tous les 10 jours de mai à septembre.

Les engrais spécialement formulés pour géraniums présentent un ratio NPK optimisé pour cette plante gourmande. Ces formulations complètes simplifient grandement la fertilisation et garantissent un équilibre nutritionnel parfait.

Entretien et Taille pour une Floraison Continue

Deadheading (Suppression des fleurs fanées) : Le deadheading constitue le geste d’entretien le plus important et le plus rentable. Coupez régulièrement, idéalement 2 à 3 fois par semaine, les hampes florales complètement défleuries. Pincez ou coupez au sécateur propre juste au-dessus de la première feuille en descendant le long de la tige. Cette opération améliore également l’esthétique générale en conservant un aspect soigné et vigoureux, et augmente et accélère l’arrivée des jeunes remplaçantes.

Pincement : Le pincement des extrémités des tiges principales au début de la saison de croissance favorise la ramification et densifie le port. Lorsque les jeunes plants atteignent 10 à 15 cm de hauteur, coupez l’extrémité de chaque tige principale sur 2 à 3 cm avec vos ongles ou un sécateur fin. Répétez éventuellement l’opération sur ces tiges secondaires pour accentuer encore la ramification.

Taille de formation et d'entretien : Le pélargonium régal est maintenu compact. Il peut être taillé à 2 moments dans l’année : une fois après la première grosse vague de floraison de mai, et une seconde fois en fin d’été, avant de l’hiverner. En cours de saison, notamment après juillet, certains pélargoniums s’allongent et se dégarnissent à la base. Rabattez les tiges dégarnies d’un tiers à la moitié de leur longueur en coupant juste au-dessus d’un nœud (point d’insertion d’une feuille). Supprimez régulièrement les feuilles jaunies, sèches ou abîmées qui épuisent inutilement la plante. Examinez le feuillage hebdomadairement et retirez délicatement les feuilles problématiques en les coupant au ras de la tige principale.

Géranium VS Pélargonium

Multiplication et Hivernage du Pélargonium

Multiplication par bouturage : Le bouturage représente la méthode de multiplication la plus simple et la plus efficace pour le pélargonium.

  • Périodes favorables : Le bouturage peut se faire en mars, en été ou en septembre. Le bouturage de fin d’été (août-septembre) constitue le moment idéal pour bouturer vos pélargoniums. Les boutures racinées passeront l’hiver à l’abri et fourniront de beaux plants vigoureux au printemps suivant. Le bouturage de printemps (mars-avril) peut également se faire à partir de plants hivernés. Les boutures de fin d’été et d’automne s’enracinent plus lentement entre 4 et 12 °C.

  • Étapes du bouturage :

    1. Sélection des tiges : Sélectionnez des tiges saines, vigoureuses et non fleuries de 8 à 12 cm de longueur. Privilégiez des pousses latérales semi-aoûtées (ni trop tendres, ni complètement lignifiées).
    2. Coupe : Coupez juste sous un nœud avec un sécateur désinfecté ou un couteau bien aiguisé. Supprimez toutes les feuilles de la moitié inférieure ainsi que les boutons floraux et fleurs éventuels.
    3. Séchage : Laissez sécher les boutures quelques heures à l’air libre, à l’ombre. Cette opération permet la cicatrisation de la plaie et réduit les risques de pourriture.
    4. Préparation du substrat : Remplissez des godets de 8 cm avec un mélange léger composé de 50% de terreau pour semis et 50% de sable ou perlite. Humidifiez légèrement ce substrat drainant.
    5. Plantation : Plantez la bouture en enterrant 2 nœuds minimum. Tassez délicatement autour de la tige pour assurer le contact avec le substrat.
    6. Conditions : Placez les godets dans un endroit lumineux sans soleil direct, à une température de 18 à 22°C. N’utilisez pas de cloche ni de sac plastique, l’humidité excessive ferait pourrir les boutures.
    7. Enracinement : L’enracinement intervient en 3 à 4 semaines. Vous constaterez la reprise par l’apparition de nouvelles feuilles au sommet.

Les boutures réalisées en fin d’été hivernent dans un local hors gel (5 à 12°C), lumineux mais non chauffé : véranda, serre froide, garage avec fenêtre. Dès mars-avril, lorsque les jours rallongent, les boutures redémarrent vigoureusement. Reprenez progressivement les arrosages et apportez un premier engrais léger.

Hivernage (conservation) : Bien que cultivé comme annuelle, le pélargonium se conserve facilement d’une année sur l’autre moyennant quelques précautions.

  • Pélargoniums en pot : Dès l’annonce des premières gelées (généralement octobre-novembre selon les régions), rentrez vos pélargoniums en pot dans un local hors gel. Il faut les hiverner dans une véranda, une serre froide, une pièce lumineuse et fraîche. Avant la rentrée, taillez légèrement les plants en rabattant les tiges d’un tiers environ. Supprimez toutes les fleurs, boutons floraux et feuilles abîmées. Réduisez drastiquement les arrosages durant tout l’hiver à un apport mensuel minimal, juste suffisant pour éviter le dessèchement complet du substrat. Le feuillage peut partiellement jaunir et tomber, c’est normal. Dès mars, lorsque la luminosité augmente, rempotez dans un substrat frais, taillez sévèrement (ne conserver que 10 à 15 cm de tiges) et reprenez progressivement arrosages et engrais.
  • Pélargoniums en massif : Les pélargoniums cultivés en massif doivent être arrachés avant les premières gelées. Installez-les dans des pots adaptés remplis de terreau léger, taillez et hivernez selon la méthode décrite précédemment.
  • Dormance quasi-totale dans l'obscurité : Une technique alternative consiste à conserver les pélargoniums en dormance quasi-totale dans l’obscurité. Suspendez les plants tête en bas dans une cave fraîche (8 à 12°C) et sombre, ou stockez-les dans des caisses avec de la tourbe à peine humide. En mars-avril, rempotez dans du terreau frais, arrosez et exposez progressivement à la lumière.

Hivernage des pélargoniums

Problèmes et Solutions : Maladies et Ravageurs du Pélargonium

Le pélargonium jouit d’une résistance naturelle honorable, mais certains problèmes sanitaires apparaissent régulièrement.

Maladies :

  • Pourriture grise (Botrytis cinerea) : Ce champignon se développe par temps humide et frais, provoquant l’apparition d’un feutrage gris-brun sur les feuilles, tiges et fleurs. Supprimez immédiatement toutes les parties touchées et détruisez-les (ne pas composter). Améliorez la circulation d’air en espaçant les plants et en évitant les arrosages par aspersion. Réduisez l’humidité ambiante et les apports en eau.
  • Rouille du pélargonium (Puccinia pelargonii-zonalis) : Des pustules brunes ou orangées circulaires apparaissent sous les feuilles, tandis que le dessus présente des taches jaunes correspondantes. Éliminez et détruisez toutes les feuilles atteintes dès les premiers symptômes. Évitez absolument de mouiller le feuillage lors des arrosages.
  • Pourriture du collet et des racines : Causée par divers champignons du sol (Pythium, Phytophthora), cette maladie se manifeste par un flétrissement général malgré les arrosages. Cette maladie fatale résulte presque toujours d’un excès d’eau et d’un drainage insuffisant. Aucun traitement curatif n’existe une fois la maladie installée. C'est la pourriture.

Ravageurs :

  • Pucerons : Ces petits insectes verts, noirs ou rosés colonisent les jeunes pousses et les boutons floraux, déformant la croissance et affaiblissant le plant. Éliminez les colonies par jets d’eau puissants répétés, ou traitez avec une solution de savon noir (3 cuillères à soupe par litre d’eau) pulvérisée sur toutes les parties atteintes.
  • Aleurodes (mouches blanches) : Ces minuscules insectes blancs s’envolent en nuage lorsqu’on touche le plant. Ils piquent le feuillage qui jaunit et se couvre de miellat collant. Installez des pièges jaunes englués qui capturent les adultes. Pulvérisez du savon noir ou de l’huile de neem sur le revers des feuilles tous les 3-4 jours durant 3 semaines.
  • Chenilles : Diverses chenilles dévorent le feuillage en créant des trous ou en déchiquetant les bords. Inspectez régulièrement le feuillage et éliminez manuellement les chenilles visibles.
  • Araignées rouges : Ces acariens microscopiques prolifèrent en atmosphère chaude et sèche. Augmentez l’hygrométrie en vaporisant régulièrement le feuillage (le soir pour éviter les brûlures). Douchez les plants à l’eau claire pour éliminer les acariens.
  • Scarabées japonais : Saviez-vous que les pélargoniums sont toxiques pour les scarabées japonais ? Cet insecte ravageur commence à malmener les plantes dès la fin juin. Les pélargoniums sont dédaignés par les scarabées japonais.

Selon notre expérience, certaines erreurs reviennent fréquemment chez les cultivateurs de pélargoniums :

  1. Arroser excessivement par crainte du dessèchement : L’excès d’eau constitue la première cause de mortalité des pélargoniums. Cette plante originaire de zones semi-arides tolère remarquablement bien la sécheresse temporaire mais périt rapidement en sol gorgé d’eau.
  2. Planter en terre argileuse compacte sans drainage : Dans un sol lourd qui retient l’eau, les racines du pélargonium pourrissent en quelques semaines. Améliorez systématiquement les terres compactes avec 30 à 50% de sable grossier, gravier ou perlite.
  3. Installer à l’ombre ou mi-ombre : Sans ensoleillement généreux (minimum 6 heures quotidiennes), le pélargonium s’étiole, développe un feuillage excessif au détriment de la floraison.

Au-delà de l'Ornemental : Usages Surprenants du Pélargonium

Les géraniums odorants sont aussi très utiles en cuisine et en pâtisserie. Les fleurs et les feuilles des géraniums odorants sont comestibles. Les variétés au parfum de rose donnent une touche sophistiquée aux gâteaux, confitures et desserts. Enfin, les variétés au parfum de menthe sont parfaites pour agrémenter une limonade maison.

Pétales de géraniums sur un dessert
De nombreuses espèces de géraniums ont des vertus curatives. Les populations natives d’Afrique du Sud utilisaient cette plante pour soigner les maladies (surtout les affections respiratoires). Aujourd’hui encore, les racines de certains pélargoniums interviennent dans la préparation de remèdes contre le rhume. Les feuilles de certaines espèces contiennent des huiles essentielles, dont les humains apprécient le parfum.

Les pélargoniums vous offrent un arc-en-ciel de couleurs, des feuillages odorants vous permettant de faire un pied de nez aux moustiques et ils sont dédaignés par les scarabées japonais. Découvrez-les et offrez-leur une place de choix dans vos différents aménagements.

La Pensée : Charme Délicat des Saisons Froides et Douces

Jolie petite fleur qui offre tout un éventail de coloris, la pensée égaye durant de longs mois bordures et jardinières, massifs et rocailles. D’un entretien simplissime qu’elle soit vivace ou annuelle, peu exigeante, elle a tout pour combler le jardinier ! On l'apprécie également pour sa floraison hivernale qui apporte gaieté et couleurs vives au jardin comme sur le balcon. Sa facilité d’entretien et sa polyvalence la rendent absolument incontournable.

Champ de pensées multicolores

Profil Botanique d'une Fleur Captivante

Bien que vivaces à l’origine, la plupart des pensées que l’on trouve sont des hybrides, elles se cultivent comme des plantes bisannuelles ou annuelles. Les bisannuelles commencent à se développer à la fin de l’été, persistent tout l’hiver puis fleurissent avant de mourir. Cette petite herbacée forme une petite touffe aux feuilles lobées à très découpées. Cette rosette de 10 à 20 cm est persistante. La pensée est une plante rhizomateuse, c’est-à-dire que ses racines sont constituées de rhizomes, des organes souterrains de réserves.

Les fleurs de pensées sont assez petites. Solitaires, elles affichent des sépales et une corolle de une à trois couleurs mais généralement unicolores, souvent ponctuées de macules plus sombres ou de fines rayures (les moustaches), avec un œil central toujours jaune. Elles peuvent prendre de nombreuses teintes, du blanc au pourpre en passant par les orangés, certaines se parent même de pétales frisottés.

Quand la Pensée Égaye le Jardin : Période de Floraison et Variétés

En fonction des espèces, les pensées sont en fleurs au printemps, en été ou en automne, allant même jusqu’au mois de décembre, voire fleurissant sans discontinuer de l’automne à la fin du printemps en climat doux. La pensée est cultivée depuis les environs de 1540 mais les hybrides datent du début du 19e siècle et, de nos jours, ce sont des tonnes de graines de pensées que l'on utilise chaque année en Europe.

Les pensées offrent de très nombreuses espèces (environ 500), et d’autant plus de variétés et de cultivars. Elles sont regroupées en catégories :

  • Les pensées cornues : à petites fleurs et dont la floraison est très généreuse.
  • Les pensées multiflores : avec des grandes fleurs mais très compactes.
  • Les pensées à grandes fleurs : elles aussi très florifères et aux fleurs encore plus grosses.
  • Les pensées vivaces : très tapissantes et assez fragiles.
  • Les pensées Trimardeau : à fleurs multicolores tachées de macules presque noirs.

La pensée des jardins, Viola x wittrockiana, est une hybride, qui a donné naissance à la plupart des hybrides cultivés. Sa palette de coloris est très large, ses grandes fleurs et elle peut fleurir en automne et hiver. Mais bien que vivace elle a une vie assez éphémère. La variété ‘Cassis’ a une très belle teinte pourpre bordée de blanc tandis que ‘Frizzle’ montre des pétales frisés.

La pensée cornue, Viola cornuta, est une vivace, rampante, au feuillage persistant et aux petites fleurs parfumées. Ce sont des plantes incontournables pour décorer massifs, potées ou jardinières. Toutefois, on peut avouer un faible pour leur version miniature, les violas maintenant tout aussi diverses et variées en termes de profusion de variétés. Il en existe même des formes retombantes pour suspensions. Elles sont bien plus croquignolettes avec leur joli minois, comparées aux fleurs souvent géantes et disproportionnées des pensées. Elles ont un air plus sauvage et s’accordent donc mieux aux plantations environnantes de nos jardins. Ensuite, pour leur floribondité sans faille et leur longévité. En effet, ce ne sont pas moins de quatre à cinq mois de floraison que ces plantes vous proposent. Du reste certaines, dont les moins hybridées d'entre elles, s'avèrent quasiment vivaces ou du moins se ressèment-elles naturellement.

Pensées cornues en gros plan

Symbolisme et Saveurs : Une Fleur aux Multiples Facettes

La fleur de pensée sauvage, la tête baissée avec ses petites moustaches fait penser à un petit bonhomme perdu dans ses réflexions, c’est pourquoi les corolles de la pensée sont associées au souvenir d'un être cher, d'où son nom. Elle signifie "Ne m'oublie pas" et plus précisément : "Je pense à vous avec respect" lorsqu'elle est blanche, et : "J'ai confiance en notre amour" lorsqu'elle est bleue.

La fleur de pensée est comestible, elle s’utilise comme décoration sur les desserts, les boissons ou dans les salades. Elle apporte également un petit goût mentholé très agréable. Et lorsque la pensée est sauvage, elle a des propriétés médicinales, calmant notamment la toux et autres affections respiratoires. Elle aurait aussi des effets positifs sur les problèmes cutanés et serait laxative et dépurative.

Très polyvalentes, les pensées s’installent partout au jardin. Elles courent autour des pierres d’une rocaille ou d’un muret, bordent les massifs de vivaces, ou s’étendent en tapis fleuri au bord d’une pelouse ou autour d’un arbre. L’association des fleurs de pensées avec des armerias fonctionne très bien, mais pour plus d’originalité placez-les aux côtés de graminées. Elles accompagnent aussi très joliment les bulbes de printemps : narcisses et jacinthes, crocus et tulipes.

Salade décorée de fleurs de pensées comestibles

Cultiver la Pensée : Conseils pour une Réussite Assurée

Sol : La pensée se plaira dans un sol bien drainé, frais et riche en humus. Veillez à ameublir et à nettoyer le sol des racines et autres cailloux avant la plantation. La culture en pots ou en jardinières convient également très bien à cette petite fleur sans souci, à condition de lui apporter un très bon drainage et un terreau composé d’⅓ de terre végétale et de ⅔ de terreau spécial pots et jardinières.

Exposition : Une exposition ensoleillée ou semi-ombragée est idéale pour une floraison généreuse et des teintes intenses. En climat chaud et sec, privilégiez les emplacements à mi-ombre pour éviter que la floraison ne stoppe durant l’été.

Rusticité : La pensée est une plante très rustique, qui résiste généralement jusqu’à -15°C. Il y a néanmoins quelques espèces et variétés plus frileuses. Ce sont des fleurs qui préfèrent généralement les climats relativement frais.

Plantation : La plantation se réalise de préférence l’automne, avant l’arrivée des premières vraies gelées, mais les pensées peuvent éventuellement être plantées au début du printemps. Pour un effet suffisamment dense, prévoyez 9 pieds par mètre carré.

Semis : Il est aussi possible de semer des graines de pensées, soit au printemps directement en place pour une floraison estivale, soit en juin jusqu’à août pour une plantation puis une floraison à l’automne. Pour un semis de printemps, il est conseillé de mettre le bac des graines une semaine au réfrigérateur puis dans un endroit sombre à 18-21°C jusqu’à la levée. Vous pourrez ensuite les placer sous une exposition très lumineuse. Attention à la transplantation, les petites racines sont fragiles.

Géranium VS Pélargonium

Prendre Soin de ses Pensées

Arrosage : Les pensées demandent peu d’attention. Pensez à les arroser légèrement en été s’il fait sec, ainsi que durant leur floraison.

Protection hivernale : Veillez à protéger la souche des pensées vivaces en hiver à l’aide d’un épais paillis. Les pensées annuelles, elles, doivent être arrachées après leur floraison.

Suppression des fleurs fanées : Pour obtenir un renouvellement généreux de fleurs, supprimez régulièrement les fleurs des pensées qui sont fanées.

Fertilisation : Un apport de fertilisant est bénéfique pour la floraison des pensées cultivées en pots ou jardinières.

Multiplication et Défis Sanitaires des Pensées

Multiplication : Les pensées vivaces se multiplient en divisant les touffes, au cours de l’automne, et elles peuvent également se ressemer plus ou moins abondamment. Néanmoins, en quelques années de semis spontanés, les pensées hybrides reprennent leur forme sauvageonne. Les pensées vivaces ou semi-ligneuses peuvent également être bouturées à partir de morceaux de tiges de 5 cm de long prélevées en août sur des tiges non fleuries, installées dans un terreau léger, à repiquer au printemps suivant.

Maladies et nuisibles :

  • Mildiou : Un sol insuffisamment drainé, ou encore une humidité environnante trop importante entraînent de forts risques de mildiou chez les pensées. Supprimez les feuilles atteintes et diminuez les arrosages ou bien déplacez-les dans un endroit mieux drainé.
  • Limaces et pucerons : Elles peuvent être attaquées par des limaces ou envahies par les pucerons, dans ce dernier cas pulvérisez de l’eau sur le feuillage pour les en débarrasser.

Pensées et Violettes : Démêler les Ressemblances

La pensée sauvage, Viola tricolor, est une plante herbacée que l’on trouve communément en Europe dans sa forme sauvage et il existe un grand nombre d’espèces différentes dans l’hémisphère Nord qui ont donné naissance, par croisements et sélections, aux hybrides que l’on connaît aujourd’hui.

Les pensées et les violettes font partie du même genre botanique, Viola, et de la famille des Violacées. Elles sont très proches visuellement. Pour les distinguer, une petite astuce :

  • Les pensées ont 4 pétales dressés, le cinquième vers le bas (on appelle ce pétale un éperon). Les 2 pétales inférieurs sont parallèles aux 2 pétales supérieurs et l’éperon est plus gros que les autres pétales mais sur le même plan. Leurs feuilles sont plus petites que celles des violettes et généralement crénelées.
  • Les violettes ont seulement 2 pétales dressés, et les 3 autres vers le bas. Leurs fleurs sont plus petites, les 2 pétales inférieurs sont une réflexion des 2 pétales supérieurs (bien que souvent d’une autre teinte), l’éperon est en retrait par rapport aux autres pétales, leur floraison est principalement printanière, leurs feuilles sont en forme de cœur ou palmées.

La fleur de pensée, veloutée et délicate, est une habituée des potées d’automne et d’hiver. Son mariage avec le pélargonium, omniprésent en été, crée un cycle de floraison presque ininterrompu pour un jardin vibrant de vie toute l'année.

Comparaison détaillée des fleurs de pensée et de violette

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