Le Repiquage des Fleurs et Légumes dans l'Oise : Un Guide Complet

Chaque semis est la promesse d’un plant généreux qui produira en abondance des fleurs et/ou des fruits au cours de la belle saison. Pour transformer cette promesse en réalité, le repiquage est une étape cruciale, particulièrement dans des régions comme l'Oise, où les conditions climatiques peuvent varier. Cette technique ancestrale, pratiquée depuis le Néolithique, consiste à déplacer un jeune végétal de son emplacement initial pour le replanter soit dans un contenant plus grand, soit en pleine terre, offrant ainsi les conditions optimales pour son épanouissement.

Schéma des étapes du repiquage

Qu'est-ce que le Repiquage ?

Le repiquage est l’action de déplacer un semis qui a germé avec ses semblables (dans un plateau à semis, par exemple) vers un godet individuel rempli d’un substrat frais et aéré, ou directement au potager. Il concerne aussi bien les plantes ornementales et les plantes potagères que les fruitiers ou arbres d’ornement. Cette opération est souvent nécessaire lorsque les semis ne sont pas effectués en place, c'est-à-dire faits en pépinière, sous châssis, en caissette ou en godet, et qu'il faut ensuite installer les jeunes plants dans le potager ou les massifs. Une autre situation fréquente est celle où les graines sont semées très serrées, soit parce qu'elles sont très petites, soit parce que l'on souhaite rentabiliser l'espace dédié aux semis au maximum, ou encore dans un contenant réduit. Une fois le plant sorti de terre, il ne possède plus suffisamment d'espace pour pouvoir se développer correctement, rendant son déplacement essentiel. Cette situation peut également favoriser le développement de maladies telles que la fonte des semis. Enfin, le repiquage permet d'installer à un endroit précis des semis spontanés.

Les Avantages Multiples du Repiquage

Le repiquage offre de nombreux avantages pour les jardiniers, amateurs comme expérimentés, notamment dans les départements comme l'Oise, où l'optimisation des cycles de culture est un atout.

Avancer le Cycle de Production

Un des principaux intérêts du repiquage est de permettre d’avancer tout le cycle de production. En effet, pour les plantes potagères, le repiquage succède à un semis, le plus souvent sous abri. En semant sous abri puis en repiquant, il est possible d’obtenir bien plus rapidement des plantes productives que ne le permettent les semis en pleine terre. Cela est particulièrement pertinent dans l'Oise, où un démarrage précoce des cultures peut s'avérer bénéfique face à une saison de croissance potentiellement plus courte.

Contrôle et Sélection des Semences

Autre avantage, le repiquage permet de contrôler ses semences, en particulier si elles sont de votre propre production. Il constitue également un tri qui vous permet de ne garder que les plantes avec la meilleure vigueur. Lors du repiquage en godet en particulier, il ne faut pas hésiter à écarter les plantules qui semblent les plus faibles, les plus rabougries. Produire plus, plus vite, plus longtemps et avec les plantes les moins capricieuses, voilà ce que permet le repiquage.

Prévention des Maladies

Lorsque les semis sont trop serrés dans un contenant réduit, cela peut favoriser le développement de maladies comme la fonte des semis. En repiquant les jeunes plants dans des godets individuels avec un substrat frais, on réduit considérablement ce risque, assurant ainsi une meilleure santé générale aux futurs végétaux.

Les Défis et Précautions du Repiquage

Bien que très fiable, le repiquage reste cependant un stress pour les plantes. Comprendre et atténuer ce stress est essentiel pour la réussite de l'opération.

Le Stress Racinaire

Les racines sont la partie la plus sensible d’une plante. Durant un repiquage, les plants sont extraits de la terre pour être réimplantés dans un nouveau milieu. Cette transition de milieu implique nécessairement un passage des racines à l’air libre, que le transplant soit en mottes ou à nu. En cas de contact prolongé à l’air libre, certaines racines peuvent sécher et mourir. À la plantation, le végétal devra utiliser une partie de ses réserves pour créer de nouvelles racines avant de pouvoir continuer son développement aérien. Un autre facteur de stress peut être la manipulation en elle-même, qui cause des blessures au niveau racinaire. Suivant les plantes, ces blessures vont avoir un impact plus ou moins fort : tantôt sans effet, tantôt provoquant la montaison des plants, ce qui les rend improductifs.

Le Tassement du Sol

Il est également important de ne pas trop tasser la terre lors d’un repiquage. Un sol trop compacté peut entraver le développement racinaire et la circulation de l'eau et de l'air, essentiels à la bonne reprise du plant.

Quand Repiquer ? Le Calendrier et les Conditions Idéales

Le moment idéal pour repiquer est un facteur clé de succès. Le repiquage entraîne un arrêt de la végétation (du développement) de la plante et il lui faudra quelques jours pour reprendre sa croissance. Plus la plante est jeune, plus il lui est facile de se remettre de cette opération.

Le Bon Moment pour les Semis

On procède généralement au repiquage des semis environ 4 à 6 semaines après la germination, une fois que les jeunes plantules ont 1 ou 2 paires de vraies feuilles. Il est conseillé d'effectuer les premiers repiquages le plus tôt possible, dès que les premières vraies feuilles sont sorties (2 ou 3).

Les Périodes Clés de l'Année

Même s'il est possible de repiquer tout au long de l’année, deux périodes sont à retenir : le printemps et l’automne. Le printemps, en particulier une fois les Saints de Glace passés (mi-mai), marque la sortie des transplants à l’extérieur. C’est une période de forte croissance, qui convient très bien aux plantes annuelles.

Conditions Météorologiques Idéales

Quoi qu'il en soit, les plants repiqués sont des plantes fragilisées ; lorsqu'il fait chaud, procédez plutôt en fin de journée, quand les températures commencent à baisser. Le succès du repiquage tient à trois principaux facteurs : procéder au bon moment, utiliser un substrat aéré et assurer aux semis les meilleures conditions. Il est préférable de réaliser les repiquages par temps frais et humide. Procédez lorsque tout risque de gel est passé et que le sol n’est pas détrempé.

Les semis et le repiquage! Quand et comment? - capsule horticole

Les Différents Types de Repiquage et Techniques Spécifiques

Il existe différents types de repiquage en fonction du transplant choisi : transplant simple (salade), racines nues (rosiers et fruitiers), ou transplant en mottes (basilic, ciboulette et autres plantes touffes). De la même manière, la technique de transplantation varie en fonction de la destination du plant.

Repiquage en Godet

  • Extraction délicate : Toujours extraire la plante par les cotylédons ou le bloc de substrat. Pour les semis en terrine ou sous châssis, utilisez une fourchette pour prélever délicatement les plants sans les abîmer, ni abîmer les plants voisins. Pour les plants en godets individuels, démoulez-les doucement en veillant à ce que la motte reste bien collée aux racines. Exercez une légère pression sur le godet à plusieurs reprises pour en faciliter le démoulage.
  • Plantation : Transplantez dans un godet contenant partiellement de la terre dans le fond. Positionnez le plant au centre puis ajoutez de la terre tout autour et tassez légèrement. Pour finir, égalisez le terreau (vous pouvez tasser doucement avec vos doigts) en prenant soin de laisser un espace d’environ 1-2 cm entre le sommet du godet et votre terreau. À ce stade, votre godet doit être légèrement bombé sous l’effet du tassement. Décompactez-le en le tapotant sur le dessous et les bords.

Repiquage en Pleine Terre

  • Plants avec motte : Pour les plants avec leur motte (tomates, courges…), utilisez une houe ou un transplantoir. Plantez l'outil dans le sol, faites-le pivoter vers vous et installez le plant avec sa motte dans le trou ainsi créé. Retirez l'outil et recouvrez le plant de terre. Tassez pour que la motte et les racines soient bien en contact avec la terre puis arrosez. Avant le repiquage, n'hésitez pas à démêler les racines qui se sont enroulées sur elles-mêmes, voire à couper le fond de la motte avec une lame tranchante.
  • Plants à racines nues : Pour les plants à racines nues (c'est-à-dire les plants dont les racines ne sont pas protégées par une motte de terre), utilisez un plantoir. Enfoncez votre plantoir en terre pour faire un trou et glissez-y le plant en prenant soin de ne pas faire remonter les racines. Pressez la terre autour du plant et arrosez. Le repiquage des plants à racines nues peut demander quelques opérations préalables destinées à favoriser leur reprise : praliner les racines (les enduire d'une bouillie d'eau et de terre, idéalement enrichie de bouse de vache ou d'un pralin acheté en jardinerie), raccourcir les racines si celles-ci sont trop longues ou abîmées (poireaux), couper le haut des feuilles (laitues).

Ajustement de la Profondeur de Plantation

La profondeur de repiquage varie en fonction de la plante.

  • Repiquage collet à terre : La plupart du temps, un repiquage collet à terre convient, où le collet se trouve au ras du sol.
  • Repiquage collet flottant : Pour les plantes plus sensibles dont le collet risque de pourrir (fraises, betteraves ou salades), il vaut mieux faire un repiquage collet flottant, c’est-à-dire enfoncer à peine le plant dans le sol, le collet se trouvant alors légèrement au-dessus du sol.
  • Repiquage profond : Le dernier type de repiquage (tomates, piments et solanacées) est le repiquage profond, aussi appelé repiquage à collet enterré. Il ne s’applique qu’aux plantes supportant bien le repiquage. Il consiste à enterrer collet, hypocotyle et même les premières feuilles jusqu’à leur sommet. Lors du repiquage des tomates et des poivrons, notamment, plantez sous la base des premières vraies feuilles afin de favoriser la croissance de nouvelles racines qui aideront à renforcer le plant.

Les Soins Post-Repiquage : Assurer la Reprise

Après le repiquage, une attention particulière est nécessaire pour assurer une bonne reprise des plants.

Arrosage

L’arrosage après le repiquage doit être suffisant pour que l’eau s’égoutte par le trou de drainage. L’irrigation est un point de vigilance important en particulier les premières semaines de reprise. L’astuce est de garder le sol humide, mais pas mouillé. Pour arroser vos transplants, chacun sa technique ! Pour vérifier l’état de vos godets, sous-pesez-les. S’ils sont légers, vous pouvez les bassiner ! Les premiers jours, l’irrigation va de pair avec une observation quotidienne des transplants.

Acclimatation et Fertilisation

Pour faciliter l’adaptation de vos plantes dans leur nouvel environnement, ajoutez la farine d’os BLOOMBOOST 4-10-0 au trou de plantation. Ce fertilisant organique à libération lente favorise la croissance racinaire de même qu’une floraison et une production de fruits plus abondantes.

Pour acclimater vos plantes aux conditions extérieures, il vous suffit de les habituer progressivement. Par exemple, placez les futurs transplants à l’ombre puis augmentez peu à peu leur exposition pour les accommoder à l’exposition lumineuse de leur place définitive. Procédez sur une période de 7 à 10 jours. Une fois que c’est fait, plantez au potager dans un sol riche, comme notre terreau biologique pour légumes et fines herbes, ou en pot dans un substrat drainant, comme notre terreau pour empotage.

Les outils essentiels pour le repiquage

Le Repiquage dans l'Oise : Spécificités Régionales et Choix des Plantes

Dans le département de l'Oise, situé au carrefour de l'Île-de-France, de la Picardie et de la Haute-Normandie, plus exactement entre le Pays de Bray, celui de Thelle, les Vexin Français et Normands, la nature des sols et le climat peuvent influencer les pratiques de repiquage. Le terrain, souvent calcaire mais avec une décalcification de surface, peut être en pente, avec des zones humides en bas (soumises aux crues de l'Epte) et des zones plus sèches en hauteur, surtout si la pente est accentuée et exposée au sud-ouest.

Adapter ses Cultures à l'Environnement Local

Il est crucial de tenir compte de l'habitat naturel des plantes et des espèces qui les accompagnent. Si l'on veut cultiver des plantes sauvages comme dans un jardin classique, avec quelques désherbages et arrosages, il est important de choisir des espèces adaptées aux conditions locales. Pour la microfaune, un grand pas est de faire des massifs à base de plantes sauvages, éventuellement mêlées d'exotiques et d'horticoles. Cela n'est pas incompatible avec des zones plus sauvages, en s’éloignant de la maison par exemple, ou plus jardinées en s’en rapprochant.

Les Plantes Indigènes et la Biodiversité

L'Oise est riche en plantes indigènes qui, une fois cultivées, offrent un intérêt esthétique et écologique indéniable. Ces plantes font partie de nos écosystèmes et servent de gîtes et de couverts à de nombreux consommateurs primaires, bases des chaînes alimentaires. Si l’environnement n’est pas trop dégradé et si le jardin est assez mature, aucun parasite ni aucun autre petit végétarien ne peuvent devenir des fléaux. Ils font simplement partie intégrante du jardin.

Le repiquage de ces plantes indigènes favorise la diversité génétique au sein de chaque espèce, engendrant des populations dynamiques, aux individus variables et subissant une sélection naturelle. Cela signifie qu'il y a de la place pour des plantes indigènes dans tous les types de jardins, y compris les jardins dits "naturels" ou "sauvages" où l'on sauvegarde, restaure, complète ou reconstitue des biotopes naturels ou subnaturels.

Exemple d'association de plantes en permaculture

Éviter les Idées Reçues sur les Plantes Sauvages

Il faut se méfier du raisonnement suivant : ce sont des plantes sauvages, c’est du costaud, il suffit de jeter les graines, c’est comme ça que cela se passe dans la nature… Et bien pas du tout, et vous seriez très déçu ! Dans la nature, il y a énormément de pertes et seule une infime proportion des semences tombées au hasard donne des plantes qui se reproduisent. Alors, surtout si vous ne possédez une plante que sous forme de semences, qui plus est en faible quantité, ne comptez pas sur le hasard.

Gérer la Qualité du Sol

Les biotopes "naturels" entretenus de façon extensive demandent, en général un sol pauvre. En effet, l’appauvrissement du sol, dans une certaine limite, génère un enrichissement de la diversité biologique, ainsi qu’un ralentissement de la dynamique et une baisse de la productivité. Un jardin plus équilibré demande moins d'entretien et génère moins de déchets. Cet appauvrissement se réalise progressivement, bien plus difficilement et surtout plus lentement qu’un enrichissement, par l’évacuation des déchets générés par l’entretien. Ces déchets fourniront des nutriments, sous forme de cendres, de mulch (ou paillage), de purins végétaux, de compost, de fumier animal, au potager et d'autres cultures productrices, dans une gestion en circuit fermé non génératrice de déchets verts, et non consommatrice d’engrais chimiques.

Choisir ses Graines et Plants

De grands containers, sans trop serrer les graines, permettent aux racines d’être à leur aise avant le repiquage, et le terreau se desséchera moins vite qu’en terrines trop plates. N’hésitez pas à garder un semis parfois plusieurs années avant qu’il ne lève. Pour les vivaces, à part celles à racines pivotantes, semez au choix, en pépinière ou en pleine terre. Les caisses en polystyrène des poissonniers sont très bien, mais préférez le semis en godets pour les plantes se repiquant mal, les campanules et légumineuses en particulier. Les annuelles, les bisannuelles et les vivaces à pivot sont semées plutôt en pleine terre. Les semis en pleine terre se font en terrain désherbé et ameubli, mais des espèces robustes et bon marché peuvent se contenter d’un terrain dénudé, rapporté ou à la végétation dégarnie. Plus une graine est grosse, plus elle doit être enfouie, plus elle est fine et moins elle le supporte.

Plantes Sauvages et Jardinage "Bio"

Les espaces un peu sauvages servent de tampons ou de réservoirs, d’où les prédateurs peuvent intervenir dans les cultures. Ceci est particulièrement important si l'on cultive "bio" bien sûr, surtout dans un environnement dégradé. De plus, ces biotopes naturels permettent d'avoir des plantes médicinales sous la main, et même un appoint alimentaire : pissenlits, mûres, orties pour les plus connues, mais aussi bien d’autres à découvrir ou à redécouvrir.

Les semis et le repiquage! Quand et comment? - capsule horticole

Résoudre les Problèmes Courants Post-Repiquage

Apprenez à reconnaître les symptômes et à régler les problèmes liés à la luminosité, au manque de ventilation, aux arrosages fautifs, etc. Le succès du repiquage tient à trois principaux facteurs : procéder au bon moment, utiliser un substrat aéré et assurer aux semis les meilleures conditions. Intervenez au stade des vraies feuilles, manipulez par les cotylédons, ajustez la profondeur de plantation lorsque nécessaire, puis offrez lumière, aération et arrosages maîtrisés. Une bonne exécution de ces étapes favorise un enracinement solide et la formation de plantes robustes.

La Fonte des Semis

La maladie « la fonte des semis », causée par différents champignons, s’attaque soit aux graines qui ne vont pas germer, soit aux jeunes plantules qui vont brunir, s’affaisser puis pourrir. L’humidité du terreau est le principal facteur de risque car il permet le développement des champignons potentiellement présents dans l’enveloppe des graines ou dans le terreau. Un substrat bien aéré et des arrosages maîtrisés sont essentiels pour prévenir cette maladie.

Le Manque d'Espace et de Nutriments

Lorsque les plantules présentent trois vraies feuilles, le terreau de semis ne convient plus pour la suite de leur développement, car plusieurs graines ont été intégrées dans un espace restreint et peu fertile. Le repiquage dans un nouveau substrat riche et aéré est alors impératif pour leur croissance.

La Concurrence des Racines

Dans un jardin sauvage ou une prairie, la végétation déjà en place a vite fait d’envoyer des racines dans la tourbe enrichie de la nouvelle, opérant par là une concurrence souvent fatale. Une belle plante en pot est forcément une plante réclamant des soins après la plantation. C'est pourquoi il est souvent préférable de proposer la plupart des plantes en graines ou à racines nues. Ces plants (sous-entendu à racines nues, à quelques exceptions près, celles ne le supportant pas), issus de semis, divisions, drageons, stolons, marcottes, seront évidemment expédiés à une saison propice et convenablement emballés. Ils pourront rester quelques jours dans leur emballage, au frais et à l’abri du gel. Cela ne dispense pas d’une surveillance, et de quelques autres arrosages éventuels le premier été.

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