
Le fond de l'océan, un environnement souvent perçu comme lointain et mystérieux, se révèle être un réceptacle pour une multitude d'éléments, qu'ils soient naturels ou anthropiques. L'interaction entre les activités humaines et cet écosystème profond est complexe, allant des explorations scientifiques de pointe à la problématique croissante de la pollution marine. Parmi les objets incongrus que l'on retrouve parfois dans cet univers aquatique, les téléphones portables et autres débris plastiques sont devenus des marqueurs de notre empreinte sur la planète. Cet article explore ces différentes facettes, depuis les techniques sophistiquées d'imagerie du sous-sol marin jusqu'aux incidents insolites impliquant des téléphones, en passant par la mystérieuse histoire des téléphones Garfield échoués sur les côtes bretonnes.
La cartographie des profondeurs : de la sismique aux ressources énergétiques
La compréhension des fonds marins est cruciale pour diverses applications, notamment l'exploration des ressources énergétiques. Des outils de modélisation et d’imagerie sismique ont été développés dans le cadre d’une collaboration interdisciplinaire regroupant des géophysiciens, des mathématiciens et des informaticiens de Géoazur à Sophia Antipolis, d’ISTerre et du LJK de Grenoble, dans le cadre du projet SEISCOPE et de l’Université de Toulouse (IRIT) et de l’INRIA-LIP de Lyon dans le cadre du projet MUMPS. Ces travaux ont notamment permis d'effectuer un cas d’étude visant à imager en 3D un réservoir pétrolier norvégien localisé en mer du Nord. Les moyens de calcul utilisés pour cette étude ont été mis à disposition par le mésocentre de calcul SIGAMM hébergé par l’Observatoire de la Côte d’Azur. Ces recherches ont été publiées dans la revue Geophysical Journal International.
La zone étudiée, d’une superficie de 145 km² pour une profondeur maximale de 4,5 km sous 70 m de profondeur d’eau, est un réservoir difficile à caractériser. En effet, il présente des zones de gaz dans la couverture sédimentaire pouvant former localement un nuage de gaz entre 1 km et 1,5 km de profondeur. Les images du réservoir, paramétrées par la vitesse de propagation verticale des ondes sismiques, ont permis de visualiser des structures complexes.

Les vues en perspective recoupant le nuage de gaz et sa périphérie révèlent sa géométrie complexe. Des coupes horizontales à différentes profondeurs, notamment à 175 m, 500 m et 1 km de profondeur, ont mis en évidence un réseau de chenaux fluvioglaciaires, des sillons laissés par des icebergs dérivants (structures linéiques) et le nuage de gaz lui-même. Sur certaines de ces images, des flèches blanches indiquent le réflecteur marquant la base du Crétacé, offrant des repères géologiques précieux. Une large zone de faible vitesse délimite la géométrie du nuage de gaz en périphérie duquel un réseau de fractures est identifié.
Les images 3D du réservoir pétrolier révèlent des structures de faibles dimensions telles que des chenaux fluvioglaciaires sableux à 175 m de profondeur et les scarifications laissées sur le paléo-fond de mer par des icebergs dérivants à 500 m de profondeur. Ces détails sont essentiels pour une meilleure compréhension de la formation et de l'évolution des réservoirs sous-marins.
La modélisation sismique et la Full Waveform Inversion (FWI)
La modélisation sismique est un outil puissant pour interpréter les données géophysiques. La partie réelle des données sismiques monochromatiques (fréquence 7 Hz) enregistrées par le capteur fournit une image brute du sous-sol. En parallèle, des données synthétiques sont calculées numériquement dans le modèle obtenu par FWI (Full Waveform Inversion). Ces données synthétiques reproduisent de manière satisfaisante l’amplitude et la phase du champ d’onde enregistré.
Cette imagerie sous écran est rendue possible car la FWI vise à corriger tous les effets de propagation des ondes, incluant les temps de trajet mais aussi les amplitudes, pour les traduire en propriétés géophysiques via la modélisation numérique complète des champs d’ondes sismiques. Le développement conjugué des moyens de calcul, des technologies d’acquisition sismique et des méthodes d’analyse numérique ont permis de révéler le potentiel de la méthode FWI pour construire des modèles du sous-sol haute résolution quantitatifs.
L’enjeu actuel de cette méthode est de prendre en compte, dans la modélisation sismique, une physique des ondes aussi réaliste que possible. Un examen détaillé des amplitudes calculées révèle qu'elles peuvent être surestimées comparativement aux amplitudes observées lorsque le champ d’onde se propage à travers le nuage de gaz. Ceci suggère ainsi l’empreinte significative des phénomènes d’absorption dans des environnements géologiques chargés en gaz. Ces phénomènes d'absorption doivent être intégrés aux modèles pour affiner la précision de l'imagerie. Ces avancées sont détaillées dans l'article "Efficient 3D frequency-domain lono-parameter full-waveform inversion of ocean-bottom cable data : application to Valhall in the visco-acoustic vertical transverse isotropic approximation" de S. Operto, A. Miniussi, R. Brossier, L. Combe, L. Métivier, V. Monteiller, A. Ribodetti, and J. Virieux, publié dans Geophysical Journal International.
Full-Waveform Inversion for Transcranial Ultrasound
Quand la technologie rencontre l'imprévu : le téléphone dans l'aquarium d'eau de mer
Ah, les aléas de la vie moderne ! Parfois, nous sommes confrontés à des situations aussi inattendues qu’amusantes. Votre téléphone portable vient de faire un plongeon imprévu dans votre aquarium d’eau de mer ! Mais pas de panique, cet article est là pour vous guider à travers cette situation délicate avec des astuces.
Les actions immédiates après la chute
La première étape est cruciale : retirez tout d’abord votre téléphone de l’eau aussi vite que possible. Si vous avez une épuisette à portée de main, c’est le moment de la mettre à contribution ! Chaque seconde compte pour minimiser les dégâts.
Maintenant que votre téléphone est hors de l’eau, vous vous demandez probablement s’il faut le rincer ou non. Dans ce cas précis, il est recommandé de le rincer directement sous l’eau du robinet ou une eau osmosée, en évitant les touches et connecteurs. Rappelez-vous que nous parlons ici d’eau de mer, et vous ne voulez certainement pas transformer votre téléphone en poisson récifal ! Le sel et les minéraux présents dans l'eau de mer sont particulièrement corrosifs pour l'électronique.
Le processus de séchage
Une fois que vous avez patiemment rincé et essuyé votre téléphone, il est temps de passer à l’étape du séchage. Vous pouvez prendre un chiffon doux et délicatement tapoter votre appareil pour retirer l’excès d’eau. Attention, n’utilisez pas de sèche-cheveux ou de micro-ondes, car la chaleur excessive pourrait causer des dommages irréparables aux composants internes. L'humidité restante est l'ennemi numéro un de l'électronique.

La patience est une vertu
Voilà le moment tant redouté : devez-vous allumer votre téléphone maintenant ? Il est conseillé de prendre votre mal en patience. Laissez votre appareil se reposer pendant un certain temps, idéalement 24 heures, avant de tenter de l’allumer. Utilisez ce temps pour méditer sur les mystères de la vie marine ou pour apprendre à votre poisson favori à jouer au poker. Tenter de l'allumer trop tôt risquerait de provoquer un court-circuit irréversible.
Après une longue attente, vous décidez finalement de rallumer votre téléphone. Et là, oh surprise, il ne fonctionne toujours pas ! Ne vous inquiétez pas, gardez le sourire ! Prenez cette occasion pour vous déconnecter un peu du monde virtuel et passer du temps avec vos compagnons aquatiques. Bien sûr, nous ne pouvons pas garantir que votre téléphone survivra à cette expérience aquatique, mais souvenez-vous toujours que la bonne humeur est le meilleur remède en toutes circonstances.
Les mystérieux téléphones Garfield : quand l'océan nous renvoie nos déchets
L'océan ne se contente pas de cacher des réservoirs pétroliers ou d'être le théâtre d'accidents de téléphone. Il est aussi, malheureusement, le réceptacle de nombreux objets jetés ou perdus, qui finissent par échouer sur nos côtes, parfois des décennies plus tard. Parmi ces objets, une énigme particulière a captivé l'attention en Bretagne : les téléphones Garfield.
Ces téléphones Garfield ont été récoltés sur des plages du Finistère par l'association Viltansoù en 2018. Sur les côtes du pays d'Iroise, ces appareils, fabriqués dans les années 1980, sont retrouvés à chaque nettoyage de plage. Le crachin breton n'entame pas l'enthousiasme des nettoyeurs.

Un mystère des profondeurs bretonnes
Sur les plages du pays d'Iroise (Finistère) battues par les vents, les membres de l'association Viltansoù collectent inlassablement les déchets rapportés par la mer. Dont des dizaines de gros chats en plastique orange. Depuis trente ans, des téléphones Garfield, du nom de la bande dessinée créée en 1978, surgissent des fonds marins et s'échouent sur le sable de la pointe du Finistère. L'état des téléphones est stupéfiant, ce qui ne manque pas d'interroger.
Le naufrage de ces matous orange d'une trentaine de centimètres, aux paupières qui se baissent quand on soulève le combiné, ne cesse d'interroger dans ce coin de Bretagne. Comment ces téléphones sont-ils arrivés là ? L'entreprise Paws, qui exploite aujourd'hui la licence Garfield, assure ne pas avoir connaissance d'un échouement de cargo ou de conteneur transportant des téléphones de ce type. Et si l'entreprise confirme que ces appareils ont bien été fabriqués dans les années 1980 par la société Tyco, elle évoque de possibles contrefaçons. Un argument qui ne convainc guère la présidente de l'association Viltansoù.
Dater cet échouement est d'autant plus ardu qu'il n'a laissé aucune trace dans les archives disponibles. Par ailleurs, les incidents de ce type dans ce couloir maritime au large du Finistère ne sont pas rares : le rail d'Ouessant est un des plus empruntés au monde, et le trafic y est colossal. Près de 40 000 navires y transitent chaque année, tout comme 90% des biens consommés en Europe, comme l'illustre le capitaine de frégate Riaz Akhoune, porte-parole du préfet maritime de l’Atlantique.
L'emblème de la pollution marine
Il n'empêche qu'au gré de ses caprices, l'océan rejette régulièrement un œil, un bras, une patte voire le corps entier de ces Garfield en plastique. Ces chats sont essentiellement présents dans un rayon de 24 kilomètres, notamment sur les plages de Plougonvelin, Ploumoguer ou encore Plouarzel (Finistère).
Le plastique des chats Garfield est lourd, il ne flotte pas. La plupart d'entre eux restent à l'abri des conteneurs qui dorment dans les fonds marins. En 2018, environ 200 pièces de toutes tailles provenant des chats Garfield ont ainsi été récoltées dans le secteur. Au total, cela représente l'équivalent d'une caisse de pêche, précise Claire Simonin Le Meur, qui évoque des morceaux de téléphones comme neufs, très peu usés par l'océan.
Le phénomène est tel que l'association Ansel a intégré les téléphones Garfield à la liste des déchets récurrents (appelés "traceurs") de sa carte Ocean Plastic Tracker. Cette carte recense les déchets les plus récurrents retrouvés sur les façades maritimes françaises. Une fois ramassés, tous les morceaux de Garfield sont précieusement conservés par les associations de nettoyage des plages. Ce ne sont plus des déchets mais des pièces à conviction, estime Lionel Lucas.
Pour l'association Viltansoù, ces félins de plastique sont même devenus un "emblème" des opérations de nettoyage, notamment quand celles-ci sont effectuées avec des scolaires. Garfield est pour eux un fort moteur d'intérêt. Les nettoyages de plage se transforment presque en chasse au trésor. À travers ces téléphones, l'association entend sensibiliser à la question de la pollution, terrestre ou maritime, qui ne cesse selon elle de s'aggraver. Au total, en 2018, les bénévoles de Viltansoù ont collecté près de deux tonnes de déchets variés dans leur périmètre d'action de la pointe d'Iroise. Pourtant, il s'agit d'une zone peu fréquentée hors saison et où il y a de très forts courants, note Claire Simonin Le Meur, qui s'attend à ramasser d'autres chats Garfield.
Full-Waveform Inversion for Transcranial Ultrasound
Ces téléphones Garfield, symboles inattendus de la pollution plastique, nous rappellent l'impact durable de nos actions sur les écosystèmes marins. Ils illustrent la persistance des déchets dans l'environnement océanique et la nécessité de renforcer la prise de conscience et les efforts de nettoyage.
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