Savez-vous que de la qualité de la pelouse dépend la qualité du jeu des footballeurs ? Il est crucial d'apporter le plus grand soin aux pelouses vertes des stades ! Le gazon d’un stade doit répondre à de nombreuses exigences techniques qu’impose la Fédération Française de Football. Le football est un sport d’intensité et de précision, où chaque action peut faire basculer le match. La qualité du gazon est un élément déterminant pour assurer un jeu fluide, rapide et sûr. Un gazon de qualité doit répondre à des critères rigoureux : résistance au piétinement intense, densité homogène, récupération rapide, tolérance aux maladies et adaptation aux conditions climatiques les plus extrêmes.

L'impact de la hauteur du gazon sur la performance sportive
La hauteur du gazon influe sur la vitesse du jeu : plus il est tondu ras, plus les mouvements des joueurs sont aisés. Ainsi, l’entraîneur peut adapter la vitesse du jeu selon la fatigue de son équipe par la hauteur du gazon. Les rebonds du ballon sont également plus élastiques sur une pelouse rase. Le gazon d’un stade doit être conforme à diverses conditions techniques que sollicite la Fédération Française de Football. Le niveau de l’herbe a un impact non négligeable sur la vélocité du jeu. Un gazon tendu au ras du sol facilite les mouvements des footballeurs. Les techniciens peuvent modeler l’intensité du jeu et l’endurance des joueurs par rapport à la hauteur de la pelouse. Cependant, une pelouse à ras du sol est plus fragile et nécessite un entretien très rigoureux.
Sur le terrain, ce sont vingt-deux joueurs et trois arbitres, soient 50 pieds massifs et un escadron de crampons qui battent la pelouse. Les mottes de terre arrachées par les tacles et le piétinement sont autant de critères à prendre en compte avant de poser une pelouse sur un terrain de football. Le gazon d’un terrain de foot habituel tel qu’on le trouve dans les stades se compose de quelque 200 millions de brins d’herbes. Les exigences envers un tel terrain sont tout aussi élevées que les attentes envers les professionnels qui y jouent. Même dans les conditions les plus difficiles, le gazon doit tenir et rester non glissant tout en conservant sa couleur verte. Après des matchs intensifs, il faut aussi qu’il se régénère très vite.
Le secret de la pelouse du Parc.
Sélection variétale et mélanges de graminées
« Un mélange à base de ray-grass anglais, de pâturin des prés et de fétuque rouge s’est avéré idéal », explique Beat Weber. Le spécialiste précise que le ray-grass anglais pousse très rapidement et qu’il contribue à la bonne densité du gazon. Le pâturin des prés se développe certes plus lentement, mais il est réputé pour sa robustesse. « Combinées ensemble, ces graminées sont imbattables et se complètent idéalement. Nous obtenons ainsi un gazon sur lequel les joueurs peuvent vraiment se défouler, comme cela se doit pour toute place de sport. »
Le secteur Espaces verts de Semences UFA commercialise un large assortiment de mélanges de gazons spéciaux pour semis et sursemis. Pour les gazons, la sélection végétale doit cependant tenir compte de critères très différents : l’herbe doit pousser le moins haut possible, produire peu de déchets de tonte et former un couvert dense. Les graminées pour gazon doivent avoir des brins très fins et ne pas former de tige afin de supporter les tontes régulières. Elles doivent être particulièrement résistantes aux maladies, car elles poussent très proches les unes des autres, sont soumises à de fortes chaleurs (jusqu’à 50°C dans les stades ovales) et sont arrosées régulièrement.
Le pâturin des prés convient aux terrains de foot dans des régions au climat tempéré, du fait notamment de sa résistance au froid. Il offre aussi une herbe fine et dense, très agréable pour la pratique du football. La fétuque élevée propose une bonne résistance à la sécheresse et supporte bien les piétinements. Le ray-grass pousse très rapidement, présente une belle couleur verte et offre une bonne résistance aux piétinements, mais réclame de la terre lourde (qui retient l’humidité).
Procédés de pose : du semis au placage
Il existe différents procédés de pose de gazon : le semis (le plus traditionnel) ou le placage. Selon le choix arrêté par les responsables du stade sur les conseils du jardinier paysagiste. Le gazon plaqué permet un gain de temps non négligeable à la pose et à l’entretien, mais il présente d’autres difficultés techniques. Ainsi il existe toujours un risque de « rejet de greffe » si le gazon ne s’adapte pas au sol. Dans le sport professionnel encore plus qu’ailleurs, le temps est une denrée rare. Aussi les stades de sport optent-ils souvent pour des gazons de placage, en particulier dans les zones soumises à des conditions extrêmes, comme par exemple les buts, où un sursemis n’a pas assez de temps pour se développer. Une fois posé, le gazon de placage n’a besoin que de trois semaines pour pouvoir être pleinement utilisé.

Maintenance et gestion climatique des terrains
Une fois le gazon posé, le jardinier-paysagiste doit veiller à rassembler les conditions optimales pour garantir une durée de vie la plus longue possible. Il développe ainsi différentes techniques pour pallier le manque d’ensoleillement inévitable sur une partie du stade. Froid et gel sont également des facteurs de risque pour le gazon. Ainsi des systèmes de chauffage peuvent-être installés sur les zones du terrain plus exposées au froid. L’intérêt de ce dispositif est de maintenir le sol hors-gel sans détremper la pelouse. Selon la saison, le sol et la météo, il faudra apporter 5 à 15 mm d’eau/jour. Aujourd’hui, les pelouses sont équipées de systèmes d’arrosage automatiques hautement sophistiqués. L’eau ruissèle et s’évacue selon des normes très précises pour éviter un terrain détrempé.
L’arrosage est une science. Au petit matin, vers 3 ou 4 heures, la température de l’air du sol et de l’eau sont les plus proches. Ceci diminue l’évaporation directe car l’eau a alors le temps de pénétrer dans le gazon. En revanche, un gazon mature nécessitera des arrosages moins fréquents. Beaucoup sont, en effet, trop arrosés. Or, rappelons encore une fois que les risques de développement de maladies et de champignons sont importants dans des pelouses trop humides, encore plus si du feutre s’y installe. En effet, un bon robot est capable de réaliser un mulching très fin qui permet un paillis naturel sur le sol. En cas de sécheresse, ces minuscules particules d’herbes broyées, en plus de fertiliser le sol, retiennent l’humidité au sol plus longtemps sans que cela n’augmente le risque de maladie !
La révolution des surfaces synthétiques
La pelouse synthétique se compose de fibres courtes ou longues, en polypropylène ou en polyéthylène, fixées sur une base en caoutchouc ou en latex. Reproduisant une herbe taillée à ras, la pelouse synthétique à fibres courtes se montre idéale pour un jeu rapide. Elle est donc très utilisée dans les stades professionnels. La pelouse synthétique à fibres longues offre une apparence plus naturelle et un meilleur amortissement en cas de chute des joueurs. Elle se retrouve plus souvent sur les terrains d’entraînement. Par rapport à la pelouse naturelle, la pelouse synthétique permet une surface uniforme, assure une indépendance vis-à-vis des aléas de la météo, demande beaucoup moins d’entretien et se révèle plus durable.
Le règlement 2023-2055, voté par la Commission Européenne le 25 septembre 2023, visant à limiter la pollution par les microparticules de polymères synthétiques dans l’environnement concerne uniquement les terrains avec remplissage à base de granulats élastomères (SBR, TPE ou EPDM). Ce règlement implique une interdiction de mise sur le marché des granulats élastomères avec une période transitoire de huit ans, période pendant laquelle la construction de terrains synthétiques avec remplissage élastomère reste donc autorisée. L’interdiction de mise sur le marché des granulats élastomères destinés à être utilisés sur des surfaces sportives synthétiques sera donc effective à partir du 17 octobre 2031.

Cadre réglementaire et dimensions officielles
Fondée le 21 mai 1904 à Paris, la FIFA, ou fédération internationale de football, a défini plusieurs règles en compétition concernant le terrain de jeu. Elles concernent notamment le type de surface, qui peut être naturel ou en matière synthétique. Les dimensions d’un terrain de football varient entre 90 et 120 mètres de longueur (la ligne de touche) et 45 et 90 mètres de largeur (la ligne de but). Tous les terrains de football n’ont de ce fait pas exactement les mêmes dimensions. Dans cette surface, on retrouve les zones de but, les zones de réparation, les corners et le cercle central. La surface de réparation, c’est la zone autour du but où le gardien peut avoir le ballon entre les mains, mais aussi là où une faute commise par un défenseur entraîne un pénalty. Le cercle central sépare les joueurs des deux équipes au moment du coup d’envoi.
Le respect des normes et des règles permet plusieurs choses. Celui-ci assure tout d’abord la sécurité des pratiquants face aux risques de blessures. Ensuite, il fournit des repères durant le jeu, simplifie le travail des arbitres lors des moments d’action et évite la tricherie en compétition. Aux spectateurs de grandes compétitions sportives, nationales comme internationales, la définition de règles officielles donne enfin une meilleure compréhension du jeu. Les stades de football bien entretenu favorisent le bon jeu et la sécurité des joueurs. Les exigences techniques imposées par la fédération française de football pour la remise en état et la pose des pelouses naturelles et synthétiques contribuent donc à réduire les risques pour la santé et permettre une bonne dynamique du match pour le grand plaisir des joueurs et des spectateurs.