L’excellence de la formation horticole à Hyères : au cœur de l’exploitation pédagogique

L’enseignement agricole moderne, particulièrement dans le secteur de l’horticulture, ne peut plus se contenter d’une approche théorique déconnectée du terrain. Au sein de l’EPLEFPA Hyères Agricampus, une philosophie prévaut : « L'exploitation c'est le coeur du système ». Cette structure n’est pas seulement un lieu de production, mais un outil pédagogique vivant mis à la disposition des enseignants et des élèves. Il s'agit également de l'outil qui permet le lien avec la profession, via l'expérimentation, notamment.

Vue panoramique des serres et des espaces de culture du Lycée Agricole de Hyères

Une synergie entre pédagogie et exploitation professionnelle

L’exploitation du Lycée agricole de Hyères joue pleinement son rôle d’outil pédagogique. C’est le centre de l’EPL, également à la disposition du Lycée Agricole des Arcs-sur-Argens. Le « service exploitation » des élèves a été mis en place conjointement par Pierre Vercruysse et Robert Varin, actuel directeur de l’exploitation. Comme le souligne Stéphane Genoux, cette intégration a été intensifiée : « Tous nos élèves passent du temps, en service, sur l’exploitation et rattrapent leurs cours comme ils l’entendent. Toutes les promotions de Bac Pro, de BTS, etc. passent une semaine par an sur l’exploitation. »

La pluridisciplinarité est ici une réalité quotidienne. Les enseignants techniques horticoles, les enseignants de vente, d’agronomie générale et d’agroéquipements collaborent étroitement. Cette approche permet de réaliser des séances de travail sur l'expérimentation, comme pour le BTS Productions horticoles, avec le suivi de la PBI (Protection Biologique Intégrée) sur les Célosies et les Lysianthus. Les élèves effectuent les lâchers d'insectes aux côtés de leurs enseignants de mathématiques et de techniques horticoles, rendant la pédagogie concrète et appliquée, loin des abstractions statistiques déconnectées du terrain.

L’expérimentation comme moteur d’innovation territoriale

Pour la direction de Hyères Agricampus, le lien entre la pédagogie et l’exploitation agricole s’impose à l’évidence. L’expérimentation est menée avec les élèves, avec les enseignants, et avec le S.C.R.A.D.H. (Syndicat du Centre Régional d’Application et de Démonstration Horticole), l’institut technique tout proche. L’objectif est de s’inscrire professionnellement dans le territoire et d’y tenir une place exemplaire.

Les projets d’investissement réalisés avec la Région procèdent de cette ambition : être une référence visitée par des exploitants souhaitant découvrir des solutions expérimentales. Qu’il s’agisse de la « journée environnement » de la Chambre d’Agriculture du Var, ou de journées de visite spécifiques avec les mairies sur le thème des jardins et espaces verts, le lycée se positionne comme un carrefour d’échanges techniques. Stéphane Genoux résume cette posture pragmatique : « On n'invente rien, on intègre… Et puis, tout simplement, c'est "la profession" qui va employer nos jeunes. »

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La marque « Aoubre » : qualité et durabilité

Depuis 1990, Robert Varin dirige l’exploitation avec une exigence constante de qualité. Dès 1994, une marque a été déposée : « Aoubre » (l’arbre en provençal). Celle-ci correspond à des végétaux de taille importante (gros sujets), aptes à modifier immédiatement le paysage dès la plantation chez le client. Ces pépinières, qui tirent l’exploitation vers le haut, sont le fruit d’un travail de cinq ans en moyenne.

L’orientation « Agenda 21 » a contribué à orienter les essais vers le développement durable, notamment sur l’utilisation d’engrais organiques et les investissements importants comme le phytobac. Cette dimension économique est cruciale : « L’exploitation peut être pédagogique si elle est économique et c’est toujours difficile de se trouver dans le bon compromis. J’insiste sur le fait qu’elle doit être économique pour être pédagogique sinon on n’est pas crédible vis-à-vis de la pédagogie. »

La production horticole : diversité et adaptation climatique

Les deux spécialités du domaine sont la floriculture et les pépinières. Robert Varin produit chaque année entre 2 000 et 3 000 gros sujets, couvrant une cinquantaine d’espèces différentes. La capacité d’adaptation aux conditions climatiques de la Côte d’Azur est déterminante. Des variétés de laurier-rose à fleurs simples, plus résistantes au froid, aux nouveaux cultivars de Grevillea, l’exploitation teste des solutions concrètes. « Moi j’aime bien le concret et quand je vois les élèves qui évoluent sur l’exploitation, qui voient notamment ces expérimentations, là ils peuvent toucher du doigt, voir comment ça se passe et ça c’est très important. »

Le maraîchage et l’arboriculture ont également été intégrés, avec des projets ambitieux comme la certification Label Rouge pour douze variétés de tomates, tout en respectant les contraintes des zones vulnérables.

L’implication commerciale des étudiants

L’exploitation est un lieu vivant où les élèves sont mis en situation réelle. Les « journées de vente », organisées au printemps et à l’automne, sont entièrement conduites par les étudiants en BTS Technico-Commercial et BTS MVAOE. Ils sont autonomes, de la gestion jusqu’au bon de commande. Par ailleurs, l’initiative « La Ruche qui dit Oui » permet une ouverture hebdomadaire du local de vente, renforçant le lien entre le lycée et les consommateurs locaux.

Illustration des étudiants en situation de vente lors des journées portes ouvertes

Parcours vers le métier d’horticulteur

Pour ceux qui souhaitent s’orienter vers cette profession, plusieurs niveaux de formation sont accessibles au sein de l’Agricampus. L’horticulteur cultive des fruits, des légumes, des fleurs et des plantes, maîtrisant tout le cycle, de la préparation du sol à la commercialisation.

Les diplômes de référence sont :

  • Le CAPA Productions horticoles.
  • Le BP REA Horticulture, maraîchage et pépinière.
  • Le Bac pro Productions horticoles.
  • Le BTS A Production horticole ou BTS A Agronomie productions végétales pour des postes à responsabilités.

Les qualités requises sont multiples : une connaissance approfondie en botanique, en physiologie des sols et en fertilisation est indispensable. La maîtrise des outils mécanisés et des techniques de vente complète le profil. Sur le plan humain, la résistance physique, le travail en extérieur tout au long des quatre saisons, la patience, la minutie et un sens aigu de l’esthétique sont les clés du succès. Pour les collégiens en classe de 4ème ou 3ème, des mini-stages permettent de vérifier leurs aptitudes et leurs centres d’intérêt avant de s’engager dans cette voie professionnelle exigeante mais passionnante.

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