L'excellence dans les métiers du paysage : guide complet des formations et des parcours professionnels

Le secteur des espaces verts représente aujourd'hui un domaine d'activité en pleine mutation, où la technicité rencontre la créativité. Si vous avez le goût de la nature et des végétaux, si vous aimez travailler en extérieur, si vous avez l’âme d’un manuel et d’un créatif, les métiers dans le paysage sont faits pour vous. Toutefois, être paysagiste ne s’improvise pas : cela nécessite des compétences spécifiques, qui deviennent de plus en plus nombreuses et techniques. La maîtrise des écosystèmes, la gestion de l'eau, la connaissance pointue des végétaux et la manipulation d'engins spécialisés constituent le socle d'une profession qui ne se limite plus à la simple tonte de pelouse, mais s'inscrit au cœur des enjeux écologiques et urbains contemporains.

paysagiste travaillant sur un plan de jardin

Les fondements du métier et les compétences techniques

La formation professionnelle au CAPa Jardinier paysagiste permet d’acquérir la qualification et les compétences nécessaires à l’emploi d’ouvrier du paysage. Le jardinier d’espaces verts réalise les opérations techniques de création, d’aménagement et d’entretien d’espaces verts, de parcs et jardins ou de terrains de sport. Le jardinier-paysagiste connaît les végétaux et leurs besoins et le travail du sol. Il maîtrise les méthodes de plantation et d’engazonnement. Il connaît également les matériaux, les techniques de maçonnerie paysagère et les divers systèmes d’arrosage.

Au-delà de ces savoirs techniques, la sécurité est une composante indissociable de l'exercice quotidien. Le professionnel doit impérativement connaître les gestes et postures de sécurité et doit être apte à la réalisation des premiers gestes de secours (Sauveteur Secouriste du Travail). Cette rigueur garantit non seulement la pérennité des aménagements mais aussi la protection du travailleur dans un environnement souvent exigeant physiquement.

Structure des certifications et progression de carrière

Du niveau 3 au niveau 8, deux types de certifications sont accessibles pour exercer un métier dans la branche du paysage : les diplômes généraux et les certificats de spécialisation. Ces certificats sont adossés à un diplôme général : il faut ainsi justifier de l’acquisition d’un diplôme général (ou d’années d’expérience) pour suivre ce type de formation.

En ce qui concerne les diplômes de l’enseignement agricole, ils permettent d’accéder à des emplois identiques, à savoir de jardinier paysagiste généralement, en création ou en entretien de jardins ou d’espaces verts. Ces deux diplômes de l’enseignement agricole sont accessibles après l’acquisition ou non d’un diplôme de niveau V et permettent d’accéder à des emplois de jardinier paysagiste en création ou en entretien de jardins ou d’espaces verts et de parfaire ses compétences techniques dans le paysage. Cette certification de niveau 4 est accessible pour les titulaires d’un niveau 3 ou de disposer d’une expérience professionnelle d’un an.

schéma illustrant les niveaux de formation du CAP jusqu'au diplôme d'ingénieur

Le BTS et les poursuites d'études supérieures

Le BTS est accessible par la voie de la formation initiale, de la formation continue ou de l’apprentissage. Nombreux sont les jeunes qui souhaitent poursuivre leurs études après le BTS pour acquérir le niveau Licence, voire plus. Les licences professionnelles permettent de poursuivre au sein du nouveau système européen de formation LMD en donnant le niveau L. Elles peuvent constituer un atout pour les jeunes titulaires d’un BTS aménagements paysagers en leur permettant d’approfondir leurs connaissances par des options spécifiques, dans des domaines tels que l’infographie paysagère, le management et la gestion des chantiers, la gestion de l’eau, le développement durable, ou encore la gestion écologique des espaces verts.

L'ingénierie et la conception paysagère : l'expertise de haut niveau

Pour ceux qui souhaitent s'orienter vers la conception et la gestion stratégique, plusieurs institutions prestigieuses proposent des cursus poussés. La formation ISA (ex: ITIAPE), créée avec la collaboration de l’Union Nationale des Entreprises du Paysage il y a plus de 20 ans, est dispensée par le groupe ISA. Elle a pour objet de former des Ingénieurs du paysage au service des entreprises du paysage et des collectivités territoriales. Ces ingénieurs ont pour fonction de participer à l’étude technique des espaces paysagers, de les réaliser et les entretenir. Ils peuvent aussi œuvrer en amont du concepteur paysagiste dans l’élaboration des cahiers des charges et dans le contrôle de la réalisation des espaces.

L’ingénieur en paysage d’Agrocampus Ouest, centre d’Angers (anciennement INH, Institut National de l’Horticulture et du Paysage) se destine à l’assistance à maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, ingénierie, gestion du territoire et des paysages, recherche et formation. Il a toute sa place en entreprise de paysage, bureau d’étude technique et/ou de conception paysagère.

L’École Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage de Blois (ENSNP) forme des concepteurs du paysage en 5 ans. L’École Supérieure d’Architecture des Jardins (ESAJ) forme des paysagistes concepteurs. La formation à l’école dure 4 ans mais en fin de quatrième année, l’étudiant a pour obligation de se présenter en 2e année de master, dans un établissement universitaire dispensant des formations en urbanisme, environnement, développement durable ou aménagement du territoire. Ce n’est qu’après l’obtention et la validation de cette 2ème année de master que l’ESAJ attribuera à l’élève le diplôme de l’école.

Visite virtuelle de Terre d'horizon (Lycée & CFPPA, Exploitation agricole bio) à Romans-sur-Isère

L'apprentissage et la formation continue : des leviers de développement

Les entreprises du paysage sont très attachées à l’enseignement des élèves, car ils constituent les professionnels de demain. Original et socialement innovant, ce dispositif souligne le dynamisme et l’engagement précurseur de la branche du paysage en faveur de la formation des futurs salariés du secteur. Il contribue également à en renforcer l’attractivité. Concrètement, les apprentis peuvent bénéficier, dans l’année du diplôme, d’une aide financière comprise entre 200 et 600 euros.

La formation continue permet au salarié de développer ses compétences ou d’en acquérir de nouvelles, pour ainsi être toujours au niveau des exigences de son métier, des normes et actualités réglementaires et techniques. Mais la formation continue est aussi bénéfique à l’employeur, à court ou à long terme. Après une formation, le salarié augmente sa capacité à accomplir ses missions.

Les partenaires sociaux du secteur du paysage ont créé deux CQP (Certificats de Qualification Professionnelle). Ce CQP est en place dans plusieurs régions depuis quelques années, mais accessibles à tout salarié, même des autres régions. La formation peut être suivie dans le cadre d’un contrat de professionnalisation mais pas d’apprentissage. Il/elle réalise les travaux préparatoires quels que soient les différents types de végétaux et de sols jusqu’à l’implantation, allant du semis d’un gazon, aux diverses plantations d’annuelles ou de vivaces, d’arbustes ou de gros sujets, ou aux végétaux. Il/elle réalise travaux de finition de chantier et de gestion des déchets.

Le soutien financier d'OCAPIAT pour les entreprises

Ocapiat propose à ses adhérents une offre de services multiples. Outre l’offre régionale de formation TPE/PME, qui assure un financement intégral de la formation, pour les entreprises de moins de 50 salariés, Ocapiat propose une offre de services complémentaires, couvrant de nombreuses situations. L’offre Boost Compétences d’OCAPIAT est une initiative de financement conçue pour soutenir la formation des salariés dans les entreprises, particulièrement celles de moins de 50 employés. OCAPIAT rembourse directement 50 % des coûts pédagogiques, avec un plafond de 1 500 € HT par stagiaire et par dossier. Cela signifie une prise en charge maximale de 750 € HT par stagiaire. Les coûts pédagogiques sont les seuls coûts éligibles en 2024 au titre de l’offre Boost compétences.

Par ailleurs, Ocapiat propose, à destination des entreprises de moins de 11 salariés, deux dispositifs spécifiques pour recruter ou maintenir en emploi un salarié, qui nécessitent un engagement financier de l’entreprise. L’offre volontaire “DEFI EMPLOI” permet à l’entreprise de bénéficier d’un financement pour recruter et former un salarié en CDI ou en CDD d’au moins 6 mois, qui est d’un montant total de 4 500€ HT/salarié. La formation professionnelle du nouveau salarié est assurée en interne dans votre entreprise, encadrée par l’accompagnement d’un prestataire (tiers de confiance référencé par OCAPIAT) qui définit et structure le projet d’intégration.

L’offre volontaire “DEFI Maintien dans l’emploi” permet à l’entreprise de former des salariés sujets à des baisses d’activité, avec un financement de la formation interne, assuré par Ocapiat. L’aide financière est d’un montant de 4 500€ HT/salarié. Avec l’aide d’un consultant sélectionné par Ocapiat, un plan de formation interne est construit sur mesure, pour répondre aux besoins spécifiques du salarié concerné.

La formation à distance comme alternative moderne

Le Centre national public de formation à distance du Ministère de l’agriculture, Eduter-CNPR, permet de préparer de nombreux diplômes par le biais de la formation à distance. Ces dispositifs de formation entrent dans le champ de la formation professionnelle et peuvent donc être financés dans le cadre d’un congé individuel de formation, du plan de formation de l’entreprise ou du compte personnel de formation (CPF). Cette flexibilité permet aux professionnels en activité de monter en gamme sans sacrifier leur présence sur le terrain, assurant une transition fluide vers de nouvelles responsabilités, qu'il s'agisse de spécialisations en élagage, conduite d'engins, ou création paysagère.

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