L'inclusion et la permaculture : un horizon agricole accessible pour tous

Le secteur agricole, pilier fondamental de notre économie et de notre tissu rural, se trouve à une croisée des chemins, marquée par des innovations techniques et une volonté croissante d'ouverture. Le Salon de l’agriculture, qui se tient du 21 février au 1er mars, demeure l’événement incontournable du secteur, rassemblant chaque année agriculteurs, éleveurs, producteurs et grand public autour des enjeux du monde rural. Pourtant, une question persistante demeure : comment garantir que cette vitalité soit accessible à tous, notamment aux personnes en situation de handicap ?

L’agriculture est un secteur qui peut sembler difficilement accessible aux personnes en situation de handicap, mais les réalités du terrain et les dispositifs d’accompagnement dessinent un paysage plus inclusif. Pour comprendre cette dynamique, il convient d'analyser les données actuelles et les voies d'accès professionnelles qui s'offrent aux candidats.

Chiffres et réalités de l'emploi agricole pour les personnes en situation de handicap

L’Observatoire de l’emploi et du handicap, publié par l’Agefiph en février 2024, met en avant des chiffres clés d’une « Enquête emploi 2022 » de l’Insee : 2,2 % des personnes en situation de handicap en emploi exercent une profession relevant de l’agriculture, de la pêche, de l’aquaculture ou de travaux forestiers et ruraux, un pourcentage proche de celui de l'ensemble des personnes en emploi (2,4 %).

Au total, ce sont environ 25 000 personnes en situation de handicap qui œuvrent dans ces domaines. La répartition de ces travailleurs se divise comme suit : 60 % sont agriculteurs exploitants, tandis que 40 % occupent des postes d’ouvriers agricoles, des travaux forestiers, de la pêche et de l’aquaculture. Ces chiffres démontrent que, loin d'être un secteur fermé, l'agriculture offre une diversité de fonctions où le handicap ne constitue pas systématiquement un frein à l'exercice d'un métier passionnant.

Répartition des travailleurs handicapés dans le secteur agricole

Les voies d'accès et la reconnaissance des compétences

Pour travailler dans le secteur agricole, il existe une variété de formations, diplômes ou certifications adaptés qui permettent une insertion durable. L'un des piliers de cette professionnalisation est la Reconnaissance des acquis de l'expérience (RAE). Cette démarche permet de valider les compétences acquises par l'obtention d'une certification basée sur les référentiels métiers validés par le ministère en charge de l’Éducation nationale ou le ministère en charge de l’Agriculture.

Cette démarche de valorisation des compétences propose aux travailleurs en situation de handicap de valider des acquis et des compétences qu’ils exercent au quotidien. Vous pouvez constituer un dossier de reconnaissance des acquis de l'expérience (RAE) si vous êtes en situation de handicap et travaillez en établissement et service d'aide par le travail (Ésat), en entreprises adaptées (EA), en institut médico éducatif (IME) ou dans des structures d'insertion par l'activité économique (SIAE).

Les formations agricoles sont vastes et diversifiées :

  • Brevet professionnel agricole (BPA) ;
  • Brevet de technicien supérieur agricole (BTSA) ;
  • Bac professionnel ;
  • CAP agricole et Certificat d'aptitude professionnelle agricole (CAPA) ;
  • Certificat de qualification professionnelle (CQP) ;
  • Formations de bac +2 à bac +5 (licences professionnelles, masters) : elles permettent d'acquérir des connaissances plus avancées et des postes d’experts ou à responsabilité ;
  • Écoles d’ingénieurs : il existe une vingtaine d’écoles d’ingénieurs proposant des formations diplômantes dans le secteur de l’agriculture ;
  • Écoles et des centres de formation des apprentis (CFA) spécialisés sur les métiers de l’agriculture.

De nombreuses écoles et universités ont un référent handicap. Les maisons familiales rurales (MFR) proposent des formations en alternance pour découvrir un métier tout en bénéficiant d’une formation diplômante. Ces formations sont accessibles aux jeunes de la 4ème aux études supérieures, couvrant des domaines comme l'agriculture, le paysage, la mécanique, le service à la personne, le bâtiment ou le commerce. Certaines MFR disposent de classes spécifiques pour les jeunes en situation de handicap, tandis que d’autres les intègrent dans des classes pour tous.

Panorama des métiers du monde agricole

L’agriculture recrute sur de nombreux types de métiers, souvent loin des clichés. Il est important de noter que tous les métiers du secteur agricole ne sont pas en contact direct avec la terre ou les animaux. Parmi les fonctions accessibles, on trouve :

  • L’agriculteur, qui cultive la terre et élève du bétail ;
  • L’éleveur, spécialisé dans l'élevage d'animaux (vaches, cochons, moutons, volailles) ;
  • Le viticulteur, qui cultive des vignes ;
  • Le bûcheron, l’arboriculteur et l’apiculteur ;
  • Le mécanicien agricole, indispensable au fonctionnement des machines (moissonneuses-batteuses, ensileuses) ;
  • Le maraîcher, le maréchal-ferrant et le pépiniériste ;
  • L’ouvrier agricole, le technicien agricole, l’ingénieur agronome ou encore le technicien de laboratoire agricole.

Les établissements et services d’aide par le travail (ÉSAT) permettent également à des personnes en situation de handicap d’exercer une activité professionnelle dans un cadre adapté. De nombreuses fermes ÉSAT existent en France, offrant des emplois concrets en maraîchage, élevage ou horticulture.

Accompagnement et accessibilité : l'engagement des institutions

À la Chambre d’agriculture de Bretagne, nous mettons tout en œuvre pour que nos formations soient accessibles à tous les agriculteurs et agricultrices, y compris ceux en situation de handicap. Avant l’inscription, nous invitons chaque participant concerné à contacter directement le responsable du stage pour exprimer en toute confidentialité ses besoins en accompagnement. Ce premier contact primordial nous permet d’identifier ensemble les aménagements nécessaires en fonction des besoins spécifiques : accessibilité des lieux, supports pédagogiques adaptés, accompagnement individualisé, etc.

La plupart de nos infrastructures respectent les normes d’accessibilité, et nos formateurs sont sensibilisés aux situations de handicap pour offrir un accueil approprié. Au-delà du cadre légal, notre engagement repose sur des valeurs de solidarité, d’égalité et de respect de la diversité. Contactez-nous pour préparer votre formation dans les meilleures conditions et étudier ensemble les ajustements possibles pour faciliter votre parcours.

La permaculture : une approche accessible et régénératrice

Débuter seul dans la permaculture n’est pas toujours une chose simple ! Vous aurez peut-être besoin d’être guidé afin d’apprendre les différentes techniques de plantation et d’aménagement, de connaître les précautions à prendre pour vous assurer du bon développement de vos végétaux et d’éviter les erreurs classiques.

La permaculture est bien plus qu’un concept d’agriculture, c’est une approche de la vie très positive. De nombreux centres de formation dirigés par des associations ou des écoles spécialisées existent à travers le pays. Permaculture Design est une des références dans ce domaine. L’École du Breuil, située dans le douzième arrondissement de Paris, est spécialisée dans les arts et techniques du paysage. Il est tout à fait possible de faire de la permaculture en ville (sur votre balcon, votre terrasse, votre cour ou dans votre jardinet). L’école dispense des cours publics pour adultes dédiés à la permaculture urbaine et péri-urbaine.

L’Université populaire de la permaculture est une association qui fait à la fois office de réseau et de lieu formateur, réunissant des centres de formations dans chaque département. L’association prévoit des cours adaptés à votre niveau (débutant, amateur ou professionnel) avec des programmes distincts :

  • Un stage d’initiation de deux jours ;
  • Des cours certifiés de permaculture sur une douzaine de jours ;
  • Des cours spécialisés ;
  • Le diplôme de permaculture appliquée, accessible après l'obtention du certificat de conception.

La célèbre ferme biologique du Bec Hellouin, d’une superficie de 20 hectares, est un espace formateur majeur en France. Le calendrier propose des initiations à la permaculture et à l’écoculture, abordant la notion d’écoculture, l’histoire de la permaculture, le concept de design et la recherche. Des formations consacrées à l’écologie intérieure sont également au programme, travaillant sur le rapport à soi-même, le rapport aux autres et le rapport à la nature.

Schéma des principes de design en permaculture

Diversité des formations et spécialisations

D’autres structures comme la Ferme de Desnié, en Belgique, proposent une formation certifiée de 72 heures sur la permaculture, permettant de découvrir l’ensemble de la ferme. L’établissement Permaculture Cuore Verde, situé en Suisse-Romande, permet lui aussi d’obtenir un certificat de designer en permaculture. Les formateurs y favorisent l’apprentissage par la pratique et l’autonomie.

Pour ceux qui souhaitent une immersion totale, des programmes comme celui des Alvéoles proposent 9 mois pour acquérir les bases et clarifier un projet. Ce métier émergent répond aux besoins croissants des acteurs de la transition paysagère. Votre expertise sera utile aux bureaux d’études, collectivités et entreprises du paysage souhaitant s’adapter à de nouvelles demandes.

Il est important de noter qu’il n'existe aucune formation en permaculture diplômante reconnue par l'État à ce jour. Toutefois, la qualité des enseignements dispensés par des experts - qu'il s'agisse de paysagistes concepteurs, d'urbanistes indépendants ou de spécialistes des arbres fruitiers - garantit une transmission de savoir-faire rigoureuse.

La formation à la Ferme de la Cure, dans le Vexin français, est composée de 65 % de théorie et 35 % de mise en situation. Cette approche concrète permet aux participants de s'immerger dans un lieu accueillant et audacieux pour qui veut s’intéresser à l’écologie pratico-pratique. Les organisateurs considèrent que la situation financière ne doit pas être un frein à l’accès à la connaissance, et des solutions de financement peuvent être discutées.

Les diverses consultations mettent en évidence qu’il existe un grand nombre d’approches de la permaculture. L'objectif est de situer la permaculture par l’appropriation des principes et la valorisation pour les productions agricoles, d'intégrer les principes de sa conception, de construire des repères et de les transposer sur les pratiques agricoles, et enfin de recueillir des informations sur le fonctionnement des éléments entre eux (plantes, vent, soleil, eau, construction, relation de prédation, etc.).

En conclusion, l'accès à l'agriculture et à la permaculture pour les personnes en situation de handicap repose sur une combinaison de dispositifs légaux, d'accompagnements personnalisés et d'une volonté collective de décloisonner les pratiques. Que ce soit par le biais de la formation professionnelle classique ou par des parcours spécialisés en permaculture, les opportunités sont réelles pour ceux qui souhaitent s'engager dans la transition agricole et paysagère. Chaque parcours est unique, et le dialogue avec les centres de formation reste la clé pour construire un projet professionnel épanouissant et adapté aux besoins de chacun.

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