Le fraisier (Fragaria * ananassa), une culture délicieuse, nutritive et de grande valeur, est cultivé mondialement dans des conditions climatiques variées. Cependant, comme d'autres cultures, il est confronté à des ravageurs et des maladies qui peuvent compromettre sa qualité et son rendement. Parmi ces menaces, l'oïdium du fraisier se distingue comme la maladie fongique la plus fréquente et la plus redoutée, en particulier en culture sous abris, mais elle peut aussi se développer en plein champ. Cette maladie est causée par un champignon de la famille des Erysiphacées, spécifiquement Podosphaera aphanis, également connu sous le nom de Podosphaera macularis ou ex-Sphaerotheca humuli. Comprendre son cycle de vie, identifier ses symptômes et mettre en place des stratégies de gestion efficaces sont cruciaux pour les producteurs de fraises.

L'agent pathogène : Podosphaera aphanis
L'oïdium du fraisier est provoqué par le champignon Podosphaera aphanis, un biotrophe obligatoire, ce qui signifie qu'il parasite exclusivement les tissus vivants des fraisiers. Ce champignon ne peut survivre que sur une plante hôte vivante. Il reste strictement épiphyte, se développant uniquement à la surface des organes, où il émet des suçoirs pour se nourrir du contenu cellulaire des plantes. Ce pathogène est plus commun dans les climats chauds et secs avec une humidité élevée, bien qu'il puisse se manifester dans une large gamme de conditions.
Cycle de vie et conditions favorables
Le cycle de vie de Podosphaera aphanis est caractérisé par plusieurs phases clés :
- Phase de conservation hivernale : Le champignon persiste à l'état de mycélium sur les feuilles résiduelles ou sous forme de cléistothèces (fructifications sexuelles) sur les débris de culture. Sous cette forme, il peut survivre à des températures basses. Les cléistothèces sont des organes contenant des spores noires, retrouvés incorporés dans les pustules d'oïdium, généralement vers la fin de la saison.
- Contamination primaire : À la faveur du réchauffement printanier, avec l'augmentation de la température, le mycélium en dormance commence à se développer. Les spores, appelées ascospores (produites par voie sexuée et pouvant être observées comme des taches noires sur la surface inférieure des feuilles), sont libérées dans l'air et disséminées par le vent ou les courants d'air sous abri. On estime que les cléistothèces ont une importance secondaire pour le mycélium.
- Contamination secondaire : Chaque foyer produit ensuite des conidies, visibles sous forme de feutrage blanc. Ces spores sont disséminées par le vent, et dans les nouveaux champs, elles peuvent se propager par la plantation de matériel infecté (transplants). Il faut généralement 7 à 14 jours pour que le conidiophore germe et produise des spores.
Plusieurs facteurs favorisent la dissémination rapide de l'oïdium, en particulier sous abri (tunnel ou serre) :
- Températures : Des températures comprises entre 15 et 27°C sont optimales, avec un optimum vers 25°C. La germination des spores peut se produire dans une large fourchette de températures (de 5°C à 30°C).
- Humidité : Des surfaces foliaires sèches, une humidité modérée à élevée, et un taux d'humidité relative supérieur à 95% favorisent le développement de la maladie. L'eau libre, en revanche, inhibe la germination des spores et le développement du mycélium. L'alternance des conditions sèches et humides (comme la rosée du matin) participe à l'accélération du développement de la maladie.
- Ventilation : Un manque de ventilation sous abri crée un microclimat propice au champignon.
- Densité végétative : Une densité élevée de plants favorise la condensation et limite la circulation de l'air.
- Irrigation par aspersion : Peut contribuer à maintenir une humidité ambiante favorable.
Identification des symptômes
L'identification précoce des symptômes est cruciale pour une gestion efficace de l'oïdium. Les symptômes de l'oïdium sont facilement reconnaissables à la présence de poussière poudreuse blanche sur les tissus végétaux aériens tels que la surface des feuilles, les tiges, les fleurs et les fruits.
- Sur les feuilles : Les premiers symptômes apparaissent sur les jeunes feuilles, qui s'enroulent (figure 1A). Au début, de petites colonies blanches ressemblant à de la poudre sont observées sur la face inférieure des feuilles. Avec le temps et dans des conditions favorables, ces petites colonies s'étendent et couvrent toute la face inférieure de la feuille. En cas d'infection grave, des taches blanchâtres poudreuses apparaissent sur leur face supérieure. Le mycélium fongique typique peut être vu sur la surface inférieure de la feuille (figure 1B). Cependant, l'enroulement des feuilles ne doit pas être confondu avec les symptômes de stress hydrique. Les feuilles malades commencent ensuite à devenir violettes et rougeâtres.
- Sur les hampes florales et les fleurs : L'oïdium peut s'attaquer aux hampes florales et aux fleurs, entraînant des fleurs déformées et une réduction, voire une absence, de fruits.
- Sur les fruits : Sur les fruits, le développement de l'oïdium est favorisé par des températures chaudes et un taux d'humidité élevé. Un duvet blanc poudreux se développe sur les fruits (figure 6). En cas d'infection grave, l'oïdium peut réduire le rendement et la qualité des baies.
- Sur les stolons : Un duvet blanc poudreux peut également se développer sur les stolons.
Impacts de l'oïdium sur la culture de fraises
Si l'oïdium n'est pas identifié et contrôlé efficacement à temps, il peut infecter les fruits et réduire le rendement et la qualité des fraises de 30%. C'est pourquoi l'oïdium est aujourd'hui la maladie la plus préoccupante, surtout en hors-sol. Le niveau d'efficacité des interventions est parfois insuffisant, et on a constaté l'apparition de souches d'oïdium résistantes à une majorité de fongicides actuellement autorisés.
Stratégies de gestion et innovations
La lutte contre l'oïdium du fraisier exige de nombreux traitements et une approche intégrée. Il est essentiel d'identifier correctement et de contrôler la progression de la maladie dès les premiers stades de l'infection. Pour réduire l'utilisation de fongicides, il est conseillé aux producteurs de fraises d'adopter des méthodes de lutte intégrée contre les ravageurs (IPM) qui permettent de lutter efficacement contre l'oïdium.
Pratiques culturales et prophylaxie
Les pratiques culturales jouent un rôle central dans la limitation de l'inoculum et la réduction des conditions favorables au champignon.
- Suivi régulier : Dès le redémarrage végétatif, un suivi régulier de la parcelle est indispensable pour vérifier les premiers symptômes, en particulier au milieu du printemps ou au début de la saison. Cela peut aider à décider des options de gestion à utiliser en fonction de la gravité.
- Hygiène des cultures : Il est préférable de détruire les résidus de culture après la récolte ou à la fin de la saison, car le champignon peut survivre et passer l'hiver sous forme de cléistothèces sur ces résidus.
- Ventilation et densité : Assurer une bonne ventilation sous abris et gérer la densité végétative pour éviter l'excès d'humidité et la condensation.
- Nettoyage régulier : Dans des cas de contaminations extrêmes, la prophylaxie avec le nettoyage régulier des plants s'avère indispensable pour réduire l'inoculum, surtout sur des variétés remontantes comme Charlotte, conduites sur des cycles très longs.
Solutions de biocontrôle
Le développement de solutions de biocontrôle de nouvelle génération est une voie prometteuse.
- Agents de lutte biologique : L'utilisation d'agents de lutte biologique tels que Trichoderma harzianum et Bacillus subtilis est efficace lorsqu'ils sont appliqués à un stade précoce de l'infection. Cependant, ils ne sont pas aussi efficaces lorsqu'ils sont appliqués seuls et lorsque l'infection a progressé.
- Formulations à base de bicarbonate ou d'extraits végétaux : Des formulations plus efficaces à base de Trichoderma, de bicarbonate ou d'extraits végétaux (huiles essentielles, saponines) sont développées. Les solutions de biocontrôle à base de bicarbonate de potassium sont très efficaces lorsqu'elles sont positionnées au bon moment et peuvent être utilisées pour assécher les spores lors de phase de dissémination intense afin d'abaisser l'inoculum.
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Fongicides
Lorsque la pression devient importante, le recours à des fongicides homologués reste indispensable.
- Soufre : Le soufre a une action préventive et est autorisé en agriculture biologique. Les solutions de soufre peuvent également être utilisées à titre préventif.
- Fongicides systémiques : Des fongicides systémiques tels que le tétraconazole, le propiconazole, l'azoxystrobine, le myclobutanil, etc., peuvent être utilisés alternativement afin que l'agent pathogène ne développe pas de résistance contre un composé actif spécifique.
- Application : Les traitements doivent être positionnés dès les premiers signes visuels ou selon les recommandations des OAD. L'efficacité des fongicides augmente lorsqu'ils sont appliqués au stade initial du développement de la maladie. Il est conseillé d'utiliser les fongicides après avoir lu attentivement les instructions et sous la supervision d'un agronome expérimenté et agréé. Les pulvérisations par temps venteux doivent être évitées. La pulvérisation avant la saison peut contribuer à réduire le risque de développement d'épidémies pendant la haute saison.
Technologies d'application ciblée et outils d'agronomie digitale (OAD)
La filière fraise accélère l'innovation pour maîtriser l'oïdium, notamment à l'horizon 2030, par le recours aux technologies d'application ciblée et au perfectionnement des OAD.
- Pulvérisation de précision : L'utilisation de capteurs et de débit modulé permet une application plus ciblée des traitements.
- Nano formulations : Le développement de nano formulations offre des perspectives pour des traitements plus efficaces.
- Outils d'agronomie digitale (OAD) : Des outils d'agronomie digitale, avec intégration des données météo, variétales et spatiales, permettent de suivre les différentes phases de développement du champignon. Un modèle a été développé pour réduire le nombre de pulvérisations et, en même temps, augmenter l'efficacité de l'application des fongicides. Ce modèle permet de prévoir la période d'utilisation des fongicides en fonction des conditions environnementales favorables. Il prend en compte l'incidence de l'oïdium, le risque environnemental d'infection et le stade de croissance des fraises.
La solution CCOM de Sicoly
La coopérative Sicoly a développé une solution d'agronomie digitale appelée CCOM. Céline Charles, ingénieure agronome à la coopérative Sicoly, a constaté un manque d'outils d'aide à la décision contre la principale maladie de la fraise. Son travail a débuté par une étude bibliographique des publications scientifiques, prenant en compte chaque stade de développement du champignon.
L'outil CCOM, intégré à la plateforme web Agricapt, permet aux producteurs et au service technique de visualiser les données depuis leur ordinateur ou leur smartphone. Les données proviennent de capteurs climatiques placés dans la végétation, qui communiquent via des réseaux bas débit, renvoyant automatiquement leurs données toutes les heures pour la mise à jour des graphiques. L'outil CCOM permet de visualiser les différentes phases du champignon et d'indiquer les niveaux de risques.
L'outil graphique permet de visualiser :
- Les phases de disséminations de spores (bâtons roses).
- Les conditions favorables à la germination de spores (courbes vertes).
- Un indice de risque (point bleu) qui permet d'appréhender la force des infections.
- La phase de latence du champignon puis de sporulation avec l'apparition des symptômes (courbe grise).
Le modèle propose également une simulation du risque à sept jours qui prend en compte la climatologie extérieure et doit donc être adaptée selon la typologie des abris. Le modèle a été mis à l'épreuve sur le terrain dès 2021 avec un agriculteur pilote, Olivier Perrot, permettant de tester des stratégies de lutte et de vérifier leur efficacité ainsi que les forces d'infection en fonction des symptômes observés sur des zones non traitées. Les années suivantes, le modèle a été éprouvé chez d'autres producteurs de Sicoly, afin de le tester dans des conditions et sur des variétés différentes. En 2024, le modèle a été testé a posteriori avec des données climatiques issues de multichapelles chauffées du Sud-Ouest, et les résultats ont montré que l'outil CCOM fonctionnait dans une autre région sur d'autres variétés avec d'autres typologies d'abris et de conduites très différentes des monts du Lyonnais. Cela signifie que l'outil est transposable chez tout producteur de fraises.
Grâce à l'outil CCOM et aux conseils du service technique, les producteurs peuvent désormais mieux raisonner leur lutte contre l'oïdium. En fonction des phases du champignon, de l'indice de risque, combinés avec d'autres paramètres comme la variété et les stades de la culture, des stratégies différentes sont proposées. Selon ces éléments, la préconisation va de la simple impasse quand les risques sont très faibles, au positionnement de produits préventifs robustes lorsque les risques sont majeurs. Sur des risques courts, les solutions de biocontrôle à base de bicarbonate de potassium sont privilégiées car très efficaces lorsqu'elles sont positionnées au bon moment. Les produits de biocontrôle peuvent aussi être utilisés pour assécher les spores lors de phase de dissémination intense afin d'abaisser l'inoculum. En cas de risque majeur, un anti-sporulant peut aussi venir en complément pour éviter la sortie des symptômes. Cela nécessite une bonne connaissance de chaque produit. Désormais, l'outil d'aide à la décision CCOM est disponible pour tout producteur de fraises.
En parallèle, la Sicoly travaille sur d'autres modèles, comme celui de la cicadelle verte du pêcher, qui cause également des pertes majeures en culture de framboises, ou de la punaise diabolique, qui devient un ravageur important en culture de poires dans les monts du Lyonnais. Ainsi, la modélisation permet d'anticiper les mouvements des ravageurs et d'accompagner au mieux les adhérents dans leurs batailles.
L'oïdium sur d'autres cultures
L'oïdium n'est pas une maladie spécifique au fraisier ; il affecte une large gamme de cultures, chaque espèce d'oïdium étant généralement spécifique à son hôte. Comprendre les similitudes et les différences peut aider à appréhender la complexité de cette maladie fongique.
Oïdium des céréales (Blumeria graminis)
Toutes les céréales peuvent être attaquées par l'oïdium, mais plusieurs formes de la maladie sont spécifiques à des cultures précises et ne provoquent pas d'infections croisées.
- Symptômes : Des pustules blanches se développent sur les feuilles, les tiges et les épis, produisant une masse de spores ayant une apparence poudreuse. Elles foncent pour prendre une couleur grise ou brune, et à terme, des cléistothèces noirs sont incorporés dans les pustules.
- Cycle de vie : Hiverne sous forme de mycélium sur les repousses de céréales et les cultures à semis automnal. Les cléistothèces produits en fin d'été résistent aux basses températures et à la sécheresse, libérant des ascospores au printemps. La germination des spores se produit de 5°C à 30°C (optimum 15°C) avec une humidité relative supérieure à 95%.
- Dégâts : Les parcelles de blé d'hiver à semis tardif sont sensibles, surtout avec l'utilisation d'engrais azoté et dans les parcelles denses. Les pertes de rendement peuvent atteindre 20% pour les variétés sensibles.
Oïdium de la vigne
L'oïdium de la vigne est une maladie grave qui peut avoir un impact quantitatif et qualitatif important sur la récolte.
- Symptômes :
- Sur les jeunes pousses : Ralentissement de la croissance, raccourcissement des entre-nœuds, crispation des feuilles, duvet blanc (« symptômes drapeau »).
- Sur les feuilles : Taches huileuses, petites taches poussiéreuses, noircissement des nervures sur la face inférieure, puis feutrage grisâtre sur la face supérieure.
- Sur les grappes : Fleurs desséchées et tombantes, grains couverts d'un feutrage blanc, nanifiés, peau qui se fendille et éclate, laissant apparaître les pépins, favorisant le botrytis. Une forte odeur de moisissure se dégage des grappes malades.
- Sur les sarments : Taches brunes évoluant vers le rouge en forme d'étoile avant l'aoûtement, puis boursouflures foncées (cléistothèces) à l'automne.
- Conditions favorables : Températures supérieures à 12°C (optimum 25°C) et humidité relative entre 40 et 100%. L'eau libre et la lumière intense gênent la germination des spores.
- Organes cibles : Tous les organes herbacés, les jeunes feuilles et les jeunes grappes sont très sensibles. La réceptivité des baies diminue quand leur teneur en sucre atteint 8%.
- Nuisibilité : L'oïdium peut entraîner des pertes de rendement très importantes (jusqu'à 70-80% si l'attaque est à 30% au moment de la floraison). Il altère également la qualité du vin, modifiant profondément la composition du raisin, réduisant les arômes fruités et augmentant les goûts tanniques et amers.

Oïdium du colza
Présent généralement dans le sud de la France, l'oïdium peut apparaître dans les zones nord en cas d'hiver et de printemps assez chauds et secs.
- Symptômes : Se manifeste sur les feuilles, les tiges et en fin de cycle sur les siliques. Une intervention fongicide spécifique peut être nécessaire si la maladie passe des feuilles sur les siliques.
Oïdium de la carotte
Provoqué par deux champignons, Erysiphe heraclei (plus fréquent en zones tempérées) et Leveillula taurica (plutôt en bordure méditerranéenne).
- Symptômes :
- Erysiphe heraclei : Taches poudreuses blanc-grisâtre très caractéristiques sur la face supérieure des feuilles.
- Leveillula taurica : Taches jaunâtres sur la face supérieure du feuillage et feutrage blanc sur leur face inférieure.
- Conditions favorables : Températures élevées et fortes humidités la nuit. La pluie et les arrosages ne sont pas favorables.
- Nuisibilité : Pertes de rendement et hétérogénéité dans la taille des racines.
Oïdium du pommier (Podosphaera leucotricha)
Maladie grave et fréquente chez le pommier, pouvant aussi s'attaquer au poirier.
- Cycle de vie : Hiverne sous forme de spores et de fragments mycéliens dans les écailles des bourgeons. L'oïdium primaire se déclenche dès l'éclatement des bourgeons, puis l'oïdium secondaire se propage.
- Symptômes :
- Hiver : Rameaux gris sale.
- Printemps : Rameaux, nouvelles pousses, bourgeons et jeunes feuilles couverts d'un feutrage blanchâtre, bourgeons ébouriffés.
- Sur fruits : Décoloration, aspect liégeux et dessèchement.
- Conditions favorables : Hygrométrie et températures entre 10 et 20°C. Une forte humidité de l'air suffit.
- Nuisibilité : Perturbe la photosynthèse, entraînant une baisse importante de rendement et affectant la qualité des fruits.
- Moyens de lutte :
- Prophylactique : Éviter les zones mal aérées, supprimer les rameaux atteints lors de la taille.
- Chimique : Intervenir en préventif ou curatif dès la reprise de végétation en alternant les familles de substances actives. La lutte est souvent gérée conjointement avec la tavelure.

Oïdium du pêcher et de l'abricotier (Podosphaera pannosa)
Peut être responsable de dégâts importants sur les productions de pêches et d'abricots, constituant aussi une porte d'entrée pour d'autres maladies comme les monilioses.
- Symptômes :
- Sur fruits : Attaque les jeunes fruits dès 7-8 mm de diamètre, recouverts de plages de feutrage blanchâtre très caractéristiques.
- Sur feuilles : Des dégâts peuvent aussi être observés.
- Conséquence : À partir du stade de durcissement du noyau, les lésions sur les fruits constituent une porte d'entrée aux contaminations par les monilioses.
- Conditions favorables : Souvent considéré comme un parasite de stress hydrique, s'installant après un manque d'eau chez les arbres.
- Nuisibilité : Rend les fruits impropres à la commercialisation et est très préjudiciable à la récolte en permettant aux monilioses de s'installer.
- Moyens de lutte : Les fruits sont très sensibles dès le stade 7-8 mm. À partir du stade "durcissement du noyau", la lutte anti-oïdium et celles contre les monilioses doivent être gérées simultanément. Le choix d'un fongicide polyvalent permet de prévenir les attaques des deux maladies.
Oïdium de la betterave (Erysiphe betae)
- Symptômes : Feutrage blanc grisâtre d'aspect poudreux en été, parfois avec quelques ponctuations noires (périthèces) en fin d'infection. Les premières petites tâches en forme d'étoiles apparaissent en juillet sur la face inférieure des feuilles. Les feuilles infectées jaunissent puis dessèchent. On peut noter une odeur de poisson dans la parcelle.
- Nuisibilité : La maladie ne conduit pas à la destruction du bouquet foliaire. La perte de rendement est estimée à 10 à 15%, pouvant atteindre 30% en cas de forte attaque, principalement due à la diminution de l'assimilation chlorophyllienne. Une perte de richesse en sucre de l'ordre de 0.5 point peut également se produire. L'oïdium de la betterave est la maladie la plus répandue géographiquement, mais est moins menaçante en termes de perte de rendement que la cercosporiose ou la rouille de la betterave.
- Facteurs favorables : L'infection peut commencer avec des conditions climatiques assez sèches et se développer quand l'humidité augmente. L'alternance des conditions sèches et humides (comme la rosée du matin) participe à l'accélération du développement de la maladie. La température optimale pour la germination des conidies est comprise entre 20 et 30°C, idéalement 25°C. Les parcelles à microclimat humide (fond de vallée ou cuvette par exemple) sont les plus sujettes à être infectées. L'oïdium de la betterave est sensible à l'eau.