Guide complet sur la culture et l'entretien du framboisier : entre tradition et techniques de précision

Le framboisier est un arbuste fruitier facile à cultiver. Comme les fraisiers, les cassissiers, les groseilliers, les mûriers, les framboisiers apportent généralement une belle récolte. Beaucoup d’entre nous ont, ou ont eu, la chance que quelques fruitiers soient plantés dans le jardin d’ornement, nous donnant l’occasion lors d’une balade de découvrir les premiers fruits et de s’en régaler égoïstement, mais avec un plaisir non dissimulé. C’est le cas pour moi du framboisier qui avait été planté entre deux arbres fruitiers palissés, ces derniers n'ayant jamais réellement donné de récolte. Sous l’apparence d’une ronce, le framboisier trompe son monde, laissant croire que sa culture ne présente pas de difficulté. Il n’en est rien. Sans un entretien méticuleux, les récoltes ne sont pas au rendez-vous.

Planter des framboisiers en rangées organisées dans un jardin potager

Les fondements physiologiques : comprendre le cycle du framboisier

Les framboises sont l’un des fruits préférés des Français. Pas étonnant donc que le framboisier soit tant apprécié dans nos jardins. Arbuste à petits fruits épineux, les framboisiers sont souvent utilisés palissés pour confectionner une haie gourmande le plus souvent dans le potager et permettre l’accès aux framboises plus facilement. De forme buissonnante, ils poussent environ 1,50 à 2 m de haut et sont très résistants au froid, leur permettant de s’adapter à tous les climats.

Il est crucial de distinguer les variétés pour réussir sa culture :

  • Framboisiers remontants : Ils produisent une récolte deux fois par an. La particularité des framboisiers remontants est qu'ils fructifient une première fois légèrement en automne sur les pousses de l’année en cours, puis de manière plus abondante en début d’été de l’année suivante sur ces mêmes pousses.
  • Framboisiers non-remontants : Contrairement aux framboisiers remontants, ils fructifient une seule fois sur les pousses de l’année précédente. La récolte intervient à partir de mi-juin jusqu’à mi-août, attention toutefois, selon l’exposition, la région, la variété, la durée et la période de floraison peut évoluer.

Techniques de plantation et préparation du sol

Le framboisier aime la terre fraîche. Le sol ne doit pas être de nature basique sous peine de provoquer des carences en fer (chlorose). Veillez à ce que l’humus soit présent en bonne quantité et soutenu par des apports annuels. Si vous plantez plusieurs arbustes au même endroit, sachez que les prix peuvent être très différents selon les variétés choisies.

Pour la préparation du sol : ameublissez large (40-50 cm), incorporez 3-5 kg/m² de compost mûr. Posez un goutte-à-goutte sous paillage (paille/BRF 5-8 cm). Pour produire ce paillis, vous avez de nombreuses solutions comme l’utilisation d’écorces de pin, des tontes de gazon séché, des feuilles mortes, du bois déchiqueté. Un paillage peut être mis en place après les tailles de l’hiver, il doit être renouvelé régulièrement pour conserver son efficacité. Un autre avantage au paillage, en dehors de l’espacement des arrosages, c’est qu’il empêche la prolifération de mauvaises herbes. Si vous ambitionnez une grande production, avec de nombreux pieds, n’hésitez pas à opter pour des bâches de paillage géotextile (feutre).

Schéma illustrant le paillage biologique au pied des framboisiers

L'art de la taille : garantir la pérennité et la productivité

L’entretien, dont notamment la taille, permet d’assurer au mieux cette récolte, car elle permet au framboisier de garder toutes ses forces pour la production des fruits. Ne négligez pas la taille. Les plantations ne doivent pas devenir un fouillis de bois vieillissant, portant de moins en moins de fruits. L’aération du buisson est primordiale.

  • Taille des variétés remontantes : La taille d’hiver consiste à couper au ras du sol les branches qui ont produit. On en profitera pour éliminer systématiquement les rameaux faibles et les tiges desséchées.
  • Taille des variétés non-remontantes : L’hiver, sélectionner les cannes les plus vigoureuses et les plus saines en en retenant 10 par mètre linéaire, puis couper les autres à la base. Raccourcir les cannes restantes à 1,60 m environ.
  • Rajeunissement : Une taille très sévère peut être envisagée sur des plantes laissées sans entretien. Coupez chaque année les tiges de plus de trois ans à leur base et conservez les rameaux les plus jeunes.

Stratégies de palissage pour une récolte optimale

Planter un framboisier, notamment avec l’objectif de le rentabiliser en récoltant de manière optimum, implique de le palisser. Le palissage a deux raisons d’être : aligner les arbustes, mais également provoquer des arcures plus fructifères.

  1. Palissage en espalier ou contre-espalier : C’est la plus facile à mettre en œuvre, elle est tout à fait adaptée au jardinier amateur. Ici, deux piquets de 1,80 m de hauteur, entre lesquels sont tendus des fils de fer tous les 40 cm, sur lesquels on vient fixer les tiges (10 ou 12 par mètre maximum). Cette méthode simple permet d’accéder aux fruits très facilement. L’arbuste quant à lui peut respirer, s’aérer, évitant ainsi l’humidité donc les maladies.
  2. Méthode par canalisation : C’est une méthode plus originale mais qui offre une meilleure rentabilité. L’idée ici est de laisser l’arbuste en autonomie de pousse, il est tout de même canalisé entre 4 piquets séparés d’un mètre de distance, reliés entre eux par des fils, qui limitent son extension.

Palisser les framboisiers en éventail. Les liens Inox VS le liage à l’osier. Le palissage facile !

Gestion de l'expansion et multiplication

L’expression « cerner une plante » ne vous est peut-être pas familière. Le cernage est l’action de limiter l’expansion des plantes, en les canalisant. Si vous avez un framboisier dans le jardin ou potager, vous savez peut-être que l’arbuste fruitier s’étend, prend sa place, largement… Et qu’il peut, loin de son point de plantation, créer de nouveaux pieds, par des rejets. Supprimez également les branches qui s’éloignent de la souche dans une direction non-souhaitée à l’aide d’une bêche.

Il existe différentes possibilités de multiplication comme la division des touffes, la bouture des racines, ou la bouture de rameaux. Nous nous concentrerons sur la bouture des rameaux, d’une grande simplicité et facilité.

Lutte contre les maladies et ravageurs

Des précautions doivent être prises pour bien l’entretenir et éviter que certaines maladies ne viennent causer des dégâts sur cet arbrisseau.

  • Maladies fongiques : L'anthracnose (Gloeosporium venetum), le dessèchement des tiges (Leptosphaeria coniothyrium), la brûlure des dards (Didymella applanata), la verticilliose (Verticillium sp.), l’oïdium (Sphaerotheca humuli), la pourriture grise (Botrytis cinerea) et la rouille (Phragmidium rubi-idaei).
  • Ravageurs : Le ver de la framboise (Byturus tomentosus) dont les larves attaquent les boutons floraux. Les pucerons s’installent au-dessous des feuilles, les feuilles se déforment, changent de couleur.

Pour agir, des solutions naturelles sont recommandées :

  • Purins : Le purin d’orties et le purin de consoude sont des préparations naturelles totalement biologiques, obtenues par macération de feuilles dans l’eau (1 kilo pour 10 litres). Le purin de tanaisie, plante possédant des propriétés naturellement insecticides, permet d’éloigner les insectes.
  • Prévention : La bouillie bordelaise en fin d’hiver et des filets anti-insectes en été peuvent aider à protéger les fruits contre les vers (balanin, drosophile).

Variétés recommandées et conservation des fruits

Le choix de la variété détermine le succès de votre culture :

  • « Héritage » : variété ancienne, aux fruits rouge pâle, très parfumés, doux, sucrés et légèrement acidulés.
  • « Marastar » : une variété parfaite pour la culture en grand pot.
  • « Zeva » : c’est une variété qui ne nécessite pas de palissage.
  • « Fallgold » : Framboisier jaune.
  • « Malling Promise » : Variété très vigoureuse qui impose un palissage, les fruits sont délicieux, d’un beau calibre.

Une fois récoltées, les framboises sont fragiles. Le meilleur moyen de conserver votre récolte de framboises non-transformées, c’est la congélation. Attention que le sachet ne soit pas trop chahuté au congélateur sous peine de retrouver une partie des framboises abîmées. Vous pouvez également réaliser des confitures, des jus ou des coulis. Vous pouvez d’ailleurs congeler les coulis, c'est un bon moyen de conserver le produit sans lui ajouter de sucre. Pour une consommation immédiate, conservez-les 24-48 h au frais, étalées en une seule couche.

Assortiment de framboises rouges et jaunes dans un panier en osier

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