
L'entretien d'un verger est une tâche essentielle pour assurer une production généreuse et des arbres fruitiers en bonne santé. Si les méthodes traditionnelles incluent taille, fertilisation et traitements, une technique simple et écologique gagne à être connue : l'utilisation des tontes de gazon. Cette approche combine les avantages du paillage et du compostage, offrant une solution naturelle pour nourrir le sol et protéger les arbres.
Les déchets de tonte : une ressource précieuse pour le verger
Même si les temps ne sont plus aux pelouses façon terrain de golf arrosées en plein soleil, il est probable que vous ayez dans votre jardin des surfaces enherbées qui nécessitent d'être tondues pour les rendre praticables. Cette verdure coupée, qu'il s'agisse de gazon ou d'herbe commune, représente une ressource précieuse à ne pas gaspiller. Elle peut être transformée en un allié de taille pour vos arbres fruitiers.
Le principe : un matelas d'herbe au pied des arbres
Le principe est on ne peut plus simple : il consiste à former au pied des arbres un matelas d'herbe grossièrement circulaire et plutôt épais. Selon la taille du fruitier, il est recommandé de compter entre 50 cm et 1 m de rayon, sur une épaisseur de 10 à 15 cm. La quantité d'herbe dont vous disposez déterminera l'épaisseur exacte du matelas. Cette méthode est une manière efficace de réutiliser les déchets de tonte, transformant une corvée en un geste bénéfique pour le jardin.
L'intérêt : paillage et compostage en un seul geste
Cette technique toute simple relève à la fois du paillage et du compostage, offrant de multiples avantages pour la santé de vos arbres fruitiers et la richesse du sol.
En séchant, le matelas d'herbe fera office de paillis. Cela permet d'éliminer la concurrence des "mauvaises" herbes au pied de l'arbre, sans nécessiter de désherbant ni d'arrachage manuel. De plus, le paillis préserve l'humidité du sol, réduisant ainsi les besoins en arrosage.
Mieux encore, cette herbe entassée va peu à peu composter naturellement. En retournant les brins séchés au bout de quelques semaines, on constate nettement toute une vie souterraine qui s'active, avec un humus noir en formation. Ce processus constitue un renouvellement naturel des ressources du sol, bien loin des engrais de synthèse, et s'avère très profitable pour la fertilité et la vitalité du verger.

Attention à l'épaisseur du paillis
Il est crucial de prêter attention à l'épaisseur du matelas d'herbe. Une épaisseur trop faible ne convient pas, car l'herbe sèche mais se décompose peu, limitant ainsi les bénéfices. À l'inverse, une épaisseur trop forte conduit à un échauffement rapide de l'herbe déposée, un phénomène similaire à ce qui se produit dans un composteur. Bien qu'il n'y ait aucun risque pour les fruitiers, si cette technique est employée sur des végétaux plus fragiles, il existe un risque non nul de "brûler" les plantations. Un équilibre est donc essentiel pour maximiser les bienfaits sans nuire aux plantes.
Pourquoi privilégier le verger ?
Nous vous proposons d'utiliser ce système au verger pour deux raisons principales. Tout d'abord, bien que cette méthode fonctionne à merveille au pied des rosiers comme des arbustes, l'esthétique est parfois moyenne au pied des rosiers, et les pieds des arbustes sont souvent difficiles d'accès. Les fruitiers, c'est autre chose : les arbres sont bien espacés et leur pied gagne à être entretenu.
Ensuite, les arbres fruitiers sont des gourmands ! La lente décomposition du gazon ou du "foin" leur apportera une nourriture appréciable. Vous luttez ainsi de façon "bio" contre l'appauvrissement du sol, en fournissant un apport constant de nutriments essentiels.
La présence de graines
Si vous utilisez des tontes de gazon issues d'une pelouse bien entretenue, tout va bien. Cependant, s'il s'agit d'herbe "folle" (sauvage), elle contient probablement pas mal de graines. Il n'est pas impossible que ces dernières germent, ce qui pourrait engendrer de nouvelles "mauvaises" herbes. Il est donc préférable de privilégier des tontes de gazon sans graines pour éviter toute germination indésirable.
L'entretien général des arbres fruitiers : des soins tout au long des saisons
La présence d'arbres fruitiers dans son jardin est un vrai plaisir, quelles que soient les espèces cultivées. Mais pour profiter longtemps de leur généreuse production, un entretien régulier et adapté à chaque arbre fruitier est indispensable.
Bien entretenir ses arbres fruitiers en hiver
Des conditions de culture adaptées
En amont du bon entretien que vous allez offrir à vos arbres fruitiers, il est primordial de leur offrir des conditions de culture adaptées à leurs besoins en ce qui concerne le sol, l'exposition et le climat. Il faut bien sûr choisir des essences et des variétés adaptées à votre région.
L'arrosage pour un bon départ
Les deux ou trois premières années après la plantation, les arrosages sont importants car le jeune arbre n’a pas encore un système racinaire très développé et il lui est difficile d’aller trouver toute l’eau dont il a besoin. Arrosez à peu près tous les 10 jours copieusement au pied de l’arbre. Paillez pour conserver une bonne fraîcheur sur toute la surface autour du tronc correspondant à la ramure, si possible avec du BRF (Bois Raméal Fragmenté) ou des feuilles mortes. La décomposition de ces matières organiques va contribuer à la vie du sol.
La taille : un geste indispensable
La taille est un geste indispensable pour la santé des arbres fruitiers et pour une bonne production.
La taille de formation
Les trois premières années de l’arbre, la taille va surtout avoir pour objectif de lui donner une structure appropriée. Il importe de déterminer quelles branches seront les charpentières, parmi les plus vigoureuses et les mieux orientées pour que la forme globale de l’arbre soit harmonieuse. Celles-ci seront rabattues (raccourcies) tous les ans pour ne garder qu’un quart de la partie poussée pendant l’année. Cette taille permettra de les rendre plus épaisses et solides. Les autres branches seront éliminées.
La taille d'entretien
La taille d’entretien des arbres fruitiers permet en tout premier lieu d’aérer le centre de la ramure et d’éliminer les branches inutiles, de dédensifier cette ramure. Ainsi, l’air et le soleil accéderont plus facilement partout, limitant le risque de maladies et favorisant une bonne pollinisation et la maturation des fruits.
Vous commencerez par supprimer toutes les branches mortes, celles qui sont trop proches et parallèles à leur voisine, celles qui partent vers le bas ou vers le cœur de l’arbre. Vous pourrez aussi en raccourcir certaines, pour éviter qu’elles ne ploient sous le poids des fruits et que l’arbre dissémine ses ressources, au détriment des fruits les plus proches du tronc. Vous veillerez néanmoins à conserver l’architecture naturelle de l’arbre.
Vous pouvez également réaliser ce que l’on appelle un épointage : raccourcir très légèrement toutes les branches en coupant juste au-dessus d’un bourgeon pour une meilleure répartition de la sève.
Quand couper les branches des arbres fruitiers ?
Pour les arbres fruitiers à pépins (pommiers, poiriers), la taille doit être réalisée entre février et mars, dans tous les cas à la fin de l’hiver et avant que les bourgeons floraux n’apparaissent.
Pour les arbres fruitiers à noyaux (abricotiers, cerisiers, pruniers…), ce geste d’entretien doit se faire en automne, après la récolte et avant les premiers froids.
Au mois de mai, supprimez les nouvelles pousses apparues après la taille qui ne sont utiles ni à la formation ni à la fructification.
L'éclaircissage des fruits pour des fruits plus gros
Ce ne sont que certains arbres fruitiers qui nécessitent ce geste d’entretien, en l'occurrence les pommiers, les poiriers et les pêchers. L’éclaircissage consiste à éliminer certains fruits pour que les autres se développent mieux. C’est vers mai ou juin que cela se fait généralement, les fruits doivent avoir à peu près la taille d’une noix.
Astuce : avant de vous attaquer à l’éclaircissage, secouez votre arbre, tous les fruits qui ont des problèmes d’attache ou qui sont trop faibles tomberont d’eux-mêmes !
Pour le pommier et le poirier, vous conserverez 1 ou 2 fruits par bouquet. Pour le pommier, on privilégie les fruits placés au centre de ce bouquet. Pour un poirier au contraire, ce sont les fruits situés à l’extérieur du bouquet que vous conserverez. Comptez 8 fruits par mètre de branche pour un jeune pommier et le double pour un pommier ou un poirier de plus de 10 ans.
Pour le pêcher, on ne va éclaircir que lorsqu’il y a beaucoup de fruits et qu’ils sont très serrés. Gardez un fruit par groupe pour qu’il puisse correctement s’épanouir. Et, sachant que les rameaux de pêchers ne produisent de fruits qu’une seule fois, il faudra couper le rameau porteur après la récolte pour privilégier les autres rameaux qui n’ont pas encore donné.
Bien sûr, on va garder les fruits les plus beaux pour retirer ceux qui sont abîmés, malades ou peu développés. Sur pommiers et poiriers, ensachez les fruits. Ils seront protégés des insectes nuisibles et maladies, ils développeront qui plus est, un épiderme plus fin.
L'amendement du sol pour des arbres vigoureux
C’est à l’automne que vous allez amender le sol pour que l’arbre puisse bénéficier de tous les nutriments nécessaires au renouvellement de ses ressources, ressources épuisées par la saison végétative et la production de ses fruits. Apportez du compost ou du fumier, l’un et l’autre bien décomposés, tout autour du tronc de vos fruitiers, sur le même diamètre que leur ramure - la partie souterraine de l’arbre étant généralement équivalente à la partie aérienne. Déposez cet amendement en surface, sans l’enfouir, et recouvrez de feuilles mortes, de fougères, ou autre paillage facile à trouver à cette période.
Selon la nature de votre sol, il peut être judicieux de biner les contours des troncs de vos fruitiers pour décompacter la terre et permettre à l’eau et à l’oxygène de mieux circuler. Attention à ne pas abîmer les racines superficielles.
Quand mettre de la cendre au pied des arbres fruitiers ?
Contenant notamment de la potasse mais aussi d’autres sels minéraux tels que le calcium ou le magnésium, la cendre de bois est très utile pour les fruitiers au moment de leur floraison et de la fructification qui s’ensuit. Épandez ces cendres au printemps, en les incorporant superficiellement au sol par griffage.
Les traitements printaniers et hivernaux
Au printemps, sur les pommiers et les poiriers, sensibles à la tavelure, appliquez de la bouillie bordelaise en mars lorsque les bourgeons commencent à s’ouvrir, puis pulvérisez du soufre mouillable en avril. Sur les arbres à noyaux, sensibles à la moniliose, appliquez de la bouillie bordelaise au moment où les bourgeons grossissent entre février et mars. Si le printemps est pluvieux, vous pourrez faire une nouvelle application avant la floraison, puis après cette floraison.
Sur tous les fruitiers, sensibles à l’oïdium, un traitement à base de soufre sera appliqué au moment de l’apparition des bourgeons floraux, entre mars et mai selon les espèces et les variétés si le printemps a été doux et humide.
Un traitement d'hiver est souvent nécessaire : brûlez toutes les feuilles mortes et les déchets de taille et badigeonnez tronc et branches avec un traitement d'hiver pour éliminer les larves et les œufs cachés. Ces traitements seront accompagnés d’applications printanières de substances qui permettront de lutter contre les principales maladies.

Les défis courants et solutions pour un verger sain
L'entretien d'un verger ne se limite pas aux tâches régulières, il implique également de faire face à divers défis qui peuvent compromettre la santé des arbres et la qualité des récoltes.
Gestion des nuisibles : pucerons et fourmis
Les pucerons sont des nuisibles fréquents sur les arbres fruitiers. Si des fourmis sont présentes, c'est qu'elles sont attirées par le miellat, une substance sucrée sécrétée par les pucerons. Pour empêcher les fourmis de monter dans vos arbres, vous pouvez entourer le tronc d'une bande de glu ou d'un collier arboricole, que l'on trouve en jardinerie. Mais il est crucial de s'attaquer surtout au vrai problème, à savoir les pucerons, sinon elles reviendront. Pulvérisez par exemple de l'eau savonneuse (3 cuillères à soupe de savon noir liquide par litre d'eau, avec quelques gouttes d'huile végétale), du purin d'ortie ou de fougère-aigle à plusieurs reprises.
Protection contre le gel printanier
Si le thermomètre nous rappelle certes que l’hiver n’est pas loin, le printemps est pourtant bien là depuis le 20 mars. Les fruitiers se réveillent après avoir hiberné. Les plantes les plus précoces nous offrent déjà leurs fleurs. Les basses températures présentent des bienfaits notables pour ces derniers, en facilitant la régénération, pour une production plus fructueuse. Toutefois, dans certains cas, les premiers bourgeons font leur apparition tôt dans l’année. Si cela peut sembler encourageant pour la saison à venir, une trop grande précocité les expose à certains risques, et notamment les gelées.
Il est préférable de couvrir tout arbre fruitier déjà en fleurs dès qu'un épisode de gel est prévu. Si les fleurs sont brûlées, votre production risque d'être compromise. Recouvrez la totalité de la ramure d'un voile d'hivernage ou de vieux draps, en veillant à ce qu'ils ne soient pas en contact avec les fleurs, à l'aide de tasseaux plantés à la verticale par exemple.
Lutter contre les maladies courantes
Pour des arbres fruitiers en bonne santé, des fruits sains et généreux, quelques gestes d'entretien sont à effectuer aux différentes saisons. Un bon entretien des arbres fruitiers consiste principalement en une taille annuelle pour garder une structure saine et aérée, en une fertilisation appropriée et en traitements pour soigner ou prévenir.Pour les pêchers, nectariniers et brugnoniers, traitez-les avec de la bouillie bordelaise pour lutter contre la cloque. Après la taille du pêcher, pulvérisez un traitement à la bouillie bordelaise contre la cloque.
L'importance de la diversification des cultures
La diversité des végétaux dans votre jardin peut également contribuer à la santé de vos arbres fruitiers. En intégrant différentes plantes, vous favorisez un équilibre écologique qui peut aider à prévenir les maladies et les attaques de nuisibles. Par exemple, certaines fleurs peuvent attirer des insectes auxiliaires qui se nourrissent de pucerons.
L'écopâturage au verger : une alternative naturelle
L’écopâturage offre une méthode naturelle et écologique pour l'entretien des vergers, réduisant le besoin de tondre et de désherber mécaniquement.
Les animaux jardiniers au service du verger
Pâturage rime souvent avec prairie, mais pensez aussi aux autres zones du jardin : le gazon du jardin d’agrément, les chemins, le potager… Chaque animal peut participer à l’entretien des différentes zones du jardin. Les animaux domestiques comptent des espèces herbivores, non ruminantes comme les chevaux et les ânes, ou ruminantes comme les bovins, moutons et chèvres. Différentes méthodes d’écopâturage sont présentées dans le livre Les animaux jardiniers, en décrivant les paramètres de choix des auxiliaires, les équilibres à trouver, les techniques permettant d’éviter le surpâturage. Quelle que soit la parcelle sur laquelle évoluent les animaux, prévoyez toujours une zone de couchage sèche, de l’ombre et de l’eau fraîche pour leur bien-être.
Le mouton Shropshire : un allié du verger
Une race de moutons, le Shropshire, est particulièrement adaptée à la gestion d’espaces arborés. Ce mouton à tête noire possède une laine blanche couvrant généralement la face jusqu’aux yeux. Le Shropshire présente de très bonnes qualités bouchères, lainières et laitières, est prolifique et agnèle facilement. Il est rustique, peu exigeant sur la qualité du fourrage. Cette race anglaise était presque tombée en désuétude lorsque ses qualités en écopâturage ont été découvertes à la moitié du 19e siècle. L’élevage a alors connu un nouvel essor. Le Shropshire est donc maintenant régulièrement utilisé pour l’entretien de vergers, mais aussi de cultures de sapins de Noël.
Son intérêt dans le pâturage d’espaces arborés vient du fait qu’il n’a pas tendance à grignoter les écorces des arbres. De plus, sa laine dense lui permet de ne pas s’accrocher dans les branches. En verger, les Shropshire mangent les feuilles des arbres et leurs fruits, mais ne touchent pas aux bourgeons et aux écorces. Ils ne conviennent donc pas aux arbres basse-tige, mais plutôt aux demi-tige et haute-tige. Un avantage cependant : ils peuvent affaiblir les gourmands poussant à la base de l’arbre en mangeant le feuillage : il ne restera plus qu’à donner un petit coup de sécateur pour en venir à bout.
Lors de l’installation des animaux, pensez à leur mettre à disposition de l’eau fraîche à volonté ainsi qu’une pierre à sel à proximité de l’abreuvoir (mais au sec), qui compensera d’éventuelles carences minérales. Il conviendra de surveiller les béliers, qui ont tendance à se frotter la tête aux arbres pour marquer leur territoire. Si nécessaire, séparez-les du troupeau pour leur réserver une autre prairie. Les agneaux peuvent avoir tendance à « se faire les dents » sur des branches basses.
Protection des arbres en cas d'écopâturage
À moins d’opter pour un désherbage par des moutons Shropshire ou par des volailles, toute présence d’ongulés sur les parcelles arborées nécessite d’installer une protection sur les arbres. Plusieurs types de barrières sont possibles : corsets métalliques, simples piquets (3 à 4) munis d’un fil barbelé ou d’un treillis. Le corset métallique convient pour les bovins et les moutons, mais attention aux risques de frottements de l’armature sur le tronc. Il ne nécessite qu’un seul tuteur (deux en cas de « poussée » par les bovins) et est assez facile à placer, mais coûte cher. Surveillez la croissance de votre arbre : il sera nécessaire, après quelques années, d’agrandir le corset. Pour les moutons, ajoutez du treillis pour poules autour de la protection. Le fil barbelé fixé à 3 ou 4 piquets convient aux bovins et chevaux et facilite l’accès au tronc pour la taille des gourmands. Il n’est pas suffisant pour les plus petits ongulés, pour lesquels un treillis de type Ursus sera mieux adapté, éventuellement doublé de fil barbelé. On prévoit en général des lattes transversales reliant les pieux pour plus de solidité. Une protection triangulaire (3 piquets) doit mesurer 1,50 mètre de côté pour les ovins, 2 mètres pour les bovins et caprins et 2,50 mètres pour les chevaux. La hauteur de la protection doit être adaptée aux animaux en fonction de leur taille au garrot et de leur agilité.
Les volailles : un atout pour le verger
Poules, canards et oies peuvent avantageusement participer à la gestion d’un verger. Ils ne présentent pas de risques pour les arbres, sauf pour de très jeunes plants dont l’écorce est encore très tendre. Pour éviter un épuisement de la végétation, il est intéressant de prévoir une rotation entre différents enclos.
En Suisse, l’association « Weidegans.ch » encourage la mise en place d’un mode de production d’ « Oies de pâturage » chez les agriculteurs. Ce mouvement est animé par un souhait de développer une filière plus respectueuse du bien-être animal, et donnant une viande de qualité grâce à l’alimentation naturelle des animaux, leur activité physique et offrant une plus longue durée de vie que dans les élevages industriels. La traction animale est aussi utile pour le désherbage que pour le travail du sol. Les oies raffolent de racines de chiendent, qu’elles attrapent de leur bec dans les parcelles légèrement travaillées. Ce mode de gestion a été réalisé avec succès dans notre microferme pour des parcelles de pommes de terre, de courges ou de fraises. Le travail sur des parcelles d’interculture ou enherbées avant semis peut se faire par d’autres espèces (canards, poules, lapins).
Précautions avec les jeunes animaux
Le pâturage suffit rarement à combler les besoins nutritionnels des animaux. Les jeunes animaux ne seront pas mis au pâturage trop tôt. Chez les ovins et les caprins, il est possible de les laisser suivre leur mère, mais attention aux attaques de prédateurs (notamment le renard) pendant les trois premières semaines. Elles ont aussi besoin de chaleur. Dans le cas d’élevage par la mère, il y a en général peu de risque car d’instinct, la femelle prend soin de sa progéniture. Par contre, si les jeunes volatiles sont issus d’un élevage en couveuse, il conviendra d’être très prudent. Les poussins, canetons et oisons risquent de se refroidir pendant leurs six premières semaines de vie.
