Planter un arbre à racines nues, c’est l’une des meilleures manières de donner vie à un nouvel arbre chez soi ! Les arbres à racines nues, souvent plus abordables et plus légers à transporter, sont généralement plantés en fin d’automne ou en hiver, pendant la période de dormance. Les arbres à racines nues sont des arbres qui ne sont pas cultivés en pots, mais plutôt directement dans le sol. Ils ne sont pas non plus vendus en pots, d’où le nom de « racines nues » (puisqu’elles ne sont plus cachées par un pot). Voici quelques-unes des principales raisons pour lesquelles nous préférons produire des arbres à racines nues que des arbres en pot.

Comprendre l'avantage des racines nues
On pourrait penser qu’une fois planté dans le sol, un arbre grandit en pot finira par avoir le même type de système racinaire que celui d’un arbre à racines nues, de sorte qu’à long terme, il n’y aurait pas de grande différence. Ce n’est pas le cas, car le système racinaire d’un arbre en pot prend la forme de l’intérieur du pot. Lorsque le pot est enlevé, les racines ne se détordent pas pour s’étendre naturellement dans le sol, elles conservent cette forme. Cela limite considérablement la capacité de l’arbre à absorber les nutriments et l’eau du sol, et le rend beaucoup moins stable et résilient.
Les arbres à racines nues sont peut-être plus petits que les grands spécimens en pot que vous trouvez dans les jardineries, mais ils sont vigoureux et forts. Sans le poids d’un grand pot plein de terre pour chaque arbre, les arbres à racines nues peuvent être transportés et expédiés facilement, dans des emballages compacts et légers. Vous pourriez facilement tenir dans vos bras un paquet de 50 arbres, et vous pourriez même le ramasser au bureau de poste à vélo ! Bien qu’il puisse sembler petit et modeste, un tel arbre peut croître de plus de 1,2 m par an.
La période idéale de plantation
Il est important de comprendre que les arbres à racines nues ne peuvent être déterrés et plantés que pendant leur période de dormance, au printemps ou à l’automne. L’une des choses les plus importantes à comprendre sur les arbres à racines nues est qu’ils ne peuvent être déterrés du sol que lorsqu’ils sont en dormance. C’est-à-dire, soit en automne après qu’ils aient perdu leurs feuilles; soit au printemps avant l’éclosion des bourgeons. C’est entre l’automne et l’hiver que l’on trouve dans le commerce des arbres fruitiers à racines nues. Moins coûteux, plus vigoureux et de meilleure reprise que les végétaux en conteneur, ils sont très simples à planter en suivant ces quelques conseils pour préparer l’arbre en lui-même et la terre qui le recevra.
Faire son propre pralin
Choisir la forme de son arbre fruitier
Il existe de nombreuses catégories de fruitiers, selon leurs variétés mais aussi selon leurs dimensions et leurs formations. Avant de planter un fruitier, il faut s'assurer que sa dimension et sa formation soient en adéquation avec votre espace.
- Le Scion : Jeune sujet d'un an pour les arbres à croissance et mise à fruits rapide. Son évolution dépend beaucoup du Porte-greffe choisi en amont.
- Les Fuseaux : Ce sont des Scions qui ont poussé pendant une année supplémentaire sans taille spécifique. Vous obtiendrez un arbre plus tassé, d'environ 3 mètres de haut.
- La Quenouille : Comparable à un "Quart de tige", ces arbres ont un tronc d'une hauteur de 50 à 60 cm. Leurs formes permettent une bonne exposition au soleil et à l'air.
- La Demi-tige : Son tronc fait environ 1m50. Il faudra prévoir un espacement de 5 à 10 mètres dans votre jardin. L’avantage est qu’il sera plus facile à tailler et la cueillette des fruits sera plus simple que pour la Haute-tige.
- La Haute-tige : Avec un tronc d'environ 1m80, il faut compter un espacement de 8 à 10 mètres avec les autres arbres. Cette dimension va permettre d'avoir un fruitier qui produit beaucoup et pendant de nombreuses années.
- Formes palissées (U et double U) : Le tronc ne fait que 30 centimètres et les branches sont taillées et palissées. Cette méthode permet de planter sans les contraintes d'emplacement, contre un mur par exemple.
La préparation du terrain et de l'arbre
Avant de creuser, réfléchis bien à l’endroit où tu vas planter ton arbre. Regarde combien d’espace il va avoir besoin en grandissant, et vérifie les besoins spécifiques de l’espèce : soleil, ombre, type de sol. Une fois que tu as trouvé l’endroit parfait, il est temps de préparer l’emplacement. Creuse un trou deux fois plus large que le système racinaire de ton arbre. La profondeur doit être suffisamment grande pour que les racines soient bien à l’aise. En règle générale, le trou doit mesurer environ 30 à 50 cm de profondeur, pareil en largeur.
Avant la plantation de vos arbres, il est possible d’effectuer un pralinage : il s’agit d’une technique utilisée pour améliorer la reprise des plantes à racines nues lors de leur plantation. Le pralin est un mélange fait généralement d'eau, de terre argileuse, de bouse de vache (ou de compost), et parfois d'un peu de fumier décomposé. Enlève au sécateur les racines abîmées. Fait ensuite tremper dans un seau contenant ce mélange. Les jeunes racines doivent être enduites de ce mélange à la consistance d’une pâte à crêpe. Ce petit bain est excellent pour faciliter la reprise de l’arbre.

Étapes clés de la mise en terre
Si votre arbre mesure plus de 1 mètre ou si vous êtes dans une région ventée, il faut le tuteurer. Plantez le tuteur impérativement avant de mettre l'arbre en place, légèrement décalé par rapport au centre du trou (à 5-10 cm du futur tronc), du côté des vents dominants. Enfoncez-le profondément (30 à 40 cm dans le sol) pour qu'il soit bien stable. Si vous plantez le tuteur après, vous risquez de blesser les racines.
Installez l’arbre au centre du trou, sur la butte de terre que vous avez formée. Étalez bien les racines tout autour de la butte, dans leur position naturelle, sans les tordre ni les replier. Attention au point de greffe : il doit rester au-dessus du sol, à 5-10 cm de hauteur. Si vous l'enterrez, le greffon va émettre ses propres racines, et vous perdrez les caractéristiques du porte-greffe.
Rebouchez le trou d'abord avec la terre de profondeur que vous aviez mise de côté. C'est cette terre, plus lourde et moins riche, qui doit être au contact des racines. Terminez de reboucher avec la terre de surface, plus légère et plus aérée. Tassez délicatement à la main pour éviter les poches d’air, mais pas trop fort pour laisser le sol respirer.
Entretien post-plantation
Contrairement aux idées reçues, si le pralinage a été effectué correctement et que le sol est légèrement humide, un arrosage massif à la plantation est à éviter car il ‘lave’ le pralinage et fait descendre toutes les particules fines au fond du trou. Arrose tout doucement si le sol est sec à la plantation, puis arrose au besoin pendant les 2 ou 3 premières années. Il vaut mieux un bon arrosage de temps en temps qu’un petit arrosage tous les jours (à proscrire).
Pense à ajouter une couche de paillis autour de ton arbre. Le paillage aide à conserver l’humidité, limite la pousse des mauvaises herbes et protège les racines du froid pour les espèces sensibles. Utilise de la paille, des feuilles mortes, du compost mûr, des végétaux broyés. Attention : laisse un espace de quelques centimètres entre le tronc et le paillis pour laisser respirer le ‘collet’, le tronc au niveau du sol, et éviter que l’humidité ne provoque des maladies.

Gestion des imprévus et stockage temporaire
Vous craignez d’acheter un fruitier et de ne pas pouvoir le planter immédiatement ? Si vous devez trouver un emplacement temporaire pour planter un arbre à racines nues, il serait préférable de simplement planter l’arbre dans un endroit facile d’accès, et de le transplanter à l’automne ou au printemps, quand il est dormant. La tranchée doit être remplie de terre légère, ou mieux, de sable. Vous pouvez mettre plusieurs arbres et arbustes dans une même jauge, et ils peuvent y rester jusqu’à un mois. Si vous devez absolument planter votre arbre temporairement dans un pot pour une raison quelconque, choisissez un pot aussi grand que possible, et arrosez-le très régulièrement.
Enfin, pour maintenir votre arbre en bonne santé et assurer une production de fruits de qualité, vous pouvez pratiquer une taille annuelle en fonction de la forme de l’arbre. La taille hivernale (février-mars en évitant les périodes de forte gelée) permet de structurer l'arbre. Les arbres caduques, qui perdent leurs feuilles en automne, peuvent être cultivés depuis leur semis, bouturage ou greffage directement en pleine terre pour garantir une croissance optimale dès les premiers beaux jours.