La préservation de la biodiversité fruitière dépasse largement les frontières administratives. Il est essentiel de coopérer à l’échelle internationale, notamment en détermination pomologique, car une seule et même variété peut avoir été diffusée dans plusieurs pays sous des appellations différentes. La conservation des variétés ne s’arrête pas aux frontières. Dans ce contexte, FRUCTUS est membre d’Europom, un réseau européen d’organisations actives en pomologie et œuvrant pour la sauvegarde et la rediffusion d’anciennes variétés fruitières patrimoniales. Les organisations membres mettent sur pied à tour de rôle tous les ans depuis 1989 une grande exposition pomologique internationale et un congrès.

La commission pomologique convoquée à intervalles réguliers par FRUCTUS est composée d’expert-e-s d’envergure internationale. Ils et elles soutiennent l’équipe suisse principalement dans l’identification et la bonne désignation des variétés fruitières anciennes. Tous les ans, des représentant-e-s de FRUCTUS participent activement aux « Rencontres pomologiques internationales ». FRUCTUS fut cofondatrice de la manifestation qui connut sa première édition en 2001 à Wädenswil. En 2019, FRUCTUS et Hortus (FL) furent les hôtes des 18e rencontres pomologiques internationales sur le thème de « La diversité des variétés fruitières et leur utilisation dans des jardins privés et publics. » La rencontre se déroula du 8 au 10 novembre au centre de formation agricole de Salez SG. Au programme, des conférences spécialisées, des ateliers et des excursions.
L'adaptation climatique comme levier de résilience
Face aux changements globaux, la démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, ainsi qu’à ses conséquences, est devenue une priorité. Pour les systèmes humains, il s’agit d’atténuer les effets préjudiciables et d’exploiter les effets bénéfiques. Le stress thermique, tel que l’arrêt du remplissage du grain de blé lors de sa phase de maturation à cause de trop grandes chaleurs, illustre la vulnérabilité des cultures.
La végétalisation est l'une des clés pour aménager son territoire et le rendre plus résilient. Biodiversité et climat, même combat ! Leurs crises sont liées, s'accentuent mutuellement et ont la même origine : les activités humaines. Les solutions se rejoignent également. Pourquoi planter local ? Planter local c’est planter des végétaux originaires de son territoire. En agissant ainsi, on assure le gîte et le couvert à la faune locale. En effet, faune et flore sont interdépendantes : on parle de co-évolution pour certaines espèces pollinisatrices qui sont morphologiquement adaptées à une flore spécifique.
Tout savoir pour BIEN planter un arbre !
Stratégies de plantation et choix variétaux
Quel que soit l’espace dont vous disposez dans votre jardin, vous pouvez avoir envie d’y planter un arbre fruitier, ou plusieurs. Or, afin de pouvoir profiter d’une récolte de fruits frais et savoureux, il est important de choisir l’arbre fruitier qui correspond au climat sous lequel vous vivez. À noter que, plus que le froid en lui-même, ce sont les écarts de température qui peuvent nuire aux arbres fruitiers et à leur culture. Les gelées qui se poursuivent après l’hiver peuvent d’ailleurs causer d’important dégâts sur les arbres fruitiers.
Le type de sol n’est pas le même d’une région à l’autre. Or les arbres fruitiers ont là aussi des besoins spécifiques afin que leur culture se déroule dans de bonnes conditions. Les besoins en humidité, et donc en arrosage, varient aussi d’une variété d’arbre fruitier à l’autre. Les vents forts sont aussi un paramètre à prendre en considération au moment de choisir un arbre fruitier pour son jardin. Certaines espèces en effet, plus fragiles, ne résistent pas à une exposition aux vents forts, tandis que d’autres variétés doivent en être protégées, notamment lorsqu’elles sont jeunes, pour pouvoir les affronter.
Le patrimoine fruitier corse et les spécificités locales
Les arboriculteurs et maraîchers corses mettent en œuvre une agriculture raisonnée, respectueuse de l’environnement. Ils cultivent des variétés adaptées pour proposer des produits d’excellente qualité gustative. L’oignon doux du Cap Corse, appelé aussi communément oignon de Sisco en raison de l’importance de sa culture dans cette commune, est très anciennement cultivé sur ce territoire. Du point de vue aromatique, l’oignon du Cap Corse se différencie des autres variétés par sa grande douceur, la faiblesse de son facteur lacrymogène ainsi que la proportion originale de ses composés aromatiques. On le trouve à la vente en frais dès le mois de juillet, avant sa complète maturité.

Il est crucial de recenser les fruitiers rares au sein des fruitiers cultivés en étendant le champ de ceux-ci aux végétaux acclimatables, en limite d'acclimatation, ou peu pratiqués. Les fruitiers cultivés acclimatables sont, pour la France métropolitaine, ceux de pays de climat tempéré. Les fruitiers cultivés en limite d'acclimatation sont, pour certaines régions, les fruitiers subtropicaux. Enfin, les fruitiers peu pratiqués présentant un intérêt particulier sont, par exemple, les agrumes rustiques.
Typologie des fruitiers : des classiques aux raretés
Avant de recenser progressivement les fruitiers rares, commençons par identifier ceux qui ne le sont pas (les fruitiers classiques). Il comprend les arbres à noyaux (prunier, abricotier, pêcher, cerisier), les arbres à pépins (pommier, poirier), ainsi que les fruits à coques (noyer, noisetier). Il comprend aussi les petits-fruits : framboisier, cassissier, groseillier à grappes, groseillier à maquereau, myrtillier des jardins, fraisier, mûre. Il faut également y inclure les fruitiers dits "méditerranéens" : olivier, figuier, néflier du Japon, plaqueminier du Japon, jujubier, grenadier.
En considérant les fruitiers classiques, on peut identifier un début de différenciation vers les fruitiers rares : les fruitiers classiques à caractères remarquables. Il s'agit de variétés rares de fruitiers classiques, car possédant un ou plusieurs caractères qui leur confèrent une qualité supérieure ou un avantage parmi celles d'une espèce donnée. Les caractères remarquables peuvent appartenir au fruit : goût ; taille ; tenue sur l'arbre ; conservation après récolte ; tenue au sol sans pourrir ; aptitude à blettir en restant agréable.

Au-delà du caractère remarquable, le fruitier classique peut présenter une bizarrerie au niveau de l’arbre lui-même ou du fruit. Le caractère insolite peut affecter la couleur de la peau, la comestibilité de la peau, la couleur de la chair, ou l'absence de noyaux. Il peut concerner la taille ou la forme de l'arbre : nain, rampant, pleureur, tortueux, colonnaire. Il peut également provenir du feuillage ou de la fleur. Pour s'affranchir des fruitiers classiques tout en restant dans le domaine des espèces fruitières cultivées, on peut aborder un troisième niveau : les fruitiers cultivés acclimatables.
Vers une approche intégrée de la biodiversité cultivée
Si l'on quitte les fruitiers cultivés de toutes origines, on est amené naturellement à considérer l'autre facette des fruitiers, représentée par les fruitiers sauvages. Ils constituent une part importante des fruitiers rares. On peut tout d'abord s'intéresser aux fruitiers sauvages indigènes. Comme leur nom l'indique, ils existent à l'état naturel en France. Citons l'épine-vinette, l'amélanchier commun, l'argousier, le genévrier, la myrtille de montagne, l'airelle, la mâcre.
A la suite des fruitiers sauvages, ne faisant pas partie des fruitiers cultivés, un nouveau sous-ensemble de fruitiers rares peut être identifié : les plantes ornementales à fruits comestibles. Dans notre méthodologie, on entend par plantes ornementales à fruits comestibles, les plantes dont on peut consommer les fruits, mais auxquelles la culture dominante dans notre société attribue une vocation purement ornementale. Lorsqu'il s'agit d'espèces sauvages, leur caractère distinctif par rapport aux fruitiers sauvages est leur utilisation habituelle pour l'ornementation, sans exploitation alimentaire du fruit, pourtant comestible.
Il est possible d'étendre encore le domaine des fruitiers rares si l'on s'intéresse en dernier lieu à des végétaux qui font la transition entre les fruitiers et les légumes : les légumes-fruits. La famille des Solanaceae en constitue la majeure partie. Le principe général à retenir pour toute plantation est de varier les espèces afin de diversifier les sources de nourriture, la palette de couleurs, et de diminuer le risque potentiel d'allergie. Les flores locales sont bien adaptées aux insectes de chez nous : nectar et pollen correspondent aux besoins nutritifs des espèces pollinisatrices tandis que les essences exotiques ou les cultivars sont souvent appauvries. Les insectes s’épuisent alors à les butiner. Enfin, les essences locales, par leur adaptation au milieu s’enracinent bien dès le début de leur plantation, assurant une meilleure résilience face aux épisodes climatiques intenses.
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