Utilisation optimale du fumier de cheval pour la plantation et l'entretien des oliviers

En oléiculture, la fertilité du sol est un élément crucial pour garantir des plantes saines, productives, capables d'offrir une huile de haute qualité. Parmi les différentes pratiques agronomiques, l'utilisation d'engrais organiques représente un choix durable et efficace pour nourrir le sol, tout en améliorant sa structure et ses propriétés microbiologiques. Le fumier de cheval est une ressource précieuse pour enrichir le sol de votre jardin grâce à ses nombreux nutriments. C’est un mélange de déjections des chevaux et de litière végétale ; généralement de la paille. En fonction du niveau de paille, de crottin ou d’urine, il peut être plus ou moins sec.

Schéma illustrant la composition du fumier de cheval : déjections, paille, azote et carbone

Composition et propriétés agronomiques du fumier de cheval

Le fumier de cheval est particulièrement apprécié par de nombreux jardiniers, car il montre beaucoup de qualités fort intéressantes. Il est riche en calcium, utile pour améliorer la santé des sols, et contient environ 30 % de matière sèche et 70 % d'eau. Lors de sa décomposition, il offre au sol tous les nutriments dont il est composé : minéraux et oligoéléments. Ses matières organiques favorisent également la formation d’une couche d’humus. La structure comme la composition du sol en sont améliorées, quelle que soit la qualité du sol au départ (argileux ou sablonneux), un grand bénéfice pour tous les organismes vivant dans le sol. Il est plus aéré, donc l’air et l’eau y circulent mieux, l’eau y est plus facilement retenue.

Parmi les différents fumiers, l’utilisation du fumier de cheval est un bon choix. Il est bien équilibré, grâce à sa teneur en paille, et est particulièrement apprécié pour les terres lourdes, argileuses, qu’il contribue réellement à améliorer. Il est particulièrement riche en potasse et en azote. À cette masse de fumier pourraient être ajoutés des micro-organismes utiles, comme des bactéries fixatrices d'azote, pour améliorer la disponibilité de l'azote, ou des champignons mycorhiziens pour augmenter l'absorption de nutriments comme le phosphore et le potassium.

Le processus de compostage contrôlé

Le compostage contrôlé n’est rien d’autre que la fermentation de la masse de fumier elle-même, qui se décompose à des températures de 60-70°C. Ce traitement thermique élimine les graines de mauvaises herbes et toute présence d’agents pathogènes. Il faut environ 6 mois pour composter correctement un fumier. Le fumier de cheval, qui monte très haut en température, peut ainsi se débarrasser des éventuelles bactéries ou parasites qu’il peut contenir. Ce compostage permet également d’équilibrer les ratios NPK (N pour azote, P pour phosphore, K pour potasse). Un fumier de cheval bien décomposé présente ainsi un NPK de 0,6 % d’azote, 0,4 % de phosphore et 0,7 % de potassium.

Pour bien mener ce compostage, plusieurs choses sont importantes :

  • Ne réalisez pas de tas trop hauts, dans lesquels le processus ne se passerait pas correctement.
  • Installez-le sur des branchages, qui permettront à l’air de passer en-dessous et qui favoriseront également l’écoulement du liquide qui se forme au cours de la décomposition.
  • Retournez-le au moins 3 fois au cours des 6 mois.
  • Il est conseillé de couvrir le fumier, par exemple avec de la paille. Cela évitera le lessivage de tous les nutriments dans le sol entraînés par la pluie.

Application spécifique à l'olivier et aux massifs

Pour les oliviers, il est conseillé d'apporter de l'engrais durant l'hiver et durant l'été. Si vous disposez d'un fumier, il est préférable qu'il soit affiné et composté, car un fumier seulement séché reste trop brut. Sur une surface de 1,5 m autour du tronc, l'épandage d'un mélange de compost et de fumier est une pratique courante, mais la prudence est de mise. Pour les massifs, étaler en surface une épaisseur de 2 à 3 cm d’un mélange de compost et de fumier est généralement correct. Le fait de le mettre en surface protège les plantes d'éventuelles brûlures en laissant le soin à la nature de l'incorporer doucement.

Il est important de noter que certains chevaux peuvent être sous traitement médicamenteux. Les vermifuges, insecticides et autres médicaments chimiques de synthèse administrés aux animaux sont toxiques pour la faune du sol. Si le principe actif peut être considéré comme dégradé en quelques semaines à quelques mois, les résidus de dégradation restent. Il est donc nécessaire de laisser reposer le fumier et de l’introduire dans du compost.

Diagramme montrant le cycle de décomposition du fumier au pied d'un olivier

Gestion du fumier frais et risques associés

Le fumier frais présente quelques inconvénients : il est assez riche en ammoniaque à cause des urines, donc une quantité importante peut être polluante. Il est assez conseillé de ne pas l’épandre juste avant de faire des plantations, il est préférable de le faire au moins 3 à 4 mois avant. La quantité d’azote qu’il contient est un peu importante pour certaines de vos plantations et risque de brûler leurs racines.

L’utiliser frais a par contre l’avantage de doper l’activité biologique du sol. Par contre, ne l’utilisez pas frais en cours de culture, lorsque les plants ont déjà poussé, les éventuels agents pathogènes qui pourraient s’y trouver seraient encore actifs et pourraient contaminer votre production. Si le fumier est pailleux et frais, on peut l'étaler sur le sol sans l’enfouir. En quelques semaines et en fonction de la température et des précipitations, il se compostera tout seul, en « nappe ». Un labour superficiel, sans retournement, permet d’en incorporer les restes à la fin de l’hiver.

Techniques d'épandage et alternatives

Le meilleur moyen pour bien intégrer le fumier dans le sol, c’est de ne pas l’intégrer ! Il convient en effet de l’étaler sur le sol et de le laisser se décomposer jusqu'au moment des plantations. En effet, sa décomposition doit se faire en milieu aérobie, c’est-à-dire exposé à l’air. C’est à l’automne qu’il est conseillé de réaliser cet épandage. Une fois le printemps venu, le gel et les pluies étant passées sur le fumier, aidées par les microorganismes vivants dans le sol, le fumier sera parfait. Les vers de terre vont faire leur travail et l'incorporer progressivement dans le sol, en douceur et déjà décomposé.

Explication technique et scientifique en rapport à la video sur le fumier de cheval

Une approche permaculturelle consiste à ne pas vouloir enfouir, ne serait-ce que superficiellement, le fumier de cheval épandu. Il peut tout simplement être recouvert de matières ligneuses, par exemple de la paille, des feuilles, ou du BRF. Vous formerez ainsi, progressivement, des buttes sur lesquelles vous pourrez planter.

Le fumier déshydraté : une solution pratique

Très simple à utiliser de par sa présentation en granulés, le fumier déshydraté est idéal pour tous ceux qui n’ont pas accès à du vrai fumier. Il est élaboré par compostage, broyage et déshydratation. La matière première est identique à celle du fumier de ferme classique. Il a l’avantage de pouvoir être employé à tout moment. Il se mélange très simplement à la terre ou au terreau et s’incorpore par griffage ou ratissage. En entretien, il sera apporté 1 fois par an, à l’automne ou au printemps, à raison d’1 kg/m². Dans un potager, on peut également compter entre 300 et 600 g/m² selon les besoins spécifiques des cultures.

Il faut cependant garder à l’esprit que la fertilité des déjections d'animaux n'est garantie que si les animaux ne reçoivent pas de médicaments chimiques de synthèse, car les huiles essentielles et autres élixirs perturbent, voire détruisent, les microorganismes et autres insectes du sol. En respectant ces précautions et en privilégiant un fumier bien composté, le fumier de cheval demeure un amendement de premier choix pour assurer la vitalité de vos plantations et la pérennité de votre sol.

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