Le Fumier et les Crottins de Cheval : Un Guide Complet pour une Gestion Écologique et un Jardinage Fertile

Le cheval, animal souvent qualifié de "noble", génère des déjections précieuses pour l'agriculture et le jardinage : le fumier et les crottins. Ces matières organiques, véritables trésors pour la fertilité des sols, sont pourtant soumises à des réglementations et demandent une utilisation avisée pour en tirer le meilleur parti. De la gestion de la litière dans les élevages à leur application optimale au potager, comprendre les spécificités de ces effluents équins est essentiel. Cet article explore en profondeur l'origine, les caractéristiques, les usages, les avantages, ainsi que les précautions nécessaires concernant le fumier et les crottins de cheval, un allié puissant pour enrichir naturellement la terre.

Comprendre les Bases : Crottins Purs et Fumier de Cheval

Les déjections équines se présentent sous différentes formes, chacune ayant ses propres caractéristiques et applications. Il est crucial de distinguer les crottins purs du fumier de cheval tel qu'il est couramment utilisé.

Définition et Composition du Crottin Pur

Les crottins purs sont ramassés le plus souvent à la main pour maintenir la propreté des litières artificielles, des aires d’exercice, des abris de prairie, des paddocks de détente ou des aires de vie des équidés. Ces crottins sont composés d’éléments organiques et minéraux ainsi que d’eau. La teneur en eau est très variable, pouvant aller de 30 à 70%. On y retrouve des fibres résultant des fractions de cellulose et lignine des aliments que les micro-organismes n’ont pas pu dégrader lors de la digestion des aliments chez les équidés. Au pâturage, le cheval ingère de l’herbe tendre qui contient 85% d’eau. Il en résulte des crottins humides et moins fibreux. Les crottins humides de pré, déposés sur un couvert végétal actif, se dégradent rapidement par l’action des micro-organismes, de la faune et des insectes coprophages.

Le Fumier de Cheval : Un Mélange Riche et Complexe

Le fumier de cheval est un mélange de crottin, d’urine et de litière végétale. Cette litière peut être constituée de paille, de copeaux de bois ou d’autres matières végétales. La litière (généralement constituée de paille) est changée très fréquemment dans les élevages. Ce qui fait que ce fumier sera particulièrement riche en matières ligneuses, carbonées, souvent plus de 50 % du total du fumier. Le fumier de cheval est une ressource précieuse pour enrichir le sol de votre jardin grâce à ses nombreux nutriments.

Schéma des composants du fumier de cheval : crottin, urine, paille

Caractéristiques Physiques et Chimiques

Un des paramètres essentiels à connaître est le rapport carbone/azote, que l’on appelle C/N. Avec de la paille, ce rapport est assez équilibré, autour de 27 à 30. Avec des copeaux de bois, ce rapport peut grimper jusqu’à 60. Ce rapport est important parce qu’un fumier trop riche en carbone bloque temporairement l’azote du sol. Les micro-organismes puisent l’azote pour dégrader la matière, au détriment de vos plantes. Le fumier de cheval contient de l’azote, de la potasse et autres éléments minéraux comme le calcium et le magnésium. Il contient un peu moins de phosphore. Tous les fumiers de cheval ne se valent pas. Leur efficacité dépend de leur état de décomposition et du moment où vous les utilisez. Le fumier de cheval est un amendement complet. Il apporte des éléments essentiels comme l’azote, le phosphore et la potasse, mais leur libération se fait lentement, au rythme de la minéralisation.

Réglementation et Gestion des Déjections Équines

Comme pour toutes les déjections d’animaux domestiques, le crottin de cheval fait partie des effluents d’élevage dont le stockage et l’épandage sont régis par le Règlement Sanitaire Départemental (RSD). La gestion de ces matières ne peut donc pas se faire sans respecter certaines règles.

Le Cadre Légal du Stockage et de l'Épandage

Ainsi, l’accumulation de crottins d’équidés en tas doit respecter les modalités de stockage sur une surface étanche et les règles de distance vis-à-vis des tiers, comme pour le fumier de cheval. Le fumier, comme tout effluent d’élevage, est strictement encadré par la réglementation. Dans certaines zones dites vulnérables (notamment aux nitrates), vous êtes limité à 170 kg d’azote par hectare et par an. Cela correspond à environ 25 à 30 tonnes de fumier frais par hectare, selon sa composition. Le fumier doit être stocké dans de bonnes conditions, de préférence sur une fumière étanche, protégée de la pluie, pour éviter les écoulements polluants.

Distances et Modalités de Stockage

Des questions se posent souvent concernant les distances minimales à respecter entre une zone de stockage de crottins et le jardin des voisins. Pour les fosses de plus de 5m³, il est souvent requis qu'elles soient à plus de 50m des habitations. Cependant, pour un petit tas de crottins qui ne représente certainement pas 5m³, la situation est moins claire légalement. Un tas de crottin ne sent généralement rien du tout, sauf au moment où l'on déverse la brouette quotidienne. En hiver, les odeurs et les mouches sont moins problématiques. Néanmoins, il est toujours préférable d'éviter de créer des nuisances pour le voisinage et de respecter les règlements locaux.

Africompost Le Compostage, un moyen de gestion durable des déchets Reportage 6Min

Les Enjeux avec le Voisinage

Les litiges de voisinage concernant le stockage de fumier ou de crottins sont malheureusement courants. Même si un tas de crottins n'est pas censé dégager d'odeur en hiver, des voisins peuvent s'en plaindre. Il est conseillé de s'assurer que le tas n'est pas trop proche d'une clôture mitoyenne et de privilégier un emplacement où le tracteur peut facilement passer pour l'enlèvement. Une bonne communication avec les voisins et la connaissance des réglementations locales peuvent aider à prévenir les problèmes.

Pourquoi Utiliser le Fumier de Cheval ? Un Amendement Précieux

Le fumier de cheval est une bénédiction pour votre sol. Riche, structurant et facile à trouver, il booste la fertilité de votre potager sans produit chimique. Il cache une richesse insoupçonnée pour nourrir et structurer le sol. Bien utilisé, le fumier de cheval devient un véritable moteur pour la fertilité de votre potager.

Un Matériau Équilibré et Structurant pour le Sol

Le cheval est un animal que l'on qualifie de "noble", et sa litière, généralement constituée de paille, est changée très fréquemment. Cela rend le fumier particulièrement riche en matières ligneuses et carbonées. Ce type de matériau est idéal pour la constitution d’un humus stable, le « Graal » du jardinier. Le fumier de cheval agit d’abord comme un excellent amendement organique. Sur les terres argileuses, il allège la structure, favorise l’aération et limite la formation de croûtes de battance. Pour les terres sableuses, il peut donner du corps. Léger, chaud et équilibré, il améliore la structure des sols et les rend plus meubles, légers, et poreux.

Apport Lent et Durable de Nutriments Essentiels

Le fumier de cheval apporte des éléments essentiels comme l’azote, le phosphore et la potasse. Il contient également du calcium et du magnésium, qui jouent un rôle dans l’équilibre du sol et la croissance des plantes. Le fumier de cheval ne libère pas tous ses éléments nutritifs d’un coup. Dans le fumier de cheval, ces éléments sont présents sous forme organique. Ils se libèrent donc lentement, au fur et à mesure que la matière se décompose. Cela permet d’éviter les excès, les brûlures et les lessivages. La faible concentration en minéraux du fumier de cheval ouvre la porte à apporter de grandes quantités. Les minéraux qu'il contient vont se libérer dans le sol sur une année, deux années pour l’azote.

Stimulation de la Vie du Sol et Amélioration de la Structure

Le fumier de cheval participe à stimuler la vie du sol, puisque les vers de terre, les champignons et les bactéries se nourrissent volontiers des matières organiques qu’il apporte. Il sollicitera la vie biologique qui va se régaler de manger et décomposer ces molécules complexes carbonées pour les transformer à terme en minéraux essentiels. Les galeries creusées par les insectes dans les déjections, ainsi que l’action des vers de terre, permettent une meilleure assimilation des nutriments # Le Fumier et le Crottin de Cheval : Un Guide Complet pour une Utilisation Optimale au Jardin

Le fumier de cheval, souvent considéré comme un déchet par certains, est en réalité une ressource précieuse et un amendement organique d'une grande valeur pour enrichir et structurer les sols. Utilisé depuis des générations par les jardiniers et les agriculteurs, il constitue un véritable atout pour la fertilité des potagers et la santé des plantes, permettant une culture naturelle et respectueuse de l'environnement. Cependant, pour en tirer le meilleur parti, il est essentiel de comprendre ses caractéristiques, les réglementations en vigueur, les méthodes de préparation et les applications spécifiques.

Tas de fumier de cheval

Origine et Composition des Déjections Équines

Les crottins, constituant la matière fécale des chevaux, sont généralement ramassés à la main afin de maintenir la propreté des litières artificielles, des aires d’exercice, des abris de prairie, des paddocks de détente ou des aires de vie des équidés. Cette collecte méticuleuse permet de séparer les crottins purs des litières souillées par l'urine, bien que le fumier de cheval traditionnel soit un mélange des deux, enrichi de paille ou d'autres matériaux de litière.

Les crottins sont composés d’éléments organiques et minéraux, ainsi que d’eau. La teneur en eau est très variable, pouvant osciller de 30 à 70 %. On y retrouve des fibres résultant des fractions de cellulose et de lignine des aliments que les micro-organismes n’ont pas pu dégrader lors de la digestion des aliments chez les équidés. Au pâturage, le cheval ingère de l’herbe tendre qui contient 85 % d’eau, ce qui en résulte des crottins humides et moins fibreux. Ces crottins humides de pré, déposés sur un couvert végétal actif, se dégradent rapidement par l’action des micro-organismes, de la faune et des insectes coprophages.

Le fumier de cheval, quant à lui, est un mélange de crottin, d’urine et de litière végétale, cette dernière pouvant être constituée de paille, de copeaux de bois ou d’autres matières végétales. La litière est généralement changée très fréquemment, ce qui rend ce fumier particulièrement riche en matières ligneuses et carbonées, souvent plus de 50 % du total du fumier. Ce type de matériau est idéal pour la constitution d’un humus stable.

Schéma de la composition du fumier de cheval

Réglementation et Stockage du Fumier de Cheval

Comme pour toutes les déjections d’animaux domestiques, le crottin de cheval fait partie des effluents d’élevage dont le stockage et l’épandage sont régis par le Règlement Sanitaire Départemental (RSD). Ainsi, l’accumulation de crottins d’équidés en tas doit respecter les modalités de stockage sur une surface étanche et les règles de distance vis-à-vis des tiers, comme pour le fumier de cheval.

Il est crucial de noter que le fumier, comme tout effluent d’élevage, est strictement encadré par la réglementation. Dans certaines zones dites vulnérables, notamment aux nitrates, il est limité à 170 kg d’azote par hectare et par an. Cela correspond à environ 25 à 30 tonnes de fumier frais par hectare, selon sa composition.

Enfin, le fumier doit être stocké dans de bonnes conditions. De préférence sur une fumière étanche, protégée de la pluie, pour éviter les écoulements polluants et la déperdition d’azote par volatilisation ou le lessivage des minéraux par excès de pluie. La question de la distance minimale entre une zone de stockage de crottins et les habitations voisines est une préoccupation légitime. Bien que la loi mentionne des distances pour les fosses de plus de 5m³, les petits tas de crottins, même s'ils ne dépassent pas ce volume, peuvent engendrer des nuisances (odeurs, mouches) en été. Il est donc recommandé de faire disparaître rapidement ces tas, surtout à proximité des voisins, ou de les composter adéquatement pour minimiser les désagréments.

Exemple de fumière étanche

Caractéristiques Spécifiques du Fumier de Cheval

Le fumier de cheval se distingue par plusieurs caractéristiques avantageuses qui en font un amendement de choix pour le jardinier.

Un Matériau Équilibré

Le fumier de cheval contient de l’azote, de la potasse et d’autres éléments minéraux tels que le calcium et le magnésium. Bien qu'il soit relativement pauvre en phosphore, ces nutriments sont présents dans des proportions équilibrées, mais relativement faibles, ce qui le classe davantage comme un amendement que comme un engrais. Grâce à sa composition diversifiée (urine, déjections, paille), il constitue un amendement équilibré, idéal pour améliorer une terre de façon durable.

Un des paramètres essentiels à connaître est le rapport carbone/azote (C/N). Avec de la paille, ce rapport est assez équilibré, autour de 27 à 30. Avec des copeaux de bois, ce rapport peut grimper jusqu’à 60. Un fumier trop riche en carbone bloque temporairement l’azote du sol, car les micro-organismes puisent l’azote pour dégrader la matière, au détriment des plantes. C’est pourquoi un fumier frais ne doit jamais être utilisé directement au pied des cultures.

Un Matériau Chaud

Le fumier de cheval se réchauffe facilement et rapidement. Cette propriété est particulièrement intéressante pour réchauffer les terres lourdes et argileuses, mais aussi pour créer des couches chaudes propices aux semis précoces.

Un Matériau Léger

Comparé à d’autres fumiers (notamment le fumier de vache) et surtout par rapport à une terre lourde et argileuse, le fumier de cheval est un matériau léger. Il a la capacité d'alléger ce type de terre, favorisant l'aération et limitant la formation de croûtes de battance.

Libération Lente des Nutriments

Le fumier de cheval ne libère pas tous ses éléments nutritifs d’un coup. Ces éléments sont présents sous forme organique et se libèrent lentement, au fur et à mesure que la matière se décompose. Cela permet d’éviter les excès, les brûlures et les lessivages, offrant une alimentation progressive et durable aux plantes.

Africompost Le Compostage, un moyen de gestion durable des déchets Reportage 6Min

Les Différents États du Fumier de Cheval et Leur Utilisation

Tous les fumiers de cheval ne se valent pas. Leur efficacité dépend de leur état de décomposition et du moment où vous les utilisez.

  1. Le fumier frais : C’est le fumier directement sorti de l’écurie, non composté. Il est encore très actif, produit de la chaleur et dégage de l’ammoniac. Il est peu concentré en minéraux essentiels, mais contient beaucoup de carbone qui améliore la texture du sol. Cependant, cela peut brûler les racines si vous l’utilisez trop tôt ou à forte dose. Il contient également une teneur en ammoniaque relativement élevée. Pour cette raison, il ne faut pas en abuser. Il est à utiliser avec précaution, principalement à l'automne et jamais juste avant les plantations.

  2. Le fumier demi-mûr (composté 3 à 6 mois) : Il a déjà commencé à se transformer, mais reste encore un peu instable. Il dégage moins de chaleur, mais il faut quand même éviter de l’utiliser au contact direct des jeunes plants.

  3. Le fumier mûr (composté 6 à 12 mois) : C’est la forme la plus polyvalente. Il est bien décomposé, inodore, facile à manipuler et ne présente plus de risque pour les racines. Un fumier bien composté ne sent plus l’urine ni l’ammoniac. Il devient sombre, grumeleux, facile à manipuler à la main, sans morceaux reconnaissables de paille ou de crottin. Le fumier de cheval composté peut s’utiliser à toute période de l’année. Les molécules qu’il contient sont complexes et se libèrent très lentement dans le sol, éliminant tout risque de brûlure.

  4. Le fumier déshydraté (vendu en sac) : C’est un fumier séché, souvent compressé en granulés. Il est propre, pratique à stocker, mais plus cher. Son action est plus douce, car les micro-organismes doivent le réactiver avec l’humidité du sol. Dans ces sacs, il sera souvent complété d’engrais naturels, comme des algues marines, pour lui donner plus de richesse, permettant une utilisation à des doses moindres.

Les différents stades de décomposition du fumier

Où se Procurer du Fumier de Cheval ?

Vous pouvez vous procurer du fumier de cheval auprès d’élevages de votre région. Sauf s’ils le valorisent eux-mêmes, ils seront en général heureux de se débarrasser de cet « encombrant ». Il est également très fréquemment en sacs dans toutes jardineries.

Toutefois, selon sa provenance, le fumier de cheval peut malheureusement contenir des éléments toxiques, tels que des vermifuges chimiques ou autres résidus médicamenteux. Il est donc important d’obtenir ces informations auprès des éleveurs chez lesquels vous souhaitez vous procurer du fumier. Heureusement, les éleveurs sont de plus en plus nombreux à privilégier une approche douce. Notez également que le compostage élimine ces éléments non-souhaitables dans un jardin. À défaut de fumier issu d’élevages « naturels », l’emploi de fumier « contaminé » demeure donc possible, à condition de le composter.

Si vous ne connaissez pas la provenance exacte du fumier, il est conseillé de faire un bio-essai simple : semez quelques graines de pois ou de haricots dans un mélange contenant du fumier et observez leur croissance.

Centre équestre avec chevaux

Le Compostage du Fumier de Cheval : Une Étape Clé

Le compostage n’est pas une option, c’est la clé pour transformer un fumier brut en un amendement stable, sain et efficace. Un fumier mal composté perdra une grande partie de ses avantages.

Pourquoi composter ?

  • Élimination des agents pathogènes : Le fumier frais peut transporter des parasites (strongles) ou des bactéries pathogènes comme E. coli. Pour réduire ces risques, le fumier doit atteindre au moins 55 °C pendant 3 jours lors du compostage.
  • Neutralisation de l'ammoniac : Le fumier frais contient de l’ammoniac, très concentré juste après la collecte, qui peut brûler les racines des plantes. Le compostage permet de transformer cette forme d'azote volatile en une forme plus stable et utilisable par les plantes.
  • Dégradation des résidus médicamenteux et herbicides : Les vermifuges ou herbicides parfois présents dans le crottin sont éliminés via la phase de compostage.
  • Amélioration du rapport C/N : Le fumier de cheval est relativement pauvre en phosphore. Le mélanger avec des matériaux verts (plus riches en phosphore) sera une bonne chose. Cela peut se faire en l’incorporant à un compost végétal, ou, si vous choisissez de composter le fumier en tas, en y ajoutant et mélangeant des tontes fraîches, du BRF (Bois Raméal Fragmenté) ou autres déchets verts de tailles, des feuilles mortes, ou des déchets de cuisine.
  • Obtention d'un amendement stable : Un fumier bien composté est un amendement stable qui libère lentement ses nutriments, évitant les chocs nutritionnels aux plantes.

Comment composter le fumier de cheval ?

Composter du fumier de cheval ne se résume pas à le laisser en tas.

  1. Former un andain : Empilez le fumier en tas aéré, de préférence en extérieur. L’idéal est de le monter en tas sur bien un mètre de hauteur.
  2. Contrôler l’humidité : Le compost doit être humide comme une éponge essorée. Trop sec ? Arrosez. Trop mouillé ? Un fumier humide est nécessaire pour que la dégradation biologique soit réalisée par les insectes coprophages et les vers de terre. La présence d’eau est nécessaire.
  3. Recouvrir : Il faudra ensuite le recouvrir pour éviter toute déperdition d’azote par volatilisation.
  4. Brasser et aérer : Autre phase importante, le brasser, l’aérer tous les 15 jours, pour harmoniser sa décomposition et l’oxygéner. Voyez-le comme une recette de cuisine. Un saladier dans lequel il faut mélanger tous les ingrédients pour obtenir un résultat remarquable.
  5. Durée du compostage : Le compost de fumier de cheval agit comme un booster biologique. Un fumier partiellement décomposé peut encore libérer trop d’azote, ou à l’inverse le bloquer. L'idéal est de le laisser reposer au moins 6 à 12 mois pour obtenir un fumier mûr. Pour une utilisation optimale, un fumier composté pendant deux ans donne de très bons résultats et devient un terreau de fumier excellent, riche et rare.

Processus de compostage du fumier

Utilisation du Fumier de Cheval au Potager

Le fumier de cheval est un allié précieux pour qui veut enrichir naturellement son potager. Léger, chaud et équilibré, il améliore la structure des sols, favorise la vie microbienne et stimule la fertilité à long terme.

Périodes d'application idéales

  • À l’automne : C’est le bon timing pour le fumier frais ou demi-mûr. Vous pouvez l’épandre sur les parcelles libérées après récolte. Pendant l’hiver, les vers de terre et autres micro-organismes « décomposeurs » l’intégreront progressivement au sol, tout en le décomposant. Le fumier sera alors non seulement bénéfique à la vie du sol (vous apportez de la nourriture à ses habitants, à une période où elle peut manquer…), mais également à sa structure (ces travailleurs du sol l’aèrent) et à sa fertilité (apport d’éléments minéraux, constitution d’un humus stable).
  • En fin d’hiver ou début de printemps : Utilisez du compost mûr, bien décomposé.
  • En été : Le fumier composté peut servir de paillage nourrissant. Étalez une couche de 3 à 5 cm autour des tomates, courgettes ou poivrons.

Quantités recommandées

La dose à utiliser dépend surtout de l’état de décomposition du fumier.

  • Fumier frais : Comptez 2 à 3 kg par m², soit environ 20 à 30 tonnes à l’hectare. Ce type de fumier ne doit jamais être utilisé juste avant une plantation, sauf pour des cultures très spécifiques et à bonne distance des racines. Un épandage annuel de 1 à 3 kg de fumier frais au m² constitue un apport raisonnable, sans risque de pollution ammoniacale.
  • Fumier composté : Ici, la matière est déjà transformée. 1 à 2 kg par m² suffisent pour enrichir le sol avant les plantations de printemps. Le compost obtenu sera épandu, à raison d’environ 1 brouette de fumier de cheval composté pour 10 m², juste avant la mise en place de cultures ou même à leurs pieds en place (potagers, fleurs, fruitiers…).
  • Fumier déshydraté : Ce type de fumier est plus concentré. Il suffit souvent de 0,5 à 1 kg par m², ou quelques poignées autour de chaque plant.
  • Pour les cultures en pots ou en bacs : Le volume de terre est limité, donc il vaut mieux réduire les quantités. Une petite poignée mélangée au terreau, ou un surfaçage léger, est largement suffisant.

Modalités d'épandage

  • Alterner les apports : Il n'est pas forcément recommandé d’apporter du fumier tous les ans. Dans une terre lourde, vous pouvez alterner, chaque automne, apport de fumier de cheval et culture d’engrais verts. Ou, adopter par exemple un cycle sur 3 ans : une culture d’engrais verts en première année, principalement pour assouplir la terre ; un apport de fumier, en deuxième année, pour l’enrichir durablement (tout en l’allégeant) ; en troisième année : un apport de compost, recouvert d’un bon paillage pour maintenir la fertilité.
  • Préparation du sol : Préalablement à l’épandage, laissez en place les résidus de nettoyage de la parcelle. Vous pouvez également apporter quelques matériaux verts (tontes, tailles, déchets ménagers végétaux…).
  • Application uniforme : Épandez le fumier de façon aussi régulière que possible, à raison d’une brouette pour 10 m² tout au plus par an (donc 2 brouettes pour des apports tous les 2 ans, ou 3 brouettes si vous apportez du fumier tous les 3 ans).
  • Couvrir le fumier : Afin de favoriser le processus de décomposition, n’hésitez pas à couvrir le fumier d’une couche de foin, de broyat, de feuilles mortes ou même de paille.
  • Intégration superficielle : Il est également possible d’intégrer très légèrement le fumier en surface du sol (par un griffage peu profond). Ceci au moins un mois après l’épandage (afin que le processus de décomposition ait pu démarrer). La pratique la plus répandue est d’incorporer son fumier de cheval sur les premiers centimètres, plus encore s’il est frais.

Cultures qui en bénéficient le plus

Les cultures gourmandes sont les grandes gagnantes de l'apport de fumier de cheval :

  • Courges, potirons, courgettes : Apprécient un apport nutritif riche en azote et potasse, favorisant une croissance vigoureuse et des fruits abondants. Apporter à l’automne ou composter avant usage. Pour les courgettes et autres cucurbitacées, il est possible de creuser des trous et d'enfouir du crottin.
  • Tomates, poivrons, aubergines : Stimule la floraison et la fructification grâce à l’apport équilibré. Utiliser bien décomposé, à mélanger au compost ou en paillage.
  • Pommes de terre : Allège et réchauffe les sols argileux, conduisant à des tubercules plus sains. Éviter l’apport frais juste avant plantation.
  • Choux (tous types) : Leurs besoins élevés en nutriments sont satisfaits, résultant en un feuillage dense et vigoureux. Privilégier un fumier mûr pour limiter les risques de maladies.
  • Salades, épinards, légumes-feuilles : Permet une croissance rapide grâce à l’azote disponible. Apport léger et bien composté pour éviter les excès.
  • Arbres fruitiers et arbustes : Contribue à une fertilité durable et améliore l’humus du sol. Incorporer à l’automne autour du pied (sans contact direct).
  • Sols lourds (argileux) : Réchauffe, allège et favorise l’activité biologique. Idéal en paillage hivernal ou mélangé au compost.

Jardin potager avec différents légumes

Précautions et Limites d'Utilisation

Même s’il est très utile, le fumier de cheval n’est pas toujours la solution idéale et son utilisation nécessite certaines précautions.

Risques liés à une mauvaise utilisation

  • Brûlure des plantes : Utilisé sans compostage, le fumier de cheval peut faire plus de mal que de bien car il contient de l’ammoniac, très concentré juste après la collecte. Un fumier frais peut brûler les racines si vous l’utilisez trop tôt ou en couche épaisse (plus de vingt centimètres).
  • Faim d'azote : Un fumier trop riche en azote peut provoquer ce qu’on appelle une faim d’azote.
  • Contamination : Il peut aussi transporter des parasites (strongles) ou des bactéries pathogènes comme E. coli. Si les chevaux sont traités, le fumier peut contenir des résidus médicamenteux ou herbicides invisibles à l’œil nu mais très persistants.
  • Déséquilibre du sol : Si votre sol est déjà noir, souple et riche en humus, ajouter du fumier peut être superflu, voire contre-productif. De même, sur un sol lourd et argileux, un fumier mal décomposé risque d’amplifier le phénomène.
  • Impact sur les légumes-racines : Toutes les plantes ne tolèrent pas bien les sols enrichis en matière organique. Les légumes-racines comme les carottes, les navets ou les radis réagissent mal à un excès de fertilité. Un excès d’azote favoriserait le développement du feuillage au détriment de la partie comestible. Dans ce cas, mieux vaut éviter tout apport de fumier, même bien composté. Ces cultures préfèrent un sol léger, peu enrichi.

Les déjections sur prairie

Les déjections déposées sur une prairie sont une ressource indispensable pour certains invertébrés (faune coprophage) et peuvent modifier et enrichir le réseau trophique et la diversité animale. La dégradation biologique est réalisée par les insectes coprophages et les vers de terre, qui se nourrissent à la fois de la matière végétale (notamment la cellulose) mais aussi des micro-organismes présents dans les déjections. Certains acariens présents dans les déjections consomment des œufs et des larves de diptères et de nématodes (vers gastro-intestinaux). Ainsi, les traitements antiparasitaires systématiques et non contrôlés peuvent avoir un effet délétère sur la faune coprophage.

Les galeries creusées par les insectes dans les déjections, ainsi que l’action des vers de terre, permettent une meilleure assimilation des nutriments dans le sol. Cependant, la présence d’eau est nécessaire. La restitution de matières organiques par les déjections permet de rééquilibrer les teneurs en éléments nutritifs du sol pour compenser les exportations de matières réalisées par l’ingestion des animaux (pâturage) ou les récoltes de fourrages. Cette restitution est évidemment hétérogène sur la parcelle.

Ramassage des crottins et gestion des parasites

La charge parasitaire potentielle des sols augmente avec le dépôt accumulé des crottins. En effet, les paddocks très fréquentés, à forte concentration, accueillant des chevaux extérieurs ou des poulains peu immunisés sont des pratiques qui favorisent la contamination du sol.

Le ramassage des crottins est une technique répandue dans les élevages qui disposent de moyens humains et matériels (balayeuse mécanique, ramassage efficace si réalisé tous les 2 à 3 jours). Il est conseillé lorsque la concentration en animaux est importante, surtout lorsque le brassage et les mouvements de chevaux provenant de l’extérieur sont importants et que la population de chevaux est sensible aux contaminations parasitaires (poulains). Il sera également conseillé sur les paddocks très fréquentés, proches des bâtiments et sur les sols dénudés (sans végétation).

Pour les prairies, peu d’études ont montré l’efficacité du ramassage des crottins sur la diminution de la pression parasitaire des parcelles. Le passage d’engins mécaniques avec brosse balayeuse n’entraînerait-elle pas plus de dissémination des larves que le fait de laisser les crottins sur place ?

Valorisation du Fumier de Cheval au-delà du Potager

Le fumier de cheval a également d'autres pistes de valorisation, bien que toutes ne soient pas également efficaces pour les crottins purs.

Vers les champignonnières

Le fumier recherché par les négociants transporteurs à destination des champignonnières est un substrat plutôt pailleux et frais. Il est d’ailleurs mélangé à de la paille et d’autres matières (gypse, calcaires…) avant compostage pour produire un substrat de cultures standardisé pour la culture des champignons. Ainsi, les tas volumineux de crottins purs ne sont généralement pas acceptés pour cette filière de valorisation, sauf s’ils représentent des quantités faibles et qu’ils sont relativement bien mélangés à un fumier très pailleux en fumière.

Méthanisation

La consistance (matière sèche élevée surtout s’ils ont séché au stockage) et le pouvoir méthanogène faible des crottins purs ne permettent pas non plus une valorisation efficace par la méthanisation. Les technologies de ce procédé de fermentation développées aujourd’hui ne sont pas orientées pour valoriser ce type de déchet.

Utilisation du fumier de cheval pour les champignons

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